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 [USA Ambassade] Un entretien presque ordinaire

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Eliott Armstrong
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MessageSujet: [USA Ambassade] Un entretien presque ordinaire Mer 23 Nov - 21:50

ELIOTT & DENYS

Avant l'arrivée d'Eliott, beaucoup de ménage avait été fait à l'ambassade. Quelques uns étaient rentrés au pays, d'autres envoyés ailleurs … certains ont même été remercié et jeté dehors, parfois pour incompétence mais surtout parce que l'ambassadeur soupçonnait quelque chose, sans avoir vraiment de preuve, mais son instinct lui suffisait. Eliott devenait le nouvel attaché d'ambassade, mais quelques postes restaient à pourvoir, notamment un traducteur en allemand, ce qui serait bien pratique avec la tonne de papiers qui s'amoncellent dans un bureau, venant des autres ambassades, en France et en Allemagne. Seulement, rencontrer un bilingue allemand dans le contexte actuel n'était pas chose aisé. Les plus aptes devaient être au front sans aucun doute.

L'annonce avait circulé dans Londres depuis une dizaine de jours, et les rares à se présenter ne faisaient pas l'affaire. La tête de l'un ne revenait pas à l'ambassadeur, un autre faisait louche … Personne ne faisait l'affaire, et le courrier continuait d'arriver avec foule de documents sans aucun moyen de comprendre ce que cela se disait. Depuis deux jours, Eliott essayait de faire comprendre à l'ambassadeur qu'il n'était pas vraiment le meilleur recruteur, trop difficile et trop direct. Pas facile de dire cela à son supérieur, le jeune homme était bien décidé à le dire dés ce matin. A peine avait-il fermé la portière de son auto qu' un canard mort tomba du ciel pour s'écraser dans le buisson juste à côté. Pas forcément de bonne augure mais quand il fallait se lancer … Après avoir posé son manteau et regardé vite fait son courrier, Armstrong respira un bon coup et s'en alla toquer à la porte de l'ambassadeur. Toujours à son bureau, bien avant tout le monde et surtout bien après, l'homme passait sa vie à écrire et téléphoner. Et à cette heure là, c'était davantage l'heure du courrier car tout bon américain devait dormir !

« Ah, Armstrong ! Comment allez vous ? Asseyez vous.
Bonjour monsieur l'ambassadeur. Je vais bien et vous ?
Plutôt bien. Ma femme organise un dîner en petit comité, et je suis fatigué d'avance. Heureusement ce soir on fait pâtes/foie gras, faut que ça soit léger et aérien. Enfin, ça, c'est elle qui le dit ! Vous avez quelque chose à me dire ?
En fait, oui. C'est à propos du poste de traducteur allemand … commença t'il, un peu à tâtons.
Oui, encore deux aujourd'hui. J'en ai marre de ces entretiens qui ne mènent à rien, ça m'ennuie et j'ai autre chose à faire ! Ca vous dit de les passer à ma place ? Et celui qui trouvera grâce à vos yeux, vous me l'emmenez ?
Oh, et bien je n'osais pas vous le proposer, mais très bien, faisons cela ! »

Puis après quelques banalités, Eliott quitta le bureau, soulagé de ne pas avoir pu dire à voix haute que l'ambassadeur était le pire recruteur qui soit. Le premier avait rendez vous à 11 heures, un homme d'une soixantaine d'années, racontant sa jeunesse dans l'Allemagne d'avant-guerre. Son niveau ? Officiellement bilingue mais à force de le faire parler, Eliott se rendit compte que l'homme n'avait sans doute plus pratiquer la langue de Goethe depuis 1918 environ. Sympathique mais des compétences à revoir. Tant pis. Le second arriva après le déjeuner, sur les coups de 14 heures. Avant de le faire entrer, Eliott regarda une dernière fois la fiche du nouveau candidat : Denys Hammond, écossais de 33 ans ayant travaillé comme professeur en Autriche jusqu'à récemment. Si le niveau d'allemand avait l'air correct (il ne datait pas de l'avant-guerre), un homme qui a côtoyé le nazisme de près pourrait être un espion. Qui sait ? Les américains en envoient un peu partout, pourquoi pas l'inverse ! Il lui ouvrit finalement la porte, et lui serra la main.

