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 Les chiens ne font pas des chats

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Maud Wallace
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MessageSujet: Les chiens ne font pas des chats Sam 21 Nov - 18:16


Les chiens ne font pas des chats


On ne refuse pas une invitation de Mrs Matthewsen, plus qu’un crédo, c’est une loi !  Personne ne pouvait y déroger, pas même Maud ! Enfin cela dit, on ne pouvait également pas refuser une invitation de sa part à elle, pas même Mrs Matthewsen ! Se considérant donc comme des égales, il n’y avait aucune sorte de rivalité entre les deux femmes et ça faisait des années qu’elles se côtoyaient. L’entremetteuse légendaire lui avait fait même rencontrer George, alors comment ne pas lui en être reconnaissante ? Parfois, leurs avis divergeaient bien sûr mais jamais le ton ne s’élevait, si leur sang bouillonnait trop, elles trempaient aussitôt leurs lèvres dans le thé bouillant et la légère douleur de brûlure leur rappelait toutes leurs bonnes manières.  

- Maman , pourquoi est-ce que je ne peux pas venir ? Victoria sera bien là non ?
- Parce que vous devez rester ici avec votre préceptrice, Winifred  !
- Mais je la déteste !

Sa cadette croisa ses bras sur sa poitrine menue et afficha sur son beau visage des traits renfrognés. Souvent les mimiques de la jeune adolescente lui faisaient se souvenir de sa propre enfance. N’avait-elle pas été le cauchemar de ses professeurs ? Après avoir attaché son collier, elle s’approcha de sa dernière. Si elle mourrait d’envie de lui embrasser le front, elle n’en fit rien, les convenances restaient une frontière tenace entre elle et ses deux filles. Elle n’avait jamais eu de marques d’affection de ses parents malgré leur amour et elle reproduisait tout naturellement la même chose. Elle se contenta donc de lui tendre son livre avec un éclatant sourire.

- Oui mais dites-vous que vous aimez Shakespeare ! Ce soir vous me raconterez ce que vous avez appris sur lui, d’accord ?
- Bien bien, bougonna Winifred en tournant les pages de la biographie du célèbre auteur.
- Je ne reviens pas tard.  A tout à l’heure.
- Maman ! Saluez Victoria de ma part et dites lui qu’elle me manque.
- C’est promis.


Ce petit tremblotement dans la voix que Winny venait d’avoir, Maud l’avait également quand elle parlait de Vicky. A elle aussi, elle manquait ! Elle lui avait manqué à bien des Noël, à bien des anniversaires, à cause de cette politique de mâles qui enlevait leurs enfants à leurs mères. Mais c’était pire maintenant, parce qu’au manque s’ajoutait l’inquiétude. Pilote ! Quelle idée ! Voulait-elle mourir ? A vouloir trop voler, elle pouvait bien s’en brûler les ailes avant même d’avoir profité de toute sa jeunesse ! Avant même d'avoir profité de son mari ! Pourquoi ne pas avoir opté pour son organisation à elle, si elle voulait se rendre utile ce qu’elle comprenait parfaitement en ces temps troublés, le WVS était parfait non ? C’était risqué d’accord, mais beaucoup moins dangereux !

Toutes ces pensées occupèrent son esprit durant tout le trajet. Arriverait-elle à demi-mots et malgré la présence de leur hôte, à la convaincre sans que l’ambiance n’en devienne électrisante ? Son aînée était entêtée autant qu'elle d'ailleurs, mais elle devait essayer !

Déterminée et réglée comme une horloge suisse, elle sonna à la porte de Mrs Matthewsen à dix sept heures précises. Le majordome lui ouvrit et l’introduit dans son salon. Comme toujours elle fut reçue en presque reine et les questions fusèrent à une vitesse incroyable.

- Comment allez-vous ? Et votre époux ? Quelle est l’atmosphère à la chambre actuellement ?

Maud prit bien au contraire le temps de répondre à son interlocutrice. La conversation était engagée depuis une dizaine de minutes lorsqu’à son tour Victoria pénétra enfin dans la pièce à la suite du domestique.  Sur des charbons ardents dus à son anxiété du moment, Maud se redressa et accueillit sa fille avec un sourire figé. Mrs Matthewsen fit de même et s’éloigna quelques instants pour demander le thé et une collation.

-  Bonjour Victoria, je suis surprise de vous voir arriver si tard … La ponctualité est la moindre des politesses et je croyais que votre père et moi vous l’avions transmise. la gronda t-elle.  Où étiez-vous ?

Le fond du problème était là ! Plus que cette maudite ponctualité, c’est ça qui avait de l’importance en fin de compte ! Elle avait peur d’entendre certains mots, comme piste d’avion ou Royal Air Force mais ne pouvant s’exprimer d’une autre manière, elle restait encore une fois dans cette peau de mère rigide à cheval sur les bonnes manières.

