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 stickin' together is what friends do [PV Anna]

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MessageSujet: stickin' together is what friends do [PV Anna] Dim 13 Mar - 22:39

Fini. C’était fini.

L’enfer avait fini par se taire enfin, après des heures qui leur avaient à tous parues interminables. Peu à peu, on pointait enfin le bout de son nez hors des abris. La plupart des londoniens avaient passé la nuit éveillés à guetter les bruits si reconnaissables des bombes explosant dans toute la ville, au loin ou juste au-dessus de leurs têtes. Puis, les allemands avaient dû se lasser ou tomber à cours de carburant, et les vrombissements des avions s’étaient éloignés pour disparaître tout à fait. Beaucoup n’étaient pas sortis pour autant, de peur d’obéir à de faux espoirs. Ce n’était qu’au matin que tout le monde avait réellement osé ressortir à l’air libre.

Federika regardait autour d’elle médusée, épuisée après l’une des plus longues nuits de sa vie. Elle n’avait jamais expérimenté les terreurs de la guerre, pas directement. La guerre qu’elle avait connue en Allemagne était plus pernicieuse, plus vile, mieux dissimulée. Elle se faisait à coups de dénonciations, d’arrestations injustifiées, de rafles et de haine antisémite. Pas à coups de bombes. C’était une chose de travailler à Bletchley Park et de savoir qu’elle déjouait quotidiennement des bombardements sur la flotte britannique, mais expérimenter les bombes au premier rang ? C’était une toute une expérience. Une expérience qu’elle espérait ne pas revivre de sitôt.

Seule, elle déambulait dans les rues ravagées de la ville. Telle une somnambule, elle avait l’impression d’évoluer dans un rêve. Son esprit, habituellement toujours en surchauffe, était bizarrement muet. Comme anesthésié par le choc. C’était probablement mieux ainsi. Ne penser à rien. Ne pas réaliser tout de suite. Les sirènes des ambulances hurlaient encore alors que les secours s’occupaient de récupérer les blessés et les morts pendant que les pompiers tentaient tant bien que mal d’éteindre les derniers incendies. Federika avait eu de la chance de ne pas être blessée, pas plus que quelques égratignures en tout cas – probablement en partie grâce à Samuel Anderson, qui avait eu la présence d’esprit de rester constamment à ses côtés durant cette épreuve. Son premier bombardement. Pitié, que ce soit aussi le dernier.

Le pas rapide et le dos raide, elle faisait de son mieux pour garder la tête haute et ne pas s’attarder trop longtemps sur les scènes terribles qui l’entouraient. Elle était en chemin pour regagner le West End. Elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait faire de mieux : les transports étaient fermés jusqu’à nouvel ordre, et les taxis étaient réquisitionnés pour soutenir les ambulanciers. Impossible pour elle de rallier Bletchley pour le moment. Elle n’avait pas d’autre choix que de rentrer chez elle, voir si son appartement tenait encore debout, et essayer d’appeler Frederick pour qu’il vienne la chercher en voiture. Oh Frederick. Elle espérait qu’il n’avait pas été touché par les bombardements – et Anna ? Son sang se glaça dans ses veines à l’idée que son amie et colocataire ait pu se trouver dans leur appartement. Qu’elle ait pu être touchée par une bombe. Ou dans son atelier, ou dans la rue, ou n’importe où ailleurs qui ait été atteint par les V2 et leur sifflement mortel. Elle accéléra le pas, la mâchoire crispée, ravalant son inquiétude alors même qu’elle n’avait personne pour la voir.

Elle avait déjà trop perdu dans cette guerre pour se permettre de perdre encore qui ce soit. Anna encore moins qu’un autre. Anna, son amie, la première à lui avoir tendu la main lorsqu’elle était arrivée à Londres, qu’elle bafouillait à peine l’anglais, qu’elle n’avait ni travail, ni logement, ni aucune perspective d’avenir. Anna, qui l’avait remise debout et lui avait permis de continuer malgré les nazis, malgré la guerre, malgré tout. Sans elle, elle ne savait pas où elle se serait. Et Anna était ni inextricablement liée à sa vie à Londres, qu’elle ne pouvait envisager le quotidien sans elle.

Heureusement, lorsqu’elle arriva enfin devant son immeuble, elle repéra au milieu des badauds une silhouette familière. Elle accéléra, courant à moitié, attirant ainsi l’attention de sa colocataire qui constatait, elle aussi, les dégâts.

« Anna ! Mein Gott, que je suis heureuse de te voir ! » s’exclama Federika en ouvrant les bras pour serrer son amie contre elle, une démonstration d’affection et d’inquiétude excessivement rare chez la craqueuse de codes. « Tu vas bien ? Tu n’es pas blessée ? » demanda-t-elle en se détachant d’elle avant de la détailler des yeux, à l’affût du moindre signe de blessure ou de traumatisme. Enfin, une fois qu’Anna lui eut répondu, elle leva les yeux vers leur immeuble. « Dieu merci l’immeuble est toujours là… On dirait que les fenêtres ont été soufflées par les explosions. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel nous allons retrouver l’appartement. » soupira-t-elle.

Autour d’eux les autres locataires de l’immeuble attendaient que les pompiers leur confirment qu’ils pouvaient regagner leurs logis, s’assurant qu’il n’y avait plus de risque et que la structure n’avait pas été endommagée par les différentes détonations de l’infernal moment qu’ils avaient passé. Federika n’avait qu’une envie : rentrer chez elle, mettre de l’ordre dans leurs affaires, et bondir dans son lit ou aller travailler. Elle n’en pouvait plus, d’attendre. Elle était nerveuse, impatiente, et surtout, épuisée. Une mauvaise combinaison pour une personne naturellement anxieuse comme elle.

Elle reporta donc son attention sur Anna, pour oublier sa propre frustration.

« Raconte-moi, où étais-tu pendant les bombardements ? Tu étais à l’abri, au moins ? » demanda-t-elle sur un ton plus maîtrisé. Maintenant que l’inquiétude était passée, elle pouvait retrouver le contrôle d’elle-même. Enfin.
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