« Mr Hammond, content de vous recevoir. Eliott Armstrong, attaché militaire de l'ambassade. Monsieur l'ambassadeur a décidé de déléguer les entretiens. Asseyez vous, je vous prie. »

Eliott ne prenait pas cela à la légère. S'il avait l'humeur un peu badine, on ne plaisantait pas avec l'ambassade, il l'avait compris dés le début, et se faisait un devoir d'avoir un bon collaborateur dans ces murs.

« Vous venez d’Écosse, monsieur Hammond. D'où vient cette passion pour la langue germanique ? C'est assez inhabituel, je dois l'admettre. »

Ne vous trompez pas, Eliott ne faisait pas de jugement de valeur, loin de là, il cherchait à comprendre, mais aussi à voir les réactions du candidat, savoir comment Denys allait répondre, son comportement … Le moindre détail serait passé au crible, mais il se faisait un devoir de se montrer moins tranché que son supérieur. Du moins, en partie.

« Et vous êtes parti à … Innsbrück, en Autriche. Pourquoi là ? Pourquoi pas … Berlin par exemple ? Ou Vienne, si vous teniez à l'Autriche? »

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MessageSujet: Re: [USA Ambassade] Un entretien presque ordinaire Mar 13 Déc - 22:19

Etre un espion pour l'extérieur du pays avec une mission à l'intérieur du pays était quelque chose d'assez spécial. Denys avait encore un peu de mal à comprendre le pourquoi du comment il se retrouvait assigné à un tel rôle. La décision avait été rapide, un peu trop sans doute. Depuis sa formation en Ecosse quelques mois plus tôt - qui avait été difficilement vécue par certains de ses camarades, notamment ceux du sud de l'Angleterre, peu habitués au climat rigoureux de l'endroit - il n'avait eut que quelques check-in avec des agents de liaisons et seulement un avec son supérieur direct, qui avait été très clair "Si l'existance du SOE ne tient qu'à un fil, le département Allemagne, lui, n'existe pas". Denys était un espion parmi les espions, encore plus secret que les autres. Il ne fallait pas avoir fait autant d'études que lui pour comprendre pourquoi: il était plus facile d'imaginer que toute l'Allemagne et l'Autriche étaient nazies et que tous y croyaient dur comme fer. C'était plus facile pour l'opinion publique, tout était noir, et au Royaume Uni et dans ses colonies, tout était blanc comme neige, tout à chacun voulait la victoire de l'Empire. Un monde en noir et blanc, bien plus facile pour la force civile. Voilà tout. Et il n'était pas du devoir de Denys, qui avait déjà de la chance de pouvoir prétendre qu'il faisait quelque chose après des mois à être refoulé, de discuter de tout cela, quand bien même son seul département ne reposait que sur le fait que non, tous les germaniques n'étaient pas des nazis convaincus.

Mais pour l'instant, la logistique était compliquée, on préférait faire passer le plus gros du budget Section France, ou Section Norvège, où la Résistance semblait déjà avoir un semblant d'action et d'organisation, bien qu'aucune action n'ait été tentée, les agents étant pour la plupart en recrutement ou balbutiement de formation. Alors la section la plus secrète des sections secrètes se devait d'attendre son tour. On avait donc donné une mission à Denys, mission à laquelle il n'était pas franchement préparé malgré le fait qu'on lui avait bien fait comprendre qu'il fallait être parré à tout dans ce métier: Espionner les Américains. Comment, me demanderez-vous, un Ecossais, ancien professeur en Autriche, se retrouvait-il à espionner les Américains? Parce qu'il n'y avait pas plus versatile que les anciennes colonnies britanniques. Certes, ils penchaient bien plus du côté du Royaume Uni, mais ne voulaient pas encore déclarer la guerre ouvertement. Comme lors de la précédente guerre, des groupes originaires de tous les pays Européens se déchiraient à l'intérieur des Etats Unis et le président n'osait prendre parti ouvertement, il allait falloir que quelque chose se passe... mais en attendant, on avait besoin, en haut lieu, de savoir si les Américains avaient plus besoin de la force d'Hitler, ou de leur sentiment de proximité à la Grande Bretagne. Et c'était ce que Denys était chargé de découvrir, au plus tôt si possible, pour que  le gouvernement ait une idée la plus précise possible.

