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 On the Radio → Karol

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Victoria Irvin
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MessageSujet: On the Radio → Karol Dim 10 Juil - 12:55




Au ministère de l'air

Assise à son bureau, son casque sur les oreilles, Victoria était tendue. Dans son uniforme impeccable - les froides nuits d'hiver 1940-1941 facilitaient le port de l'uniforme parfait, contrairement à quelques mois plus tôt - elle se tenait droite comme in "i" sur sa chaise. Le service de nuit, celui où elle était affectée depuis quelques jours, était le plus fatiguant émotionnellement. La nuit était le moment des bombardements et des combats aériens. Elle et les autres WAAFs étaient toujours sur le qui-vive et si chaque nuit se répétait sur le même schéma, aucune n'était exactement la même. Combien de fois Victoria avait-elle entendu des filles pleurer dans les dortoires, sachant très bien pourquoi? Le pilote de leur coeur était tombé au combat... Et elle n'osait imaginer ce que cela signifiait pour celles qui se trouvaient dans les bases, mécaniciennes, cantinières, qui cotoyaient leur "sweat hearts" tous les jours. Il y avait de quoi être nerveuse et triste. Surtout depuis quelques semaines. Victoria savait que les démarches de Karol avaient enfin abouties, il était de nouveau autorisé à voler. Ses états de services étaient irréprochables, il n'y avait aucune raison - si ce n'était son sale caractère - de le garder clouer au sol plus longtemps. Les français avaient même assuré de son utilité lors de la débâcle, ainsi que de son sens du commandement. Il n'y avait plus grand chose à attendre de plus, on lui avait remit un commandement dans les unités polonaises. Il était affecté dans l'une des bases à proximité de Londres, pour protéger la ville des raids noctures quotidiens, ce qui faisait que son unité était dépendante du service radio du Ministère.

Bunker sous terrain où Victoria se trouvait en ce moment même, face à sa radio. Elle regrettait presque d'avoir appuyé la demande de Karol, maintenant. Bien sûr, Teddy n'était toujours au courant de rien. Personne, en fin de compte, ne savait quoi que ce soit et il valait mieux que cela reste ainsi, nul besoin de le préciser. L'idylle entre le Polonais et la Galloise restait des plus discrètes et des plus secrètes, soumise désormais à bien des difficultés au vu de la nouvelle affectation de Karol, mais elle était bien réelle, et Victoria ne savait toujours pas quoi faire... Inutile d'y penser pour le moment, ce n'était ni le lieu ni l'instant, la jeune femme se devait de rester concentrée. Autour d'elle, tout était calme mais tendu, le calme avant la tempête. Les officiers chuchotaient entre eux, le regard fermé. Les Waafs restaient pour la plupart silencieuse, et une parole plus haute que l'autre voyait son auteur virer au rouge pivoine et baisser les yeux devant les regards noirs du reste de l'équipe. Plus de deux mois que les bombardements duraient... Impossible de savoir combien de temps cela allait durer. La majorité des londoniens avaient élu domicile dans des abris antiaériens, voir même dans le métro, qui avait dut subir pas mal de modifications, les stations se situant le plus près de la Tamise n'étant pas assez sûres. L'une d'entre elle s'était effondrée, l'eau entrant dans les tunels, noyant au passage tous les réfugiés qui s'y étaient abrités. Cette tragédie avait forcé le gouvernement à réagir. Les discours étaient quotidiens ou presque, eux aussi, exultant la population à tenir et à ne pas céder aux messages nazis.

La sirène tant redoutée résonna soudain, annonçant l'arrivée des avions allemands sur la mégapole Londonienne. Victoria sentit des frissons d'angoisse le long de sa colonne vertébrale. Les lumières devant elle s'allumèrent, annonçant que les pilotes étaient prêts ou presque à prendre leur envole. Elle contacta tout d'abord les bases radars des côtes, pour connaître la proximité de l'ennemi et la transférer aux plotteuses qui attendaient de faire bouger les modélisations des avions sur la carte géante, permettant ainsi aux officiers commandeurs de donner des ordres en conséquences, qu'elle et ses collègues retransmettraient à leur tour aux pilotes. L'attaque paraissait lointaine et pourtant, elle était si proche. Les murs ne tremblaient pas, pas encore, le bunker était profondément enterré, mais ne jamais dire jamais. Il y avait tant d'histoires sur des gens enfermés vivant sous les décombres de leur maison ou de leur lieu de travail... Mieux valait ne pas y penser maintenant. Il n'était pas encore temps. La jeune femme débrancha son casque et le rebrancha dans une autre fiche, les pilotes alliés étaient en action, la modélisation de leurs forces venait d'arriver sur la maquette.

-Yellow leader, ici contrôle, me recevez-vous? Roger si contact!

Ordonna la jeune femme d'une voix assurée. La panique qu'elle avait ressentie la première nuit de bombardement était bien loin désormais, elle pouvait transférer et prendre les ordres de manière bien assurée sans paniquer, en restant concentrée sur son travail. Mais elle ne s'attendait pas à la voix qu'elle allait entendre dans son casque.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


'Careless talk costs more than life'
"Was it a marriage made in heaven ? Was it a gift from god above ? Do you belive the things you told me or was it simply careless love ? You told me once when we were dreaming through life together we would walk. Those words of love seemed said in star light but now it seems like careless talk."


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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Dim 7 Aoû - 18:58

Depuis que Karol détenait son précieux sésame, à savoir son affectation et l'autorisation de voler, il n'était plus le même. Bye-bye le bonhomme aigri et à vif. Il fanfaronnait à outrance. Il avait ressorti ses lunettes de soleil aviator et marchait la tête haute. Si cela n'avait pas effacé son caractère de cochon, il se sentait extrêmement bien. Il lui arrivait même de sourire, lui qui d'ordinaire ne réservait cette récompense qu'à celles et ceux qu'il estimait. L'affront ? Il ne l'oubliait pas, loin de là. Voilà des mois qu'il se trouvait cloué au sol, à cause de soupçons... Des mois qu'il fulminait et qu'il en voulait à la terre entière ! Désormais, il se voyait affecté à une base militaire non loin de Londres, à partir de laquelle il pouvait être mobilisé. Le seul inconvénient, c'est qu'ici il ne voyait pas Victoria aussi souvent qu'avant. Elle ne pouvait être présente dans la base, car ça n'était nullement la place d'une fonctionnaire du Ministère. Et donc forcément, elle manquait au polonais qui ne pouvait plus se passer d'elle. Il savait cependant qu'elle l'observerait dès qu'il partirait en mission et au fond de lui, son égo quelque peu démesuré voyait la prochaine attaque allemande comme une aubaine pour lui montrer ce qu'il savait faire. Il savait déjà qu'il allait frimer, montrer les muscles, pour tenter de l'impressionner davantage. Parce que Karol n'ignorait plus que Vicky avait un fiancé, un bourgeois, et que s'il ne pouvait rivaliser avec sa fortune, il pouvait lui en mettre plein les mirettes. Sans doute avait-il était un peu trop élevé dans ce dogme patriarcal qui veut que les héros de guerre rammassent des filles à la pelle. Lui ne cherchait pas la reconnaissance de la gente féminine mais d'une seule femme. Celle pour qui, il le sentait bien, son coeur battait. A défaut de pouvoir casser la figure à ce Teddy, dans un élan "viril" et territorial pathétique, il se montrerait impitoyable et redoutable avec l'ennemi nazi. Ce qui au final, arrangeait tout le monde. Sauf, sans doute, le coeur de Victoria.

Pour l'heure, pas de montagnes russes. Karol était installé dans l'entrepôt, en train de jouer aux cartes avec ses soldats. Il connaissait leurs prénoms, leurs états de service, et pourtant, il n'avait rien lu dans leurs dossiers. Ces derniers connurent le sort du papier : la corbeille. Il préférait parler aux gens. Echanger des mots en polonais, sa langue natale lui fit le plus grand bien. Cela instaura immédiatement la confiance. L'escouade était détendue, même si personne ici ne se relâchait. Le Capitaine Tomasz y veillait, il leur faisait subir des entraînements réguliers pour qu'ils soient opérationnels. Grâce à son fort caractère et à sa détermination, il ne perdit pas de temps pour obtenir la confiance de ses comparses. Il refusait de les appeler "camarades", d'ailleurs, parce qu'il haïssait l'allusion au communisme. Karol attendit que les autres jouent et après avoir tiré sur sa clope, il abattit sa quinte flush, ce qui lui permit d'encaisser une bonne liasse de livres sterling. Il savait déjà quoi en faire : acheter un cadeau à Vicky. Sa victoire provoqua quelques réactions, taquines pour la majorité d'entre elles. Et c'est à ce moment là que la sirène retentit dans la base. Branle-bas de combat général. Karol fut le premier à se lever, comme s'il avait été sur ressorts. Il se frotta les mains, avec enthousiasme. Il n'eut pas besoin d'ordonner, tous ses hommes savaient ce qu'ils devaient faire. Ils rejoignirent leurs avions, quelques uns se rendirent à leurs postes radios pour faire la liaison. Le Capitaine se hissa dans son appareil et un grand sourire sur les lèvres, il activa les moteurs. Nul doute, il savait ce qu'il faisait. La peur ne se lisait pas dans ses yeux. Il activa sa radio, juste à temps pour entendre une voix qu'il connaissait et qui provoquait chez lui cette sensation de bien-être. Victoria ! Parfait ! Elle allait pouvoir voir ses exploits ! De sa voix brute de décoffrage, qui semblait rauque à la radio, Karol répondit :

- Contrôle, ici Yellow leader. Affirmatif. Réception 5/5 !

