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 That's alright with me ➳ James

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Victoria Irvin
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MessageSujet: That's alright with me ➳ James Dim 8 Jan - 23:05




Victoria était fatiguée, physiquement et émotionnellement. Rien n'était comme elle l'avait imaginé. Si jamais elle avait formulé cette pensée à voix hayte devant les membres de sa famille, on lui aurait surement répondu "et tu avais imaginé quoi?". C'était vrai, au final, qu'avait-elle imaginé? Un peu d'excitation, un joli uniforme, des sourires... Non, même pas, elle n'avait pas été si chevaleresque. Mais jamais elle n'aurait pensé que cela allait être aussi dur, aussi épuisant. Elle voulait surtout bien faire, et la pression qu'elle se mettait à elle-même n'aidait surement déjà pas. Enfin... Elle avait plus l'intention de  sauver les pots cassés, bien qu'elle n'était pas certaine que classer des dossiers soit d'une utilité extrême, mais l'avenir lui montrerait peut être qu'elle avait tort. Autant son travail la passionnait, l'action était terriblement grisante, autant elle aimait penser à autre chose. Si passer de Lady Victoria à Caporal Irvin, dans ce sens comme dans l'autre, était épuisant de pression et de contorsion mentale, passer de l'un des deux à "Vicky" était un exercice beaucoup plus facile. Avec certains de ses amis, elle n'avait pas l'impression de devoir faire semblant. La soirée avec Olivia quelques semaines plus tôt lui avait fait un bien fou, mais son emploi du temps ne lui facilitait pas la tâche. Elle était tombée pourtant sur un télégramme de son cousin James - par miracle, dans la pile de courrier de son escadron - lui demandant si elle était encore en vie depuis le diner de Noël chez ses parents dans le joli et chic quartier de Notting Hill.

Victoria lui avait répondu que oui et les deux cousins avaient convenus de se voir pour déjeuner, Victoria travaillant de nouveau de nuit, et les nuit étant de toute manière bien trop dangereuses pour pouvoir vouloir sortir quand on pouvait rester à l'abri. "Abri" était un terme tout à fait relatif, beaucoup de londoniens ayant élu domicile dans le métro ou dans des caves. Le premier n'était pas très sûr sur les bords de Thamise, et certains murs menaçaient de s'effondrer; mourir sous les bombes ou sous l'eau... Les secondes, elles, si la maison s'effondrait, menaçait de vous laisser là, prisonniers. Bref, Victoria préférait travailler, le ministère était un peu moins dangereux. Beaucoup de filles avaient après tout rejoint l'armée pour ça: la sécurité; après des vêtements neufs et bien taillés, et trois repas par jour, bien évidemment. Des choses dont Victoria n'avait jamais manqué de son côté. Tout cela lui faisait ouvrir les yeux bien grands. Elle savait qu'elle était privilégiée, mais n'avait jamais saisit à quel point. Maintenant elle savait. Mais elle n'en était pas non plus au point de s'en vanter contrairement  à certaines de ses amies de pension qui avaient elles aussi rejoint les rangs et se plaignaient de ne pas pouvoir se maquiller, là où certaines jeunes filles de milieux bien moins favorisés n'avaient jamais pu se permettre de s'acheter un rouge à lèvre. La Grande Guerre avait brassé les hommes, la leur brassait les femmes. Chacun son tour.

C'était exactement les pensées de Victoria en descendant dans le métro, plutôt calme en milieu de journée, pour rejoindre les locaux du Times, depuis Westminster City où se trouvait le ministère. Elle était en uniforme, comme beaucoup de monde dans cette ville, ils faisaient désormais partie de leur quotidien. On ne faisait même plus attention quand on voyait une veste brune ou grise, que cela soit sur un homme ou une femme. Trois soldats montèrent d'ailleurs dans le wagon de la jeune femme, leurs armes à la ceinture. Ils la saluèrent d'un signe de tête, signe auquel elle répondit sans vraiment trop faire attention. Un changement de ligne et quelques pas plus tard, elle entrait dans les prestigieux locaux du Times. James avait travaillé si dur pour en arriver là. Et il avait eut la "chance" - façon de parler - de ne pas se voir plus ou moins obligé de s'engager dans l'armée, avec ses soucis de santé. Mais cela ne l'empêchait pas non plus de faire n'importe quoi, la jeep de service empruntée par Victoria quelques mois plus tôt en gardait encore bien des traces. La jeune femme avait fait preuve d'un sacré sang froid, mais elle en avait pleuré toutes les larmes de son corps après coup, de tension relachée. Elle aurait cru pouvoir tuer James ce jour-là. Tout ça pour une fichue photo... Inutile de s'en rappeler, elle allait s'énerver de nouveau. Elle inspira profondément en rentrant dans les locaux et demanda à la direction de lui indiquer l'étage de son cousin.

