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 Don't play the hero ♂ Oliver

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MessageSujet: Don't play the hero ♂ Oliver Dim 11 Mar - 21:24

Denys se demandait encore ce qu'il foutait là! Mais qu'est ce qu'il lui avait prit? Pourquoi avait-il accepté une telle bêtise? Dans cet abri - qui n'avait d'abri que le nom - du East End, on était en plein milieu d'après midi, et les murs tremblaient, la poussière du plafond tombait sur les réfugiés de l'abri entassés comme des sardines dans leur boite, criant, geignant, suppliant à chaque explosion et chaque frémissement des murs et surtout du plafond qui agissait aussi comme sol de l'immeuble au dessus d'eux. Dans ce quartier, rien ne semblait très stable et le jeune homme, dans son imperméable bleu marine et son panama assorti, tentait tant bien que mal de conserver son calme. Malgré son entrainement d'espion, quand on était impuissant, on était impuissant. On attendait de voir ce qu'il allait se passer en priant pour s'en sortir en un seul morceau. Dans l'abri, des jeunes, des vieux, des femmes, des enfants, tous unis par la même peur. Des civils livrés à eux-mêmes qui n'avaient pas envie un seul instant que leur vie s'arrête là. Tous participaient à leur manière à l'effort de guerre, ne serait-ce que la jolie demoiselle quelques mètres plus loin qui ne portait pas de maquillage et avait abandonné ses bas en nylon.

Nouvelle explosion, nouveau tremblement, nouveaux cris. Un bébé pleurait. Denys ruminait. Encore une fois, il était allé dans un centre de réfugié, voir s'il connaissait quelqu'un d'Autriche, d'avant, d'une autre vie. Les Autrichiens étaient si mal accueillis. Même juif, on les soupçonnait, les traitait comme l'ennemi, comme s'ils portaient eux-même la croix gammée... A chaque fois qu'il entendait quelque chose, il se précipitait, sans vraiment réfléchir... Et ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il aurait fini de travailler pour l'ambassade américaine. Leurs documents étaient si ennuyeux. Rien d'intéressant, rien de nouveau... Rien qui ne pouvait intéresser le SOE. Enfin, le SOE n'aurait sans doute jamais rien d'intéressant à se mettre sous la dent s'il mourrait aujourd'hui dans ce trou. Il ne savait pas ce qui était le plus stressant, les bruits à l'extérieur associés aux tremblements des murs, ou ceux à l'intérieur avec la promiscuité de tous ces inconnus. Un pan entier de plâtre se détacha du plafond, causant un cri d'effroi et assommant un homme. Deux autres se précipitèrent pour l'aider - ou le détrousser, c'était à voir. A peu près au même moment, la porte de l'abri s'ouvrit et on pu entendre plus distinctement les cris, les explosions, les sirènes et tous les bruits de chaos de l'extérieur.

Une femme fit son entrée, sale, échevelée, dans un uniforme qui ressemblait vaguement à quelque chose du WVS, et étrangement courbée. Elle continua d'avancer en poussant les gens. De là où il était, et curieux de nature, Denys qui ne voyait pas grand chose, se hissa sur la pointe des pieds. Elle portait quelque chose. Une seconde apparue à sont tour, à une distance d'environ deux mètres, tout autant courbée. Elles portaient un brancard.

-Poussez-vous! Place, on a des blessés!

La porte sembla s'ouvrir à nouveau, et d'autres pas dans les escaliers. Les curieux reculaient, écrasant ceux qui se trouvaient derrière eux, avant d'avancer de nouveau pour voir. Denys profita du petit mouvement de foule pour avancer et se trouver deux rangs derrière les premières lignes. Assez prêt pour reconnaître sur le brancard un gamin de la surveillance aérienne. Bon Dieu ça devait être le chaos dehors. D'autres bruits de pas dévalèrent les marches. Une autre civière.

-Le poste est tombé! Le poste est tombé!
Cria une voix en panique.

-On se calme! cria une des femmes du WVS, qui semblait plus âgée que les autres mais avec la suif qui aurait pu dire. Le poste tient bon. Il y a encore quelques gars là-bas.

-Ah ouais? Et combien, z'avez la moitié du poste à vos pieds, si c'est pas sa...

Un autre brancard descendit. On disait que l'enfer était sous terre, à cette instant, Denys était presque certain qu'il était au dessus. Il fut bousculé, encore et encore. Il n'en pouvait plus de cet endroit. Depuis le printemps, les bombardements avaient diminués, il n'était plus vraiment utile de passer toutes les nuits sous terre. Le campagnard d'écossais qu'il était avait rapidement reprit goût aux nuits à la surface et la perspective de passer plusieurs heures là dedans entassé à d'autres le dégoûta plus certainement que l'extérieur.

-Bon Dieu, jura-t-il, se frayant un passage.

Il enjamba un brancard pour accéder aux escaliers.

-Mais qu'est-ce que...