Alors qu'il roulait sur la piste de décollage et que ses hommes décollaient, Karol ferma la vitre latérale après avoir jeté son mégot. Il se mit en ligne droite et accéléra plein gaz pour décoller. La sensation qu'il éprouva en quittant la terre ferme le fit sourire comme un enfant. Cela se sentait lorsqu'il parla à ses hommes sur la radio :

- Leader à escouade Yellow. En attente du cap et des instructions. Restez en formation groupée.

Les "bien reçus" fusèrent. Il y avait tellement de testostérone dans les airs qu'on aurait pu la sentit à travers la radio. Sobre, Karol s'adressa à Vicky :

- Yellow leader à contrôle. Attendons positions ennemies.


A mesure que Karol et ses hommes prenaient de l'altitude, Tomasz se sentait de plus en plus à l'aise. Le pilotage, a le connaissait.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
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Victoria Irvin
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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Dim 11 Sep - 19:07

Victoria n'était pas spécialement nerveuse quand elle était en communication radio avec un pilote. Elle l'était rarement. En tant que caporal, ça n'était pas son rôle premier. Mais il y avait des soirs où, par manque de personnel qualifié, il fallait bien s'y coller. Quand c'était le cas, puisqu'elle ne connaissait pas les pilotes, cela l'affectait moins - mais restant très sentimentale et impressionnable, elle l'était tout de même - quand un pilote se faisait descendre que lorsqu'ils étaient connus de leur contact. Il y avait moins de chances pour que le pilote soit descendu en combat au dessus de Londres que lors d'un raid en France ou en Belgique - ou pire, jusqu'en Allemagne. Mais le risque était là. Combien de fois un avion, ennemi ou allier, s'était écrasé sur la capital après avoir été descendu? Et les batteries anti aériennes tiraient dans le tas... Ils avaient beau faire le plus attention possible, dans le feu de l'action un accident était si vite arrivé. La jeune femme en frémissait d'avance quand elle enfilait son casque. Mais jamais elle n'aurait pensé entendre la voix qu'elle allait entendre de l'autre côté de la ligne. Alors qu'à la grande table où était étalée la carte d'Europe, les plotteuses faisaient avancer les pions représentant les avions ennemis et alliers. Cela avait quelque chose de surréel d'être au sous-sol du ministère, à "l'abri", alors que dehors, tous risquaient leurs vies... Et encore, l'abri était tout à fait relatif. Quelques semaines plus tôt, des réfugiés s'étaient cachés dans une station de métro à proximité de la Tamise, une bombe avait explosé à proximité et la station avait fini inondée.

La guerre ne faisait que commencer, les troupes d'Hitler semblaient tout remporter sur leur passage et malgré les messages du gouvernement, personne ne savait si l'Angleterre tiendrait si jamais les Allemands débarquaient sur l'ile. C'était la peur la plus répendue ici. La jeune femme préférait ne pas y penser. Comme beaucoup, elle avait rejoint les troupes pour éviter cela. Une seule action ne valait pas beaucoup, mais s'ils unissaient leurs forces... Victoria était naïve, elle croyait en tout ces messages venant des discours quotidiens du roi et du premier ministre. Elle était sûre que tout allait finir par s'arranger, lorsqu'elle avait signé son engagement. Désormais, elle hésitait. Bien qu'elle était encore très crédule, elle avait déjà ouvert les yeux sur pas mal de choses. Dont le fait que tout n'était pas si rose quand on était militaire et que les actions étaient bien limitées. Et qu'elle était moins forte qu'elle ne le croyait. Elle avait parfois envie de fuir, mais elle savait que cela satisferait trop certaines personnes de son entourage, à commencer par sa mère. Elle ne voulait pas absolument lui prouver qu'elle avait tort, mais elle voulait lui montrer qu'elle était capable. C'était tout. Autant qu'elle voulait se le prouver à elle-même. Elle voulait être certaine qu'elle pouvait être mieux que simplement "l'épouse de Theodore Jolliffe, quatrième du nom". Tout était si différent. Elle était différente. Elle n'était pas la même dans cette uniforme. Avec Karol...

- Contrôle, ici Yellow leader. Affirmatif. Réception 5/5 !

Cette voix, cet accent... Elle les aurait reconnus entre mille. Elle n'arrivait pas à y croire. Sur tous les pilotes de la RAF et des forces alliés il fallait qu'elle soit en contact direct avec Karol. Il ne manquait plus que ça. Elle sentit la tension redoubler. Si jamais il lui arrivait quelque chose... Elle préférait ne pas y penser. Fermant les yeux un bref instant, elle inspira et expira lentement pour tenter de se calmer et reprendre confiance. Rester professionnelle!

- Leader à escouade Yellow. En attente du cap et des instructions. Restez en formation groupée.

Elle entendit les réponses dans son casque.

- Yellow leader à contrôle. Attendons positions ennemies.

-Bien reçu, Yellow Leader.


Victoria releva son doigt du micro et jeta un coup d'oeil autour d'elle. On s'agitait, elle commençait à entendre des cris et des injonctions. Depuis la carte accrochée au mur, une des plotteuses faisaient signe aux radios de donner les indications. L'East End, le plus facile pour les troupes allemandes, bien sûr. Il fallait que cela tombe sur un quartier sur peuplé, où vivaient les populations les plus pauvres.

-Central à Yellow Leader et Yellow Team: l'ennemi arrive sur l'East End. Huit bombardiers escortés par des chasseurs, une vingtaine. Soyez prudents.

La jeune femme aurait préféré dire directement à Karol "soit prudent, fait attention" mais cela aurait été totalement non professionnel. Elle espérait qu'il avait comprit le message entre les lignes. Elle entendait les autres opératrices parler avec les jeunes pilotes, leur donner les instructions, alors que l'une d'entre elles passait entre les rangs pour collecter les notes et en déposer d'autres, donnant et reprenant des informations. Le temps lui parrut incroyablement long et court à la fois. C'était étrange comme sensation, elle voulait absolument que le combat n'ait pas lieu, mais en même temps, plus vite il aurait lieu, plus vite Karol retournerait à la base. Elle entendait son sang battre à ses tempes alors qu'à travers la radio elle entendit les premiers coups de feus des mitraillettes aériennes.

-Combat engagé, cria une des opératrices au centre de contrôle.

Il ne restait plus qu'à prier pour que cela se passe vite et sans trop de dégat.

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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Dim 16 Oct - 10:59

Entendre la voix de Victoria était un véritable plaisir, tant pour Karol que pour ses hommes. Après tout, dans une guerre, à des milliers de mètres d'altitude, quoi de plus agréable pour se réchauffer l'âme et oublier le chaos ambiant qu'une voix féminine. Le polonais devait bien l'admettre, il aimait cette intonation douce. Il s'imaginait bien la jeune femme, en train de parler derrière son micro, resplendissante. Avait-elle attaché ses cheveux ? Portait-elle cet uniforme qui lui seyait si bien ? Et son parfum ? L'espace d'un instant, Karol ferma les yeux et en sentit les effluves. Il aimait cette odeur, elle lui rappelait la première fois où ils s'étaient rencontrés. Jamais il n'aurait pu croire qu'une brittanique puisse être aussi jolie. Pour lui, jusqu'à il y a quelques mois, la Grande-Bretagne était le pays du pudding, du thé et de la bourgeoisie. Qui a dit cliché ? Bref ! On lui aurait annoncé, il y a quelques semaines qu'il trouverait refuge là-bas et qu'il y recontrerait probablement la femme de sa vie, il se serait gaussé, en trinquant pour que ça n'arrive jamais. Aujourd'hui, bien évidemment, il ne pensait plus du tout la même chose. Karol avait confiance en l'avenir. Ca faisait partie de sa forte personnalité, il ne lâchait rien. Il avait réussi à intégrer l'aviation anglaise, pour se battre, alors qu'on lui barrait la route pour ses suspicions infondées. Victoria était fiancée ? Il n'en avait cure ! Jouer les amants dans l'ombre lui conviendrait... en tout cas pendant un petit moment, parce que le but, c'était d'écarter définitivement son fiancé.

- Central à Yellow Leader et Yellow Team: l'ennemi arrive sur l'East End. Huit bombardiers escortés par des chasseurs, une vingtaine. Soyez prudents.

Karol rouvrit les yeux et un sourire de dessina sur son visage. Il était heureux. L'ennemi approchait et il rêvait de faire un carton ! Piloter lui avait tellement manqué ! Il répondit, excité par l'action qui s'annonçait :

- Yellow leader à contrôle. Bien reçu. Entamons déploiement d'approche.

Il se frotta les mains et ajouta :

- Leader à team. Formation ciseaux. Huit bombardiers pour vingt chasseurs, ces salauds croient venir à notre petite fête avec Pjotr l'incruste ! Ce soir on fait pâtes/foie gras, faut que ça soit léger et aérien !

Il y eu quelques rires dans l'escadron. Les appareils se mirent en position. Karol scruta la ligne d'horizon, attentif. Il perçut alors un mouvement et il reprit la parole :

- Boches en vue. Je répète, boches en vue. J'ai un plan de table à faire qui donnerait des maux de têtes à la société des nations ! Et ces salauds n'en font pas partie ! Pas de quartier ! Leader à team, engagez le feu.

Le combat s'engagea. Les avions de l'unité étaient beaucoup moins rapides que ceux de l'ennemi, mais Karol et ses hommes étaient habitués à se battre avec des appareils qui avaient fait leur temps. Les mitraillettes se mirent à tirer en rafales. Karol effectua une virage très serré sur la droite, suivi par ses coéquipiers. L'idée étant de prendre l'ennemi à revers sur les flancs. Evidemment, la manoeuvre échoua quelque peu. La "lenteur" des appareils permit à l'ennemi de voir le mouvement et de s'y adapter. Karol jura :

- Gòwno ! Leader à team, ennemi rapide, évitez les tirs.


