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 MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore}

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Mrs Mathewsen
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MessageSujet: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Sam 18 Juin - 11:59

Noël du passé


La soirée de Noël se termine pour Isidore Hood et Maud Wallace. Chacun de son côté, va se coucher. Seuls… Maud, car George n’a fait qu’une apparition rapide à sa soirée de Noël ; Isidore, parce qu’il a déjà eu du mal à retrouver le chemin de chez lui après sa soirée, l’alcool et le black out aidant. Pourtant, à peine sous leurs draps respectifs, un bruit, quelque chose d’étrange, les fait sursauter. Leurs chambres ne se ressemblent plus. Happés vers l’avant, ils se retrouvent projetés dans un autre univers. Un autre univers ? Pas tant que ça…

Noël 1932. Paris. A cette époque, la ville Lumière est bien le seul endroit qui vaille la peine : art, fêtes, politique… Tout met la France et surtout sa capitale au centre du monde. Ce n’est donc pas étonnant d’y croiser Lord Wallace et son épouse Lady Maud qui ont décidé de passer quelques jours en cette belle ville, en tête à tête, en amoureux. Le soir du 24, Maud se prépare, prête à passer une soirée si non totalement romantique, du moins très agréable avec son époux. Ils sont d’ailleurs invités à diner chez une amie à elle, Madame Contarini, une vieille dame italienne ayant élu domicile au George V où les Wallace sont eux-mêmes descendus. N’aurait-on pu rêver mieux ? Le diner commence, mais on demande George au téléphone. Et il disparaît, et cela dure, dure, dure… Maud commence à s’ennuyer, mais, du coin de l’œil, elle peut voir George s’agacer au téléphone. Elle connaît cet air, il en a pour longtemps, mais ce n’est peut être pas si mal, elle n’est pas certaine qu’il ait goûté à cette compagnie étrange de Madame Contarini. Elle même, pourtant plus ouverte d’esprit, doute. Le champagne fait un peu effet, elle se sent bizarre, et préfère s’installer sur la méridienne. Finalement, on n’est pas si bien, là, à Paris ?


Isidore rit, rit, rit… La situation est incroyable ! Lui qui travaille au George V se retrouve invité à cette table où tous ont tellement fumé qu’il est impossible ou presque de voir son voisin d’en face. Isidore a fait du chemin, et il a bien l’intention d’en parcourir encore. Il est jeune, talentueux – même si peu de gens l’ont encore reconnu – et a la vie devant lui. Vie qu’il a l’intention de croquer à pleines dents. Des projets ? Il en a plein la tête, et à l’approche de la nouvelle année, il est temps de vraiment y réfléchir. Est-ce l’alcool qui le fait penser si loin ? Peut être. Mais la cigarette l’épuise, il ne voit plus rien, ses yeux le brûlent – à moins que cela ne soit la fatigue ? Il décide de laisser la table quelques instants et rejoint un recoin pour prendre un peu d’air, sans voir qu’il n’est pas seul dans cet endroit. Soupirant de bien être, il se dit que rien, jamais, ne changera et ne pourra lui arriver.


Contraintes : vous avez de la chance, vous êtes tombés sur un Noël passé ! Avant… C’était mieux avant… En temps de guerre, on a tendance à glorifier le passé et à se rappeler avec nostalgie de ce qu’il en était auparavant. Mais Maud et Isidore, c’est un grand choc des cultures ! Auriez-vous changé quelque chose à cette soirée, en y repensant, des choses que vous regrettez ? Il faut aussi se rappeler qu’on apprend à tous âges et que si Isidore peut ouvrir l’esprit guindé de Maud, Maud peut aussi rappeler à Isidore qu’être raisonnable n’est pas une tare. Attention à votre premier tour, à ne pas oublier qui étaient vos personnages et la différence avec qui ils sont désormais (en pire et/ou en mieux) mais aussi qu’ils sont très différents l’un de l’autre. Rappelez-vous aussi que vous êtes à Paris et que ce qui arrive à Paris reste à Paris. Joyeux Noël !


