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 A church is a hospital for sinners, not a museum for saints. - Kathleen

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MessageSujet: A church is a hospital for sinners, not a museum for saints. - Kathleen Ven 6 Juil - 23:27

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ft. Kathleen Kearney

Dimanche matin se levait sur une Londres épargnée miraculeusement par les bombes allemandes la nuit dernière. Certaines rumeurs les plus folles parmi la population disaient que le Blitz était terminé, d’autres annonçaient que des négociations de paix séparée étaient en cours après les derniers coups de force de l’Afrika Korps et la capture de Rudolf Hess. Bien qu’il n’appartienne pas à un escadron de chasse de nuit et que la base aérienne d’Hornchurch était éloignée d’une quarantaine de kilomètres, Archy n’avait pu que constater la baisse des incursions nocturnes allemandes mais faisait fi des rumeurs. Si le Blitz était terminé, c’était uniquement parce qu’il était inefficace et coûteux en hommes et appareils sans autre impact que des pertes civiles. Les Britanniques et leurs alliés rendaient coup sur coup à l’ennemi : en mer, le terrible Bismarck venait d’être coulé par la Royal Navy et dans les airs, la RAF poursuivait son affrontement quotidien avec les aigles de la Luftwaffe en Europe.

Le 54. Squadron avait profité de ce répit dans les attaques allemandes pour effectuer une virée tout aussi dangereuse dans les faubourgs de SoHo. Les pilotes avaient perdu l’un des leurs ce samedi et comptaient bien commémorer dignement sa mémoire à grand renfort de bières et autres joyeusetés spiritueuses. Nombre de ces derniers, pour ne pas dire quasiment tous, se réconfortaient dans l’alcool la nuit tombée pour appréhender la peur du lendemain, et pour passer les craintes de la journée passée. Le lendemain, il leur suffisait de traiter leur gueule de bois à grandes rasades d’oxygène pur pour pouvoir être sur les rangs. Archy faisait partie de ceux-là. Lui, il était tombé dedans à son retour de France, et à la mort de son épouse. L’alcool l’aidait à oublier et à s’endormir.

Le réveil mécanique tira lourdement de son sommeil le Rhodésien. 10 heures. Il était temps pour lui de se préparer à quitter la petite chambre de passage qu’il s’était pris pour la nuit. Après une toilette rapide mais nécessaire, il avait revêtu son uniforme et était descendu vers la salle à manger. Hart se remémorait difficilement la soirée alors qu’il engloutissait en silence le breakfast aimablement préparé. Il était sûr d’avoir mangé chez Gaston, d’avoir descendu quelques pintes au Grenadier –un pub sur Brewer St- mais se demandait encore par quel miracle il avait réussi à retrouver sa chambre.  Ses responsabilités lui revenaient à l’esprit en espérant, priant presque, qu’aucun des forbans qui constituaient son escadrille ne se soient fait attrapés par la police militaire dans une situation inconvenante. Par acquis de conscience, il demanda toutefois la permission à sa logeuse d’emprunter son téléphone pour appeler l’adjudant de service pour s’assurer que tout était sous contrôle avant de régler sa note et de prendre congé. Il sauta dans sa jeep personnelle –privilège de ses fonctions- et s’alluma une cigarette avant de faire route vers St. James Street ou il espérait faire un saut chez un bouquiniste avant de rentrer vers Hornchurch. Malgré la belle journée qui s’annonçait, et donc une très probable activité allemande dans la journée, le 54. Squadron avait été placé de repos ce dimanche, fait assez rare pour en profiter.