Trop tard, il était déjà en haut. Quand il ouvrit la porte, le bruit à l'extérieur, l'ambiance chaotique lui coupa un instant l'envie d'avancer. Un autre brancard arriva dans sa direction. Il teint la porte aux deux jeunes femmes qui entraient dans l'abri, qui lui accordèrent à peine un regard. Cela lui laissa le temps de repérer le poste. Les sirènes hurlaient, les camions de pompiers et de police parcouraient la ville de long en large. Retirant son chapeau qui se serait envolé de toute façon il courut jusqu'au poste aérien, dont il saisit l'échelle en métal pour s'y hisser. En haut, il ne restait qu'un homme - un homme, un gamin, à peine plus âgé que ses élèves à l'université en Autriche. A terre il y en avait un autre. Respirait-il seulement? Impossible de le dire. L'Ecossais balança son imperméable et son chapeau dans un coin, s'approchant de la batterie laissée à l'abandon par celui qui était à terre ou l'un de ceux qu'on avait emmené à l'abri. Il jeta un bref coup d'oeil au gamin encore valide. Etait-ce vraiment le moment de jouer à celui qui respecte les ordres? Il n'en était pas sûr. Ils feraient les présentations plus tard.

Denys enclencha l’arme, mais plus de munition. Ne sachant guère où les autres se trouvaient, il pensa stupide de se lancer dans une recherche à l'aveugle. Avisant le spot lumineux laissé à l'abandon lui aussi, il jugea celui-là plus utile. Prenant les poignées, il commença à le diriger manuellement vers le ciel, à la recherche des avions ennemis qui frappaient toujours plus durement l'East End.

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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Jeu 22 Mar - 22:44

Ces derniers temps, chaque fois qu'Oliver vivait un bombardement, il ne pouvait s'empêcher de repenser à cet étrange rêve qu'il avait fait lors du réveillon de Noël. Un cauchemar, pour être plus précis et particulièrement ubuesque. Il y avait croisé James Allistair, le frère de sa meilleure amie Georgiana, sans sa canne. Le rouquin lui avait sauvé la vie, in extremis. Bon d'accord, ça ne comptait pas vraiment, puisqu'il n'avaient jamais vécu cette situation cocasse. Elle provenait du pur fruit de son imagination un peu trop débordante. Il l'avait quand même consignée dans son journal, car il s'en rappelait tous les détails, même de celle de la poussière et des égoûts de Londres. Parfois, sa joue le brulait à l'endroit où James l'avait oniriquement frappé pour lui faire reprendre ses esprits. Avant ce songe, il nourrissait une profonde angoisse dès qu'il entendait les sirènes et le bruit des avions. Ce traumatisme, hérité de la bataille de Dunkerque, dont il avait réchappé sans trop comprendre comment, ne le quittait pas. Il provoquait de vraies crises de panique, avec tétanie, sanglots et vertiges. Pourtant, cet épisode, aussi douloureux et horrifiant eut-il été, lui servait beaucoup. Il arrivait désormais à relativiser, à ne pas perdre le contrôle. Disons aussi et surtout, qu'il en était arrivé à préférer l'extérieur, en cas de bombardement, plutôt que l'intérieur. Se réfugier dans un abri ? Il ne s'en sentait pas le courage. Celui-ci pouvait être ciblé, touché et terré à l'intérieur, il ne possèderait plus aucune échappatoire. Alors que le grand air, certes, c'était un paysage funeste de guerre, mais au moins, il voyait l'ennemi, la mort en face. Il préférait ça, à crever à petit feu dans un endroit clos.

Aujourd'hui, Oliver voyait ses nerfs mis à très rude épreuve. Installé à son post, ses radars détectèrent une approche ennemi. Un escadron allemand s'approchait de l'East End. Il donna aussitôt l'alerte, scrutant ses appareils et le ciel pour tenter d'apercevoir les appareils. Seulement, la météo ne jouait pas pour eux. Comme souvent sur Londres, les nuages se concentraient et rendaient la visibilité médiocre. Ils devaient se baser sur leurs appareils. Le jeune homme n'était pas tout seul, il pouvait compter sur un compagnon d'aventures, Chandler, un type sympathique, d'à peu près son âge. Avant l'alarme, ils discutaient tous les deux de filles. Comme quoi, même la guerre n'empêchait pas les doux rêveurs de devenir fleur bleue. Ils échangeaient sur le romantisme, Oliver parlant de Rose, l'infirmière qui lui avait tapé dans l'oeil, Chandler, parlant de sa française, Germaine, belle et élégante, bonne cuisinière. Tous deux se voyaient de temps à autre, pendant les rares permissions qui leur étaient accordées. Les dicussions légères et sentimentales laissèrent immédiatement la place à la mobilisation dès que le premier signe de menace fut donné. Le soldat Ryan et son collègue, surent que la situation était plus grave, car l'escadron comportait plus d'appareils que d'ordinaire. Ca risquait d'être une boucherie. Leurs communications restaient essentielles aux forces armées londonniennes. Ils se lancèrent donc dans des communications, Chandler observant le ciel et transmettant les informations qu'Oliver donnait à l'état major.

- Merde... Oliver, on dirait qu'ils foncent sur nous...