Une fois à l'étage, comme d'habitude, tout semblait extrêmement agité. Cela ressemblait au ministère, mais en moins confidentiel. Victoria manqua de se faire écraser les pieds par une secrétaire courant comme une folle, qui rentra tout de même dans deux petits crieurs passés chercher les restes de l'édition du midi à vendre à ceux qui avaient manqué la première distribution du matin, sans oublier un photographe qui empilait dangereusement ses films sur son bureau. Bon gré, mal gré, la jeune femme se fraya un chemin jusqu'au bureau de James. Elle n'était venue qu'une fois et espérait ne pas se tromper, heureusement pour elle la porte était ouverte et les cheveux en bataille de son cousin, penché sur sa machine à écrire, en pleine hésitation, visiblement, étaient particulièrement reconnaissables.

-Hello, stranger.

Victoria eut un petit sourire en entrant, faisant claquer ses petits talons sur le sol en parquet. Elle tapota son poignet, désignant son bracelet-montre, un brin taquine:

-Quand tu auras fini de douter, il faut que tu rappelles la ponctualité, elle a cherché à te joindre.

Elle s'approcha du bureau de son cousin et se contorsionna pour tenter de lire l'article qu'il écrivait pour l'édition du soir, mais sans succès. Et du peu qu'elle put voir, il n'avait pas beaucoup avancé. Elle soupira:

-Tu connais le dicton: "si tu n'as pas réussi à régler un problème à coup de bombes c'est que tu n'as pas lancé assez de bombes". Ou alors que tu n'as pas assez mangé, mais ça c'est une adaptation personnelle. Viens, aller, tu as besoin de changer d'air, et moi aussi!

Victoria connaissait pas mal de restaurants dans le coin - dans tout Londres, à vrai dire, des avantages d'être Lady Irvin et la belle-fille de son beau-père - et elle se faisait fort de leur trouver une table, comme ça, au pied lever. Elle détailla James qui s'était enfin lever:

-Grand Dieu, tu as une mine à faire peur. Je sais que les temps sont durs, mais tout de même. A défaut de sommeil, il y a deux-trois petits conseils pour ne pas avoir l'air d'un rat de bibliothèque: jus de bétrave sur les joues par exemple. Je ne te demande pas de devenir rouge pivoine, mais la bétrave étant l'un des seuls légumes qu'on trouve en ce moment, un tout petit peu sur tes joues et on aura déjà l'impression que tu as respiré autre chose que de l'encre ces derniers temps!

Victoria pouvait parler, elle le savait. Travailler de nuit, supporter les émotions provoquées par un certain pilote polonais, éviter ses parents tout en leur donnant des nouvelles... Cela s'apparentait fort à un exercice de voltige et ses traits en pâtissaient. Elle embarqua pourtant James, une fois couvert, jusqu'au restaurant de sa connaissance le plus proche. Elle s'était retenue de faire la conversation pour ne rien dire sur ces quelques mètres, mais sans surprise, elle eut une table. Un charmant jeune homme talentueux et une jolie jeune femme en uniforme. Un charmant tableau, apparemment. On les prenait souvent pour frère et soeur au vu de leur âge similaire et de leur couleur de cheveux, populaire dans leur pays, mais pour autant un rien atypique.

-Alors, quoi de neuf? Toujours pas de jolie fille en vue? demanda négligemment Victoria en parcourant le menu, considérablement réduit avec le rationnement.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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MessageSujet: Re: That's alright with me ➳ James Sam 21 Jan - 17:51

JAMES & VICTORIA

Quelle idée de lui confier l'article sur une visite du roi Georges VI et de son épouse la reine Elizabeth dans un dispensaire de soldats blessés. Bien sûr, cela restait un honneur de voir le roi et la reine dans Londres en guerre, à garder la tête haute et devenir des symboles de cette résistance anglaise. A cela, James ne pouvait rien dire, à part les encenser dans son article à venir. Mais qui dit visite, dit marche. Son supérieur l'oblige donc à se déplacer, suivre le couple royal, s'appuyer sur sa canne, prendre des notes, rattraper son retard sur la marche, avoir mal, serrer les dents, retourner dans le peloton de journalistes, prendre des notes …. Avec la photographe qui l'accompagnait dans ses déplacements, il lui indiquait parfois où se placer, quoi prendre. Une belle photographie de la reine assis au chevet d'un blessé avec un air peiné rendrait parfaitement. Puis le roi a tenu un petit discours, quelques mots forts à retranscrire, notés à toute vitesse, appuyé sur un poteau pour pouvoir utiliser ses deux mains.

