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 A car's story

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Olivia Deacon
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MessageSujet: A car's story Jeu 11 Aoû - 0:00

Who run the world? Girls
♪ Some of them men think they freak this like we do   ♫
Que peut bien faire une femme après son travail au ministère de la marine ? Après avoir tapé à la machine et pris des notes lors de réunions, pour donc les taper à la machine, on s'imagine qu'une jeune femme doit avoir envie de se détendre, prendre le thé avec des copines, faire un tour dans un parc malgré le froid de l'hiver, ou simplement rentrer se délasser après une dure journée de labeur. Et Olivia ne doutait pas un instant de ces activités, elle les entendait entre deux pauses thé et riait sous cape. Si elles savaient ce que ELLE faisait. Voir un galant ? Non. Espionner pour le gouvernement ou, pire, contre ? Si seulement, cela lui donnerait un peu d'aventure dans sa vie. Non, Olivia Deacon quittait le ministère en talons et jolie tenue pour se rendre dans ce qui restait de l'East End pour … réparer des automobiles. Sûr que personne ne s'attendait à ce genre d'activité. Elle prétendait toujours à sa grand-mère qu'elle allait voir des amis, ou prétextait que son frère la faisait crouler sous le travail pour rentrer un peu plus tard. En général, elle se fait discrète, rentre sans un bruit pour faire une toilette, qu'on ne devine pas ses activités. Sans doute que même un galant aurait été moins grave et mieux apprécié !

On peut se demander comment elle a pu atterrir ici et elle vous répondrait simplement qu'elle a sauvé un homme. Quand un camion a eu un problème de moteur et que le conducteur n'arrivait pas à savoir ce que son véhicule avait, la blonde avait accourut à sa rescousse. S'il avait ri, l'homme comprit que sa sauveuse s'y connaissait bien en mécanique. Elle lui avait réparé dans la mesure du possible et lui avait dit d'aller dans un garage pour une réparation plus en profondeur. Ca aurait pu s'arrêter là, mais le conducteur était tellement impressionné qu'il lui avait laissé l'adresse de son garage habituel au cas où elle avait envie « de remettre les mains dans la crasse ». Après avoir hésité, l'East End n'est pas à côté non plus et pas bien côté, encore moins depuis les bombardements, elle s'y était rendue et jouait les petites mains volontaires pour réparer les quelques véhicules encore en circulation. Seulement, une femme dans ce monde masculin ne plaisait pas, et elle savait qu'elle prendrait son lot de remarques machistes et sexistes. Comme ça ne changeait pas du ministère ni même de la base navale, Olivia prenait sur elle et ignorait, ou lançait une pique de temps en temps.

Ce qu'elle détestait par contre, c'est qu'on la prenne pour une bête de foire. A la base, elle avait réussi à s'intégrer dans l'équipe, et si des blagues sur son sexe restait monnaie courante, les mécanos masculins la jugeaient aussi sur son bon travail. Et à part quelques uns ici, personne ne la prenait au sérieux. Et aujourd'hui, elle n'avait pas envie qu'on vienne la voir pour reluquer « la nana qui manipule les pistons » comme quand on va au zoo. Il faut dire que la journée fut bien mauvaise, tout le monde avait décidé de l'emmerder, en particulier son frère Warren qui revint trois fois pour changer des termes de son courrier. Elle lui avait dit sa façon de penser, qu'elle n'était pas sa secrétaire, mais il lui avait ri au nez. Un amiral lui avait touché les fesses tout en lui faisant un beau sourire et elle avait taché sa jupe avec de l'encre. Autant dire que quand elle enfila sa combinaison,  elle avait bien l'intention de se défouler. Et quand elle vit la magnifique Bentley dans un coin, elle sauta dessus sans réfléchir ni partager. Le chauffeur se tenait à côté dans sa tenue impeccable, mais tout tremblant et en sueur.