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MessageSujet: Re: Les chiens ne font pas des chats Mer 25 Nov - 23:34

Victoria posa son casque d’écoute sur le petit bureau, et ne prit même pas le temps de souffler avant de céder la place à celle qui la remplaçait pour le prochain quart. Il était quatorze heure précise, l’heure de rotation des équipes. Victoria avait passé six heures, depuis huit heures du matin, vissée sur sa chaise, à connecter des lignes de téléphone, à prendre des notes sur qui faisait quoi, qui appelait qui, répondre à plusieurs coups de fils… A part sa demi-heure de pause thé, elle n’avait pas bougé, et elle avait franchement besoin de prendre l’air de la salle d’écoutes, située, comme tout l’équipement technique du ministère, profondément sous terre pour éviter les bombardements et rester hors d’atteinte. Bombardements qui pour le moment, étaient toujours théoriques, mais cela n’empêchait pas tout le monde de porter son masque à gaz où qu’ils aillent, Victoria la première. Elle récupéra rapidement sa veste d’uniforme sur le dossier de sa chaise et quitta les lieux. Elle était fatiguée, la tête lourde, et avait chaud. C’était souvent l’effet que faisait cette salle mal aérée. La jeune femme avait besoin de se rafraichir et de prendre un peu l’air, avant de se rendre à d’autres obligations l’après-midi même. Elle préférait tout de même ces matinées-là à ses gardes de nuits, de huit heures du soir à huit heures du matin. Les semaines où elle était de faction de la sorte, elle avait l’impression de vivre à l’envers du monde et de ne plus avoir de vie. Heureusement, il faisait encore jour tard et tôt en cette fin août, cela aidait un peu.

Victoria prit les escaliers de service, et remonta au niveau du rez-de-chaussée, faisant tout de même attention à où elle allait et qui elle croisait. Depuis le concert caritatif, elle évitait le capitaine Karol Tomasz comme la peste, et à chaque fois qu’elle pensait à lui, sa bague de fiançailles qu’elle portait autour de son cou sous son col d’uniforme, bien dissimulée, se mettait à la brûler. Il fallait dire que pendant quelques instants, dans les bras du polonais en exil, c’était bien autre chose qui l’avait brûlée, et certainement pas de culpabilité. Rien que d’y penser, elle en pâlissait ou rougissait de honte, et pendant les heures de travail, elle n’y pensait pas tant que cela, mais dès que ses responsabilités s’envolaient, tout ça lui revenait en tête. Heureusement que Teddy était plutôt distant, ces derniers temps, cela l’empêchait de se sentir trop coupable. Et comme elle ne croisait plus Karol, ou s’arrangeait pour ne pas emprunter les mêmes chemins que lui pendant qu’il était dans les couloirs, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes… Du moins essayait-elle de se le faire croire, alors que, sur le chemin de son dortoir, elle tentait de penser à l’après-midi qui se profilait. Elle avait rendez-vous avec sa mère, chez Mrs Mathewsen pour prendre le thé. Si la perspective de sortir du ministère la mettait en joie, celle de retrouver sa mère et son amie la refroidissait quelque peu.

Mrs Mathewsen faisait partie de la vie de Victoria depuis son enfance, et elle l’aimait beaucoup, mais elle avait ce talent d’appuyer là où ça faisait mal et de relever tous les problèmes sans en avoir l’air, ce qui mettait parfois une ambiance assez gênée lors de certains événements, mais elle était la personne à ne pas froissée, et celle qui avait emmené Victoria à son premier meeting aérien, alors qu’elle était en vacances avec elle dans le nord de l’Italie, pays que la jeune femme affectionnait particulièrement avant la guerre. C’était d’ailleurs là-bas, mais pas au même moment, que Teddy l’avait demandée en mariage… Elle secoua la tête pour se changer les idées et songer à autre chose. Sa mère, par exemple, dont elle n’avait jamais été très proche, son père gardant Victoria près de lui car elle portait son nom – et qu’il l’adorait, on ne pouvait pas lui enlever ça. Sa mère, dont elle s’était tout de même quelque peu rapprochée ces dernières années, était tétanisée à l’idée que Victoria ait rejoint l’armée, et puisse un jour avoir accès au pilotage des avions, en rejoignant l’ATA. Charmante après-midi en perspective. Mais n’importe quoi pour prendre l’air, surtout que l’après-midi avait l’air très agréable. La jeune femme repassa par sa chambre après avoir traversé le dortoir des jeunes filles sous ses ordres, où sa camarade de chambrée n’était pas, ce qui n’était peut être pas plus mal. Victoria passa un peu d’eau sur son visage – le maquillage était interdit dans l’armée, cela simplifiait bien des choses – et se recoiffa, avant d’enfiler sa veste d’uniforme et de placer son calot sur sa tête. Elle prit son petit sac, après lequel se trouvait son masque à oxygène, et sorti dans la rue, son ticket de bus – avec au dos, des messages de propagande – à la main. Le chauffeur aurait pu venir la chercher, mais elle aimait le fait d’être indépendante et de se fondre dans la foule. Son uniforme lui assurait un respect qu’aucune de ses toilettes, même associées à son titre, ne lui avaient jamais accordé. Avant, on la respectait parce qu’elle était la fille de son père, Lady Victoria Irvin. Maintenant, on la respectait pour ce qu’elle était, une militaire. Caporal Irvin. Cela faisait une grosse différence. Elle regarda les rues défiler jusqu’à sa destination, où il lui fallut encore marcher quelques longues minutes pour arriver à destination. Jetant un coup d’œil à son bracelet-montre, elle remarqua que malgré ses précautions, elle était en retard. Sa mère n’allait pas la rater, elle grimaça d’avance.