Tandis qu'il opérait un nouveau virage en piqué, il maugréa :

- Des coucous du siècle dernier... y'a pas plus prosaïque... prosaïque ? C'est comme ça qu'on dit ? Gòwno ! Pro-saï-que ? Raaah, c'est pas ça qu'ils disent... Bref, des vieux clous tout juste bons pour la casse. Remarque... ça tombe bien, on va en faire de la casse...


Il s'était pas aperçu qu'il n'avait pas coupé le micro. Et le plus naturellement du monde il reprit :

- Yellow leader à contrôle. Essuyons des tirs nourris. Aucun appareil touché pour l'instant. J'ordonne la concentration des tirs sur les bombardiers pour protéger les civils. Yellow à team. Descendez-moi ces enfoirés ! Piquez et remontez, visez les réservoirs.

Karol stabilisa son appareil et tira sur la barre pour remonter. Lorsqu'il fut bien dans l'axe, il ouvrit le feu sur le blindage. Il y eut un bruit d'explosion, de la friture sur la radio et des hourras dans les appareils anglais. Le bombardier en question était en feu et il ne tarda pas à perdre de l'altitude. L'escadron continua ses attaques ciblées. Bientôt, sur les huit bombardiers, il n'en resta plus que deux. Mais les choses ne tournèrent pas tout à fait aussi bien que Tomasz l'aurait voulu. Deux de ses hommes furent touchés.

- Leader à contrôle. Deux appareils touchés. Ordre pour eux de s'éloigner afin de pouvoir évacuer. Coordonnées...

L'appareil de Karol fut également touché ce qui coupa net la transmission. Le capitaine eut le plus grand mal à stabiliser son appareil. Il lâcha une floppée d'insultes et regarda l'étendue des dégâts. L'antenne de transmission était explosée. Il activa le relais qui lui ne semblait rien à voir mais qui avait aussi une portée beaucoup plus courte.

- Leader... contr... me rec... vous ?

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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Sam 29 Oct - 0:12

Victoria était toujours nerveuse pour les pilotes avec lesquels elle était en liaison les nuits où elle était de service. La perspective de ne plus les entendre, de savoir la communication coupée était une horrible torture. On savait bien qu'on ne reverrait pas le pilote en vie. Qu'on ne le reverrait pas tout court, d'ailleurs, car la combustion de l'appareil pendant la chute rendait souvent le corps méconnaissable. Elle essayait de ne pas y penser mais comme toutes les jeunes femmes à son poste, elle le savait au fond d'elle-même, c'était la vérité, la réalité de leur temps, de leur guerre... Elle ne pouvait pas vraiment faire autrement. Aucune des jeunes femmes ne le pouvait. Victoria en avait entendu certaines pleurer la nuit dans les dortoires. Il n'y avait pas vraiment à chercher pourquoi, elles savaient toutes la peine qu'une jeune WAAF ressentait quand son pilote se crachait. Et si Victoria avait tout fait pour que Karol soit réintégré totalement au plus vite, elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. C'était ce qu'il voulait, alors pourquoi ce sentiment doux-amère? Ils avaient mit les choses au point pendant ce bombardement au fond de l'abri souterrain du ministère. Elle était fiancée, il était là pour se battre. Ils n'avaient rien en commun mis à part le fait de venir de bonnes familles. A la fin de la guerre, Victoria reposerait son uniforme, il rentrerait en Pologne et voilà tout. Elle serait d'ailleurs mariée avant si Teddy cessait de jouer les courants d'air.

Mais ce n'était guère le moment de songer à la vie de tous les jours. L'instant présent était le plus important.

- Yellow leader à contrôle. Bien reçu. Entamons déploiement d'approche, répondit le Polonais.

Victoria se contenta de hocher la tête, oubliant presque qu'il ne pouvait pas la voir. Entendre sans voir et sans pouvoir agir était attroce. La jeune femme savait piloter, chaque soir elle se demandait si à la place de ces jeunes pilotes elle aurait pu éviter les balles allemandes, si elle aurait pu réagir plus vite...

- Leader à team. Formation ciseaux. Huit bombardiers pour vingt chasseurs, ces salauds croient venir à notre petite fête avec Pjotr l'incruste ! Ce soir on fait pâtes/foie gras, faut que ça soit léger et aérien !

La jeune rousse se contenta de lever les yeux au ciel. Quel idiot. Et pourtant elle réussi à sourir malgré tout.

- Boches en vue. Je répète, boches en vue. J'ai un plan de table à faire qui donnerait des maux de têtes à la société des nations ! Et ces salauds n'en font pas partie ! Pas de quartier ! Leader à team, engagez le feu.

Le caporal Irvin se tendit. Comment ne pas faire autrement. A partir de maintenant elle était totalement impuissante. Elle n'était pas la seule.

- Gòwno ! Leader à team, ennemi rapide, évitez les tirs. Des coucous du siècle dernier... y'a pas plus prosaïque... prosaïque ? C'est comme ça qu'on dit ? Gòwno ! Pro-saï-que ? Raaah, c'est pas ça qu'ils disent... Bref, des vieux clous tout juste bons pour la casse. Remarque... ça tombe bien, on va en faire de la casse...

Il fallait rester concentrés. Si jamais on lui posait des questions elle aurait des problèmes.

-Contrôle à Leader, donnez-nous un état de l'attaque.

-Yellow leader à contrôle. Essuyons des tirs nourris. Aucun appareil touché pour l'instant. J'ordonne la concentration des tirs sur les bombardiers pour protéger les civils. Yellow à team. Descendez-moi ces enfoirés ! Piquez et remontez, visez les réservoirs.


Victoria gribouilla rapidement les informations avant de les tendre à l'enseigne qui passait les récupérer, sans vraiment y faire attention.  Entendre les rafalles de tire était assez stressant comme ça. A chaque instant, elle craignait le pire.

-Leader à contrôle. Deux appareils touchés. Ordre pour eux de s'éloigner afin de pouvoir évacuer. Coordonnées...

Un bruit de choc, trop proche, la radio grésilla.

-Leader, m'entendez-vous?

-Leader... contr... me rec... vous ?

-Contrôle à leader, vous me recevez?


Un grésillement lui répondit.

-Leader? Ici contrôle! Répondez!

Rien...

-Leader! LEADER REPONDEZ!

-Blue leader annonce que Yellow Leader est salement touché
, annonça une autre opératrice.

Victoria ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'était levée et qu'elle avait haussé la voix. Chaque opératrice étant elle-même en communication seules les filles les plus proches avaient légérement haussé les sourcils.

-KAROL! REPONDS-MOI! cria Victoria.

Mais seul l'horrible et long silence de la radion lui répondit. Il n'y avait plus à chercher, elle avait perdu Karol... Au sens figuré, comme au sens propre... Prise d'un vertige elle dut s'accrocher au bureau. Le sang quitta son visage, elle fut prise d'une nausée. Une larme glissa le long de sa joue. Il était... elle ne pouvait même pas y penser, l'imaginer. Karol... Un des officiers s'approcha d'elle et lui dit quelque chose qu'elle ne comprit pas, mais l'air de compréhension sur son visage permit à la jeune femme de retirer son casque et de quitter la salle des transmissions. Elle entra dans la salle de repos dans laquelle une des jeunes femmes sous ses ordres était visiblement venue chercher quelque chose - la clef de la salle des archives, apparemment. Victoria la foudroya du regard:

- Sors ! Sors ! Vite! Non attend, prends la clef !!!! La clef, la clef, là ! Maintenant sors, t'as plus le temps, sors !

Visiblement terrorisée par sa supérieure qu'elle n'avait jamais vue dans cet état, la jeune fille qui avait faillit oublier ce qu'elle était venue chercher, prit ses jambes à son coup. Victoria claqua la porte derrière-elle. La nausée revint et elle n'eut que le temps de se précipiter vers la poubelle. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre son calme. Elle songea au jeune pilote qui avait quitté son pays pour se battre avec les français d'abord, puis les anglais qui avaient mit une éternité à lui faire confiance, car ils le pensaient un espion des Rouges... Et maintenant il s'était crashé lors de sa première sortie. C'était la guerre, rien n'était juste... Mais cette pensée fit fondre la jeune femme en larmes. Elle glissa au sol. Toute la pression de ces derniers jours s'évacua à travers ces larmes et elle laissa sa tristesse faire face. Elle réalisa alors que si Teddy avait été à la place de Karol dans cet avion, elle n'aurait pas été dans un tel état de désespoir. Elle était amoureuse du polonais... Véritablement, comme dans ces romains qu'elle lisait adolescente et qui étaient interdits au pensionnat. Et elle ne s'en rendait compte qu'alors qu'il venait de... Elle resta là quinze, vingt, peut être trente minutes, à pleurer, enfermée, seule dans la salle de break. Elle ne voulait voir personne, pas même Ashna. Quand enfin, ses larmes se tarrirent, elle réussit à se remettre sur ses pieds, et, passant au lavabo, elle y mit de l'eau pour tenter de les dégonfler. Elle restait une lady britannique, on ne montre pas ses sentiments, et elle s'était bien assez donnée en spectacle jusque là.

Elle ressorti de la salle, et reprit sa place à son bureau. Mais elle était désormais inutile. En temps normal, elle aurait dut récupérer les dossiers, les trier... Elle n'en avait pas la force. Et pour ce soir, on la laissa se désespérer. L'offiier s'approcha d'elle, regardant ses souliers, ne sachant pas vraiment quoi dire. Il se racla la gorge avant de parler.