« Je peux aider ?
Heu … vous savez réparer une voiture, miss ?
Demanda l'homme, inquiet.
Non mais je jongle très bien avec les clés, jusqu'à ce que celle-ci casse un pare-brise. Elle croisa les bras et soupira. Alors ?
Je ne comprends pas, elle fait un drôle de bruit depuis tout à l'heure, puis elle roule drôlement mal. Je suis chauffeur mais pas mécanicien, je dois ramener la voiture de monsieur le comte avant le couvre-feu … ce sera possible ?
Je vais essayer, essayez de revenir dans une heure. »


Et Olivia se mit en piste. Le moteur à six cylindres à l'avant du véhicule était une prouesse technologique du début des années 30, et aussi une voiture de course, un vrai bijou. Elle ne savait pas où était aller le chauffeur avec, mais en tout cas, il avait bien de la chance. Pendant qu'elle s'affairait à trouver les causes, quelques hommes passèrent près de la voiture, et l'un lança une remarque bien graveleuse, qui fit soupirer la Deacon tellement fort qu'ils pensèrent qu'elle allait leur sauter à la gorge. Alors quand quelques minutes plus tard, une silhouette se présenta de l'autre côté de la voiture et commença à parler, elle se leva et le fixa méchamment. L'homme face à elle, carré et l'air aussi sexy que peu aimable, ne lui faisait pas peur.

« Avant que vous continuiez, fermez la. Commencer sa phrase par 'c'est vous la fille qui' m'énerve. Ca vous semble aussi surprenant que cela que je sache réparer ? Triste de ne pas avoir d'imagination, même l'armée en a plus, c'est dire. »

Son côté américaine cash pouvait paraître un peu brut au premier abord, mais on ne pouvait pas dire qu'Olivia ne savait pas se défendre !

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Karol Tomasz
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MessageSujet: Re: A car's story Ven 9 Sep - 23:04

Le temps passait lentement, surtout lorsque l'on avait pas grand chose à faire. Karol n'en pouvait plus. L'ennui le rendait dingue. S'il n'avait pas été un minimum intelligent, il aurait sombré dans les abysses de la monotonie et de la déprime. Le jeune homme ne supportait pas de rester inactif, bras ballants, œil hagard à attendre que sa sacro-sainte hiérarchie daigne enfin reconnaître ses états de service et admettre que son allégeance n'allait certainement pas à l'ennemi. Mais voilà... essayez de convaincre des bureaucrates anglais que vous, simple polonais, vous faites preuve de verve dans le seul but d'aller au combat, de déboîter du nazi ! Mission impossible ! Alors pour s'occuper, Karol multipliait les actions. Outre ses coups de gueule et ses prises de bec avec Samuel Anderson, son instructeur, il faisait souvent un tour du côté des usines, pour toucher la mécanique. Il adorait bidouiller les moteurs d'avion. Bien souvent, il se retrouvait avec du cambouis jusqu'aux coudes, pour avoir longuement travaillé sur des pistons ou des courroies. Evidemment les appareils étaient parfois considérés comme des épaves susceptibles de voler un jour, après avoir été retapées par un vrai mécano. Le soupçon poussait les anglais à tout vérifier derrière ! Ses connaissances mécaniques ne possédaient rien de bien exceptionnel. Il savait se débrouiller puisqu'il avait appris à la dure. En Pologne, les moyens militaires furent moins importants et l'état major jugea utile de développer la polyvalence. Ainsi, chaque pilote savait comment maintenir son coucou en bon état et réparer les avaries communes.

Avec sa bonne volonté, Karol aidait et dépannait plutôt bien. Ca faisait un bon point pour son dossier. Et ici, avec d'autres mécanos, il ne se sentait pas exclu ou rabaissé. Il apparaissait calme, plus enclin à écouter. Cela changeait tellement des cours de pilotage ! Anderson se tirait les cheveux. Et il faut dire que le polonais ne lui rendait pas la vie facile ! Loin de là ! Entre les deux hommes, la relation était vraiment bizarre. Ils connaissaient leur valeur au combat et ils s'admiraient mutuellement. Seulement, Karol ne supportait pas qu'un américain (en réalité, Samuel venait d'Australie, mais Tomasz ne voyait pas la différence) veuille lui apprendre un métier qu'il connaissait déjà par cœur. Difficile quand on commande une patrouille entière de se retrouver sous les ordres d'un autre, tel un bleu sur les bancs d'une école. Tout ça parce qu'il avait voulu se battre en France, jusqu'au bout. Quelle absurdité ! Le courage était-il donc aussi inhabituel au Royaume-Uni ? Parfois il se posait la question, sans forcément aller jusqu'au bout. Dans sa colère noire, il savait reconnaître que les anglais demeuraient le seul espoir de l'Europe tout entière. Et qu'il fallait du courage pour ne pas céder aux sirènes de la capitulation, voire de la collaboration. Et puis, il y avait Vicky. La jeune femme, dont il s'était épris, tâchait de canaliser son énergie et son flegme. Elle lui donnait des conseils, qu'il essayait de suivre, sauf lorsqu'il décidait de n'en faire qu'à sa tête, ce qui arrivait, hélas, fréquemment ! Karol avait toujours été quelqu'un d'impulsif et de têtu. Il ne renonçait jamais. Son adage ? Renoncer, c'est mourir. Voilà qui en disait long sur sa personnalité de feu. Alors quand il se fit prendre à parti par une blonde, dont il s'était approché, il ne put s'empêcher de répliquer, d'une voix rocailleuse et à l'accent russe :