Un pincement au cœur le prit lorsqu’il passa SoHo Square Gardens et qu’il aperçut l’église St. Patrick sonner de toutes ses cloches. Il faut dire que le lieu lui était familier, et d’intenses souvenirs lui revenaient à l’esprit. Archy était un fervent catholique avant la guerre, comme la plupart de ses compatriotes rhodésiens, et St. Patrick était une des rares églises de Londres à partager sa foi. C’était d’ailleurs l’église dans laquelle il se rendait tous les dimanches avec son épouse, avant ce drame de septembre 1940 qui l’a fait dévier de sa pratique assidue. Il jeta un coup d’œil à sa montre-bracelet, constatant que la messe dominicale venait à peine de débuter. Mû par une envie inexplicable, comme rappelé par le sort, il fut soudainement pris par l’envie de se remémorer son passé et d’aller prier quelques minutes. Archy se gara lentement et passa le plus discrètement possible les lourdes portes en bois de l’église, se glissant discrètement dans les rangs les plus reculés de cette dernière. Un sourire pincé et triste barrait son visage juvénile alors que le blondin assistait à l’office. Se réfugiant dans la prière, il pensait à son épouse et à ses camarades perdus. Le cœur déchiré, il en voulait à Dieu et à tous les saints de leur avoir ôté la vie et de ne pas avoir pris la sienne à la place. Une longue tirade haineuse et parcourait l’esprit du rhodésien alors que le « Ite Missa est » était prononcé par l’abbé, annonçant la fin de la célébration et sortant le pilote de sa torpeur. Hart attendit quelques instants avant de se mêler à l’assemblée qui quittait les lieux, espérant désespérément ne pas croiser quelqu’un qu’il connaissait pour ne pas avoir à s’expliquer sur son absence de quelques mois.

Encore une fois, les voies du seigneur étaient impénétrables, comme si tout dans cette journée le forçait à se retourner sur son passé alors qu’il tentait inlassablement de s’accrocher au présent. Bousculé par un bambin pressé de quitter les bancs de l’église, probablement lassé de l’homélie du prêtre et du rite interminable, Archy poussa à son tour la jeune femme qui le précédait alors qu’ils arrivaient sur les marches de l’édifice. Il jeta un regard noir au gamin qui ne le remarqua même pas avant d’aider la pauvre victime à se relever. « Je suis terriblement navré mademoiselle, c’est ce gamin mal élevé qui m’a poussé. Je suis vraiment conf…. Miss K..Kearney ?! » s’exclama-t-il en fronçant les sourcils. Il espérait ne pas avoir écorché son nom et ne pas s’être trompé de personne. Archy connaissait la jeune femme de loin, comme on connait le nom des membres de sa paroisse, surtout quand elle est aussi peu développée que celles des catholiques à Londres. Il lui semblait que Mary, son épouse, avait plus sympathisé avec la jeune irlandaise que lui qui ne s’était contenté que de lui faire des politesses d’usage. Il arbora un sourire de façade mais qui se voulait coupable. « Veuillez accepter toutes ces excuses pour ce léger désagrément, Miss Kearney, je vous souhaite un bon dimanche. » Chassez le naturel qu’il revient au galop. Pris en chasse par son passé, le pilote tenta la manœuvre d’évitement la plus idiote qui lui était venue en tête : fuir.

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MessageSujet: Re: A church is a hospital for sinners, not a museum for saints. - Kathleen Lun 9 Juil - 18:27

A church is a hospital for sinners, not a museum for saints
La vie, c'est naviguer sur l'océan du temps... Mais seul l'océan reste


La fraîcheur apportée par les épais murs de pierre est plus que bienvenue après la chaleur du dehors. On n'est encore qu'en juin, mais l'atmosphère de Londres, déjà chargée de fumées industrielles, est complètement irrespirable. Habituée au climat portuaire de Belfast, aux rues battues par les vents hiver comme été, Kathleen ne s'est guère acclimatée à la lourdeur de la capitale. Heureusement pour elle, les salles de concert du Royal Albert Hall où elle travaille en tant qu'ouvreuse sont climatisées.