Heureusement, le souverain britannique n'était pas un grand adepte des discours à rallonge – cela changeait de Churchill – et le journaliste fut de retour dans les locaux du Times à 11h tapantes. Cela lui donnait le temps de rédiger son article avant l'arrivée de sa cousine pour un déjeuner entre rouquins. Enfin, on sait bien sûr que les plans prévus dans nos têtes ne se passent jamais comme on le voulait. Entre la porte d'entrée et son bureau en premier étage, il se fit accoster deux fois pour ses articles, puis l'une des secrétaires l'interpella pour lui donner son courrier. Autour d'elle, d'autres secrétaires regardant une photo.

« Je montrais la photographie de ma cousine Betsy avec son fiancé, en permission à Bath.
Qu'ils sont laids.
Merci pour la courrier ! »

Et il partit nonchalamment avec quelques enveloppes et télégrammes dans la main jusqu'à son bureau. Il se débarrassa de sa besace qu'il jeta contre son bureau, accrocha son manteau et son écharpe et se laissa choir sur son siège avec un soupir d'aise. Heureusement, après avoir refréné l'envie depuis quelques jours, il avait donné à son corps sa dose de morphine hier soir. S'il avait mal à ce moment là, c'était plus que supportable ! Bon, pas de perte de temps, il fallait se mettre au boulot. Relisant ses notes, le journaliste créait son plan d'article. Insister sur la bienveillance, le sourire des blessés, la douceur de la reine consort, le discours du roi … Parfait, il ne restait que la rédaction. Seulement, cela ne s'improvisait pas et James se considérait avant tout comme un écrivain, le choix des mots, la tournure et le sens avait leur importance. Autant dire qu'il était chiant là-dessus. A ce moment là, un des rédacteurs ouvrit la porte :

« James, pour quelle heure tu auras terminé ton papier ?
Rapidement j'espère, mais pour l'heure …
Oui, je vois. Quand tu auras fini de douter et d'écrire, il faut que tu rappelles ton éditeur, il a cherché à te joindre. »

Comment couper l'envie d'écrire à James ? Mentionner son éditeur dans la conversation. Depuis 1938 et le succès de son roman, jamais James n'avait réussi à pondre quoi que ce soit. Fort heureusement pour lui, la guerre avait ralenti la production d'ouvrages et on lui fichait un peu plus la paix. Mais parfois, son éditeur le rappelait pour demander des nouvelles. Deux ou trois fois, il lui avait envoyé des débuts de roman mais il n'avait pas réussi à raconter la suite. Autant dire que cela ne faisait pas avancer l'article. James tenta de se concentrer à nouveau et commença le chapeau. Cinq lignes, cela était déjà pas si mal. Mais comme un roman, le début s'avère toujours plus simple, terminer était bien plus compliqué ! Il avait repris plusieurs fois sur sa machine à écrire, raturant sur les feuilles ratées, des essais de formules intéressantes, faisant mouche. Autant dire que la vraie rédaction n'avançait pas des masses. Alors qu'il réfléchissait à sa tournure de phrase sur la présence de la reine consort, une voix vint le déranger.

« Hello stranger. Il la salua de la main sans lâcher ses yeux de sa phrase. Quand tu auras fini de douter, il faut que tu rappelles la ponctualité, elle a cherché à te joindre.
Penses tu que de comparer le roi comme le libérateur d'un ergastule est un peu trop prétentieux ? »

Il était dans son article, il avait besoin de quelques réponses avant de partir, histoire de noter sur son brouillon. Sa cousine essaya bien de lire mais à dire vrai, le résultat final ne constituait à peine une quinzaine de lignes. Et encore, pas sûr qu'il ne les retouche pas à son retour !

« Tu connais le dicton: "si tu n'as pas réussi à régler un problème à coup de bombes c'est que tu n'as pas lancé assez de bombes". Ou alors que tu n'as pas assez mangé, mais ça c'est une adaptation personnelle. Viens, allez, tu as besoin de changer d'air, et moi aussi!
Hum … tu as raison. Je commence à en avoir mal à la tête, comme si je n'en avais déjà pas déjà plein les jambes. Attends, avant je note une petite phrase sur l'art volubile de Sa Majesté. Voilà, on peut y aller. »