La jeune rousse sonna, et le majordome vint lui ouvrir. Heureusement qu’il la connaissait, sinon, dans son uniforme, elle ne savait pas s’il l’aurait laissée entrer. Il n’était pas encore très courant de voir des jeunes femmes en uniforme dans les beaux quartiers. Bientôt, peut être. Il la fit entrer dans le salon, où sa mère et Mrs Mathewsen étaient déjà là.

-Ah, Vicky, vous voilà ! Mais ma chère, vous êtes superbe, ce bleu va à ravir avec vos cheveux. Je ne savais pas qu’ils avaient fait autant d’effort pour les uniformes… Vous auriez dus voir ceux de l’ATS, une catastrophe, la couleur, la coupe, rien ne va ! Heureusement, vous avez été épargnée.

Victoria embrassa Mrs Mathewsen, amusée. Elle restait fidèle à elle-même, guerre ou pas guerre. Elle les laissa une seconde le temps de demander le thé, maintenant que la jeune fille était arrivée, alors que Victoria lui lançait :

-Je suis vraiment désolée. J’espère que je ne vous ai pas trop fait attendre.

La jeune femme allait embrasser sa mère, mais le sourire figé et un rien froid de celle-ci lui valut quelque retenue.

- Bonjour Victoria, je suis surprise de vous voir arriver si tard … La ponctualité est la moindre des politesses et je croyais que votre père et moi vous l’avions transmise. Où étiez-vous ?

Victoria soupira. D’autorité, elle déposa un baiser sur la joue de sa mère avant de s’installer à son côté, posant sac à main et masque à gaz au sol.

-Bonjour, Maman. La ponctualité est peut être la politesse des rois, mais je ne suis pas reine, je me contente de me battre pour la couronne, cela donne une excuse.

Le ton était taquin, mais pas méchant. Oui, Victoria avait aussi hérité de la répartie de sa mère, bien qu’elle ne l’utilisa pas dans toutes les circonstances. Mrs Mathewsen revint, le majordome sur les talons.

-Oh, Vicky, vous devez tout nos dire du ministère, qu’y faites vous, que s’y trame-t-il ? En un mot, que ne nous dit-on pas ?

Victoria éclata de rire.

-Je suis certaine que vous êtes bien mieux informée que moi, pauvre caporal que je suis. A la vérité, rien de bien exaltant, je sors de six heures à transférer des appels et prendre des notes. Vous voyez, je ne vaux pas mieux qu’une secrétaire, en somme.

Mais elle était au cœur de l’action, et le contenu de certains messages était bien secret. La jeune femme cacha son demi mensonge derrière sa tasse de thé qui lui fit un bien fou. Il n’y avait pas à dire, il était bien meilleur que celui qu’elle et ses collègues buvaient en salle de repos. Mais le sujet du ministère restait glissant, et mieux valait l'orienter vers autre chose. Aussi décida-t-elle de poser une question en apparence anodine à sa mère, mais qui ouvrait un vaste sujet à traiter pour elle et son amie qui leur servait d'hôtesse en ce jour.

-Winnie n'est pas venue avec vous? Je me faisais une joie de la voir.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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Maud Wallace
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MessageSujet: Re: Les chiens ne font pas des chats Lun 14 Déc - 18:51

Au fond d’elle Maud le savait, elle aurait dû également accueillir sa fille avec des compliments et non avec des réflexions. Mrs Matthewsen avait eu la réaction appropriée et non elle, pourtant ça faisait plusieurs semaines qu’elles ne s’étaient pas vues. Tout à coup, elle s’en voulut car en effet, le bleu que Victoria  portait lui allait à merveille et faisait ressortir ses superbes cheveux roux. Ses yeux de mère brillèrent un instant à la voir si bien mise, puis ils adoptèrent à nouveau un fond de désapprobation apparente. S’excuser auprès de ses enfants, même lorsque l’on reconnait ses torts, n’a jamais existé dans les codes de l’éducation victorienne. Elle n’allait pas les enfreindre aujourd’hui et devait conserver cette attitude sévère quelques instants encore. Oui quelques instants seulement, car elle espérait bien que cette conversation se passerait sous le signe de l’entente cordiale.

Lorsqu’elle reçut le baiser de sa fille sur la joue, son sourire se fit déjà moins figé. Elle le lui rendit en l’embrassant au front comme elle le faisait quelques fois avec Winny.

- Bonjour, Maman. La ponctualité est peut être la politesse des rois, mais je ne suis pas reine, je me contente de me battre pour la couronne, cela donne une excuse.