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Maud Wallace
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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Sam 16 Juil - 18:11

Winifred sous ses extérieurs de jeune adulte gardait parfois une âme d’enfant. Restée assise devant le sapin illuminé, le regard émerveillé, sa mère n’avait pu eu le courage de la tirer de sa rêverie. Peut-être se doutait-elle qu’un merveilleux présent l’attendait au pied de l’arbre à l’occasion de sa future présentation à la cour. Une fois minuit passé pourtant, Maud l’a fait rejoindre son lit. George ne reviendrait plus avant l’aube. Il n’était resté qu’une courte demi-heure en début de soirée, afin de les embrasser et pour avaler une bouchée de pudding aux cuisines, puis s’en était reparti au ministère. Noël est un jour comme tous les autres pour un membre du gouvernement, son épouse ne pouvait lui en vouloir et restait ravie de cette soirée. Ravie mais épuisée, ses dernières emplettes personnelles ainsi que sa présence à la distribution de repas légèrement améliorés aux civils avait fait de ce vingt-quatre décembre, une journée bien remplie.  

Elle se hâta donc de quitter son élégante robe pour sa chemise de nuit et glissa dans son lit. Néanmoins, ses paupières lourdes ne se fermèrent que pour quelques instants. Un bruit curieux la fit se redresser. Il lui fallut plusieurs secondes pour découvrir que les tapisseries aux murs et même l’agencement des tableaux étaient différent. Etrange, très étrange ! Plissant les yeux pour en avoir le cœur net, elle se sentit tout à coup comme happée par une force inconnue.

Cette sensation ne dura guère. Ce fut tel un court vertige mais durant ce court laps de temps, bien des choses s’étaient passées. Sa chambre venait de faire place à un majestueux vestibule. Un groom à l’accent typiquement français la débarrassait  de son manteau de fourrure.

- Puis-je demander à monsieur et madame de signer le registre puisque vous êtes descendus chez nous ?

Georges à qui elle tenait le bras s’avança vers la réception et elle fit de même. L’élégant livre qu’on leur présenta avait sur sa couverture pourpre écrit en lettres d’or, le nom du Georges V. Ah ce Noël 1932 ! Ah Paris ! Ils avaient décidé de s’y rendre sur un coup de tête, Maud avait visité bien des pays mais pas encore la France. On disait de la capitale qu’elle brillait comme nulle autre sur l’échiquier politique, sur les arts et la culture. Des domaines chers au cœur de lady Wallace, qui avait voulu juger du charme de la ville au risque de faire une infidélité à sa bien-aimée Londres.

- Nous sommes attendus à la table de Madame Contarini, dit-elle à un serveur vêtu qu’une queue de pie.

Celui-ci acquiesça et leur demanda de les suivre. Son amie les attendait ainsi qu’une ribambelle d’autres invités. Malgré son âge avancé et ses excentricités qui pouvaient la rendre curieuse, leur hôte dégageait toujours une certaine bienveillance. On se salua et on s’installa avant de lever son verre. La mise en bouche tout juste avalée, le maître d’hôtel vint annoncer à son mari qu’une personne l’attendait au téléphone. Il s’excusa auprès d’elles et s’absenta. Cinq, dix, quinze puis vingt minutes s’écoulèrent. Maud parvenait au terme de toutes ses ressources de conversation. Alors elle porta à ses lèvres une autre coupe de champagne pour tuer le temps. Quel ennui ! Discrètement, tandis que ses compagnons de table ne parlaient plus que de chasse, un sport qu’elle exécrait, elle s’éloigna et rejoignit la méridienne.

Le calme y était un peu plus présent. Elle inspira une grande quantité d’air pur, après avoir été assaillie de toutes les fumées de cigarettes de ces messieurs. Pourtant cette délivrance fut de courte durée, elle ressentit à nouveau l’odeur du tabac. Un jeune homme à la démarche divagante venait de pénétrer lui aussi dans ce recoin.