Effectivement. Il le voyait sur les radars, les appareils approchaient de leur position. Mais ils ne pouvaient pas quitter leur poste. Leur devoir état de rester ici, coûte que coûte. Evidemment, l'envie de fuir manqua l'emporter. Tout être humain normalement constitué cherche à se préserver, un instinct de survie animal, qui ne différenciait pas vraiment l'Homme du reste de la faune terrestre, en définitive. Oliver relaya l'information, leva les yeux pour essayer de voir cet escadron de la mort. Peut-être allaient-ils juste survoler ? Ils furent bientôt fixés, en commençant à entendre les mitrailleuses embarquées tirer. La vitre les séparant de l'extérieur, explosa en mille morceaux. Ils se mirent à terre, juste à temps pour éviter des balles perdues. Chandler se hâta de se positionner au niveau de la batterie pour viser les bombardiers. Alors que les tirs et le bruit des bombardements faisaient un raffût épouvantable, Oliver continua de donner les informations à ses supérieurs. Une explosion fit trembler le bâtiment. Déséquilibré, il se vautra par terre comme une loque. Son souffle fut coupé par le choc. Il avait les oreilles qui tintaient, comme à Dunkerque. Plus fort, psychologiquement, il parvint à mettre ce douloureux souvenir de côté pour se relever. Lorsqu'il reprit sa radio, il constata que le signal était coupé. Un Signaller sans son signal, doit apprendre à signaler son signal autrement. Voilà ce qu'aurait sans doute dit son père, s'il avait été là !

- Flûte ! La radio est HS ! Mais les radars fonctionnent toujours. Ils amorcent un demi-tour...

- Ils partent ! C'est terminé !

- Je n'en suis pas sûr... je crois qu'ils vont revenir. Ils vont faire un deuxième passage. Bon sang, je ne peux plus donner aucune information... je vais essayer de réparer ça, ne les quitte pas des yeux et arrose-les dès que tu les vois !

- Oh ouais ! Ne t'en fais pas pour ça ! Ces salauds de boches auront pas le temps de dire un Ave Maria qu'ils seront troués de part en part !


Oliver se hâta de récupérer certaines pièces. Il n'était pas mécanicien, mais cette radio, c'était vital pour eux, pas simplement dans le poste aérien mais aussi en bas. Il ne put conduire les réparations à leur terme. L'ennemi était à nouveau sur eux. Chandler toucha un appareil, mais il se trouva vite sans munitions. Il allait courir vers l'armurerie lorsqu'il y eut une explosion. Le souffle les projeta tous les deux à terre. Chandler reçut un coup violent à la tête et il tomba, inconscient... ou mort, Oliver ne sut pas trop. Lui ressentait une vive douleur au bras. Il jeta un oeil et vit qu'il avait un gros éclat de verre planté dans la chair. Un peu sang imbibait son uniforme, il laissa le corps étranger. Tant qu'il était en place, il s'évitait une hémorragie plus importante. C'était Rose qui le lui avait dit. Il disposait d'un peu de temps, il retourna à son poste, pour tenter de rétablir un signal radio. Cela fonctionna partiellement, puisque le signal était très brouillé, peu audible, mais il espérait que ses mots arrivent au QG. Les avions ennemis sortirent du champ de détection. N'importe qui aurait pu penser que l'attaque était terminée. Pourtant Oliver avait un très mauvais pressentiment. Il ne donna pas la fin d'alerte, car quelque chose clochait. Il avait vu 3 bombardiers et 4 explosions. Ca voulait dire qu'au moins un des bombardiers n'avaient pas largué ses bombes... Ca ne ressemblait pas aux allemands d'envoyer des avions sur des kilomètres et d'abandonner... Il vit un homme arriver, un compatriote sans doute. Il le vit tester l'arme puis se diriger vers le spot. Il cria à son intention :

- Il doit y avoir des munitions dans la réserve, sur la gauche là-bas. C'est Chandler qui a la clé... Elle doit être sur lui. Ils vont revenir... ils n'ont pas tout envoyé !

Il grimaça, parce qu'il avait levé le bras pour lui montrer l'emplacement de la réserve et que le bout de verre le lançait. Il régnait un silence paisible, désormais. Le silence avant la tempête. Oliver ne quittait pas les radars des yeux. Dans sa radio, il ne cessa de répéter :

- C'est pas terminé... ce n'est pas terminé... Un bombardier n'a pas lesté...

Fébrile, il vérifia que son radar fonctionnait correctement. Au loin, le vent d'est apporta un bruit régulier, un ronflement.

- Oh mon Dieu... bon sang... ils reviennent...

Il se tourna vers Denys, livide. Les appareils apparurent sur les radars, fonçant droit vers leur position. Oliver était comme paralysé, il ne cessait de parler dans sa radio, pour donner le nombre d'appareils, la distance décroissante à laquelle il se trouvait. Son visage était parcouru de nombreux tics nerveux. Il tremblait.

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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Lun 2 Avr - 21:43

Denys tenta de ne pas s'arrêter pour venir réfléchir à ce qui l'avait fait se jetter dans cette situation. Qui aurait cru qu'un professeur d'université finirait à tirer - ou plutôt tenter de - sur des avions allemands en plein Londres avec un jeune militaire? Le bruit autour de lui, l'adrénaline... Rien n'avait jamais parut aussi réel et surement pas la formation d'espion, pourtant très intense, qu'il avait connue en Ecosse. Il aurait dut s'estimer chanceux, sans le refus catégorique de l'armée, il serait sans doute dans un poste similaire, ou peut être même déjà mort. Qui savait ce que l'avenir lui réservait, il ne finirait peut être même pas la journée à ce rythme, mais il n'allait certainement pas attendre pour le savoir, l'intellectuel avait laissé place à une tentative d'homme d'action qu'il n'avait jamais été jusqu'alors. Ses mains bien plus habituées à tenir des livres ne semblaient plus totalement étrangères aux armes, encore fallait-il que celles-ci soient chargées, et l'ancien professeur n'avait absolument aucune idée d'où en trouver d'avantage. Le jeune militaire sembla cependant heureusement comprendre ce qu'il cherchait sans le trouver.