C'était pourquoi il se trouvait ce jour-là, dans son custume gris, rasé de frais, les cheveux gomminé et les souliers cirés, assis dans la salle d'attente de l'Ambassade qui recrutait un traducteur allemand. C'avait été l'occasion parfaite aux yeux de ses supérieurs qui n'avaient pas hésité une seule minute à le jeter dans la gueule du loup pour qu'il aille leur trouver les meilleures et plus détaillées informations possibles. Denys était nerveux. On lui avait dit que c'était le genre de chose qui passait avec le temps... Pourquoi avait-il du mal à y croire? Il ne pouvait empêcher son pied de taper nerveusement alors qu'il était 13h56 et qu'il attendait, ne sachant pas encore si sa mission allait être un succès ou un cuisant échec. Après tout, il fallait convaincre. Si Denys savait se montrer très éloquent quand il s'agissait de parler de littérature britannique en allemand, ou de littérature allemande en anglais, il avait du mal à s'imaginer se vendre en tant que traducteur... 13h57... Son talon tapait toujours nerveusement sur le sol en parquet recouvert d'un tapis. Les américains savaient s'octroyer les plus beaux endroits, il n'y avait pas à dire. Il avait entendu dire que leur ambassade à Dublin était au milieu d'un parc. Et pourquoi pas à Buckingham Palace même... 13h59... Le temps lui semblait durer une éternité, chaque minute était une heure... 14h. La porte s'ouvrit et un homme à peine plus âgé que lui, tout au plus de son âge, lui ouvrit la porte en lui tendant la main, le flegme à l'américaine.

-Mr Hammond, content de vous recevoir. Eliott Armstrong, attaché militaire de l'ambassade. Monsieur l'ambassadeur a décidé de déléguer les entretiens. Asseyez vous, je vous prie.

Denys serra la main qu'on lui tendit, entra à la suite de son interlocuteur et s'assit là où on le lui avait demandé. Il était rassuré de ne pas avoir à faire immédiatement à l'ambassadeur. Au moins si sa mission était un échec il ne risquait pas le direct incident diplomatique. Il posa sa serviette en cuir à ses pieds, contre celui de la chaise. Il se demanda un instant pourquoi il l'avait apporté, elle avait quelques - fausses - lettres de références, mais il avait l'impression que ça ne serait pas très utile.

-Vous venez d’Écosse, monsieur Hammond. D'où vient cette passion pour la langue germanique ? C'est assez inhabituel, je dois l'admettre.

"... surtout à notre époque" aurait pu continuer l'attaché militaire. Denys le fit mentalement pour lui. Le jeune écossais garda un visage de marbre, s'il avait apprit une chose l'été précédent, c'était à ne pas réagir, à rester impassible. Là, et devant un amphithéatre d'étudiants déchaînés.

-Et vous êtes parti à … Innsbrück, en Autriche. Pourquoi là ? Pourquoi pas … Berlin par exemple ? Ou Vienne, si vous teniez à l'Autriche?

Denys croisa ses mains sur ses genoux, décontracté soudain. Cela lui rappelait le peu d'entretiens qu'il avait passé depuis qu'il était rentré en Grande-Bretagne. Déjà, se faire engager. Le reste, on verra.