- Bonsoir, le salua t-elle bien qu’un peu pincée d’être dérangée dans sa retraite, il me semble vous avoir aperçu à la table de Madame Contarini. Je suis lady Maud Wallace.

Une légère révérence avait ponctué sa présentation, comme on le faisait parfois à la cour. Puis constatant l’épuisement précoce de son interlocuteur, elle se permit un conseil.

- Allez-vous bien monsieur ? Peut-être serait-il plus sage pour vous de renoncer à cette fête, il ne faudrait pas vous en rendre malade, songez que nous sommes en tout début de soirée !  

Encore une victime de ces années folles qui brûlait la chandelle par les deux bouts. Quelle misère !

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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Mar 16 Aoû - 21:41

Assis à sa place habituelle dans la salle à manger, Isidore se disait que le repas de Noël chez les Hood n’avaient jamais été aussi morose et triste. Au centre de la table trônait une maigre volaille que Pagode avait bichonné et agrémenté tant bien que mal tandis que son père, Howard, servait un mousseux inconnu des grandes tables dans les coupes. Celui-ci ne voulait pas déboucher de champagne ou autres grands crus tant que son aîné Swann ne serait point rentré. Cette rigueur toute géométrique et militaire avait de quoi plomber davantage l’ambiance du repas. Isidore avait la sensation de se trouver dans une pâle copie de sa maison d’enfance. Cette satanée guerre changeait tout…pensait-il. Sa mère Liane était toujours vêtue d’une de ses robes scintillantes mais les cernes sous ses yeux et son sourire fatigué trahissaient ses nuits d’angoisse. Ada, elle, faisait bonne figure, alimentait autant que possible les conversations pour que jamais le vide ne reste trop longtemps entre les membres de cette famille. Mais cela n’était guère ressemblant à sa sœur, si peu bavarde avec ses livres de médecine dans les mains…  

Le jeune couturier ne sut combien de verres de ce piètre mousseux il avala au cours du repas. Si bien qu’une fois son blanc de poulet engloutie et ses quelques légumes, Isidore eut quelque peu le tournis. Machinalement, il alluma une cigarette et inspira profondément avant de laisser s’échapper de ses narines la fumée blanche qui devait l’aveugler  pour quelques instants…

Lorsque les volutes vaporeuses vinrent à disparaître, il se retrouva juste devant une Désirée Contarini toute pimpante et l’œil pétillant au pied de la porte de ses appartements du George V en train, comme à son habitude, de lui souffler sa fumée de cigarette au visage.

-Bah alors mon p’tit Isi ? Vous n’allez tout de même pas refuser le cadeau d’une vieille peau comme moi !

Noël 1932 ! Isidore avait bien du mal à réaliser. Paris était-elle la réalité et Londres le sombre rêve ? Dans sa tenue de groom, il se retrouvait alors inconnu du grand monde et tout penaud devant cette excentrique franco-italienne. Ce fameux soir, elle lui avait proposée de se joindre immédiatement à sa table avec James.

-Mais… Madame ! Je n’ai que mon uniforme vous savez et …!

-Teuh teuh teuh !
fit avec agacement la dame pour le faire taire en l’attirant à l’intérieur de chez elle. Je crois qu’un smoking de mon fils traîne dans un placard… à l’époque où il n’avait pas encore engraissé comme une dinde, soupira-t-elle en claquant la porte derrière elle.

C’était une soirée de réveillon des plus folles et inattendues ! Voilà qu’il était à une grande table, entourée de tous ces gens importants, un ou deux artistes, plusieurs politiques et autres rentiers,… qu’il ne savait plus où donner de la tête. Tout était allé si vite qu’il eut à peine le temps d’enfiler ce smoking un peu trop grand pour lui et d’appeler James pour qu’il le rejoigne…

Les heures, les plats, les verres et les cigarettes défilaient, James n’arrivait pas et Isidore perdaient la notion du temps. Il se faisait très discret au début du repas mais il finit par ne plus s’arrêter de rire, d’écouter avec attention et de prendre part aux conversations avec entrain. Il riait tant et l’alcool aidant, Isidore voulut faire redescendre la température en s’éloignant de table. Titubant très légèrement, le jeune homme vint dans le petit salon juste à côté se poser près d’une fenêtre avant d’allumer une sempiternelle cigarette, un sourire rêveur aux lèvres.

