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 Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques

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MessageSujet: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Jeu 8 Oct - 21:22

Andrew Malow
"Dans mon métier, je suis le roi des emmerdeurs" – Charles Aznavour


Je suis né à Londres en 1913. Mon arrivée à Londres a eu lieu en 1913, alors que je venais au monde ! Quelle chance incroyable eut Londres, n'est-ce pas ?. Cette ville me plait car j'y découvre toujours quelque chose : un quartier, un bâtiment ancien, un détail qui me rend heureux. C'est à Londres que j'ai grandi, que j'ai étudié et que je suis tombé amoureux.. Depuis le début de la guerre, ma vie a changé, je suis désormais Dangerous Politics, car dans la vie je suis bras droit de mon beau-père qui est propriétaire d'une imprimerie, mais je suis aussi élu conservateur à la Chambre des communes. Côté amours, je suis veuf depuis un an environ, que voulez-vous, c'est ainsi. Ma tête ? Il s'agit de Sam Claflin par Tumblr

Depuis son début, la guerre a-t-elle affecté ta vie directement ?

Non et oui. Non parce que, étant élu à la Chambre des Communes, on m'a laissé le choix d'aller défendre notre pays sur le front. Je vous avoue que je n'ai pas longtemps hésité. Je n'aurais pas été d'une grande aide là-bas et je préfère servir la Grande Bretagne d'ici, de Londres, en cherchant à améliorer le sort des personnes restées ici et en faisant participer l'imprimerie où je travaille à l'effort de guerre. J'ai donc l'immense chance de rester auprès de ma fille de un an, Emily, et de ma famille. Il faut dire que mon beau-père, Lord Thornhill, m'a encouragé à rester ici. A deux, nous avons plein d'idées pour influer sur la politique du gouvernement. Mais la guerre, d'une certaine manière, a changé mes habitudes. Je crains plus pour la vie de ma fille. J'aurais préféré la voir grandir en période de paix. Je dois aussi faire face à la pénurie de certaines denrées, ce qui ne rend pas les choses faciles. Mais c'est la guerre, il faut faire avec. J'essaie de ne pas me plaindre et de penser à tous ces soldats qui nous défendent, et qui souffrent bien plus que moi. Pour le moment, Londres a été épargnée, comparée à d'autres villes bombardées. Je ne sais pas si ça va durer, mais je l'espère.

Es-tu pour la victoire de la Grande Bretagne, ou préfèrerais-tu voir ce conflit s'arrêter au plus vite, avant qu'il ne s'aggrave, quitte à voir la Grande Bretagne y perdre beaucoup ?

Est-ce que je peux répondre que je veux la victoire de la Grande Bretagne, mais le plus vite possible ? Bien sûr que je la veux, cette victoire. Perdre face à Hitler n'est pas envisageable. Et quels dédommagements, quelle punition, donnerait-il aux vaincus ? Quand on voit ce qui se passe en France...je n'ai pas très envie qu'on fasse de même chez nous. Clémenceau n'a-t-il pas dit : “Il est plus facile de faire la guerre que la paix”, en 1919 ? Enfin, il n'avait pas besoin de le préciser, nous l'avons bien remarqué : les conditions qu'il imposait à l'Allemagne étaient révoltantes. Il ne faut jamais humilier un pays, il ne faut jamais humilier un peuple : on voit ce que ça provoque. Si l'on perdait, nous serions nous aussi humiliés, et je ne sais pas si nous pourrions nous relever. Non, continuons la guerre, bien que le mouvement pacifiste prenne de l'ampleur. “Il faut vaincre ou périr”, disait la marquise de Merteuil au vicomte de Valmont. Nous ne parlons pas de libertinage ici, certes, nous parlons de vies humaines, de désastres, de pertes, mais nous devons vaincre, c'est notre seule solution. Faire la paix avec l'Allemagne ce serait, de toute manière, laisser la Grande-Bretagne mourir.

Quel est ton but dans la vie? Pourquoi es-tu à Londres ?

Voilà une grande question ! Je ne sais pas si j'ai la réponse. Mon but dans la vie ? Mon beau-père vous dirait que mon but est d'embêter les gens dans les soirées mondaines. Il paraît que je suis fort à ce petit jeu. C'est vrai que j'aime leur montrer qu'un gamin de l'East End peut maintenant les cotoyer en toute légitimité. Lord Thornhill, mon beau-père, adore m'entendre parler lors de ces événements. Mais plus sérieusement, ce n'est pas mon but, juste un amusement. J'ai eu du mal à trouver ma place dans la vie, à savoir où aller. Maintenant, je sais que je veux écouter les autres (même si j'aime beaucoup parler) et les aider. Sans violence. Sans lutte des classes. Mon objectif, ce serait de montrer que les choses peuvent changer, en douceur, si tout le monde se parle calmement. Idéaliste, moi ? Peut-être. Et mon but, en tant que père, est que ma fille, Emily, devienne une jeune femme accomplie, intelligente, combattive...comme sa mère. Mais en attendant, il faut déjà qu'elle apprenne à tenir debout toute seule et à parler et croyez-moi, ce n'est pas gagné. Attendons un peu avant de lui faire lire les grands auteurs de ma bibliothèque !