Plus qu'un paradis de fraicheur, l'église Saint-Patrick de SoHo est avant tout un havre de paix et de sérénité pour la jeune expatriée. C'est l'un des rares lieux de culte catholique dans la capitale : y suivre les services dominicaux est pour elle un plaisir doux-amer, qui lui rappelle d'innombrables souvenirs de sa contrée natale. La seule différence est l'accent du prêtre, plus proche du doux cockney londonien que du rude irlandais qui a bercé son enfance.

La brune prend place sur l'un des bancs du fond de la nef, à l'ombre d'un pilier massif. Sans un regard pour les élévations aériennes du bâtiment, elle ferme les yeux pour mieux profiter de cet instant de répit. Comme chaque dimanche depuis près de six mois, elle prend le temps de respirer enfin. Sans devoir regarder par-dessus son épaule. Sans devoir surveiller le moindre de ses gestes. Libre, pour un court instant. La messe dominicale est l'un des rares moments qu'elle s'accorde, un moment pendant lequel elle n'est plus une agent du MI-5 anglais, mais simplement une fille irlandaise pratiquant sa religion.

Paupières closes, elle chante à demi-voix avec le reste de la congrégation les hymnes en latin, dont seuls les plus cultivés connaissent encore la signification précise. Elle n'en comprend que le rythme, voire l'idée générale, que le prêtre explique dans ses sermons, entre deux phrases tirées des Evangiles. Lorsque la messe prend fin, elle reste assise. Encore quelques secondes de repos... Juste un moment supplémentaire... Elle n'a aucune envie de retourner à la chaleur et à l'agitation effrénée du dehors.

Mais très vite, la foule se masse dans l'allée centrale, pressée de retrouver sa vie trépidante. Kathleen doit suivre le mouvement, se fondre à nouveau dans la masse londonienne, reprendre ses marques, retrouver ses cibles, se rendre à ses rendez-vous... Elle se retrouve prise dans le mouvement général, tirée et poussée par des bras impatients, jusqu'à ce qu'elle aperçoive la lumière de l'extérieur. A cet instant, une main s'appuie contre son dos, la précipitant par terre. Elle s'étale sur la pierre du parvis et, tandis que la foule s'éparpille dans les rues adjacentes, elle se relève à l'aide d'une main charitablement tendue.

Je suis terriblement navré mademoiselle, c’est ce gamin mal élevé qui m’a poussé. Je suis vraiment conf…. Miss K..Kearney ?!

Monsieur Hart ! Vous ici ? Cela fait si longtemps...

Elle n'a même pas le temps de terminer sa phrase. Le pilote - si ses souvenirs sont bons, le blond fait partie de la glorieuse Royal Air Force, qui semble avoir enfin gagné la guerre des airs face à la Luftwaffe allemande - s'excuse une seconde fois avant de lui tourner le dos. Mais on ne se débarrasse pas aussi facilement d'une jeune Irlandaise telle que Kathleen Kearney : elle rattrape le fuyard au pied des marches qui mènent à l'imposante bâtisse de brique rouge.

Comment va notre chère Mary ? Est-elle restée avec les dames du chœur ?

Elle s'en veut de ne pas avoir mieux observé l'assemblée présente lors de la messe. Cela fait au moins plusieurs mois que personne n'a revu le couple Hart dans la paroisse, et si l'absence d'un pilote n'est guère étonnante en plein milieu du Blitz, celle de sa femme est bien plus mystérieuse... Et Kathleen, qui a plus d'une fois partagé un thé et des confidences avec Mary Hart, est bien curieuse de savoir ce qui l'éloigne ainsi des services auxquels elle semblait prendre tant de plaisir.