- Bonsoir, fit une voix distinguée et pincée depuis la méridienne juste en face de lui.

Surpris, Isidore avala quelque peu de travers sa fumée avant de reprendre un peu de contenance et d’afficher son plus beau sourire de société à une femme au port de tête princier.

-Excusez-moi de vous importuner, je ne vous avait point vue en rentrant.

-Il me semble vous avoir aperçu à la table de Madame Contarini. Je suis lady Maud Wallace
, dit-elle dans une révérence toute aristocratique.

-Enchanté, je suis Isidore Hood, dit-il en s’inclinant maladroitement et en mimant un levé de chapeau haut de forme qu’il n’avait pas. En effet madame, j’ai également la chance d’être à cette table.

Ses manières eurent l’air d’inquiéter (ou d’horrifier ?) la lady qui s’empressa d’ajouter :

- Allez-vous bien monsieur ?

-Moi ? Je vais merveilleusement bien
, soupira d’aise Isidore en faisant danser sa cigarette entre ses doigts.

-Peut-être serait-il plus sage pour vous de renoncer à cette fête, conseilla Lady Wallace. Il ne faudrait pas vous en rendre malade

-Haha ! Renoncer aux délices ne fait vraiment pas partie de mon vocabulaire
, dit-il en riant avant d’essayer de retrouver un peu son sérieux sous le regard de son interlocutrice. Excusez ma franchise, madame… Et je ne suis pas malade vous savez, ajoute-t-il comme un enfant songeur. Juste heureux d’être là !

-Songez que nous sommes en tout début de soirée !
répliqua l’aristocrate.

-Et je tiendrai jusqu’au matin ! répondit Isidore en tournant sur lui-même, laissant son pied glisser sur le plancher avant de lui faire un clin d’œil malicieux. Ne vous en faites pas…

C’est alors qu’on entendit la Contarini se plaindre des conversations trop sérieuses et s’empresser de mettre un disque sur le gramophone laissant planer bien vite une musique entêtante qui fit tapoter les souliers d'Isidore sur le plancher…

-M’accorderiez-vous cette dansez ? demanda alors Isidore en entraînant l’air de rien la dame dans sa danse. Avouez que notre hôte a encore le sens de la fête à son âge ! Elle est extraordinaire…

Puis sautant du coq à l’âne, il ajouta avec son sourire d’enfant :

-Et vous ? Vous passez une bonne soirée ?

Elle ne faisait que commencer et le jeune homme était léger comme une plume…

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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Mer 17 Aoû - 18:09

Second tour


La musique bat son plein mais à distance. On se croirait presque dans une scène de Gatsby qu'Hemingway a publié quelques années plus tôt. Si Maud appréciait le concept de la soirée, elle commence à s'ennuyer et penser que c'est en dessous de sa dignité. Isidore, lui, se sent exalté par l'alcool et la cigarette, l'ambiance aussi.

Sans se laisser démonter, Isidore entraine Maud dans une petite danse endiablée. Elle se laisse faire, se pensant à l'abri des regards. Mais dans ces endroits, il y a toujours une paire d'yeux ou d'oreilles qui trainent. On entend des bruits de murmure, et une rumeur est si vite lancée. Si cela arrangerait bien les affaires d'Isidore, Maud a déjà une réputation assez sulfureuse pour avoir osé divorcer pour pouvoir se permettre une autre incartade.

Contraintes: Entre bienséance et faux semblants, sans oublier vouloir s'amuser, il faut trouver le juste milieu. Alors qui de vous deux oubliera quelques instants sa personnalité en premier, au risque de faire faire un tour à 180 degré à sa réputation?