-Je crois... il me semble... Enfin, le capitaine Tomasz et vous étiez amis. Personne ne viendra récupérer ses affaires... Alors peut-être... Enfin un courrier part tout à l'heure en jeep, à la fin de votre service. Accompagnez-le avant d'aller vous coucher.

Victoria ne trompait personne, ses yeux étaient encore rougis. Elle se contenta de hocher la tête. La fin de son service lui parut d'une éternité intenable. Elle ne servait à rien, étant incapable de faire quoi que ce soit ou de donner un ordre. Elle laissa les filles s'en aller, avant de ramasser ses affaires et récupérer son manteau et son calot qu'elle posa sur son chignon parfait. Pas une mèche ne sortait de là, comme d'habitude. Tout ressemblait à une fin de nuit/début de journée habituelle. Il faisait encore nuit noir quand la jeune femme monta dans la jeep, indifférente au canard qui tomba soudain au sol à ses côtés, raide mort, à l'inverse des soldats présents qui firent un bond sur le côté, songeant qu'il s'agissait d'une bombe sortie de nulle part. Elle jeta un regard vide à l'animal, et cette vision manqua de la faire pleurer à nouveau.

Le courrier s'installa à côté d'elle et tenta de faire la conversation alors que Victoria s'était recroquevillée sur elle-même, insensible ou presque au froid glacial de la nuit. L'homme, assez jeune encore, cessa en voyant sa tête, et l'heure qui les séparait de la base lui parut sans doute interminable. Le soleil se levait alors qu'ils passaient les contrôles pour entrer sur la base. Victoria tendit sa carte de sous officier comme le fit le conducteur qui alla se garer et lui indiqua l'heure de départ. Victoria arriva au bureau principal et inspira profondément pour se donner l'impression d'être capable de quelque chose, et surtout, surtout, ne pas pleurer. Une secrétaire d'un certain âge, qui avait surement fait parti de ces femmes engagées pendant la première guerre, déjà, la dévisagea de haut en bas.

-Je peux vous aider, mon petit?

D'une voix étranglée, Victoria réussit à articuler:

-J'ai été chargée... chargée de venir chercher les affaires du capitaine Tomasz.

-Tomasz? Ah le polonais. Quelle tête brûlée celui-là! Mais qu'est ce que vous voulez à ses affaires?


Victoria, un instant, ne sut pas quoi répondre. Après tout, peut être qu'elle en savait plus que son interlocutrice sur le sort de l'escadron de cette nuit.

-Il est tombé... cette nuit...

-Pardon? Mais enfin de quoi parlez vous?

-J'étais dans la salle de contrôle quand il s'est fait... descendre...


Elle la regarda avec des yeux ronds.

-Mais enfin, mon petit, vous plaisantez! S'il est mort, cela doit être dans le dernier quart d'heure! Je l'ai vu, il y a quelques minutes à peine, aussi vivant que vous et moi. Enfin que moi, du moins, car j'avoue que vous n'avez pas l'air très bonne mine, mon chou. Un petit remontant?


-Je... quoi... Il... il est vivant?

-Il doit être avec son esquade au hangar 4. C'est à votre gauche par...


La réceptionniste n'eut même pas le temps de lui répondre que Victoria avait déjà tourné les talons, courant presque jusqu'au haugar en question. Elle se perdit presque en chemin, demandant sa direction, avant d'arriver au fameux hangar. Un groupe de pilotes en uniforme étaient là, inspectant les dégas de leurs appareils tout en plaisantant avec les mécaniciens et autres bombardiers. Etait-ce l'émotion, le manque de sommeil - Victoria n'avait pas dormit depuis 18h  environ - elle n'aurait sut le dire, mais quand elle repéra Karol, elle fut prise à la fois d'un soulagement intense et d'une vive colère. Elle marcha droit sur lui, insensible aux sifflements qui accompagnèrent ses pas. Karol la regarda avec ce qu'il lui sembla des yeux ronds, et ni lui - ni elle - ni  ses hommes, ne virent venir la gifle magistrale qu'elle lui asseigna, avant de lui sauter au cou.

-Espèce d'idiot! avant de murmurer à son oreille: Je suis trop jeune pour que tu meures!

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Dim 18 Déc - 16:30

Une floppée de jurons accompagna la rupture des communications. Karol frappa brutalement sur le transmetteur à côté de lui pour essayer de faire revenir la liaison, en vain. La Royal Air Force en prit pour son grade. Désormais seul dans sa cabine, sans aucune possibilité de dialoguer avec son escadron, il reprochait à la Grande Bretagne de ne pas avoir acheté des avions plus robustes, plus rapides et surtout plus puissants ! Contrôler l'appareil devenait difficile. Bientôt, Karol disparut dans les nuages. L'amas brumeux dans lequel il progressait avait quelque chose d'étrange, un peu comme un paradis. C'est l'image qu'il en avait en tout cas. Il aurait volontiers gardé cette vision agréable, mais un canard mort se fracassa sur la vitre de son cockpit, fissurant le verre. Par réflexe, le polonais mit son bras devant son visage. Juste à temps. Le verre vola en éclat sous la pression. Des bouts pointus se logèrent dans ses muscles. Méticuleusement, il les retira. Ca n'était pas profond, heureusement ! Il maudit cette saleté de volaille, avec laquelle, il avait déjà eu une fâcheuse déconvenue quelques semaines plus tôt. D'ailleurs, comment ça se faisait qu'il y ait autant de canards en Grande-Bretagne ? Ces sales bêtes n'avaient pas peur du froid d'habitude ? Il jura encore, virant la carcasse de devant son tableau de bord. Il descendit alors sous les nuages, pour tâcher de se repérer. Bon... ce n'était pas compliqué, il était éloigné de la zone de combat. Mais il allait remettre le cap dessus. Il n'avait pas dit son dernier mot. Karol regarda en contrebas. C'était beau, même si ça ne ressemblait pas à sa Pologne. Autant qu'il le put il effectua un demi-tour, pour revenir à la charge. C'est alors qu'il le vit, un bombardier allemand. Il stabilisa son appareil et ouvrit le feu. L'adversaire prit par surprise ne put réagir. L'appareil explosa dans les airs. Karol poussa un cri de victoire. Quelque chose clochait. Il ne voyait pas les autres. Il scruta le ciel à la recherche d'indices, mais rien. Où étaient-ils passés ?

Une nouvelle fois, il regarda en contrebas, pour essayer de se repérer et c'est là qu'il se rendit compte qu'en fait, il s'éloignait de Londres ! Le bombardier qu'il avait détruit effectuait un repli. Soit le bombardement au sol s'était terminé, soit son escadron les avait défoncés ! Il espérait que ça soit la seconde optique. Il mit le cap vers la base. Son coucou était salement amoché, il commençait à entendre des bruits étranges. Et Karol, un brin superstitieux n'avait pas pris de parachute. Pour lui, l'équation restait simple. Soit il rentrait vivant et avec son bébé, soit il crevait. Pas question de finir prisonnier ou de rentrer à pieds à la base. Et tant pis si en cas d'avarie, il se retrouvait face à son destin, un peu comme un crétin. L'avion perdait de l'altitude. Il tâcha de profiter des courants descendants pour ne pas brutaliser le moteur. Après une bonne demie-heure, il arriva sur la piste d'atterrissage où les autres étaient déjà regroupés. Il sortit de son appareil, sous les vivas de ses coéquipiers. Un des officiers l'accueillit toutefois d'une façon très froide, en lui faisant remarquer, sèchement, que son uniforme n'était pas conforme. Karol avait gardé son blouson en cuir au lieu de mettre celui de la Royal Air Force. Gros outrage à Sa Majesté donc ! Il répliqua que ce blouson là au main était à sa taille, mais l'officier ne l'entendit pas de cette oreille. Il lui fit la morale, sur le fait que dans l'éventualité d'un crash, ça aurait permis de le reconnaitre. Loin de se laisser faire, Karol commença à le contredire mais il s'arrêta lorsque son supérieur lui reprocha de ne pas avoir pris son parachute et de n'en faire qu'à sa tête. A ce moment là, Karol s'énerva. Il jeta ses lunettes d'aviateur sur le sol en jurant dans sa langue maternelle. Et il se dirigea vers le bâtiment. La secrétaire nota son air renfrogné et elle lui dit, avec un petit regard malicieux :

- Capitaine... vous avez l'air rayonnant...


En toute réponse, elle n'obtint qu'un grognement. Karol alla chercher le fameux blouson et l'enfila en lieu et place de celui qu'il portait. Il regarda le vêtement le mouler comme s'il s'était agi d'un ballon de baudruche. Clairement, il était trop petit pour lui. La secrétaire ironisa un peu en le voyant passer :

- Eh bien Capitaine, on dirait que vous avez pris un peu de poids... et trop de muscles...

Karol lui lança un regard assassin et quand il fut parti, elle pouffa de rire. Le polonais rejoignit le hangar 4 où ses hommes l'attendaient. Au détour de plusieurs conversations, on lui confirma que les allemands s'était repliés, après que trois de leurs appareils eurent été touché. Quand Karol raconta comment il avait explosé l'un de leur bombardier, cela déclencha des rires et des répliques enthousiastes. Tout allait pour le mieux, du moins le pensait-il. Tomasz s'alluma une cigarette et grappilla quelques mûres qu'on avait fait apporter pour célébrer cette petite victoire. Une maigre consolation mais après tout la guerre imposait à chacun de faire des restrictions.

- Vous savez ce qu'ils disent en Angleterre ? Que le mûrier c'est un symbole d'amour perdu ! Franchement, quelles conneries faut pas entendre. Allez, santé, les gars.