Dans l’esprit de lady Wallace, sa magnifique fille égalait et même surpassait une reine. Quoi de plus normal, puisque depuis le jour de sa naissance, elle la regardait avec les yeux de l’amour maternel. Elle aurait aimé le lui faire part de cette pensée, une jolie tournure aurait pu effacer ce début d’échange passable, mais comme elle ne disait rien de tout ceci dans le privé, elle pouvait encore moins le faire devant une tierce personne. De telles déclarations d’un parent à son enfant étaient presque déplacées dans l’aristocratie.

- Vous êtes toute pardonnée, lui répondit-elle simplement.

La vision de son masque à gaz lui provoqua des frissons d’inquiétude jusque dans l’échine, elle s’efforça de ne plus fixer l’objet et reporta son attention sur Mrs Matthewsen et son majordome.

-Oh, Vicky, vous devez tout nous dire du ministère, qu’y faites vous, que s’y trame-t-il ? En un mot, que ne nous dit-on pas ?

Maud soupira avant de laisser échapper un petit rire que celui de Vicky couvrit immédiatement. Son amie était décidément la plus curieuse des fouines. Elle connaissait pourtant sa fille pour savoir qu’elle resterait discrète sur un tel sujet. Et c’est précisément ce qu’elle fit à son grand soulagement. Les sujets que traitait le ministère comportaient des éléments plus que secrets et délicats, elle était bien placée pour le savoir elle-même.  Cette commère, qu’elle appréciait pourtant beaucoup n’apprendrait rien ! Elle n’allait sans doute pas s’avouer vaincue avec autant de facilités, mais Vicky et elle sauraient alors faire front pour changer de sujet. D’ailleurs, sa fille avait déjà eu cette présence d’esprit. Intelligente et douée dans la répartie, on l’avait si bien élevée dans cette pension !


-Winnie n'est pas venue avec vous? Je me faisais une joie de la voir.
- Elle est restée avec sa préceptrice car elle n’avait pas bien appris ses leçons. L’éducation passe avant tout, déclara t-elle comme si en effet ça coulait de source. Mais elle m’a chargée d’un message pour vous. Vous lui manquez beaucoup et elle vous salue.

Constatant que la déception de Vicky et de Winny un peu plus tôt semblait tout de même assez vive, elle se hâta de proposer une future rencontre.

- Votre sœur a l’âge de suivre vos pas en étant présentée à la cour. Je suis persuadée qu’elle ne pense plus qu’au bal des débutantes. Peut-être pourrions-nous organiser cet événement toutes les trois ?
- Mais ce serait merveilleux, renchérit Mrs Matthewsen, de la gaité ne serait pas de refus en ces temps terribles. A propos, puisque nous parlons de cérémonies, où en sont vos préparatifs de mariage chère Victoria ? My god, le temps passe si vite !

Lady Wallace se mordit légèrement les joues d’agacement, pourquoi son amie posait-elle les questions qui lui brûlaient également les lèvres, mais qu’elle voulait aborder avec plus de tact. Par exemple, sa fille avait-elle établi la liste des invités comme elle le lui avait demandé pour pouvoir dresser le plan des tables ?

- Et quand viendrez-vous me rendre visite au bras de Teddy ? Mes amis sont d’accord avec moi, nous vous voyons si rarement ensemble.

Cette fois, Maud blêmit. C’était vrai mais elle ne pensait pas que certaines personnes avaient pu le relever. Elle aurait dû s’en douter pourtant …

-  Teddy a de grandes responsabilités à la Chambre des Lords. Il est si occupé, lança t-elle nonchalamment après avoir bu un peu de thé. Cependant il sera sans doute présent à nos côtés au cours de la prochaine course hippique. N’est ce pas ma chérie ?

Elle se tourna vers sa fille, ouvrit de grands yeux qu’elle seule pouvait voir, en espérant qu’elle abonde dans son sens. Elle doutait qu’il soit invité et Dieu sait pourtant que ça aurait été une bonne chose, puisque Lord Irvin serait aussi des leurs.

Ah si seulement Vicky se sentait plus concernée … Enfin pour l’heure,  si elle pouvait convaincre les autres qu’elle l’était, elle lui en serait reconnaissante. Les apparences sont tellement importantes dans la haute société.

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MessageSujet: Re: Les chiens ne font pas des chats Mer 23 Déc - 11:18

Le seul problem, ces derniers temps, quand Victoria rendait visite à ses parents, étaient les pentes glissantes sur lesquelles se risquaient les conversations. La jeune femme ne pouvait pas vraiment parler de son travail – pas même avec son beau-père, aussi ministre soit-il -, ne voulait pas trop évoquer le sujet de Teddy, et encore moins du mariage… Et au vu de ce qui s’était passé avec le capitaine Tomasz – qu’elle ne pouvait plus appeler « Karol », même pensée, sans craindre de rougir – qui ajoutait à sa confusion, elle préférait ne parler de rien, à vrai dire. Voler ? Cela aurait donné une crise d’angoisse à sa mère, rien que de le suggérer. Déjà, en temps de paix, elle n’était pas très fan de l’activité favorite de sa fille, alors en temps de guerre, en tant qu’auxiliaire pour l’armée… La seule façon pour Victoria de s’engager avait été d’accepter le piston de son beau-père pour travailler dans les sous sols du ministères où, si elle était au cœur de l’action et des secrets, elle avait tout de même l’impression d’être une planquée. Surtout vu l’état de l’avancée de la guerre ces derniers temps, cette espèce d’attente ennuyeuse, au point que la perspective de faire une formation sur les services de codage exaltait sa section. Il n’y avait pas à dire, tout tournait au ralentit, en Angleterre, et même au ministère. Après un an de guerre, des blessés étaient revenus de France, certains morts y étaient encore. Et pourtant le gouvernement n’était pas prêt à signer la reddition.