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Maud Wallace
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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Sam 1 Oct - 14:14

A jouer avec cette satanée cigarette et à soupirer de la sorte, le jeune homme qui se tenait en face d’elle paraissait en effet flotter sur un petit nuage. Aussi, le crut-elle sur parole lorsqu’il lui affirma aller merveilleusement bien, mais voilà dans certains cas, cet état de béatitude suprême précédait ce que Maud nommait les sept plaies de l’Egypte. A savoir : Maux de crâne, vomissements, malaises, vertiges, épuisement, mémoire défaillante et une humeur variable. Elle était bien placée pour le savoir, combien de malheureux revenus de la Grande Guerre ivrognes ou drogués avait-elle croisés ? Si eux y recouraient pour oublier bien des horreurs, Isidore Hood tel qu’il venait de se présenter pêchait lui sans doute un peu trop par excès de jeunesse. Un véritable gâchis aux yeux de la sévère lady Wallace qui sentit monter en elle ce besoin perpétuel de materner. Un sentiment qui se traduisait chez elle immanquablement par des conseils ou par des yeux brillant d’une remontrance muette mais à la fois très éloquente.

En règle générale, ses interlocuteurs se mettaient soudain à détailler leurs chaussures pour ne pas montrer qu’elle parvenait à les intimider. Pourtant, ce soir là, la chose était inédite, ce n’était absolument pas le cas. Certes, durant une fraction de seconde ce garçon reprenait quelque peu son sérieux, avant de se mettre à rire voire à faire des pirouettes.  Il semblait balayer ses recommandations d’un revers de la main. Un enfant n’aurait pas agi autrement …

- Je tiendrai jusqu’au matin.  Ne vous en faites pas…
- Je l’espère pour vous monsieur !

Le clin d’œil qui lui fit alors la stupéfia. Pourtant, elle n’avait pas omis de préciser ni son nom, ni son titre. Agissait-il toujours ainsi avec les dames de la bonne société ? Maud fit un écart pour reprendre la direction de sa table, cette soirée prenait soudain un tournant qui ne lui plaisait pas. Si Isidore mettait de côté sa dignité de lady, elle en revanche ne l’oubliait pas.

- Excusez moi, je dois retrouver mon …
- M’accorderiez-vous cette danse ?

Les yeux ronds, Maud se fit entraîner sans mot dire dans un Cha Cha. Dieu du Ciel, sa danse préférée ! Quelle mouche avait piqué madame Contarini de mettre un tel morceau ? Il n’en fallait pas plus pour que de contrariée la minute précédente, elle se dérida, emportée par le rythme régulier mais entêtant de cette musique.  

- Avouez que notre hôte a encore le sens de la fête à son âge ! Elle est extraordinaire…
- Vous savez, il n’y a pas d’âge pour avoir le diable au corps, il suffit de vous regarder pour s'en persuader ! répliqua Maud sans méchanceté mais avec sévérité comme toujours.
- Et vous ? Vous passez une bonne soirée ?
- Ma foi, disons qu’elle s’améliore un peu …

C’est vrai que les débuts avaient été très ennuyeux, une soirée somme tout bien banale à prendre des nouvelles des uns et des autres, sans vraiment s’y intéresser. Les codes de la courtoisie sont certes incontournables mais on n’y trouve rarement du plaisir. Ainsi, le jeune homme mettait quelques épices bienvenues par cette danse imprévue. Se laissant aller sans toutefois se montrer trop proche – Ciel, il faut tout de même garder une certaine distance - elle devait être une partenaire assez agréable et convenable.

Un sourire venait même de naître sur ses lèvres. C’est dire ! Il s’accentua même lorsqu’Isidore toujours éméché lui marcha accidentellement sur le pied.

- Faites attention la prochaine fois, cela vous coûtera une paire de chaussures monsieur et pas des moins chères ! le taquina t-elle.