- Il doit y avoir des munitions dans la réserve, sur la gauche là-bas. C'est Chandler qui a la clé... Elle doit être sur lui. Ils vont revenir... ils n'ont pas tout envoyé !

Denys suivit la direction de la main du jeune soldat vers le corps inanimé, sans vie peut être, il n'avait pas vraiment le temps de vérifier, de son camarade. Il se baissa quand un débris se détacha de la façade derrière eux. C'était le chaos total, même si les avions semblaient s'être momentanément éloignés. Denys tira le corps inanimé un peu plus à l'abri et le couvrit de son par-dessus, sans savoir si cela avait un quelconque véritable effet. Il tatonna dans les poches du dénommé Chandleur, lui aussi à peine plus âgé que ses anciens élèves, semblait-il. Il eut l'impression de faire toutes les poches de sa veste sans mettre la main sur ces maudites clefs. Pas dans les poches principales, ni dans les poches de poitrine. Il s'attaqua à celles de son pantalon, pour finalement les trouver dans la poche latérale de son genou. Victoire!

Denys se releva et ouvrit le verrou un peu rouillé de la fameuse réserve, encore à moitié pleine. Il espéra en son fort intérieur que cela allait suffire. Il sortait les caisses et les lançait tant bien que mal vers les tirailleuses quand il entendit le jeune militaire dans son dos:

-C'est pas terminé... ce n'est pas terminé... Un bombardier n'a pas lesté... Oh mon Dieu... bon sang... ils reviennent...

Denys se retourna pour jeter un coup d'oeil au ciel de nuit balayé par les spots qui ne lâchaient pas les avions ennemis ou du moins faisaient de leur mieux pour. L'agent secret n'avait certes pas l'oeil expert des veilleurs de nuit, aussi du-t-il se baser sur son jugement pour savoir si effectivement ou non, un des bombardiers n'avait pas laissé tomber sa charge meurtrière. Puis son regard tomba sur le jeune homme, presque encore un adolescent, comme presque tous les engagés, qui le regardait, blanc comme neige. Denys dut faire un énorme effort pour ne pas paniquer lui aussi. Sa mère serait dévastée si son fils unique... Mieux valait ne pas y penser. Il prit une dernière caisse qu'il approcha de la tirailleuse du jeune soldat et fit sauter le couvercle de bois cloué au pied de biche avant de se tourner vers le garçon, le prenant par les épaules et le secouant. Le gamin avait vraiment un regard de gars qui en a trop vu...

-Ecoute moi, ce n'est pas le moment de flancher, ok? Sinon, on va tous y passer, et ton copain là, il a surement une chance de s'en sortir. Le problème, c'est que tant que ces avions seront là, on n'a aucune chance d'avoir une ambulance, compris?

Il cru discerner à la lueur du spot quelques couleurs revenir au visage du militaire, mais sans certitude. Denys était plutôt bon pour les discours de motivation, après tout, comment redonner confiance à tout un amphithéâtre venant de planter son examen, mais cela avait-il seulement fonctionné?

Il saisit une chaine de balle qu'il mit dans les mains du garçon dont il vit le nom sur l'écusson, Ryan.

-Alors maintenant, Soldat Ryan, tu vas prendre ça, le mettre dans ton arme, et vider ton chargeur.

Et Denys allait faire de même. Il disait autant cela pour le jeune homme que pour lui-même. Alors qu'il se redressait, un second rouleau à la main, la première bombe larguée s'écrasa, assez loin pour qu'ils ne risquent rien, assez proche pour faire trembler la terre et sentir le souffle de l'onde de choque. Denys se précipita, enclencha les balles et positionna le spot dans les airs avant de jeter un coup d'oeil au jeune soldat pour s'assurer que tout allait bien.

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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Mar 1 Mai - 11:37

Oliver ne savait plus trop où il en était. Ses oreilles bourdonnaient. Dans sa tête, il s'était résigné à y rester, là, dans cet endroit qu'il connaissait pourtant bien et où, pensait-il, il se trouvait en sécurité. Il renonçait à l'idée de revoir Rose, peut-être aurait-il du lui envoyer une lettre...  maintenant, il était trop tard. Peut-être que l'homme qui était arrivé quelques instants plus tôt perçut son trouble. Il s'approcha de lui, le prit par les épaules, pour le secouer, dans le but de le ramener à la réalité. Cela fonctionna, Olivier capta son regard et ne le quitta pas des yeux pendant tout le moment où Denys lui parla. Il avala sa salive avec difficulté et hocha la tête. S'il voulait sauver Chandler, il fallait qu'ils se débarassent des avions ennemis. Ils n'avaient pas le choix. Et cet inconnu marquait un point. Tant qu'ils n'auraient pas pacifié la zone, personne ne risquerait sa vie pour leur porter secours. Le temps filait et il fallait trouver une solution rapide pour qu'ils s'en sortent. Oliver ne croyait pas aux miracles, pourtant, les quelques mots de cet homme charismatique suffirent à le galvaniser un peu. Il n'eut pas le temps d'en placer une. Il se retrouva avec une chaine de balles dans ses mains qui ne tremblaient plus. Il se rua vers son arme, qu'il chargea et se mit en position. Il se servit du rebord d'une fenêtre, pour caler son arme et éviter de trop forcer sur son bras qui lui faisait mal. Le sol trembla, il ferma les yeux pour ne pas succomber à la panique qui guettait malgré tout. Deux larmes roulèrent sur ses joues, sans qu'il ne puisse les retenir. Mais il resta en place. Il essuya le liquide salé d'un revers de manche et scruta les nuages, éclairés par les spots. Cela ne rendait pas les choses très visibles, mais il perçut un mouvement et appuya sur la détente. Habitué à scruter le ciel, il avait plus de facilité de Denys à apercevoir les appareils ennemis. Une rafale de tirs sortit du canon. Il essayait de viser au mieux, mais son bras ne l'aidait pas vraiment. A un moment, il y eut comme un bruit d'explosion, dans les airs. Une flamme jallit de l'aile de l'appareil, le rendant bien visible.