James pouvait quitter son poste de travail où il n'avait pas passé tant de temps que cela, mais sa jambe avait pu se remettre un petit peu. Puis bon, il allait marcher pour s'asseoir à nouveau, rien d'insurmontable. Par contre, il ne s'attendait pas à ce que sa cousine le trouve si pâle au point de lui donner un conseil beauté, qu'il écouta avec de grands yeux ronds avant de la dépasser en secouant la tête pour prendre ses affaires. S'il avait maigri ? Oui un peu, un job stressant, de mauvaises nuits avec la peur des bombardements ou l'alerte déclenchée à tout moment, cela n'aidait pas à conserver la santé. Enfin bref, les deux jeunes gens quittèrent le Times pour une des rues adjacentes. James connaissait bien son quartier de travail, mais Vicky lui avait dit qu'elle avait une adresse où ils auraient facilement une table, ce qui n'était pas toujours évident. Une fois installés dans un petit endroit sympathique, James n'avait pas eu le temps de scruter la (petite) carte des menus, que Vicky attaqua directement.

« Alors, quoi de neuf? Toujours pas de jolie fille en vue ?
Sérieusement ? On ne peut pas commander avant d'attaquer ma vie privée ? Le jeune homme avait ses yeux clairs grands ouverts. Puis cette obsession, j'ai l'impression que tout le monde s'est passé le mot. »

Il ne dit pas plus mais préféra lancer un signe à la serveuse, histoire de gagner un peu de temps. Après tout, le choix s'avérait assez simple avec ce genre de cartes, on manquait un peu de tout alors on n'avait pas à réfléchir durant des heures. Mais le passage de la commande passa trop vite et le regard inquisiteur de la rousse face à lui montrait qu'elle était déterminée.

« En plus, je n'ai rien à dire, ma tante a du te mettre au courant que je leur ai présentée ma nouvelle amie. Et puis tu l'as vu aussi, souviens toi ! Kathleen, une petite brune avec des reflets auburn, petit accent irlandais … Allez Vicky, fais un effort, qu'on passe à autre chose comme conversation. »

James détestait qu'on parle de sa vie privée. Déjà parce que cela ne regardait personne, et aussi parce qu'il ne n'aimait pas mentir. Présenter des petites amies pour cacher sa relation cachée, il n'avait pas tellement envie. Mais avec la guerre, la peur de mourir au-dessus des têtes, ses sœurs et sa mère s'avéraient de plus en plus déterminées à avoir une belle-soeur.  Lui ne pourrait que leur proposer un beau-frère mais il ne voulait contrarier personne …

« Je n'ai plus rien à abscondre de ce côté là, dossier clos. Sinon le ministère, ça se passe bien ? »

Il aurait bien voulu parler d'autre chose mais pas sûr que ça fonctionne …

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
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MessageSujet: Re: That's alright with me ➳ James Ven 3 Mar - 0:14

Certes, Victoria et James n’étaient pas cousins par le sang, James était le neveu de Kate, seconde épouse du père de la jeune femme, mais cela ne les empêchait pas de se décrire comme tel. Sensiblement du même âge, ils s’étaient toujours entendus à merveille, James appréciant toujours les semaines d’été passés chez sa tante, loin de son père et de ses excentricités. Mais ils n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde. Victoria était beaucoup trop rigide pour son cousin, beaucoup trop « vieille Angleterre », old fashion, et ce n’était pas bon pour son jeune âge. C’était là l’un de leurs rares points de désaccord. Heureusement, ils en avaient peu d’autres, et surtout pas au niveau de la nourriture. La jeune caporale avait toujours de bonnes adresses - merci papa - pour son cousin, et ils ne manquaient jamais de tester des endroits ensemble. Comme celui-ci qui offrait tout de même des menus assez diversifiés malgré le rationnement, ce qui était non négligeable et fortement appréciable. James avait une petite mine et cela inquiétait un peu la jeune rousse, bien qu’elle n’ait sans doute rien à redire à ce sujet, elle non plus ne dormait pas énormément. Enfin, il n’y avait qu’à voir l’état de concentration dans lequel il était quand elle était entrée dans son bureau. Il n’avait même pas levé les yeux, alors qu’il était déjà en retard. Vraiment, il y avait de quoi s’agacer et surtout s’inquiéter. Heureusement il finit par lever le nez de sa machine à écrire.