-Mon père est pasteur, monsieur Armstrong. Je vois à votre tête que vous ne voyez pas le rapport. On le voit rarement. Mon père était aumônier pendant la Grande Guerre, il était attéré par la haine qu'il voyait dans les tranchés, surtout au moment des cessés le feux pour enterrer les morts, où il voyait des jeunes hommes du même âge aux corps recouverts de boue. Impossible, parfois, de savoir s'ils étaient des nôtres ou de l'ennemi. En rentrant à Glasgow, il s'est dit que comme souvent, la haine vient de l'ignorance et a décidé que son fils ne serait pas ignorant. Mon père est un homme très clairvoyant, il savait que cela ne durerait pas, la paix avec l'Allemagne. Mais il était persuadé que si les jeunes de notre génération étaient assez éduqués, il y aurait peut être moyen de la limiter. Il a commencé par moi, et me voici fervant admirateur de la langue germanique, bien que cela ne soit pas vraiment la période. Vous permettez?

Tout en parlant d'un ton extrêmement détaché, Denys avait sorti son étuit à cigarettes, prit l'une d'entre elles ainsi que son briquet, et l'alluma.

-Quand à Innsbrück, il s'agit d'une des plus vieilles universités germaniques. Un lieu historique, pour plusieurs cantons de l'ancien empire, du Luxembourg au Tyrol. Elle a été fondé au XVIIème siècle. Mais je vous passerai les détails en disant simplement que pour un jeune homme passionné, il s'agissait de la seule option possible.


Il cendra sa cigarette dans le cendrier sur le bureau de son interlocuteur.

-Ne tournons pas autour du pot, monsieur Amrstrong, je vous prie. J'ai du temps à perdre, mais vous surement pas. Suis-je un espion? J'aurai beau vous jurer que "non", vous ne me croiriez pas sur parole. En temps de guerre, un germanophile a mauvaise réputation. C'est d'ailleurs pourquoi je ne porte pas l'uniforme comme tous les jeunes hommes bien portant de mon pays. J'ai donc besoin d'un travail, et la guerre m'empêche de faire la seule chose que je sais faire: enseigner l'Allemand. Il me faut donc trouver un autre moyen d'utiliser mon art.

Denys n'avait jamais été aussi direct. Etait-ce la guerre, le SOE, qui lui donnaient des ailes? On disait souvent qu'elle révélait le pire de l'homme, ses plus bas instincts. Peut être décelait-elle un esprit combatif chez le jeune homme pourtant si ranger qu'il était.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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« Sometimes the heart sees what is invisible to the eye. »

Oh, Danny boy, the pipes, the pipes are calling. From glen to glen, and down the mountain side. The summer's gone, and all the flowers are dying. It's you, it's you must go and I must bide.

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MessageSujet: Re: [USA Ambassade] Un entretien presque ordinaire Mer 22 Fév - 19:33

Durant cet entretien et le précédent, Eliott avait compris la passion de son père pour la politique : diriger les gens, avoir un certain ascendant sur quelques personnes était grisant. Sans prendre la grosse tête – il ne faisait cela que depuis quelques heures – l'attaché militaire appréciait cette situation, et il serait bien désolé de trouver la perle rare dés son premier jour. Mais en y repensant bien, devoir affronter la mauvaise humeur de l'ambassadeur ne l'enthousiasmait pas non plus. Alors quand Mr Hammond avait pris place dans son bureau, il lui trouva un air sympathique, un visage honnête et de bonnes références. Bien sûr, cela ne faisait pas tout, mais par rapport à celui de ce matin, on touchait presque le Saint-Graal. Le tout était de savoir si Denys était un homme digne de confiance au point de passer la porte de l'ambassade tous les jours et avoir accès aux documents venus de Berlin et de Paris, qui pouvaient être des données secrètes, à ne pas dévoiler à qui que ce soit, pas même aux britanniques. Les américains ne prenaient pas position, observaient de loin, mais cela n'empêchait pas de se renseigner malgré tout. Et pour en savoir davantage, il fallait un bon traducteur, alors Eliott lança le sujet sur la table, et écouta le candidat parler.