- On l'a touché !! On l'a touché !!!

Oliver s'était levé, pour exprimer sa joie, sans se rendre compte qu'il venait de faire une erreur. Une bombe tomba juste à côté du bâtiment. Il y eut un vacarme ahurissant. Déséquilibré, il tomba au sol violemment. Cela lui coupa le souffle. Dans le ciel, l'appareil en feu avait l'air de rebrousser chemin, mais était-ce vraiment le cas ? Il rampa tant bien que mal pour se remettre en position, ignorant la douleur qui se propageait dans tout son corps. Il ouvrit à nouveau le feu lorsqu'un nouvel appareil approcha. Ils n'allaient pas s'en sortir... il y avait trop d'avions... Une nouvelle bombe tomba à proximité, soulevant un épais nuage de poussière. Il se frotta les yeux pour tenter de mieux y voir, mais sa vue était brouillée. Il continua à tirer, au jugé, sans savoir si sa cible était touchée ou non. Le sol trembla à nouveau. Il n'avait plus de munitions... il se dirigea vers la caisse, pour en sortir de nouvelles balles. Il était déterminé à se battre jusqu'au bout. Seulement, il n'avait rien d'un professionnel. Il essayait de faire de son mieux, pour Chandler, pour Denys... pour lui-même. Une nouvelle déflagration se fit entendre dans le ciel. Encore un de touché ! L'appareil décrocha et en percuta un autre. Les deux avions explosèrent en plein ciel, juste au dessus de leurs têtes. Les débris ne tardèrent pas à tomber, l'un d'eux, plus lourd, défonça le toit qui s'écroula partiellement à quelques mètres de Denys et Oliver. Le jeune avait le coeur qui battait à tout rompre. Il continua de tirer, avant de se rendre compte que le plafond s'était effondré sur les munitions.

- Mince... les munitions...

Il fallait faire en sorte que chaque balle touche une cible désormais. Il quitta sa position pour rejoindre celle de Denys, occupé à tirer. Il lui tapa doucement sur l'épaule et lui dit :

- Le plafond s'est effondré sur les munitions, je n'en ai presque plus... qu'est-ce qu'on va faire ?

A cet instant précis, on sentait qu'il se reposait sur Denys. Rien d'étonnant, celui-ci était plus âgé, il avait du charisme et il semblait plus doué, aussi. Oliver attendait ses ordres. Une attitude docile qui pouvait facilement s'expliquer. Ici, il avait un chef pour le guider, à Dunkerque, cela n'avait pas été le cas. Et forcément, ça changeait tout.

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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Mar 15 Mai - 22:02

**Flashback**

-Professeur Hammond!! Professeur Hammond!!!

Denys, dans sa toge d'enseignant, s'arrêta au bout du couloir de son bâtiment de l'université d'Innsbruck, un de ces bâtiments qui donne l'impression d'être tout droit sorti d'un conte de fée, en bois et vieille pierres, fenêtres ressemblant à des vitraux, on se demandait si on était dans une cathédrale ou dans une école.

C'était un de ses étudiants, Johan, qui lui courrait après. Le garçon n'avait pas mauvais fond mais compensait son manque de don naturel pour les études par une attitude bravache. Agaçant. Etait-ce pour ça que le jeune professeur lui avait donné une note assez sévère à son dernier devoir? Peut être, il ne l'aurait en tout cas pas admis, tentant d'être le plus juste possible dans ses corrections pour le professeur Von Roch, qui supervisait son doctorat. Il hésita, puis décida d'attendre l'étudiant qui remontait le couloir au pas de course, une feuille de papier à la main. Son devoir, à n'en pas douter.

-Professeur je... je suis désolé, vous haranguer, comme ça, ce n'est pas... Mais... mais mon devoir. Si je n'ai pas la moyenne, jamais je n'aurai mon année. Ce n'est pas possible. Y a-t-il un moyen de rattraper?


Denys hésita avant de répondre. Sa note, il le savait, était un peu dure. Il aurait pu être un peu plus laxiste. Mais Johan avait besoin d'une leçon, d'un électrochoc. Et ça avait été sa façon de le lui montrer. Pourtant, devant le regard désespéré du jeune homme, guère plus jeune que lui, le coup du professeur insensible n'avait pas pu tenir.