L'hilarité fut générale. Moquer les symboles, voilà une excellente façon de s'intégrer et d'être "patriote" ! Il prit quelques mûres et les engouffra, sans ménagement, dans sa bouche. Tirant sur sa cigarette, Karol tourna la tête lorsqu'il entendit ses hommes siffler. Au début, il ne comprit pas pourquoi, mais il reconnut Victoria. La jeune femme s'avançait vers lui. Il ne fit pas attention à son teint livide, ni à son visage qu'on pouvait deviner comme ravagé par les larmes. Il ne vit qu'elle, la belle et délicieuse anglaise qui mettait du remue-ménage dans sa poitrine. Il s'attendait à un debrief, simple, clair, concis, comme elle en avait le secret. Si elle venait jusqu'ici, c'était tout simplement parce qu'elle ne pouvait se passer de lui. Oui, Karol était catégorique. Elle et lui finiraient ensemble. Quitte à forcer un peu les choses pour ça. La main de Victoria lui vola à la figure, dans une gifle qui lui fit tourner la tête. Sous le choc, sa clope vola quelques mètres plus loin. Sa joue, mal rasée, laissa apparaitre l'empreinte de ses cinq doigts. Et puis... elle lui sauta au cou. Décontenancé, Karol mit quelques instants avant de reprendre ses esprits.

D'une façon sans doute un peu brusque, il se dégagea de l'étreinte de Vicky et la regarda, surpris. Il ne comprenait pas pourquoi elle le giflait ! Et surtout... il prit conscience qu'elle avait fait ça devant tout le monde. Karol était quelqu'un d'assez fier et cette humiliation ne passait pas, carrément pas même. Son visage vira à l'écarlate. Comme souvent avec lui, la réaction demeurait instantanée. En l'espace de trente secondes, le Capitaine s'était transformé :

- Dégagez ! DEGAGEZ ! Tout de suite ! Le premier qui fait un commentaire ou qui ouvre sa bouche, je jure que ça sera la dernière chose qu'il fera ! Foutez le camp ! Et le prochain que j'entends siffler, il prend mon poing sur la gueule !

Ni une, ni deux, tout le monde s'éclipsa, laissant Karol et Victoria, seuls dans le hangar. Le pilote regarda la jeune femme. L'incompréhension se lisait sur son visage, avec la rage, entre autre :

- Kurwa ! Mais c'est quoi ton problème ? T'es venu ici pour m'en mettre une ? Et puis après tu me sautes au cou l'air de rien ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Ca va pas bien dans ta tête !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
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- Dégage !


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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Ven 6 Jan - 11:35

Les émotions de Victoria jouaient aux montagnes russes. Elle était rarement passer d'un sentiment à un autre tout aussi opposé en si peu de temps de toute sa vie. L'anglais étant quelqu'un de stable et de constant. Les changements trop profonds, intenses et inattendus n'étaient pas aimés des sujets de Sa Majesté. Mais la guerre, elle, n'en avait rien à faire. La guerre, alliée à un fichu polonais instable, trop charmant, bagarreur et instable au goût et moeurs de l'île britannique. Manque de chance pour la jeune femme, il avait insuflé un air frais dans son quotidien qui n'était pas pour lui déplaire et il lui suggérait des sentiments qu'aucun homme - pas même son fiancé au moment de leurs fiançailles et de leurs premiers bonheurs - ne lui avait jamais ne serait-ce que suggéré. Et elle avait beau lutter, en se disant que ce n'était que passager, une passion, aussi vite partie qu'arriver, de celle qui vous laisse dévastée et avec des regrets quand elle n'est plus, l'état dans lequel elle s'était trouvée quand elle l'avait pensé mort en disait beaucoup. C'était la guerre, c'était le risque. Combien de jeunes femmes pleuraient sur leur oreiller dans le dortoire, tous les soirs, parce que leur beau militaire n'avait pas vu le soleil se lever? Victoria avait manqué de s'ajouter au nombre. Et après avoir eut l'impression que l'enfer s'ouvrait sous ses pieds, elle était devenue incrédule, il était vraiment vivant...? Quand la chose s'était confirmée, elle avait été prise d'une violente colère: prévenir, bon sang! Pardon, elle avait juré... Quand elle disait qu'il bousculait tous ses codes! Enfin, petit à petit, le soulagement se diffusait dans ses veines, mais la fatigue et l'émotion lui donnaient l'impression de flotter entre deux eaux, elle ne savait plus si elle vivait dans le rêve ou la réalité. Avait-elle vraiment gifflé Karol, devant son escouade? Un capitaine, alors qu'elle n'était que caporal? Grand Dieu, elle-même ne se reconnaissait plus. Et Karol non plus, visiblement.Le reste de son visage devint aussi rouge que la marque que la main de Victoria avait laissée. Ses hommes semblaient sous le choc. Il la repoussa sèchement et ne leur laissa pas le temps de réfléchir:

- Dégagez ! DEGAGEZ ! Tout de suite ! Le premier qui fait un commentaire ou qui ouvre sa bouche, je jure que ça sera la dernière chose qu'il fera ! Foutez le camp ! Et le prochain que j'entends siffler, il prend mon poing sur la gueule !

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, le hangar fut désert et Victoria et Karol se retrouvèrent seuls entre les avions endommagés. Et Karol était hors de lui. Mais cela ne pouvait pas avoir de commune mesure avec ce que Victoria ressentait. Faire un rapport, prévenir, c'était trop compliqué dans sa tête d'expatrié? Quel égocentrique, celui-là!

- Kurwa ! Mais c'est quoi ton problème ? T'es venu ici pour m'en mettre une ? Et puis après tu me sautes au cou l'air de rien ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Ca va pas bien dans ta tête !


Ca allait assez bien, au contraire. Et la colère était en train de refaire surface, que cela lui plaise ou non. Victoria serra les poings et du faire un énorme effort pour ne pas crier. Inutile de se donner un peu plus en spectacle, elle avait déjà assez honte comme ça.

-Tu te moques de moi?


Sa voix tremblait un peu, de fatigue et d'émotion. Il l'embrassait devant un hall bondé, la suivait partout, l'accusait de l'empêcher de retrouver ses ailes. Elle venait jusque là collecter ses affaires puisqu'elle était apparemment la seule personne qui en avait quelque chose à faire, et lui, il était là, à se pavaner devant ses hommes, à faire le malin alors qu'elle l'avait pensé mort. M-O-R-T. Le corps brûlé avec son avion parti en flamme pendant son crash, il ne serait rien resté de lui, rien du tout. Et cette simple pensée la bouleversait. Mais il n'en avait visiblement rien à faire.

-Ta radio a coupé. Net. On a reporté que tu t'étais fait descendre. Tu étais mort, Karol. Officiellement mort. Et là je te retrouve à faire le fier à bras en te pavanant comme le crétin que tu es devant tes hommes, comme si de rien n'était, sans prévenir le central ni rien du tout. On m'a demandé de venir rassembler tes affaires. Pour en faire quoi? Pas la moindre idée, mais j'étais apparemment la seule personne qui en avait quelque chose à faire. Et tu oses me demander ce qui me passe par la tête?

Le ton était monté graduellement. Victoria s'arrêta là avant de se mettre à véritablement crier. Elle ferma les yeux un instant, encore sensible de tout ce qu'elle avait pleuré, inspira, avant de reprendre un ton plus bas.

-Mais c'était apparemment inutile puisque tu as l'air de te porter comme un charme. Attention cependant, monsieur l'officier, l'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois, il en est de même avec l'ego. Maintenant veuillez m'excuser mon capitaine, je prends congé, vous n'êtes pas le seul a avoir eut une nuit agitée, il me faut rentrer à Londres.

La jeune femme songea un instant que depuis, le central devait être au courant que Karol était en vie, mais on n'avait pas jugé utile de la prévenir entre temps, ce qui la rendait encore plus folle de rage. L'ancienne Victoria aurait se serait sans doute répandue en excuses - enfin elle ne l'aurait certainement même pas giflé, pour commencer - les temps changeaient. Victoria eut un salut militaire bien plus ironique que respectueux et s'apprêta à faire volte face dans son uniforme. Qu'elle avait été stupide, maintenant qu'il avait retrouvé ses ailes, il n'en avait plus rien à faire de la petite caporale. Victoria changeait mais elle restait encore bien naïve. Si elle n'avait pas pleuré tout son saoule ces dernières heures, elle aurait sans doute pleuré à nouveau. Qu'est ce qu'elle avait espéré?