- Ca doit être typique des anglais d'être grande gueule et d'aboyer dès que quelqu'un s'approche. Enfin, quand vous ne l'incluez pas dans la catégorie des "traîtres potentiels"... Je vais vous dire ce que j'ai dit aux autres. Je la ferme si je le veux bien.

Il laissa tomber la trousse à outils qu'il avait en main. En passant devant l'entrepôt, Karol vit la jeune femme en train de réparer et il s'était dit que peut-être, elle aurait besoin d'outils, puisqu'elle semblait peiner légèrement avec le matériel à sa disposition. Il ajouta :

- J'ai déjà vu des femmes tirer sur des saloperies de boches, parfois même piloter, mettre une beigne à leur mari... et j'en ai déjà vu réparer des moteurs. Alors non, ça ne me surprend pas. Pourquoi devrais-je être surpris ?

Karol croisa les bras, ce qui gonfla légèrement ses biceps. Il ne cherchait ni à l'impressionner, ni à la "dompter", mais il refusait clairement de se faire marcher sur les pieds. Sa position n'avait rien de machiste, bien que Karol ait, comme tout garçon été élevé avec un modèle très patriarcal. Il désigna la trousse :

- J'ai quelques outils dans ma trousse, ça pourrait vous servir. Je pourrais vous proposer mon aide, mais cela implique que je vous dise : c'est vous la fille qui a besoin d'un coup de main ? Et vous n'apprécieriez pas.

Un brin cynique, il se roula une cigarette et l'alluma pour en tirer une bouffée de tabac. Il ne bougeait pas, au cas où la jeune femme accepterait son aide. Aussi peu aimable soit-elle, à deux, ils pourraient peut-être s'entraider. Au pire, il la narguerait, juste pour le principe, parce que Karol aimait bien avoir le dernier mot et que de toute façon, là, tout de suite, il n'avait rien à faire d'autre !

- A vue de nez, même si je travaille davantage sur les avions que sur des voitures, je dirais que cette bagnole est mal barrée. Il flotte ici une odeur un peu âcre, comme si l'huile et l'essence se mélangeait. A moins que ça ne soit votre nouveau parfum féminin à la mode : Tête brûlée de... comment il s'appelle déjà... "Guerre-Lain" ?

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
Keep silent and fight !
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MessageSujet: Re: A car's story Mar 1 Nov - 14:54

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Le sexisme au quotidien, elle en avait sa claque. Et au ministère, il lui fallait fermer sa jolie bouche, faire un sourire comme si de rien n'était quand on lui faisait un compliment sur son physique, ou qu'on laissait une main se balader. Si elle se dégageait et parlait poliment, c'était uniquement pour ne pas faire de vague, ni humilier son frère. Après tout, leurs querelles de jumeaux n'avaient pas à se propager au ministère. Mais une fois son uniforme quitté, la jeune femme redevenait comme à son habitude, une personnalité volcanique qui ne mâchait pas ses mots. Et quand son langage ne plaisait pas à sa grand-mère, celle-ci lui rappelait volontiers qu'elle se tenait comme une américaine. Donc voilà, c'était le côté américain qui ne se laissait pas marcher sur les pieds et envoyait paître les lourds, surtout quand elle était occupée à réparer une voiture, aussi bien qu'un homme. Et si la gente masculine s'en allait dés qu'elle leur gueulait dessus, pas celui-ci. Apparemment, elle était tombée sur le têtu du lot.