**Fin du Flashback**

Pourquoi cette scène, arrivée bien des années plus tôt, lui revenait-elle en tête maintenant? Ce n'était pas vraiment le moment... Etait-ce parce que le jeune Johan, qui pilotait peut être un de ces avions à cet instant précis, avait eut à peu près le même regard que le jeune soldat Ryan - dont il ignorait toujours le prénom - à cet instant. Un regard de désespoir complet auquel Denys ne savait pas se montrer insensible. S'il se faisait tuer cette nuit, il aurait fait un bien piètre espion. A part se faire engager à l'ambassade américaine, il n'avait pas grand chose. Mais il n'aurait pas été juste de rester là où il était. Les justes de toute façon ne vivaient jamais très vieux. Un peu comme les héros. Il n'y avait qu'à regarder les poèmes épiques allemands et anglais qu'il faisait étudier à ses élèves. Le chevalier qui s'était battu toute sa vie pour la justice finissait en général par se faire trahir encore dans ses fraiches années de héros. Si cela faisait rêver certains, c'était aussi pour d'autres une sacré leçon sur le fait qu'il valait mieux toujours penser à soi d'abord et aux autres après.

Denys tenta de chasser ces pensées alors qu'il se remettait en position devant la mitrailleuse. Dans le noir de la nuit qui brillait presque plus que le jour avec les spots balayant le ciel londonien, il avait l'impression de vivre la nuit la plus longue de sa vie. Il se mit à tirer, et entendit le jeune soldat en faire autant. Cela dura une minute ou une heure, il n'aurait su dire. Et pourtant...

- On l'a touché !! On l'a touché !!!

Un miracle. Ca ressemblait plutôt à David contre Goliath. Ils en avaient abattu un. Mais un seul hélas de leur côté de la ville aussi loin qu'ils pouvaient dire. Car un autre, toujours bien capable de voler, largua son mortel chargement au dessus de leurs têtes. Et il n'y avait rien à faire pour l'éviter. Denys plongea à terre pour tenter de se protéger. Il se redressa, un rien sonné, à la voix du soldat qui s'exclamait:

- Mince... les munitions...

Il jeta un coup d'oeil. La petite réserve n'était plus que ruines, et les munitions enfermées à l'intérieur. Impossible de prendre le temps de les déterrer maintenant.

- Le plafond s'est effondré sur les munitions, je n'en ai presque plus... qu'est-ce qu'on va faire ?

Bonne question. Pendant un instant, Denys songea qu'il n'en avait pas la moindre idée. Qu'il ne comprenait pas pourquoi c'était celui en uniforme qui lui demandait à lui, un civil, ce qu'il fallait faire. Et puis son regard se posa sur le corps de l'autre soldat, qui était peut être mort, peut être pas, mais ce n'était pas le moment d'hésiter. Lentement mais surement, Denys réussit à se relever.

-On s'en va! Et vite.

Le bâtiment le plus proche en avait lui aussi prit un sacré coup. Denys slaloma jusqu'au corps du soldat inanimé. Il prit son bras et le passa par dessus les épaules et s'approcha de l'espèce d'escalier/échelle menant au point de surveillance. Jetant un coup d'oeil vers le soldat Ryan, il vit qu'il hésitait.

-Il n'y a plus rien à faire ici. On part d'ici, maintenant!


Si en plus de ramener le jeune à l'article de la mort, il fallait sauver le soldat Ryan, Denys n'était pas prêt de revoir la lumière du soleil.

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Dernière édition par Denys Hammond le Sam 14 Juil - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Lun 9 Juil - 23:55

Depuis qu'il était soldat, Oliver se contentait d'obéir aux autres. Il n'avait pas vraiment l'âme d'un chef, ni l'âge, d'ailleurs. En fait sa jeunesse le desservait complètement dans l'art militaire. S'il bénéficiait d'un excellent sens de l'orientation et de bonnes connaissances, il n'était pas taillé pour l'armée. L'intégrer avait été une erreur de jeunesse, de parcours, qui pourrait bien lui coûter la vie un jour. Denys manipulait une arme, il savait s'en servir et il était venu les aider. Voilà un comportement héroïque qui suffit à imposer le respect. Oliver en oubliait complètement qu'il n'était qu'un civil. Si Denys lui avait demandé de sauter dans le vide, il l'aurait fait, parce que ce bonhomme venait de leur sauver la vie. Du moins, il avait essayé, là où d'autres les auraient laissé crever sous les bombes. Pourtant, au moment où Hammond indiqua qu'il fallait partir, le soldat le regarda et resta immobile. Que dirait-on qu'il quittait sa position ? Risquait-il quelque chose ? Il ne voulait pas que cela se solde par des sanctions disciplinaires. L'idée qu'il puisse être envoyé sur le front pour ça le hantait, il n'était pas serein. Denys mit un terme à son tiraillement en lui ordonnant de foutre le camp, d'un ton qui ne laissait pas de place à la discussion. Oliver en sursauta et bredouilla :

- Oui... oui... d'accord... je... je vais passer devant pour aider...