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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Sam 7 Jan - 16:17

Karol ne pensait pas une seule seconde avoir une pluie de reproches ce soir. Dans sa tête, il avait imaginé la scène parfaite : de franches accolades, de belles histoires à chaud racontées dans le rire, la bonne humeur, puis l'arrivée de Victoria, avec son sourire so british et si charmant. Seulement voilà, les choses ne se passaient pas du tout ainsi. Le polonais était passé d'un état euphorique à une colère noire et sourde. Qui ne s'arrangea pas avec le déluge de mots du caporal Irvin. Lui, mort ??? C'était une blague !!! Comment pouvait-on le croire mort ? En plus, aucun de ses hommes n'aurait confirmé cette information. Ce n'était quand même pas de sa faute si l'état major britannique avait tiré ses conclusions de façon beaucoup trop hâtive ! Qu'importe, il verrait ça plus tard... Crétin ??? Son regard déjà rude s'assombrit alors que la jeune femme poursuivait son attaque en règle. Il aurait du comprendre ce qui la poussait à bout et tempérer. Seulement, son caractère de feu, explosif l'amenait souvent à réagir sans filtre et sans contrôle de lui-même. Oui, ce pilote doué, réputé pour un sang-froid sans borne dans la bataille, se transformait en une autre personne dans sa vie personnelle, un écorché vif, direct, franc du collier et dépourvu de tact. C'était sans doute cette maladresse que Victoria lui faisait payer. L'ennui c'est qu'elle ne s'en prenait pas à la bonne personne. Pour Karol, elle faisait partie des opératrices de l'état major, elle était au courant de son retour, et quand il l'avait vu arriver, il pensait qu'elle venait pour fêter ça. Il ne s'imaginait pas une seule seconde toutes les angoisses qui lui avaient traversé l'esprit ! Elle se mit à le vouvoyer, comme si soudain, elle avait pris la décision de le rayer de sa vie. Et elle lui fit un salut militaire, ce qui eut pour effet de mettre Karol encore plus en colère. Il l'attrapa fermement par la main pour l'empêche de partir et lui dit, brut de décoffrage, en haussant le ton :

- Je ne suis pas mort en Pologne, je ne suis pas mort en Bulgarie, ni en France... Et bordel, je ne suis pas venu à Londres pour y mourir non plus ! Mettez-vous bien ça dans la tête ! Vous allez pas vous débarrasser de moi aussi facilement ! Je vais en buter du boche avant de trépasser. Nombreux mourront de cruelle manière mais c'est un sacrifice que je consens de bonne grâce ! En tout cas, la confiance règne ! Ca fait tellement plaisir de voir que tu crois en moi ! Quand tu auras fini de douter, il faut que tu rappelles ton commandant, il a cherché à te joindre ! Il va probablement te donner des cours de communication, lui qui n'est pas foutu de relayer les messages à ses subordonnées ! J'espère que tu lui en colleras une à lui aussi ! A moins que tu ne l'aies réservée juste pour ma personne ?

La gifle, non elle ne passait pas, chaque fois qu'il y pensait ou qu'il l'évoquait, ses yeux se faisaient furibards. Elle cumulait tout ce qui pouvait le blesser : elle avait été donnée par une femme, devant ses hommes. Ca encore, ça aurait pu passer... Sauf que la femme s'appelait Victoria Irvin et qu'elle l'obnubilait depuis son arrivée à Londres. Non, il encaissait mal le geste et il ne se privait pas de le lui montrer. Il lui tenait toujours fermement la main lorsqu'il ajouta, vexé :

- Tu as raison, maintenant que tu as balancé ta gifle, tu as probablement mieux à faire. Un Teddy à aller embrasser. Je ne vais pas m'excuser d'être vivant. Et j'emmerde ton commandement qui me prends pour un incapable et qui n'est pas foutu de relayer les informations. Je suis vivant, oui, en chair et en os ! Aucun mort dans mon escouade n'est à déplorer, aucun parmi les civils ! Je compte bien fêter ça ! Et tu ne m'en empêcheras pas même si tu m'en colles une autre !

Il relâcha enfin sa main et s'éloigna pour récupérer son sac, sans lui adresser le moindre regard. Il avait trop la rage pour faire autre chose. Il pouvait comprendre que Victoria se soit inquiétée, mais pas qu'elle lui fasse payer les erreurs de sa hiérarchie, la même qui l'avait bridé jusqu'à maintenant, non, il ne le supportait pas. Et puis, cette gifle irradiait encore sa joue. Amer, son regard se porta sur la photo de mariage de l'un de ses hommes, un polonais lui aussi, qui avait jeté son dévolu sur une française. Méchamment, il lâcha :

- Quel couple moche !

Et il se dirigea vers la sortie du hangar, dans une démarche à la fois nonchalante et énervée.
Il ne se retourna pas. De toute façon, même s'il l'avait fait, il n'aurait rien ajouté de plus. Tout avait été dit... en tout cas, le pensait-il !

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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Jeu 12 Jan - 22:45

Victoria croyait tomber des nues. Elle n'avait pas dormit depuis... Elle ne savait quand. Il faisait un froid de canard dans ce hangar en banlieue londonienne et elle était en train de se disputer avec un pilote polonais rattaché à la Royal Air Force, qu'elle connaissait à peine. On croyait rêver! Mais qu'est ce qu'elle faisait là, à la base? Pourquoi est-ce qu'on lui avait demandé à elle de s'en occuper? Peut être parce qu'elle était trop gentille, cela lui connait à la peau! Comme quand la situation de cet idiot de polonais l'avait touchée, quand il était arrivé avec seulement ses bonnes intentions en poche et qu'elle l'avait aidée à obtenir ce qu'il voulait, un poste actif. Et comment il la remerciait? En chamboulant sa vie toute entière et la laissant là comme une vieille chaussette une fois qu'il avait obtenu ce qu'il voulait, bien sûr. Comme d'habitude, Victoria s'était laissée avoir, et ça lui faisait un mal de chien cette fois-ci, bien plus que toutes les fois précédentes. Elle avait envie de hurler et de le frapper, et la giffle qu'elle lui avait mise un peu plus tôt - qu'elle même n'avait pas vue venir - n'avait aucune commune mesure avec ce qu'elle avait envie de lui faire subir maintenant. Elle voulait juste quitter cette foutue base - où elle rêvait pourtant d'être affectée avec les filles de l'ATA, la vie était mal faite que voulez-vous - et rentrer à Londres, chez son père, absent, pour pouvoir pleurer tout son saoule et dormir jusqu'au soir.

Mais une main de fer se referma sur son bras, la serrant à lui faire mal malgré son manteau. Elle eut un geste brusque pour se dégager, mais rien n'y fit. Non mais pour qui il se prenait? Savait-il seulement qui elle était, autre qu'une lady?

-Je ne suis pas mort en Pologne, je ne suis pas mort en Bulgarie, ni en France... Et bordel, je ne suis pas venu à Londres pour y mourir non plus ! Mettez-vous bien ça dans la tête ! Vous allez pas vous débarrasser de moi aussi facilement ! Je vais en buter du boche avant de trépasser. Nombreux mourront de cruelle manière mais c'est un sacrifice que je consens de bonne grâce ! En tout cas, la confiance règne ! Ca fait tellement plaisir de voir que tu crois en moi ! Quand tu auras fini de douter, il faut que tu rappelles ton commandant, il a cherché à te joindre ! Il va probablement te donner des cours de communication, lui qui n'est pas foutu de relayer les messages à ses subordonnées ! J'espère que tu lui en colleras une à lui aussi ! A moins que tu ne l'aies réservée juste pour ma personne ?


Son égo. Son énorme égo. Mais qu'est ce qu'il était agaçant! Si à un moment elle avait pensé à s'excuser pour la giffle qu'elle lui avait mise quelques instants plus tôt, cette pensée avait disparue. Ce n'était donc que ça? Mais il n'était plus en Pologne, il n'était pas dans un pays où il pouvait faire sa loi, il fallait qu'il se mettte ça dans le crâne. Ici il n'était pas un crack, pas encore. Il n'était qu'un réfugié parmi d'autres avec un talent que la guerre pouvait mettre à profit, voilà tout! Un outil, comme eux tous. Quand au commentaire sur son supérieur elle ne releva même pas. A quoi bon? Il ne pouvait même pas le savoir, il avait été le premier surpris de la voir ici. Karol la tenait toujours par le bras quand il ajouta:

- Tu as raison, maintenant que tu as balancé ta gifle, tu as probablement mieux à faire. Un Teddy à aller embrasser. Je ne vais pas m'excuser d'être vivant. Et j'emmerde ton commandement qui me prends pour un incapable et qui n'est pas foutu de relayer les informations. Je suis vivant, oui, en chair et en os ! Aucun mort dans mon escouade n'est à déplorer, aucun parmi les civils ! Je compte bien fêter ça ! Et tu ne m'en empêcheras pas même si tu m'en colles une autre !

Pardon, ce n'était pas seulement son égo. C'était aussi sa jalousie. Encore une fois il n'avait rien comprit. Il ne comprenait rien à rien. On ne fait pas ce qu'on veut quand on a le statut de la fille d'un lord et d'une lady influente, et de la  belle-fille d'un ministre. Il ne pouvait certes pas le savoir, mais cela ne donnait absolument pas envie de lui expliquer quoi que ce soit. Enfin il la lacha s'éloigna. Un bref instant il s'attarda devant une photo que Victoria ne vit pas, et marmonna quelque chose qu'elle ne comprit pas. Victoria était furieuse. Non, pire que cela, elle était blessée. Elle n'avait rien choisi, et sans cette foutue guerre elle serait certainement déjà lady Jolliffe! Et jamais elle n'aurait rencontré Karol qui était venu tout bouleverser. Il s'éloigna pour sortir du hangar, ce qui l'agaça encore plus si c'était possible. Elle avait voulu partir en première! De quel droit se permettait-il cela? Elle n'aurait jamais eus ce genre de dispute avec un anglais, c'était certain.

-Parce que tout doit toujours tourner autour de toi, c'est ça? Tu es le centre de l'unvers. "On m'a empêché de voler" "Ton commandement me prend pour un incapable" "ma personne" "Moi, moi, moi"! Et ce que vivent les autres, tu t'en fiches? Il n'y a que toi qui compte, ce que tu ressens, ce que tu veux...? Les contraintes, la vie des autres, leurs difficultés, ça tu t'en moques, il faut que tout aille dans ton sens, comme tu l'as décidé? Rien d'étonnant à ce que tu aies été cloué au sol dans ton propre pays. La vie ne se passe pas comme on le veut, on a beau essayé aussi fort qu'on veut, ce n'est pas toujours le cas. Tu crois vraiment que qui que ce soit a voulu cette guerre, à part ceux qui la commandent et ne se battent pas? Tu n'es PAS en Pologne. Ce n'est pas à l'Angleterre de s'adapter à toi, mais le contraire. Et, flash news, "mon" commandement, comme tu l'appelles, c'est le tien jusqu'à la fin de cette guerre, dans un sens ou dans l'autre. Et si tu veux un jour revoir la Pologne, il ne faut pas que l'Angleterre tombe. C'est cruel, mais c'est ainsi. Alors tu rentres ta personnalité prosaïque dans le moule ou tu t'en vas.