Avant la guerre, Victoria aurait adoré aller prendre le thé avec sa mère chez Mrs Mathewsen, avec qui elle s’était toujours très bien entendue, et qui était une femme forte, amusante, avec toujours un bon mot. Teddy aurait même pu la rejoindre, avant. Mais maintenant, tout semblait avoir basculé, et l’impression que sa mère et son amie restaient bloquées dans le passé, « avant », agaçait Victoria parfois. Sa vie était bien différente. Peut être qu’elle ne retournerait jamais sur la riviera Italienne, peut être qu’elle ne verrait pas la fin de la guerre. Et peut être qu’elle n’épouserait pas Teddy. Oui, l’idée lui avait traversé l’esprit. Il était distant, ne la rappelait qu’une fois sur trois quand elle lui laissant un message, et était très – trop – concis au téléphone. Rien n’était plus comme avant. Jusqu’à la tenue de Victoria qui, si elle était toujours aussi soignée, dans son uniforme WAAF dont le bleu n’allait heureusement pas trop mal à ses cheveux roux, ne portait plus de verni à ongle – chose totalement prohibée avec l’uniforme – ni de maquillage. Ses coiffures, qui n’avaient jamais vraiment été excentriques, étaient au plus simple : un petit chignon et voilà tout. Bref, aucun moyen de la différencier du reste, ce qui était le but de l’uniforme : gommer les différences entre les jeunes femmes d’un corps d’armée. Et, à son propre étonnement, cela lui plaisait. Vraiment. Bien sûr, sa mère ne l’aurait jamais crue, aussi mieux valait-il éviter ce genre de sujet.

Heureusement, rompue à l’exercice, la jeune femme avait réussi à changer de sujet, comme si de rien n’était. S’éloigner du ministère, pour parler de sa sœur, qu’elle aurait adoré voir ce jour-ci. Hélas, elle devait travailler à sa rentrée prochaine. Victoria ne doutait pas un instant que sa mère – à l’instar de sa belle-mère pour son frère Arthur – serait bien rassurée de savoir sa cadette en sécurité dans son pensionnat de campagne, plutôt qu’à Londres. Mais elle entrait en dernière année, et allait avoir dix-huit ans. Que ferait-elle après ? Là était le mystère. Ce que Maud acceptait de Victoria au tempérament plus posé que sa cadette, elle ne l’accepterait peut être pas de Winifred.

-Elle est restée avec sa préceptrice car elle n’avait pas bien appris ses leçons. L’éducation passe avant tout. Mais elle m’a chargée d’un message pour vous. Vous lui manquez beaucoup et elle vous salue.

-Elle me manque énormément elle aussi ! J’essayerai de venir diner la semaine prochaine si mon emploi du temps me le permet.


Elle serait de nuit, la semaine prochaine, et l’avantage d’être Anglais, était qu’on dinait tôt. Victoria aurait donc le temps de venir diner et de repartir pour être à l’heure pour sa garde. Les deux sœurs, quoi que n’ayant pas été élevées ensemble au vu de leur différence d’âge et du fait que le père de Victoria ait eut sa garde lors du divorce de ses parents, arrivaient tout de même à être très proches.

-Votre sœur a l’âge de suivre vos pas en étant présentée à la cour. Je suis persuadée qu’elle ne pense plus qu’au bal des débutantes. Peut-être pourrions-nous organiser cet événement toutes les trois ?

-Je suis persuadée qu’elle en meurt d’envie. Ce ne sera que l’année prochaine en ouverture de saison, mais cela se prépare bien en avance. Comptez-vous aller chez Hood&Jordens pour sa robe ?


Mrs Mathewsen en battit des mains :

- Mais ce serait merveilleux, de la gaité ne serait pas de refus en ces temps terribles. A propos, puisque nous parlons de cérémonies, où en sont vos préparatifs de mariage chère Victoria ? My God, le temps passe si vite !

Victoria s’en serait étranglée avec sa tasse de thé, si elle avait eut le temps de boire une gorgée. Elle évita soigneusement le regard de sa mère, avec qui ce genre de discussion devenait tout de suite un sujet houleux et dangereux.

-Et quand viendrez-vous me rendre visite au bras de Teddy ? Mes amis sont d’accord avec moi, nous vous voyons si rarement ensemble.

-Eh bien…
tenta Victoria, ne sachant que dire.

Elle hésitait. Que répondre ? Qu’il l’évitait comme la peste au point de ne pas avoir voulu venir avec elle au gala de charité organisé par leur hôtesse ? Et que du coup, elle avait embrassé un autre homme ? L’avait-elle fait par vengeance, d’ailleurs ? Elle-même n’aurait su le dire. Cette fois-ci, à sa grande surprise, sa mère vola à sa rescousse.