Il prit son arme, déchargée et courut vers l'échelle. La descente allait être périlleuse. Les barreaux de fer étaient tordus à cause de l'explosion. La poussière et la fumée obscurcissaient leur champ de vision à tel point que ça en était suffoquant. Il passa devant pour que Denys puisse compter sur son soutien, avec le poids de Chandler. Ils amorcèrent la descente, avec précaution. Ce n'était pas le moment de lâcher prise. En voulant alléger le poids mort de son coéquipier, Oliver tira sur son bras et laissa échapper un cri de douleur. Sa main glissa sur le barreau, trop faible pour l'aggripper. Il bascula dans le vide. Il atterrit sur le dos deux mètres plus bas. Sa tête tapa durement le béton. Sonné, il fit la silhouette de Denys descendre. Il se redressa, dans un équilibre instable. Dans le ciel, un nouveau bruit de moteur se faisait entendre. Ca n'en finirait donc jamais ? Pas le temps de se plaindre. Il avait la vue brouillée. Il montra une porte :

- Il y a... un genre d'abri là-bas... venez...

Il se mit à courir, trébucha à de nombreuses reprises mais il maintint son cap. Un bruit strident fendit l'air. Nouveau bruit d'explosion, tout près d'eux. Ses tympans sifflèrent à lui faire mal comme jamais. Ils poursuivirent leur course jusqu'à arriver devant la porte. Olivier usa de ses dernières forces pour tourner le volant permettant d'ouvrir l'abri, en grimaçant de douleurs. Son épaule lui faisait un mal de chien et saignait. Ils pénétrèrent à l'intérieur et il ferma dans un claquement sinistre la protection en métal. Il se laissa tomber le long du mur. Il haletait, luttant pour trouver un peu d'air. Tout tintait, son coeur battait dans ses tempes. Il posa une main sur sa plaie, pour essayait de soulager la souffrance qui le cisaillait. Le calme était revenu, entrecoupé de quelques bruits. Il fouilla dans sa poche et en sortit un zippo qu'il alluma pour faire de la lumière. Il s'assura que Denys et Chandler étaient sains et saufs. Puis il dit, la voix éraillée :

- Nous sommes à l'abri, ici... enfin j'espère...

On pouvait sentir qu'il n'était pas du tout rassuré. Il était trop jeune pour affronter la mort et jouer avec elle. Trop désireux de vivre, de reprendre ses études et d'avoir une femme, des enfants, pour avoir sa place dans cette guerre. Et pourtant il s'y était jeté, la fleur au fusil, en pensant servir son pays et se couvrir d'honneur. Une erreur naïve, aux conséquences terribles, il le savait. Il tremblait, nerveusement.

- M... Merci... vous nous avez sauvé la vie. Je m'appelle Oliver. Oliver Ryan. Et lui c'est Chandler Sawyers. Nous sommes Signaller... Et vous... vous êtes un héros... Ils nous auraient laissé, vous savez... Ils... nous ne sommes que des soldats pour eux... nous pouvons être remplacés... J'ai une dette à votre égard...


A la lueur de la flamme, ses yeux brillaient d'admiration. Oliver ajouta :

- Vous n'avez pas d'uniforme mais comment vous avez appris à viser comme ça ? Et à tirer... c'était juste... exceptionnel... vous êtes un soldat vous aussi ? A la retraite ?

Il ne fallait pas en vouloir à Oliver, Denys avait une sale tête. La poussière et l'obscurité lui donnaient l'air d'être un vieux avec des cheveux blancs, gris. Il paraissait trente ans de plus que son âge !

Spoiler:
 

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
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MessageSujet: Re: Don't play the hero ♂ Oliver Sam 14 Juil - 21:53

Il faut savoir reconnaître quand une cause est perdue. Et celle de cette nuit l'était. Le poste de surveillance n'était plus que ruine, les jeunes chargés de le garder étaient plus morts que vifs, et les munitions venaient de sauter. On disait que la meilleur défense était l'attaque. Dans ce cas, Denys songea que la meilleure attaque serait la défense. A quoi serviraient les cadavres de ces gamins - et le sien au passage? Il y aura assez de corps jonchant les rues de la ville dans les heures qui suivaient sans compter ceux qui périraient de leurs  blessures pour ne pas ajouter leurs corps à eux. L'affaire était perdue, autant la laisser de côté et attendre la fin de la nuit pour ensuite reconstruire. Denys connaissait assez l'armée officielle pour se douter que le jeune garçon encore valide trouverait bien un autre poste dès la nuit suivante et que l'autre, si on le remettait sur pied, en trouverait un autre dès sa sortie de l'hôpital militaire, il n'y avait pas à s'inquiéter. Aussi Denys, promu officier en charge de ce point de surveillance au vu du regard de celui qui avait encore l'air d'être un adolescent, prit la décision de battre en retraite. Décision complètement illégitime et si un gradé de l'armée régulière passait par là, il n'aurait plus qu'à s'en mordre les doigts et ses supérieurs ne feraient peut être pas des pieds et des mains pour le récupérer. Mais il fallait bien que quelqu'un la prenne, cette décision.