Lorsque le Cha Cha s’acheva, elle sentit que le jeune homme n’aurait pas refusé une autre danse mais la bienséance qui guidait sa vie se rappela aussitôt à elle. Sans avoir besoin de les voir, elle n’ignorait pas les regards déjà peut-être inquisiteurs de la bonne société sur sa conduite. Aussi, trancha t-elle afin de satisfaire les bien pensants mais également ses propres désirs.

- Georges chéri ! Entendez-vous ce tango ?

Danser avec son mari était tout à fait convenable et au moins pouvait-elle continuer à danser… Nous étions le jour de Noël après tout, s’amuser ne lui était pas donné tous les jours.  

- Monsieur Hood, nous continuerons tout à l’heure volontiers si vous le voulez, mais que diriez-vous de vous asseoir en attendant, lui dit-elle en lui ôtant sa cigarette de la bouche pour l’écraser dans le cendrier le plus proche. Je crois que je vous ai donné un peu trop le vertige.

Bien entendu elle n’était pour rien dans son état, mais le garçon lui faisait pitié à flotter comme il le faisait. Il virait trop au pâle à son goût.

- Madame Contarini, je vous le confie, lança t-elle à son hôte tout en prenant le bras de son mari pour se lancer dans une nouvelle danse.

Seulement voilà, madame Contarini ne comprit pas ou fit semblant de ne pas comprendre. Malgré son âge, cette dernière se leva et entraîna à son tour Isidore pour ce fameux  tango… Maud priait déjà pour qu’il ne la fasse pas tomber !

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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Lun 16 Jan - 1:51

Quel Cha-Cha endiablé !  Isidore dansait avec énergie, son sourire d’enfant éternellement plaqué sur le visage. Ils pirouettaient, virevoltaient, tournaient, tandis que leurs pieds frôlaient tour à tour le tapis du salon et le parquet ciré. Le jeune groom était si léger et si emporté dans sa fougue qu’il osa même faire décoller du sol quelques secondes la lady qu’il avait pour partenaire. Une fois que les dernières notes du morceau s’envolèrent, Mrs Wallace s’écarta de lui avec un petit sourire bien moins froid qu’au début de leur conversation. Le jeune freluquet était ravi de voir que sa bonhomie avait porté ses fruits. Il n’y avait donc bien un peu de feu sous l’apparence froide et délicate de la dame ! C’est alors qu’un nouveau disque fut posé dans le gramophone et les notes commençaient à envahir de nouveau le salon :

- Georges chéri ! Entendez-vous ce tango ?

-Oh vous me quittez déjà, Madame ?
fit Isidore à l’attention de sa partenaire. Vous me réservez une prochaine danse j’espère ? osa-t-il demander avec un œil brillant de malice.

- Monsieur Hood, fit d’une voix douce la lady. Nous continuerons tout à l’heure volontiers si vous le voulez, mais que diriez-vous de vous asseoir en attendant…

Elle attrapa la cigarette qui pendait mollement à ses lèvres et l’écrasa avec une grâce impériale dans le cendrier le plus proche.

-Vous vous en faites pour ma santé ? s’amusa le jeune homme

-Je crois que je vous ai donné un peu trop le vertige, répliqua Maud avec un regard appuyer avant de le saisir par le bras, de le guider dans les bras de leur hôtesse puis de s’envoler avec aisance en attrapant la main tendue de son époux qui l’attendait pour leur tango.

-Ma foi, vous avez été d’une très grande prestance ensemble : vous avez stimulez les spectateurs ! s’exclama la vieille dame.

-Merci… J’ai le pied naturellement léger, fit Isidore d’un air un peu absent.

-Allons mon p’tit ! enchaina sans sourciller Désirée Contarini en attirant son invité sur la piste. Faites donc danser ma vieille carcasse, voulez-vous ?

-On dirait une mère qui met son petit à la garderie…

-Pourquoi cela ?
s’étonna la vieille mondaine. Vous me trouvez ennuyeuse ?