-Teddy a de grandes responsabilités à la Chambre des Lords. Il est si occupé. Cependant il sera sans doute présent à nos côtés au cours de la prochaine course hippique. N’est ce pas ma chérie ?


-Oui, oui, sans doute, si le député le lui permet. Il croule sous le travail. C’est à peine si nous avons le temps d’échanger trois mots au téléphone.

Victoria eut un petit rire forcé. Que faire, que dire d’autre ? Elle posa sa tasse sur la petite table à son côté, rajustant son calot retenu par son épaulière, pour se donner une contenance, jetant un bref coup d’œil à sa bague de fiançailles, offerte deux ans auparavant. Dans un autre monde…

-Cela ne nous laisse hélas que peu de temps pour penser aux préparatifs du mariage. Si nous écoutions Maman, il faudrait inviter tout le parlement. Quand à Lord Hylton, il ne cesse de presser Teddy à se faire une réputation influente. Il veut le mieux pour son fils, pour nous deux, mais cela ne fait que lui prendre plus de temps.

Elle soupira, haussa les épaules, avant de reprendre :

-Vous souvenez vous de Laura Heygan, la fille de Lord Dowrnan, qui a débuté avec moi ? Elle devait se marier cet été, et son fiancé, un jeune journaliste prometteur, a été envoyé en Inde pour couvrir les événements là-bas. Je ne sais pas combien de mariages vont être repoussés à cause de la guerre.

Pour ne pas dire annulé, à cause du décès de l’un ou de l’autre. Victoria avait été désolée pour son amie. Il y eut un silence contrit, rapidement brisé par Mrs Mathewsen :

-Eh bien, que de nouvelles… Et vous, ma chère, comment se porte l’organisation du WVS ? Avez-vous obtenu la subvention du gouvernement pour vos uniformes ? Il est quand même malheureux qu’un organisme aussi primordial que le vôtre n’obtienne pas plus d’aide de ces messieurs. A croire qu’ils veulent protéger la population, mais ne vous donnent que des brindilles pour vous y aider. Winifred ne prévoit-elle pas de vous aider une fois ses études finies ? Il me semblait qu’elle l’avait évoqué il y a quelques semaines…

Victoria tourna la tête vers sa mère, surprise. Depuis quand ? Elle en aurait presque sourit. Elles avaient toutes deux un caractère si similaire que cela ne présageait que du très bon, ou du très mauvais.

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MessageSujet: Re: Les chiens ne font pas des chats Mer 27 Jan - 18:14

Pourquoi n’en était-on pas resté au bal des débutantes et à Hood& Jordens ? La pente n’est jamais glissante lorsque des dames parlent froufrous, au pire l’on peut critiquer tel ou tel modèle mais on le fait alors dans la bonne humeur et les sourires. De plus, sans se l’avouer vraiment, Maud aurait souhaité s’évader l’esprit en n'évoquant que ces petites joies qu’offre un quotidien sans guerre, sans drames, sans pertes humaines ! N’était-elle pas bien quelques secondes plus tôt à rêvasser de cette présentation à Buckingham ? C’est bien connu pourtant, dès que l’on évoque un homme dans un cercle féminin, la conversation prend un tournant bien différent … Combien de jalousies peintes sur le visage de ses connaissances, Maud avait-elle vues au fil des ans ? Combien de larmes ravalées au nom de la dignité ? Combien de colères contenues par peur du scandale ?  Certes, aujourd’hui il ne s’agissait que de son futur gendre mais le malaise était bel et bien palpable ! Et comme il ne fallait pas trop en dire sans quoi Mrs Matthewsen aurait pu s’apercevoir d’un quelconque soucis, Maud avait donc laissé sa fille parler et répondre à l’invitation qu’elle avait à demi-mots lancée à Teddy.

-Oui, oui, sans doute, si le député le lui permet. Il croule sous le travail. C’est à peine si nous avons le temps d’échanger trois mots au téléphone.
- Trois ? Quelle chance avez-vous là ma fille, je suis mariée et c’est tout juste si j’en échange deux avec votre beau père actuellement, répondit lady Wallace sur le ton de l’amusement.

Elle n’avait pas besoin de rajouter la raison de ce peu d’échanges entre eux, elle était évidente : Le ministère à administrer et l’état d’urgence à gérer. Sa répartie fit mouche puisque leur hôte se dérida elle-même, mais Victoria se lança à nouveau dans des explications que Maud aurait préféré éviter.

-Cela ne nous laisse hélas que peu de temps pour penser aux préparatifs du mariage. Si nous écoutions Maman, il faudrait inviter tout le parlement.

Etait-ce un défaut d’inviter le plus de personnes possibles le jour où on célèbrerait le bonheur de sa fille ?  Ce fut à Maud de sourire à cette petite pique dite avec taquinerie, mais ces lèvres restèrent tout de même légèrement crispées.