Et elle, elle ne voulait pas qu'il s'en aille. Elle marcha jusqu'à lui et lui enfonça son doigt dans la poitrine, son visage à quelques centimètres du sien, au niveau de son grade de capitaine, bel et bien anglais lui aussi:

-Mettez-vous ça bien dans le crâne, capitaine Tomasz: l'Angleterre ne vous doit rien, vous lui devez tout. Toutes les bonnes volontées sont bonnes à prendre. Les BONNES volontées, pas celles de briller par soi-même. Et encore moins celle de blesser ceux qui vous ont aidé à récupérer vos ailes. Et j'ai assez bataillé pour que vous les obteniez, alors faites en sorte de les garder en arrêtant de faire l'imbécile!

Elle retira sa main mais campa sur ses positions.

-Plutôt que de me crier dessus, tu pourrais être content qu'il y ait une seule personne sur cette île que tu détestes qui s'intéresse un tout petit peu à ce que tu deviens. Mais ça aussi, apparemment, dans ton monde où il ne règne que ta personne, tu t'en fiches complètement. Je n'ai pas dormi depuis je ne sais pas combien de temps, j'ai écouté ta mort en direct devant une salle pleine de mes collègues, j'ai pleuré toute la fin de la nuit et jusqu'à ce qu'on me dise une fois arrivé ici que tu étais vivant, jouant au bel éphèbe , volubile devant ses hommes, à se la raconter. Comment est-ce que j'ai pu...


Victoria s'arrêta là, pour ne pas en dire trop, juste avant de dire quelque chose dont elle aurait eut cruellement honte. Avouer ses sentiments et ouvrir son coeur n'était pas très britannique. Elle avait faillit dire "tomber amoureuse de toi". Alors qu'elle n'avait jamais réussi à se l'admettre à elle-même, ce n'était pas le moment de se laisser aller. Mais elle resta là, à quelques centimètres de Karol. Pour une qui avait dit qu'il ne fallait pas se donner en spectacle, c'était raté. Grand Dieu... Elle était amoureuse de Karol... Tout était fichu...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Ven 27 Jan - 21:02

Pour Karol, la conversation était terminée. Il n'avait certainement pas l'intention de s'excuser, ni pour son égocentrisme exacerbé, ni pour le fait d'avoir survécu à cette attaque. Pourtant, les mots de Victoria le stoppèrent net dans sa marche. Il serra les poings. S'il y avait bien une chose qui était plus sensible encore que les difficultés qu'il avait eues pour reprendre du service, c'était la Pologne et son passé là-bas. La jeune femme avait appuyé là où ça faisait bien mal. Il se tourna brusquement et il lui adressa un regard assassin. Elle n'avait pas le droit de se servir de ça maintenant, pour lui pourrir la victoire... Non, elle n'en avait pas le droit ! Mais elle ne se démonta pas pour autant. Elle s'approcha et planta son doigts dans son torse. Karol ne sentait pas grand chose, sa musculature lui permettait d'absorber cette pointe pour le moins incisive. Il ouvrit la bouche pour répliquer. Aucun son n'en sortit car l'anglaise ne lui laissa pas le temps d'en placer une. Elle persistait à le mettre face à son comportement. Hélas, Tomasz était connu pour son entêtement et ses idées très arrêtées. Pour lui, ceux qui étaient responsables de son comportement provocateur n'étaient autres que les membres de l'état major. Si d'entrée, on l'avait considéré comme une bonne volonté plutôt que comme un suspect, il n'aurait pas perdu patience. En réalité, la Grande-Bretagne restait à ses yeux un pays de bureaucrates acharnés, qui ne savait rien faire d'autre que bavasser. Il ne mettait pas en cause leur courage mais bien tout ce qui le parasitait. Et elle enchaina, pour enfoncer le clou sur son état personnel. Si Karol restait quelqu'un de très sanguin et de peu enclin à la négociation, il prit conscience qu'elle avait eu peur. Oui, enfin... Et que sa réaction était donc expliquable, malgré le fait qu'elle lui paraisse complètement hystérique ! Pas question cependant de ravaler sa fierté, il avait trop de colère pour laisser passer tout ce qu'elle venait de lui jeter au visage.

- Tu t'intéressais tellement à ce que je devenais que la seule chose que tu aies trouvé bonne à faire, ça a été de me mettre une gifle devant tout le monde ! Bien, bravo ! Merci pour ce moment d'attention ! Je m'en serais bien passé ! Je vais te dire une chose, je ne dois rien à ton pays. Je lui devrais le jour où il me permettra de rentrer chez moi ! J'ai bien compris que je n'étais pas le bienvenu ici, on me la suffisamment faire sentir ! En attendant, si un autre connard d'officier anglais ne décide pas de me clouer au sol, je continuerais à me battre. Si tu penses que je me bats pour la gloire, tu te trompes lourdement. Je me bats parce que c'est ma raison d'être. Pas par autolâtrie ! Et en ce qui me concerne, je ne me trouve pas prosaïque mais iconoclaste !

Ses yeux croisèrent les siens. Il avait un regard dur, d'ordinaire mais une lueur animait ses pupilles bleues. Une sorte de flamme dansante, qui appréciait ce que la vie apportait et qui n'aspirait qu'à l'aventure. Cette fenêtre sur l'océan tumultueux qui l'agitait ne mentait jamais. On y distinguait tout le fond de sa pensée, sa sincérité. Son engagement patriotique n'avait rien à voir avec son égo. Bien au contraire, s'il avait voulu faire tomber les femmes et avoir de la renommée, il aurait fait pilote de course ou sportif, deux métiers calmes, loin des bombes et des fusillades. Jamais de sa vie, il n'aurait fait la carrière que lui destinait son père, trop terne, trop morne. Il avait besoin d'exprimer son audace, de frémir. Et en dépit de tous les efforts qu'elle fournissait, Victoria ne pouvait pas l'en empêcher. Sur un ton plus apaisé qu'il ne l'aurait voulu, parce qu'il éprouvait encore de la colère, il ajouta :

- Je n'y suis pour rien si tu n'as pas été informée par ton supérieur xyloglotte ! Je pensais que l'on t'avait mise au courant ! Et je n'avais aucun moyen de te contacter. Ces salopards de boches ont explosé ma radio ! Ca n'explique pas, ni ne justifie que tu me mettes une claque ! Et ce n'est pas non plus de MA faute si tu as peu dormi ou que tu as pleuré... Mais... attends une minute...


Dans sa tête, un éclair de lucidité venait de le frapper. Il en resta un peu sonné et regarda Victoria. Petit à petit, les rouages se mirent en place, lui apportant un regard nouveau sur la situation. Karol était un as de la stratégie dès qu'on lui mettait un plan ou un avion dans les mains. Par contre, il butait sur la plus grandes des énigmes de cette planète : les femmes. De toutes celles qu'il avait connu, Victoria était, assurément, la plus... difficile à suivre. Pour autant, maintenant qu'il avait mis le doigt sur un détail, pas question de le lâcher !

- Comment est-ce que tu as pu... quoi ? Finis ta phrase... Mowì ! C'est toujours ce qu'on dit quand on lâche une bombe, en Pologne ! Dis ce que tu as à dire !

Son coeur se serrait. Elle avait pleuré sa disparition, c'est donc qu'elle ressentait bien quelque chose à son égard. Ayant horreur de tels silences, il enchaina sans la quitter des yeux, la sondant en tout indécence et impolitesse :

- Ai-je été un mûrier pour toi ? C'est comme ça que vous l'appelez en Angleterre, non ? Le symbole d'amour perdu ? C'est pour ça que tu as pleuré, je me trompe ?

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Sam 4 Mar - 18:18

- Tu t'intéressais tellement à ce que je devenais que la seule chose que tu aies trouvé bonne à faire, ça a été de me mettre une gifle devant tout le monde ! Bien, bravo ! Merci pour ce moment d'attention ! Je m'en serais bien passé ! Je vais te dire une chose, je ne dois rien à ton pays. Je lui devrais le jour où il me permettra de rentrer chez moi ! J'ai bien compris que je n'étais pas le bienvenu ici, on me la suffisamment faire sentir ! En attendant, si un autre connard d'officier anglais ne décide pas de me clouer au sol, je continuerais à me battre. Si tu penses que je me bats pour la gloire, tu te trompes lourdement. Je me bats parce que c'est ma raison d'être. Pas par autolâtrie ! Et en ce qui me concerne, je ne me trouve pas prosaïque mais iconoclaste !

On disait souvent que les sentiments étaient mal placés, cette situation en était bien la preuve. Victoria ne s’était jamais laissée aller, elle avait toujours fait en sorte de faire exactement ce qu’on attendait d’elle et jamais ce qu’elle voulait véritablement - sauf quand elle avait apprit à voler, bien évidemment, et elle valait certainement autant que chacun de ces pitres qui avaient détalé du hangar quand Karol le leur avait ordonné - et c’était bien la première fois de toute sa vie qu’elle sortait des sentiers battus, de ce qu’on lui avait apprit et enseigné. C’était d’ailleurs sans le vouloir, elle n’avait jamais rien planifié, rien prévu. Il avait fallut que le conflit, en plus de les bombarder au sens propre du terme, vienne faire exploser sa petite vie habituelle et ses sentiments.