-Non non du tout. Ma mère m’aurait laissée danser, fumer des cigarettes même ! J’ai maintenant l’impression d’avoir fait une bêtise comme un enfant de 4 ans…

-Toutes les mères ne font pas la fête dans les cabarets, mon cher Isidore
, souligna sa nouvelle partenaire enturbannée avant de faire une pirouette étonnamment gracieuse et vive pour son âge.

L’image de Liane Hood vint s’afficher dans l’esprit du jeune homme en parallèle de la silhouette dansante de Mrs Wallace…

-Cette dame pourrait je crois. J’ai senti tant de fantaisies lorsqu’elle a bien voulu danser ! Cela change des bonnes manières et des lèvres pincées : la chaleur humaine mérite d’être partagée, vous ne trouvez pas ?

-Vous vous posez vraiment trop de question mon p’tit
, soupira Désirée Contarini. Magnez-vous donc un peu le train ! Vous ne suivez pas le rythme ! s’énerva la petite dame dans sa robe scintillante.

Accélérant la cadence, Isidore eut une petite moue triste en jetant un regard furtif sur le couple Wallace.

-Vous pensez que je l’ai agacé ?

-Roooooh vous savez difficile de savoir avec ces angliches ! Tant de manières pour toujours être impeccable…


Pendant les minutes qui suivirent, les danseurs continuèrent de tourner sur la piste au son chaud et fiévreux du tango. Isidore guidait Madame Contarini avec application, l’esprit toujours ailleurs, tant et si bien que c’est la dame qui prit le relai et se mit à guider la danse sans l’ombre d’une gêne. Il faut dire qu’à son âge, elle n’avait plus peur de rien…

Une fois le tango terminé, tout le monde semblait content. Isidore voulut aller se poser dans un coin pour fumer une cigarette mais la maitresse de maison n’en avait pas décidée ainsi.

-Allez donc lui proposer une danse, Isidore, lui glissa-t-elle avec un clin d’œil.   Je m’occupe de la musique ! Faîtes donc rêver l’auditoire !

Toujours un peu chiffonné par ses propres pensées, Isidore s’avança vers le couple anglais avec une lenteur timide qui ne lui ressemblait guère. Mais l’alcool, la chaleur et le léger tournis lui mettaient des doutes… Enfin à leur hauteur, il s’éclaircit un peu la gorge et s’adressa avec un grand sourire à Mr Wallace :

-Monsieur, puis-je me permettre de proposer une nouvelle danse à votre épouse ? Elle est tout à fait remarquable !

Un frisson lui courut dans le dos… Si ses yeux avaient pu lancer des couteaux, Mr Wallace aurait terrassé sur place le jeune homme… Un sentiment de colère mêlée à de la tristesse monta au cœur d’Isidore.

-Mais je dois manquer de bonnes manières sans doute…, laissa-t-il échapper dans un souffle.

Pourquoi donc avait-il fallu que les parents Hood insistent tant à intégrer les hautes sphères et leur enfant avec ? Le jeune Isidore détestait les manières et les protocoles… Les notes d’une valse commençaient à envahir le salon où se trouvaient les invités, mais le silence régnait autour d’Isidore… Wallace allait-il finir par lui répondre quelque chose ?

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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore} Sam 8 Avr - 13:15

Troisième tour


Troisième, et dernier tour.

L'ambiance s'efface, le temps passe. Tout se met à tourner, alcool et musique font un duo qui fini par donner mal au crâne. Dans cet univers flou et inquiétant, Isidor et Maud sont tous les deux ramenés au moment présent. Ce Noël a-t-il seulement vraiment eut lieu? Impossible de s'en rappeler avec certitude.

Contraintes: Ce flash back - cela s'est-il véritablement passé ainsi? - a quelque chose de marquant. Une autre époque, avec deux personnes bien différentes de ce qu'elles étaient à l'époque... Avons-nous changé en bien, en mal? Pourrait-on se parler à nouveau de cette époque, ou sommes-nous tous passés à autre chose? A quel point sommes-nous différents?

Petite introspection respective de rigueur au réveil.


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MessageSujet: Re: MINI-INTRIGUE - Noël du Passé {Maud & Isidore}

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