Le jeune homme sembla hésiter, le devoir avant tout, sans doute. C'était beau tout ça, mais Denys savait bien que cette guerre ne serait pas gagnée par ces gamins qui jouaient les surveillants de nuit. Elle allait se préparer sur le terrain d'abord, et ensuite ces gamins seraient déménagés de la protection aérienne aux vraies lignes de combat sur le continent. Alors il était temps de prendre une décision. Le jeune agent secret n'avait pas l'intention de mourir là, c'était hors de question. il savait bien qu'il risquait de mourir dans l'ombre et ses parents ne seraient sans doute pas tenus informés avant de nombreuses semaines, mais il refusait que ce soit cette ombre là. Les secondes paraissaient des heures à l'ancien professeur alors qu'Oliver semblait réfléchir, hésiter, ne pas savoir... Et malheureusement, chaque seconde en terrain exposé les desservait complètement. Denys se dut de le secouer à nouveau. S'il voulait s'en aller, c'était maintenant. Après s'il voulait mourir en héros, martyr, comme tous ceux qui mourraient toutes les nuits, libre à lui. Mais il ne pouvait se résoudre à le laisser juste comme ça, il lui fallait au moins une réponse claire et nette. Ou oui, ou non. Pas une indécision. Aussi, alors que la formation allemande semblaient faire volte face pour un dernier passage et que les spots balayaient encore et toujours l'espace aérien londonien, Denys aboya une dernière fois à Oliver de dégager.

-Oui... oui... d'accord... je... je vais passer devant pour aider...

Dieu merci. Le gamin prit son arme et, un rien hagard, descendit du poste, pendant que Denys trainait celui qui était toujours inconscient au bord de l'échelle. A deux, ils réussirent tant bien que mal à descendre, non sans une belle chute de l'adolescent. Pendant une seconde, Denys crut qu'il s'était tué, mais heureusement non, il lui fit signe de finir la descente. Périlleusement, tenant toujours fermement le gamin blond, Denys finit sa descente, en songeant qu'aucun cours de survit ne l'avait véritablement préparé à ça. Le jeune se remit debout mais titubant un peu, en lui désignant une vague direction:

-Il y a... un genre d'abri là-bas... venez...


Il avait du mal à marcher droit et Denys songea que le choc avait certainement été dur, allié à la fatigue de la nuit cela ne présageait rien de bon. Les explosions n'avaient pas finis autour d'eux et tant bien que mal, sans plus d'égratignures - Denys était d'ailleurs surprit d'en n'avoir aucune - ils réussirent à gagner l'abri, un peu plus proche que celui dont Denys s'était extirpé une heure plus tôt - ou était-ce dix minutes? Il était incapable de le dire. L'endroit était vide, ce qui surprit Denys, en général les endroits de ce type étaient pleins à craquer. Tremblant, Oliver se laissa tomber au sol. Denys déposa l'autre jeune, s'assurant qu'il respirait toujours. Il était blême. Oliver avait allumé un zippo pour leur faire une vaguer lueur. Denys réalisa à cet instant qu'il tremblait, de tout son corps.

- Nous sommes à l'abri, ici... enfin j'espère... M... Merci... vous nous avez sauvé la vie. Je m'appelle Oliver. Oliver Ryan. Et lui c'est Chandler Sawyers. Nous sommes Signaller... Et vous... vous êtes un héros... Ils nous auraient laissé, vous savez... Ils... nous ne sommes que des soldats pour eux... nous pouvons être remplacés... J'ai une dette à votre égard...

S'adossant au mur, autant pour cacher le contre coup que pour souffler un peu, Denys haussa les épaules.

-Il y a beaucoup plus héroïque que moi. Quant à ta dette... Ne reste plus pétrifié face à ce genre de dangers et ça suffira complètement. Je ne serai pas toujours là pour te secouer.


L'assurance était complètement surjouée. Il n'en pensait pas un mot, il ne savait même pas ce qu'il lui avait prit. Ces gamins étaient bien plus courageux que lui. Une fois le tremblement de ses mains calmé, il put sortir son paquet de cigarette de sa poche et en alluma une. Il tendit le paquet à l'adolescent.

-Vous n'avez pas d'uniforme mais comment vous avez appris à viser comme ça ? Et à tirer... c'était juste... exceptionnel... vous êtes un soldat vous aussi ? A la retraite ?

Denys eut un petit rictus. Il réalisa seulement qu'il avait perdu son chapeau dans l'histoire et que son trench était dans un état... Sa logeuse qui s'occupait aussi de son linge ne réussirait jamais à le récupérer à part un miracle. Il eut aussi une pensée pour son instructeur qui lui avait assené qu'il n'arriverait jamais à se servir d'une arme. Il n'avait pas tort, son truc à lui, c'était quand même les livres... Comme quoi, un peu de stress et de condition réelle...

-Ni l'un ni l'autre, répondit évasivement l'espion.

Sans en dire plus, pas même son nom, Denys risqua un coup d'oeil à l'extérieur. A cet instant, la sirène du All Clear retentit. Il revint vers Oliver et lui tapota sur l'épaule:

-Restez ici, le WVS, les pompiers et les ambulances ne vont pas tarder. Ils prendront soin de vous. Surtout de ton copain, mais tu as aussi besoin d'un petit remontant. Fait attention à toi, gamin.

Dans une autre vie, Denys lui aurait peut être apprit la littérature. En attendant, il ne pouvait pas rester là plus longtemps. Il quitta l'abri après un dernier coup d'oeil aux deux jeunes, en se demandant s'ils survivraient à cet enfer, et si lui aussi serait encore là un jour pour raconter cette nuit complètement folle, quand elle ne serait plus classée secret défense.

FIN DU RP

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