Et elle se rendait complètement ridicule, ici, dans ce hangar. Comme elle s’était rendue ridicule en salle d’écoute, à crier dans son micro quand elle l’avait pensé mort alors qu’il allait parfaitement bien. Assez bien pour faire le malin devant ses hommes, à raconter des blagues, alors que sa radio avait été explosé par l’ennemie et que le leader d’un autre escadron l’avait reporté perdu. Qu’est ce qu’ils allaient raconter, au ministère? Certes, peu de gens connaissaient son vrai titre et la savaient fiancée, mais il y en avait assez pour que cela revienne aux oreilles de Teddy. Pire encore, de ses parents... Qu’est ce que sa mère allait dire? S’il lui fallait plus d’arguments pour tenter de faire sortir sa fille de l’armée, elle venait de les lui tendre sur un plateau. C’était tout son monde qui s’écroulait pour un pilote qui, comme beaucoup d’autres, n’en avait rien à faire d’elle. Il avait obtenu ce qu’il voulait, récupérer un manche à balai, il était content, son numéro de charme était désormais inutile. Et il avait que Victoria manque de se trahir. Elle qui gardait habituellement tout en elle-même, encaissait tout sans rien dire, elle ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie de lui hurler tout cela à la figure. Heureusement, elle réussit à se contenir, et à le dire, certes, mais sans que toute la base ne les entende. Cela ne changerait rien et la soulageait à peine. Heureusement, elle réussit à tarir le flot de paroles avant que l’irréparable ne sorte.

Elle n’avait jamais été amoureuse. Elle ne pouvait pas savoir ce que cela faisait. Elle pensait aimer Teddy, mais ce qu’elle ressentait pour Karol était sans commune mesure. Cela n’avait rien à voir. Rien du tout. C’était plus... Moins... Elle ne savait même pas comment le décrire. Sans doute était-ce pour ça que cela faisait si mal, et par la gifle qui était sortie toute seule, elle voulait qu’il ait aussi mal qu’elle, mais cela n’avait visiblement pas de commune mesure.

-Je n'y suis pour rien si tu n'as pas été informée par ton supérieur xyloglotte ! Je pensais que l'on t'avait mise au courant ! Et je n'avais aucun moyen de te contacter. Ces salopards de boches ont explosé ma radio ! Ca n'explique pas, ni ne justifie que tu me mettes une claque ! Et ce n'est pas non plus de MA faute si tu as peu dormi ou que tu as pleuré... Mais... attends une minute...

Si elle avait pensé une minute qu’il était trop obtus pour comprendre, ou du moins s’interroger, elle avait eut tort. Détournant les yeux, elle retint sa respiration, refusant pour la première fois depuis leur dispute de le regarder dans les yeux.

-Comment est-ce que tu as pu... quoi ? Finis ta phrase... Mowì ! C'est toujours ce qu'on dit quand on lâche une bombe, en Pologne ! Dis ce que tu as à dire !

Elle s’enferma dans un silence butté, croisant les bras sur sa poitrine. Non. Point final. Qu’est ce que cela pouvait lui faire, au final? Elle était déjà assez vulnérable comme ça. Les larmes s’étaient tarries, mais ses yeux rougis la faisait encore souffrir. Elle ne voulait plus en parler, plus jamais. Se murer dans une ignorance des faits toute britannique et faire comme si rien ne s’était passé. Zut à la fin! Mais il ne semblait pas l’entendre de cette oreille.

-Ai-je été un mûrier pour toi ? C'est comme ça que vous l'appelez en Angleterre, non ? Le symbole d'amour perdu ? C'est pour ça que tu as pleuré, je me trompe ?

Il semblait s’être calmé, le ton était retombé. Il lui en avait fallut du temps pour comprendre... Victoria ignora encore son regard un instant, avant de finalement bien vouloir reposer ses yeux sur le polonais.

-Qu’est ce que ça change? Il n’y a apparemment pas beaucoup de place pour quelqu’un d’autre que toi dans ton univers.

Elle était sur le point de pleurer à nouveau. Ce ne serait que la quinzième fois en quelques heures, elle n’était plus à ça prêt. Il semblait prêt à l’écouter, maintenant, étrangement.

-Je ne sais pas, Karol, qu’est ce que tu en penses? J’ai cru que tu étais mort, je suis venue depuis Londres pour rassembler tes affaires, j’ai pleuré, beaucoup, je suis d’ailleurs proche de recommencer, j’ai eus tellement peur que je t’ai giflé, oui, et si j’étais prête à m’en excuser, c’est un peu tard pour ça maintenant, parce que tu l’as doublement mérité. Je t’ai sauté au cou devant tout le monde, tout ton escadron, parce que te voir en vie m’a soulagée, mais ça par contre tu as l’air de l’avoir oublié tout aussi vite, et je suis encore là à te parler alors que tu ne mériterais même pas que je sois là, à me préoccuper de toi et à m’inquiéter. Alors à toi de me le dire...

Elle avait toujours les bras croisés sur sa poitrine, en signe de protection et défensif. Après tout ce qu’il venait de lui dire, elle méritait bien d’y être, sur la défensive. De toute façon, maintenant qu'il était ici, ils n'avaient plus de raison de se revoir, jamais.

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MessageSujet: Re: On the Radio → Karol Mer 19 Avr - 23:13

- Je me serais bien passé de la gifle, figure-toi ! Vous les anglais, vous avez une bien drôle de façon de communiquer... vous mettez souvent une claque à ceux que vous enlacez ? Ca promet !

Karol était toujours circonspect par ce comportement qu'il jugeait quelque peu... étrange. Les sautes d'humeur, pourtant ça le connaissait, lui qui arborait un air jovial, avec son rire franc et qui, en quelques secondes, pouvait vous envoyer un marron dans les dents sans prévenir. Par réflexe, il se massa la joue, où il y avait encore la trace des doigts de Victoria. Elle ne l'avait pas raté quand même. Et il n'en démordrait pas, rien ne justifiait son geste. Il la regarda, sans rien dire. A vrai dire, il venait de comprendre tellement de choses que son cerveau avait décidé de se mettre en pause, le temps d'intégrer toutes les données et de bien être sûr de la véracité des faits. Bien qu'elle ne le reconnaissait pas, en tout cas, pas à voix haute, elle trahissait des sentiments à son égard. Inespéré ! C'était le mot ! Elle l'avait tant tenu à distance depuis l'épisode de la soirée caritative chez Mrs Matthewsen. Il avait fallu qu'elle le croie mort pour se rendre compte qu'il ne la laissait pas insensible. Pas trop tôt, pensa-t-il ! Il faut dire qu'il n'avait pas lésiné sur les efforts pour lui plaire et la séduire. Il essayait de la croiser à son bureau, mais elle l'évitait. Il ne ratait pas une occasion de lui faire comprendre ce qu'il éprouvait. Pourquoi tant de froideur pour finalement s'emporter ? Cela ne pouvait trahir que des sentiments, à coup sûr. Le savoir avait quelque chose de plaisant. Même si jamais il n'avait voulu la faire s'inquiéter. Il reprit, en la regardant dans les yeux :

- N'inverse pas les rôles et ne dis pas n'importe quoi. Je ne me suis jamais caché, moi. Quand je t'ai embrassé, j'étais sincère. Quand je t'ai cherché, je l'étais aussi. C'est toi qui as mis de la distance, parce que tu as... "Teddy".

On sentait bien dans la façon dont il prononçait ce prénom, qu'il y avait une grosse pointe de jalousie. Karol était quelqu'un de passionnel, il n'aimait pas avoir un rival. Encore moins un Lord anglais richissime, pouvant assurément lui être supérieur ne serait-ce que par ses moyens et son réseau. Nul doute que Karol éprouvait des choses à son égard. Des gifles, il en avait reçu, mais celle-là lui faisait encore mal, parce que non seulement il ne s'y attendait pas mais en plus il ne la comprenait que très difficilement. Elle venait de celle qui comptait le plus dans sa vie. Et forcément, elle blessait.

- C'est donc autant à moi de le dire qu'à toi. Parce que moi, je n'ai pas peur de ce que je ressens. En dépit du fait que cela t'ait inquiété, ces instants dans les airs ont été les meilleurs depuis que je suis là. J'avais le ciel pour moi, un coucou entre les mains et ta voix pour me guider. Ca ne vaut pas de t'entendre en vrai, mais je m'en contente. J'ai enfin pu te montrer ce que je valais, réellement, après tout ce que tu as fait pour moi. Je m'imaginais te vois parmi mon comité d'accueil et je sais ce que j'aurais fait, si cela n'avait tenu qu'à moi. Je t'aurais embrassé comme jamais je n'ai embrassé une femme. Si le regard des autres ne comptait pas tant pour toi. Et je me serais contenté du fait que tu me sautes au cou. Depuis le début, je ne fuis pas ce que je ressens, j'essaie de vivre avec, et tu le sais. Alors voilà ce que j'en pense. Je me moque de ce qu'ils pourront dire, dans ton commandement, dans ta famille ou même à Westminster. J'ai des sentiments pour toi. Ce n'est pas de l'amitié. C'est bien plus fort que ça. L'afficher ne me pose pas de problème.

Il plongea son regard dans le sien. Puis il reprit, sur un ton neutre :

- La vraie question c'est est-ce que tu es prête pour ça ? Est-ce que tu ressens la même chose que moi, là ?

Il prit sa main délicatement et la mit sur son coeur, qui battait la chamade sous ses pectoraux.

- Tu ne peux pas me donner de vieilles excuses... Pas après tout ça.

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