Il s'exprimait bien, évoquait ses racines, l'ambition paternelle et répondait à la première question d'Eliott, pendant que celui-ci acquiesça pour l'autoriser à fumer, poussant vers lui le cendrer d'un geste machinal. Il ne le quittait pas des yeux, scrutant les réactions, le peu de signes pouvant trahir un homme.

« Quant à Innsbrück, il s'agit d'une des plus vieilles universités germaniques. Un lieu historique, pour plusieurs cantons de l'ancien empire, du Luxembourg au Tyrol. Elle a été fondé au XVIIème siècle. Mais je vous passerai les détails en disant simplement que pour un jeune homme passionné, il s'agissait de la seule option possible.
Je vois votre logique. » répondit l'américain sobrement.

A dire vrai, il valait mieux que Denys ait été à Innsbrück que dans les deux capitales, moins attirante au premier coup d’œil, elle avait aussi l'avantage de ne pas être au cœur d'un quelconque pouvoir ou débordement, plus difficile à approcher. Il griffonna quelques mots sur la feuille de renseignements de Denys, histoire d'avoir matière à informer l'ambassadeur si l'entretien devait se poursuivre.

« Ne tournons pas autour du pot, monsieur Amrstrong, je vous prie. J'ai du temps à perdre, mais vous sûrement pas. Suis-je un espion? J'aurai beau vous jurer que "non", vous ne me croiriez pas sur parole.
En effet.
En temps de guerre, un germanophile a mauvaise réputation. C'est d'ailleurs pourquoi je ne porte pas l'uniforme comme tous les jeunes hommes bien portant de mon pays. J'ai donc besoin d'un travail, et la guerre m'empêche de faire la seule chose que je sais faire: enseigner l'Allemand. Il me faut donc trouver un autre moyen d'utiliser mon art.
Vous êtes quelqu'un de bien volubile Mr Hammond, et vous avez raison sur toute la ligne. Je ne vais pas être xyloglotte mais il est difficile de ne pas suspecter un homme ayant vécu sous le Reich, non loin de leurs idées. Disons que je veux bien vous croire, pensez vous avoir réellement le niveau de traduction nécessaire, certain de ne pas faire d'erreur ? Après tout, enseigner et traduire sont deux choses différentes. »

Il suffisait d'un mot mal traduit pour que le sens change. Quelqu'un a bien traduit que Moïse avait des cornes par exemple, et même si l'erreur a été réparée, on peut voir aisément dans l'histoire de l'art des Moïse à cornes, devenu un signe distinctif. Mais Eliott voulait aussi s'assurer du bon niveau en temps réel. Il se leva donc, ouvrit la porte et demanda à une jeune femme de lui apporter un courrier bien précis.

« L'ancien attaché militaire ainsi qu'une secrétaire ont traduit quelques lettres avec un allemand de base, à l'aide de dictionnaires … Beaucoup se sont révélés d'une banalité sans nom, pas de quoi se couvrir d'honneur. Enfin, l'ambassadeur lui même pense que l'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois. Comme elles ont été traduites et n'abscondent aucun secret. Il est toujours bon de voir la pratique à l’œuvre. Ah miss Every, merci pour la lettre. La secrétaire brune lui fit un large sourire.
Avec plaisir monsieur Armstrong. »

Puis elle s'éclipsa, pendant qu'Eliott tendit une feuille et de quoi écrire. Sous les yeux, il avait la traduction : une lettre de remerciement à une invitation chez un haut dignitaire du Reich, quelques banalités sur la nourriture, … Rien de bien particulier mais plus que la traduction, c'était la vitesse à laquelle Denys le faisait. Car il y avait beaucoup de documents à traduire, sans compter ceux qui arrivaient régulièrement de Paris et Berlin, enfin plusieurs fois par mois, et il valait mieux avoir tout ce qu'on pouvait avant un probable départ. On ne savait jamais avec les boches … Toujours debout, l'attaché américain regardait à la fenêtre et fumait tranquillement sa cigarette quand il vit le candidat avoir fini.