- Vous exagérez ma chérie, seulement le parti conservateur, répliqua t-elle encore avec humour.
-Quant à Lord Hylton, il ne cesse de presser Teddy à se faire une réputation influente. Il veut le mieux pour son fils, pour nous deux, mais cela ne fait que lui prendre plus de temps. Vous souvenez vous de Laura Heygan, la fille de Lord Dowrnan, qui a débuté avec moi ? Elle devait se marier cet été, et son fiancé, un jeune journaliste prometteur, a été envoyé en Inde pour couvrir les événements là-bas. Je ne sais pas combien de mariages vont être repoussés à cause de la guerre.

Durant le silence qui suivit ce court monologue, Maud ouvrit de grands yeux et fixa Victoria pour déchiffrer ses pensées. Sa fille espérait-elle que son mariage soit repoussé ? Sa voix n’était pas celle d’une jeune fille ennuyée à cette simple idée. Son timbre avait presque laissé voir de l’indifférence ! Non non, elle se refusait à le croire, ses appréhensions quant au futur de sa fille faussaient son jugement.

-Eh bien, que de nouvelles…
- Je suis certaine que tout ceci se terminera bien et que Teddy n’aura pas à quitter Londres, temporisa l’épouse du ministre de la Marine en tapotant avec gentillesse la main de son aînée.  
- Et vous, ma chère, continua Mrs Matthewsen, comment se porte l’organisation du WVS ? Avez-vous obtenu la subvention du gouvernement pour vos uniformes ? Il est quand même malheureux qu’un organisme aussi primordial que le vôtre n’obtienne pas plus d’aide de ces messieurs. A croire qu’ils veulent protéger la population, mais ne vous donnent que des brindilles pour vous y aider. Winifred ne prévoit-elle pas de vous aider une fois ses études finies ? Il me semblait qu’elle l’avait évoqué il y a quelques semaines…
- Non hélas pas encore, mais je ne désarme pas pour l’obtenir ! Mes bénévoles auront leurs uniformes comme tout autre corps d’élite du royaume, vous pouvez me croire, affirma t-elle avec conviction avant de boire une gorgée de thé, oui Winifred va rejoindre nos rangs, je suis si fière d’elle si vous saviez Victoria !  Elle m’a accompagnée sur le terrain plusieurs fois.
- Elle est tout votre portrait ! Courageuse et engagée !

Maud se sentit flattée.  Quel dommage de ne pas compter son autre fille également parmi ces auxiliaires ! Elle en était là de ses réflexions lorsque trois enfants firent leur apparition dans le salon. Il s’agissait des trois petits de Charles, le fils de leur hôte. Maud n’ignorait pas que cette dernière se chargeait de leur éducation en l’absence de leur père. Droits comme des i dans leurs souliers vernis, ils saluèrent poliment et l’un d’entre eux se dirigea timidement vers Victoria.

- Grand-mère nous a racontés qu’un jour en Italie vous êtes allées voir beaucoup d’avions voler, pourriez-vous m’y amener pour que j’en vois aussi ?

La demande était adorable même si bien entendu au vu de la situation politique actuelle ce n’était pas possible, pourtant Maud se concentra sur bien autre chose. Mrs Matthewsen avait autrefois accompagné sa fille à un meeting aérien sans qu’elle n’en sache rien ? Le goût de son aînée pour ces engins dangereux n’était donc pas étonnant ! Lady Wallace malgré son calme apparent désirait en savoir davantage à ce sujet.

- J’ignorais que aviez des secrets toutes les deux, plaisanta t-elle avec un peu de difficulté. Quand cela était-ce ?

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Les chiens ne font pas des chats Mer 10 Fév - 11:56

Si l'humour de sa mère était bien connu, Victoria la connaissait assez pour savoir que si elle tentait de dédramatiser la situation en disant qu'elle n'arrivait pas à parler à son mari ces derniers temps, elle n'en était pas moins inquiète pour l'avenir de sa fille avec le fils de son cher ami Lord Hylton. La vérité? Victoria aimait beaucoup Teddy et si avant la guerre elle était si non excitée et enthousiaste, au moins très intéressée par les préparatifs de son mariage. Mais ces derniers temps, la chose lui paraissait tellement dérisoire. Le manque d'implication de Teddy n'aidait pas vraiment les choses, et Victoria ne pouvait préparer seule cette fête, pas avec son travail qui lui prenait tout son temps et un fiancé qui semblait s'en moquer complètement. C'était peut être ridicule, cette nouvelle vision des choses, mais ils étaient deux à se marier, et si Teddy n'allait certainement pas avoir grand chose à faire des décorations de la fête, les choses principales, telles la liste des invités ou le menu, devaient avoir son approbation. Alors non, le mariage n'était plus une priorité, bien que la bague de fiançailles de la jeune femme soit toujours autour de son cou pour lui rappeler qu'elle s'était engagée. Il était bien dommage que Teddy, de son côté, n'ait pas de tel rappel. Avait-il seulement une photographie de la jeune femme sur son bureau? Elle en venait même à en douter. Cela témoignait bien de son manque d'intérêt récent.