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MessageSujet: Re: A church is a hospital for sinners, not a museum for saints. - Kathleen Lun 9 Juil - 23:19

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Le Rhodésien essaya tant bien que mal de se fondre dans la foule de paroissiens qui s’éparpillait sur le parvis de St Patrick pour rejoindre sa Jeep. C’était sans compter sur l’opiniâtreté de l’Irlandaise qui lui barra le chemin en lui posant la question fatidique et qu’il redoutait tant. Un voile de tristesse lui barra le visage à l’évocation du nom de son épouse. Il y eut quelques instants de flottement, le temps de digérer la question. A y repenser, il ne croyait pas avoir déjà dit à quelqu’un que Mary était décédée. Archy avait soigneusement évité sa belle-famille depuis la mort de sa femme et pendant les quelques jours qui avaient suivi cet évènement tragique, Hart était juste le type que l’on croisait en faisant des messes basses et en ayant pitié de lui. Le pilote n’avait clairement pas fait son deuil, se contentant de se réfugier dans son travail et accessoirement dans l’alcool. La question pourtant innocente et pleine de bonnes intentions de la jeune femme l’avait pourtant frappé de plein fouet.

« Mary est … » Un sourire triste crispa son visage. « Les Allemands l’ont eu en Septembre au début du Blitz. » annonça-t-il le plus calmement du monde en reprenant ses esprits. Elle avait fait partie des premières victimes civiles de cette odieuse campagne de bombardement qui visait de manière aveugle les villes britanniques. Londres, Coventry, les exemples étaient nombreux et n’avaient fait qu’attiser la haine du pilote envers ses ennemis. Il fallut quelques secondes au Rhodésien pour chasser ses pensées et se rendre compte des mots qu’il venait de prononcer, comme si le fait d’en parler l’avait fait enterrer une seconde fois son épouse. Cela faisait désormais presqu’un an qu’elle était partie. Archy y repensa tendrement alors qu’il se rendit compte de l’embarras dans lequel il venait de mettre Kathleen. Il ne les savait pas si proche ou du moins ne s’en rappelait-il plus, comme beaucoup de souvenirs qu’il avait décidé d’enfouir profondément en lui. Maintenant qu’il venait de jeter le pavé dans la mare, il se devait de rattraper la situation.   « Je suis désolé. Je ne savais pas que vous étiez si proches. » confessa-t-il en posant une main qui se voulait rassurante sur son épaule.

La foule autour d’eux commençait doucement à se dissiper. Les mondanités entre fidèles s’achevaient tout doucement et ils commençaient à y voir plus clair. Archy cherchait désespérément un exutoire à leur situation gênante, là, tous les deux bloqués sur le parvis de l’église. Il aperçut du coin de l’œil la devanture du pub éponyme avant de se retourner « Je ne savais pas que vous la connaissiez autant. » dit-il doucement alors qu’il sortait un paquet de cigarettes de sa poche, en proposant une à l’Irlandaise. « Dites, vous trouverez peut-être ça cavalier de ma part, mais peut-être pourrions-nous en parler autour d’un thé ou d’un déjeuner ? » annonça-t-il sans arrière-pensée en jetant un coup de menton vers le lieu annoncé. Avec ce retour vers son passé, il commençait à réaliser doucement qu’il n’avait peut-être pas eu la meilleure réaction au décès de Mary. Il s’était emmuré à se couper de la réalité, alors qu’il aurait peut-être dû profiter de la présence réconfortante des autres. En parler était à la fois douloureux mais avait également un quelque chose d’euphorisant qu’il ne saurait expliquer.

Ils pénétrèrent dans l’enceinte du pub irlandais et se retrouvèrent saisis par cette étrange atmosphère si caractéristique de ces établissements, emplie d’une odeur sèche et froide de tabac mêlée à la chaleureuse musique de l’île d’émeraude. Les deux jeunes gens s’installèrent à une table un peu isolée alors qu’Archy s’absentait quelques instants pour passer commande au comptoir. Il revint quelques instants plus tard avec deux pintes de Guinness qui débordaient à moitié. « Vous vous connaissiez bien ? » demanda-t-il poliment avant de se concentrer sur son verre. On aurait dit un petit garçon timide….
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A church is a hospital for sinners, not a museum for saints. - Kathleen
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