« Déjà terminé ? Voyons cela … Il compara les deux traductions, hocha de la tête et sourit. Vous avez de meilleures tournures de phrases, cela sonne bien mieux. Je ne peux pas affirmer que vous êtes un espion, mais vous ferez un bon traducteur en tout cas. Je vais voir si monsieur l'ambassadeur peut vous recevoir. Je vous laisse avec miss Vulpesco pour vous surveiller. Miss est roumaine et les roumains, c'est comme les bulgares, en pire. Il eut un petit sourire puis appela miss Vulpesco et débarqua dans son bureau une femme très grande, à forte carrure, du genre avec qui on n'a pas envie de se battre. Je vous laisse faire connaissance, et je reviens. »

Sans forcément être convaincu à 100%  - mais comment l'être ? - Eliott Armstrong trouvait ce candidat très bon pour le poste. Et de toute façon, il serait surveillé dans les premiers temps et pas sûr qu'on le laisse dans un bureau seul … enfin, s'il était pris !



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MessageSujet: Re: [USA Ambassade] Un entretien presque ordinaire Sam 8 Avr - 13:02

-Vous êtes quelqu'un de bien volubile Mr Hammond, et vous avez raison sur toute la ligne. Je ne vais pas être xyloglotte mais il est difficile de ne pas suspecter un homme ayant vécu sous le Reich, non loin de leurs idées. Disons que je veux bien vous croire, pensez vous avoir réellement le niveau de traduction nécessaire, certain de ne pas faire d'erreur ? Après tout, enseigner et traduire sont deux choses différentes.

Volubile? Seulement quand il avait quelque chose à dire. A Insbruck, on lui avait souvent dit qu’au contraire, il était trop discret, et ce travers, allié à sa nationalité, risquait de lui causer des problèmes pendant sa carrière. Personne ne semblait avoir vu venir ce qui se passait ici et maintenant, apparemment, qui mettrait de toute façon un frein à la-dite carrière, avant de la faire remonter. Si l’attaché américain avait eut ne serait-ce que la moindre idée que Denys jouait les agents doubles et que derrière cette prétendue arogance, ce côté sûr de lui, se cachait en fait un homme un rien inquiet de ce que son pays et celui qu’il voulait comme allié pouvaient lui faire subir si jamais il ne faisait pas preuve d’un minimum d’efficacité... Bien évidemment, il avait pesé le pour et le contre pendant le temps imparti qu’on lui avait laissé, c’est à dire cinq minutes. Mieux valait être ici à jouer les espions et « faire quelque chose » que rester un instant de plus à Glasgow et être regardé par le quartier comme « l’Allemand », le lâche qui a décidé de se planquer parce qu’il les aimait trop. Il s’inquiétait pour ses amis restés en Autriche, et bien évidemment, la guerre empêchait tout contact. Rien ne permettait de s’assurer qu’ils étaient encore libre, encore en vie. Il avait été témoin d’arrestations arbitraires avant de partir en 38. Elles concernaient surtout les juifs, certe, mais aussi les intellectuels, les communistes... Ceux qui ne rentraient pas dans les cases du NSDAP. Alors si espionner les Américains pour les Britanniques pouvait servir à quelque chose.

-En effet, Monsieur Armstrong, on ne vous apprend rien. Mais la version est une base quand il s’agit d’étudier les grands poètes d’une langue étrangère. Sans doute avez-vous besoin d’une démonstration?

Armstrong n’avait pas attendu sa proposition, déjà il s’était levé pour ouvrir la porte et appeler la jeune secrétaire qui avait introduit Denys plus tôt dans la pièce.

-L'ancien attaché militaire ainsi qu'une secrétaire ont traduit quelques lettres avec un allemand de base, à l'aide de dictionnaires … Beaucoup se sont révélés d'une banalité sans nom, pas de quoi se couvrir d'honneur. Enfin, l'ambassadeur lui même pense que l'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois. Comme elles ont été traduites et n'abscondent aucun secret. Il est toujours bon de voir la pratique à l’œuvre. Ah miss Every, merci pour la lettre.