« Ça doit être typique des anglais d'être grande gueule et d'aboyer dès que quelqu'un s'approche. Enfin, quand vous ne l'incluez pas dans la catégorie des "traîtres potentiels"... Je vais vous dire ce que j'ai dit aux autres. Je la ferme si je le veux bien.
Et moi je ne suis pas anglaise. »
répondit-elle sur le même ton.

A dire vrai, si. Mais pas pur esprit de contradiction, elle préférait se montrer en américaine, plus odieuse et qui ne se laisse pas faire. Mais l’homme face à lui ne se laissait pas faire, encore un chieur qui veut avoir raison …

« J'ai déjà vu des femmes tirer sur des saloperies de boches, parfois même piloter, mettre une beigne à leur mari... et j'en ai déjà vu réparer des moteurs. Alors non, ça ne me surprend pas. Pourquoi devrais-je être surpris ?
Parce que vous venez me voir alors que je n’ai rien demandé, comme si j’étais une bête de foire.
A sa tête, il ne semblait pas si chiant comme les autres, elle se radoucit légèrement. Des boches dites vous ? Vous n’êtes pas d’ici, on ne risque pas d’en voir. Sauf par morceaux pour pourrir le moteur des bateaux, une grande expériences. »

Elle retint sa grimace, mais revit la scène dans sa tête : un moteur qui déconnait, elle qui plongeait dedans pour savoir ce qui clochait, sans doute un poisson ou un morceau de métal. Non, c’était un bras humain, encore dans son uniforme allemand. En tant que mécanicienne, ce serait sans doute sa seule rencontre avec l’ennemi, du moins l’espérait-elle. Mais déjà Olivia allait repartir dans sa réparation, sauf que l’homme, pas méchant finalement, proposait son aide. Et il ne semblait pas vouloir plus.

« J'ai quelques outils dans ma trousse, ça pourrait vous servir. Je pourrais vous proposer mon aide, mais cela implique que je vous dise : c'est vous la fille qui a besoin d'un coup de main ? Et vous n'apprécieriez pas.
Je n’apprécie pas la phrase, mais il y a d’autre façon de le dire. "Juste dire un coup de main ?" suffirait. Les outils, j’ai, mais un œil extérieur serait le bienvenu.
Elle ne souriait toujours pas, mais se détendait légèrement.
A vue de nez, même si je travaille davantage sur les avions que sur des voitures, je dirais que cette bagnole est mal barrée. Il flotte ici une odeur un peu âcre, comme si l'huile et l'essence se mélangeait. A moins que ça ne soit votre nouveau parfum féminin à la mode : Tête brûlée de... comment il s'appelle déjà... "Guerre-Lain" ?
Par contre, si vous continuez avec votre humour pourri, c’est vous qui servirez de réservoir à essence, ok ?
Autant dire qu’elle ne plaisantait pas, clé en main, avant de reprendre sur la mécanique. J’ai vérifié déjà, les deux sont bons. Enfin, bons, du moins chacun de leur côté. Le chauffeur m’a dit qu’elle faisait un drôle de bruit et qu’elle roulait mal depuis peu de temps. Mon avis putatif est que le chauffeur a été s’encanailler sur des routes dégueulasses et qu’il fait n’importe quoi quand son soliveau de maître n’est pas à l’arrière. Regardez vous-même. »

Elle lui montra le capot ouvert. Elle ne pouvait pas refuser de l’aide juste par fierté. Olivia avait promis une heure de réparation, elle ne voulait pas passer pour une idiote aux yeux du chauffeur, et voulait tenir ses délais. Alors avec l’aide de cet homme ou non, l’important restait la finalité.

« Peut être un truc qui s'abscondre quelque part ? Ces moteurs sont beaux mais pas toujours solides. Vous en pensez quoi ? »

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MessageSujet: Re: A car's story Dim 18 Déc - 15:17

- J'en pense que ce n'est pas la peine d'utiliser un jargon de "feurst lady" pour me demander mon avis sur de la mécanique. Chez moi on appelle juste ça de l'autolâtrie et ça me hérisse le poil. Vous pouvez être iconoclaste, je ne vous en voudrais pas. Après tout, je ne vous connais même pas. Mais évitez d'être trop volubile... quand les gens parlent trop, ça me donne mal au crâne.