Il n'était pas étonnant alors que Victoria se soit laissée charmer par Karol. Certes, jamais elle n'aurait pensé une seule seconde que les choses iraient aussi loin, mais la compagnie du pilote polonais, leurs échanges, tout cela représentait des choses qu'elle attendait - sans peut être s'en rendre compte même - et qui l'avaient exaltée. Oui c'était mal, mais ce qu'elle avait ressenti avec Karol - pour ne pas dire "pour lui" - n'avait absolument rien à voir avec ce que Teddy lui avait fait éprouver, même alors qu'il lui avait demandé sa main. Et lui, qu'éprouvait-il? Il faisait tout ce que son père lui ordonnait de faire... Bien sûr, il avait de l'affection pour Victoria, elle le savait, mais y avait-il plus que cela? Cette découverte d'un nouveau panel d'émotion avec Karol avait insinué en elle un doute qu'elle n'aurait jamais pensé ressentir, elle toujours si sûre d'elle, où qu'elle aille ou quoi qu'elle fasse. Et sa mère et Mrs Mathewsen n'étaient pas les meilleures personnes au monde pour la rasséréner. Il n'y avait qu'à voir l'expression de leurs visages alors qu'elle expliquait les déboires de certaines de ses amis à cause de la guerre. Les deux femmes semblaient désemparées et ne pouvaient pas d'être d'une grande aide à cette génération qui allait se retrouver fauchée à son tour comme la leur une vingtaine d'années plus tôt. C'était triste, injuste, mais c'était ainsi et il n'y avait rien à  y faire, à part attendre. La plupart disaient que cela ne faisait que commencer, d'autres que l'Allemagne ne ferait qu'une bouchée de l'île comme elle l'avait fait du reste de l'Europe.

Mrs Mathewsen tenta de changer de sujet, demandant à Maud des nouvelles de son organisation. Les déboires de sa mère étaient à l'image de la panique globale qui courait dans le gouvernement, un gros manque de moyen et besoin de tout. Mais la jeune fille dissimula une réaction surprise en apprenant que sa petite soeur voulait aider leur mère. Elles n'avaient pas moyen de s'entendre pourtant la plupart du temps, leurs caractères trop semblables ne pouvant pas s'accommoder.

- Non hélas pas encore, mais je ne désarme pas pour l’obtenir ! Mes bénévoles auront leurs uniformes comme tout autre corps d’élite du royaume, vous pouvez me croire.

Pour cela, Victoria faisait confiance à sa mère, et plaignait les membres du gouvernement qui se mettraient en travers de son chemin.

-Oui Winifred va rejoindre nos rangs, je suis si fière d’elle si vous saviez Victoria ! Elle m’a accompagnée sur le terrain plusieurs fois.

- Elle est tout votre portrait ! Courageuse et engagée !

Ca, c'était le moins que l'on puisse dire. Têtue et décidée, étaient aussi deux qualificatifs qui allaient bien à sa mère et à sa soeur. Mais ce n'était pas le moment de faire de l'ironie, pas plus que ce n'était le style de Victoria. La conversation fut interrompue par l'arrivée d'enfants que Victoria ne connaissait pas. Les enfants de Charles Mathewsen étaient grands, ses garçons engagés dans l'armée, et sa fille cadette infirmière. Victoria songea que si Mrs Mathewsen avait élevé les enfants de son fils, elle doutait qu'elle veuille recommencé avec d'autres. Les enfants de sa fille peut être... L'un d'entre eux se tourna vers Victoria pour lui lancer:

- Grand-mère nous a racontés qu’un jour en Italie vous êtes allées voir beaucoup d’avions voler, pourriez-vous m’y amener pour que j’en vois aussi ?

Victoria sourit, attendrie par la demande, avant de croiser le regard de sa mère. Si elle savait qu'elle avait commencé à voler en 1936, elle ne savait pas que c'était à la suite d'un certain meeting alors qu'elle était sur la riviera avec Mrs Mathewsen. Oups...

- J’ignorais que aviez des secrets toutes les deux. Quand cela était-ce ?

-Je ne sais plus, marmonna Victoria, tentant de se donner une contenance, sentant que sa mère se forçait à s'amuser de l'indiscrétion de l'enfant. Un de ces étés sur la riviera, sans doute.

-Mais si, Victoria, rappelez-vous, c'était l'année du mariage de Sybille avec le jeune Malone. Quand était-ce...? Il y a quatre ans, non?

-Oui, surement... Je ne sais plus. Il se fait tard, je devrais probablement y aller, je dois retourner au ministère. Duty Calls, lança la jeune femme faussement amusée.

Victoria alla embrasser sa mère, ne lui laissant pas le temps de réagir au sujet de ce fameux meeting, qui aurait sans doute déclenché une petite guerre entre sa mère et son amie, qu'elle accuserait d'avoir contaminé sa fille avec ces idées de modernité. Elle salua les petits en leur carressant le crâne avant de saluer son hôtesse et de filer au pas de course. Une fois la porte refermée derrière elle, Victoria poussa un "ouf" de soulagement. C'était pire que de marcher en terrain miné.

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"Was it a marriage made in heaven ? Was it a gift from god above ? Do you belive the things you told me or was it simply careless love ? You told me once when we were dreaming through life together we would walk. Those words of love seemed said in star light but now it seems like careless talk."


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