La jeune femme minauda un instant avant de repartir à son bureau. L’attaché militaire revint vers Denys, posant devant lui la lettre en question, ainsi que de quoi écrire. Denys le regarda un instant, avant de jeter un coup d’oeil au papier. Rien d’officiel, la chose pouvait même être un faux uniquement destiné aux testes qu’ils faisaient passer ces jours-ci. Le jeune Ecossais décroisa les jambes et écrasa sa cigarette dans le cendrier, déposant son chapeau à côté de lui, se penchant sur le papier à lettres. Autant que le contenu, c’était le contenant qu’il regardait. Il avait déjà vu de près ou de loin le courrier officiel du Reich et cela avait l’air de l’être tout autant. Il regretta un instant de ne pas voir l’enveloppe. L’envoyeur, comme le destinataire, auraient été intéressants à connaître, mais les noms avaient été passés au marqueur noir. Dommage. Les Américains avaient donc accès à certaines informations, et bien que ne sachant pas encore lesquelles, savoir qu’ils avaient des sources apparemment fiables était un grand pas en avant. Tout cela en quelques minutes d’entretien. On serait ravi, à Baker Street. Denys porta ensuite son attention sur le contenu de la lettre. Rien que de très banal, effectivement, mais rédigé dans les règles de l’art. Le jeune homme ne mit que quelques instants à peine à traduire ces quelques lignes, ainsi que le menu, qui, en période de rationnement, paraissait ma foi bien alléchant. Les invités avaient l’air d’avoir passé une bonne soirée, les chanceux.  

Une fois la traduction terminée, Denys posa la plume et se redressa, jetant un coup d’oeil à Armstrong qui s’était posté près de la fenêtre pour fumer une cigarette à son tour. Il prit sa traduction et la lui tendit, détendu. Bien que le but ultime de Baker Street soit qu’il soit engagé, rien que son entretien lui avait apprit deux ou trois petites choses. Armstrong lui prit le papier des mains

-Déjà terminé ? Voyons cela … Vous avez de meilleures tournures de phrases, cela sonne bien mieux. Je ne peux pas affirmer que vous êtes un espion, mais vous ferez un bon traducteur en tout cas. Je vais voir si monsieur l'ambassadeur peut vous recevoir. Je vous laisse avec miss Vulpesco pour vous surveiller. Miss est roumaine et les roumains, c'est comme les bulgares, en pire.


Il ouvrit la porte et ce ne fut pas la charmante jeune femme brune de plus tôt mais une immense femme qui passa la porte, avec un air sévère à vous donner envie de tout avouer quand bien même vous n’avez rien fait. Denys se contenta de hocher la tête sans rien dire de plus, ne voulant pas risquer le moindre souci.

- Je vous laisse faire connaissance, et je reviens.

Armstrong s’eclipsa. Le silence se fit soudain pesant, loin du silence détendu qui régnait dans la pièce quelques instants plus tôt. Le jeune homme se racla la gorge, avant de faire une tentative pour détendre l’atmosphère:

-Joli temps pour la saison, n’est-ce pas? Une cigarette?

Sa gardienne se contenta de croiser les bras sur sa poitrine. Effectivement, elle n’était pas là pour plaisanter. Au bout d’une dizaine minute de silence affreux, Denys voulut se lever pour aller à la fenêtre, mais un regard de Miss Vulpesco l’en empêcha. Bon, bon, bon... Le temps paraissait affreusement long avant que l’attaché militaire ne revienne. Il ne s’était pourtant pas écoulé plus d’une vingtaine de minutes. La porte se rouvrit, et Denys se détendit quelque peu en voyant le jeune Américain repasser la porte.

-L’ambassadeur a-t-il du temps? Si ce n’est pas le cas, je peux revenir un autre jour.


Il était surtout considérablement soulagé qu’on ne le laisse plus seul avec elle.

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