Karol n'avait pas pour habitude de bavasser. Il aimait l'action. Et il appréciait chez ses interlocuteurs qu'ils soient aussi directs que lui. Soyons clairs. Olivia avait de la chance d'être une femme. Parce que si un type s'était permis de lui répondre comme ça, il aurait bouffé sa clé à molette par les narines avant même d'avoir pu dire le mot méphistophélique mille fois dans une minute. Bien qu'il soit rustre, le polonais savait quand même se tenir. Il avait reçu une éducation bourgeoise, avec tout un laïus sur les bonnes manières et sur le façon de se comporter correctement en société. La guerre, les combats et la franche camaraderie des escadrons l'avaient cependant éloigné de cette bienséance. Un écart de conduite qu'on lui pardonnait volontiers parce qu'il restait un étranger dont la "sauvagerie", était connue, en tout cas dans bon nombre d'esprits. C'est vrai, si l'on devait dressé une cartographie de l'Europe, en 1940, on aurait toute l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne taguées "nazis ou fascistes", la France, en collabo, le Benelux, en pays imaginaire de Peter Pan, la Grande-Bretagne en dernier espoir de l'humanité et toute la partie est, on avait les "sauvages". A noter, la belle distinction avec les pays d'Afrique du Nord, où l'on trouvait les "esclaves". Bref, la Pologne, pays d'ivrognes et d'animaux, en somme. Olivia avait toutefois quelque chose de bien différent par rapport à ses contemporaines. Elle parlait et agissait avec une audace certaine, bien marquée. De quoi attirer le respect, même d'un homme de Néandertal comme Karol, qui en réalité, était bien plus disposé à se faire rembarrer par une charmante femme que par un homme, comme, au hasard, Samuel Anderson. Sans prendre la peine d'enfiler des gants, il regarda à son tour le moteur et vérifia plusieurs choses dedans. Un peu brut de décoffrage, il reprit la parole :

- Ce chauffeur est roumain ? Non parce que j'ai jamais vu un moteur aussi maltraité ! Gówno ! Regardez moi un peu cette saloperie !

Il plongea le bras dans le moteur et en sortit une branche, non sans difficulté. Toujours avec ce ton abrupt, il ajouta :

- Les Roumains c'est comme les Bulgares, en pire ! Il ne faut pas leur faire confiance, sinon c'est à vos risques et périls ! Et souvent quand on s'aperçoit qu'on est dans la mouïse jusqu'au cou, c'est bien trop tard !


Elle s'essuya le front, étalant sans s'en rendre compte de la graisse dessus. Il réfléchit un instant. Cette odeur, quand même, il la connaissait. Après un court instant, il s'allongea à même le sol sans dire un mot, puis il se glissa sous la voiture. Au moins, on ne pouvait pas dire qu'il n'avait pas peur de se salir. Quand il fut en dessous, il sortit son briquet de sa poche et l'alluma pour regarder de plus près. N'importe qui, et sans doute Olivia fut-elle dans cette situation, aurait trouvé complètement irresponsable de mettre une flamme aussi après d'un endroit extrêmement inflammable. Pourtant le Capitaine Tomasz restait serein. Il savait ce qu'il faisait. Il examina le moteur d'en dessous. Il apercevait Olivia qui le regardait.

- Je vois quelque chose d'étrange... là, sous la soupape. On dirait qu'une courroie est en mauvais état. Elle n'est pas arrachée, mais, elle est bien abîmée. Probablement à cause de la branche. Attendez, qu'est que c'est que ce...


Il leva la main pour vérifier quelque chose. Mais il fut tiré de ses pensées par un événement bougrement inattendu. Soudainement, il reçut un coup dans le bas ventre. Sous la surprise et la douleur, il se redressa et se cogna brutalement contre les parties métalliques de la voiture. Il sortit à la hâte de sous la voiture, en gueulant :

- Smieci !

Ca signifiait "saloperie" en polonais. Il fut surpris lorsqu'il vit, entre ses jambes, un canard mort. Visiblement en colère, il prit la bête d'une main et l'envoya au loin de toute ses forces. Le volatile brisa un carreau d'un bâtiment à côté. Karol resta assis et fit comme si de rien n'était, malgré la douleur lancinante.

- Le câble de l'alternateur est rompu... Ce connard de roumain a du aller à Verdun avec cette caisse, c'est pas possible autrement.

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