A peine assis, Victoria attaqua la conversation. On lui posait tellement de questions sur le mariage, la date, Teddy, sa prévenance, les détails, et où ils allaient bien vivre que quand on pouvait se concentrer sur quelqu’un d’autre, cela provoquait un changement des plus agréables et bienvenus. Elle savait que le sujet n’était pas beaucoup plus apprécié par James, mais elle avait eut le mérite pour une fois de tirer - pardon, de parler - la première. A y bien réfléchir, elle n’avait jamais véritablement vu son cousin avec qui que ce soit. Aucune jeune femme n’avait vraiment été se pavaner à son bras, plus d’une ou deux fois, et cela n’avait pas l’air de l’intéresser. La soeur de sa belle-mère en parlait peu, après tout il était un garçon, il avait le temp, c’était moins urgent, moins important. Il était charmant, beau parleur, avait une carrière à succès, journaliste émérite, auteur... Tout lui réussissait, rien n’était urgent. Quoi que la guerre avait donné une urgence à tout. Certes, James ne pouvait s’engager avec sa jambe, mais une bombe pouvait tomber sur n’importe qui à n’importe quel moment. Et puis la finalité de la vie, n’était-ce pas d’être un père ou une mère de famille, un époux ou une épouse aimante, et voilà tout? Rien qu’en pensant cela, Victoria savait qu’il y avait quelque chose de faux, elle-même n’était pas pressée de convoler avec Teddy. Pas autant qu’il n’y avait ne serait-ce qu’un an plus tôt. Mais elle n’arrivait toujours pas à mettre le doigt sur ce changement, et Karol n’en était pas la cause, mais plutôt la conséquence. Ce n’était plus au brillant parlementaire en devenir qu’elle pensait avant de s’endormir mais à un pilote polonais un peu trop grande gueule.

-Sérieusement ? On ne peut pas commander avant d'attaquer ma vie privée ?  Puis cette obsession, j'ai l'impression que tout le monde s'est passé le mot.

Il la regarda avec un air si surprit et agacé que Victoria regarda ailleurs, en prenant l’air le plus innocent du monde. Bon, d’accord, on lui avait peut être demandé de demander, mais elle n’avait jamais été un modèle de subtilité pour ce genre de choses. Et puis il y avait peut être un tout petit peu de curiosité, au fond... James héla la serveuse et les deux jeunes gens commandèrent. Avec leur couleur de cheveux similaires, on les prenait souvent pour des frères et soeurs, ce qui avait de quoi faire sourire. Victoria vit dans les yeux de la serveuse qu’encore une fois, c’était le cas. Il n’y avait qu’à voir comme elle regardait James, comme si Victoria n’était pas une menace - ce qu’elle n’était pas, mais c’était amusant à observer. Et puis la jeune femme tourna les talons.

-En plus, je n'ai rien à dire, ma tante a du te mettre au courant que je leur ai présentée ma nouvelle amie. Et puis tu l'as vu aussi, souviens toi ! Kathleen, une petite brune avec des reflets auburn, petit accent irlandais … Allez Vicky, fais un effort, qu'on passe à autre chose comme conversation.


Victoria avait froncé les sourcils, tentant de se rappeler. Kathleen... Kathleen... Oui, peut être... Ah! La petite brune à l’accent étrange, Victoria n’avait pas réussi à mettre le doigt dessus, elle avait toujours été terrible avec les accents, et en plus la jeune femme tentait de camoufler le sien. Cela lui avait parut un rien étrange, mais elle s’était dit qu’elle cherchait peut être tout simplement à s’intégrer. Il y avait tellement d’étrangers dans cette ville, et de brassage de population britannique.

-Je n'ai plus rien à abscondre de ce côté là, dossier clos. Sinon le ministère, ça se passe bien.

-Ca va, mais je ne t’en dirai pas plus, Secret défense, et pour de vrai dans mon cas. Kathleen, c’est bien la petite brune avec l’accent ? Tu la connais d’où ? Ca fait longtemps ? Enfin, elle n’est pas vraiment ton style, non?


Bon, l’argument était un peu bancal, James n’avait jamais vraiment eut de « style » autant au niveau de la personnalité, parfois bruyantes, parfois discrètes, intelligentes, stupides, brunes, blondes, rousses, grandes, petites, rondes, fines... Mais jamais plus de quelques rendez-vous. Devant la tête de son cousin, Victoria prit un peu la mouche.

-Oh! Excuse-moi de m’intéresser! Ce n’est pas comme si tu connaissais absolument tout de ma vie amoureuse et que tu étais l’un des premiers qui avait su par le menu la demande de Teddy. Et puis ça change de parler travail. La dernière fois nous avons faillit mourir transpercés par des balles allemandes je te rappelle. C’est un peu plus léger comme sujet.

Elle se laissa aller contre son dossier de siège et croisa les bras sur la poitrine - geste que sa mère, sa belle-mère, ses gouvernantes et toutes ses professeurs de maintient auraient reprit immédiatement, tellement vulgaire! - et le fixa par en dessous. Après un petit silence, elle reprit, plus doucement.

-Ce n’est pas comme si tu savais que tu pouvais tout me dire...

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