Vous me demandez pourquoi je suis à Londres ? Sûrement parce que j'y suis né, et que je n'ai jamais envisagé de vivre ailleurs. Je n'ai pas fait le tour de Londres, j'ai encore tellement de choses à découvrir ! J'aurais pu envisager d'aller en France, pays où la dynastie Malow a commencé, avec les Malaure. Mais je n'en avais pas les moyens financiers, auparavant. Et maintenant que je les ai, ce n'est sûrement pas en territoire occupé que je vais aller faire du tourisme. Bref, c'est à Londres qu'est ma vie, je ne suis pas prêt de changer d'air.




Derrière l'écran


Je m'appelle Emmaet j'ai 23 ans. Je suis étudiante en Master 2 science politique. J'ai trouvé le forum via un terrier de belettes. D'ailleurs je le trouve super génial mais il ne manquait plus que moi pour qu'il soit parfait.  :D (désolée, Andrew déteint sur moi). J'vous aime p*tain  heart . A bientôt en RP!


Dernière édition par Andrew Malow le Jeu 22 Oct - 18:26, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Jeu 8 Oct - 21:23

Ta Biographie
Introduction, chapitre 1 et première partie du chapitre 2


Introduction

Août 1940, Londres

Étendu dans le canapé, je m'étire et baille longuement. Que mes journées me fatiguent ! Je me tourne et m'allonge sur le ventre, les yeux mi-clos, prêt à me laisser tomber dans un profond sommeil. Mais un cri m'en empêche. “Émile ! Émile !! Mais où est-il ?” Mais qu'ai-je fait pour mériter un tel traitement ? M'empêcher de dormir ? Je me lève, m'étire longuement, puis vais à pas de loup jusque dans le hall d'entrée : il est vide. Tant mieux, je vais pouvoir accomplir mon méfait sans qu'il n'y ait de témoin. Je m'approche d'un vase rempli de camélias posé sur une table et le pousse lentement mais sûrement dans le vide. Alors, un bruit de verre brisé retentit dans la pièce et très certainement dans tout le manoir car un cri de colère parvient jusqu'à mes oreilles. Je m'élance vers le salon mais le maître d'hôtel-homme à tout faire arrive avant que je n'aie le temps de m'échapper. “Émile !!! Ah, j'en ai marre ! Je vais démissionner !” Je le regarde s'énerver sans bouger, puis soudain résonne un sifflement enjoué. Nils et moi tournons la tête d'un même mouvement vers le maître des lieux, qui entonne un air populaire, comme à son habitude. Le maître des lieux, c'est Andrew Malow. Il nous regarde tour à tour, Nils et moi, d'un air interrogateur. Nils se défend le premier. “Émile a encore fait tomber le vase de camélias, Monsieur. Il le fait tous les jours. J'en ai plus qu'assez de lui. Je ne peux plus travailler dans ces conditions !”. Andrew me regarde, d'abord agacé, puis son visage se détend face à mes grands yeux bleus qui le fixent. “Oh, mais regardez-le Nils, il ne l'a sûrement pas fait exprès. Regardez ses yeux, sont-ce les yeux d'un coupable ?”. Nils soupire face à cette scène qui se renouvelle trop souvent, selon lui. Andrew s'approche de moi et me prend dans ses bras. Rassuré, je me laisse aller à ronronner dans son cou.
Ce chat se joue de vous, Monsieur. C'est un diable. Il faut le mettre dehors. Ou le donner à votre pire ennemi.
-Mais non, Nils, il est adorable. Écoutez le ronronner. Il ne le fera plus. Hein, Émile, tu ne feras plus tomber le vase ? Je plante mes grands yeux bleus dans les siens et lance un petit miaulement plaintif. Voilà, écoutez, il vous demande pardon. Ce chat est un Sacré de Birmanie, il est, comme son nom l'indique, sacré. C'est mon cadeau de mariage, offert par mon beau-père. On ne se sépare pas d'un cadeau. Mais vous aussi vous êtes important, Nils. Allez, viens mon Émile, allons nous reposer.

L'affaire est close. Andrew et moi (toujours dans ses bras) allons dans le salon pendant que Nils ramasse le vase et essuie l'eau.

Chapitre 1 - Histoire familiale et enfance ( 1913 - 1930 )


Vous vous demandez sûrement pourquoi un chat parle. Quant à savoir comment, ce n'est pas une question à laquelle je répondrai. Les chats peuvent parler mais ne le font pas, parce que discuter leur prendrait trop de temps et les empêcherait de dormir. Mais aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter la vie de mon homme de compagnie : Andrew Malow. Cela fait quatre ans qu'il vit avec moi, quatre ans que j'ai appris à connaître cet homme admirable. Andrew m'a reçu comme cadeau de mariage de la part de son beau-père, Lord Thornhill. Il a su apprécier ce cadeau à sa juste valeur. Ne suis-je pas adorable ? Mais avant de vous parler de son mariage, commençons par le commencement : son enfance. Je vais vous épargner sa naissance, j'imagine que vous n'avez pas très envie de vous la représenter. D'autant plus que sa mère, Lucy Malow, n'est pas le genre de femme que l'on a envie d'imaginer dans cette posture. Qu'on se le dise tout de suite : je n'aime pas la mère de mon Andrew. Pourtant, c'est bien grâce à elle que je peux vous raconter la vie du jeune homme, de sa naissance à aujourd'hui. Je peux même vous parler de ses ancêtres. C'est que la bonne femme, lorsqu'elle ose sortir de l'East End pour rendre visite à son fils (un calvaire, dit-elle, que de se rendre dans les quartiers chics), ne trouve rien de mieux à faire que de raconter l'histoire de la famille, encore et encore, pour rappeler à sa progéniture d'où elle vient.

L'histoire de la dynastie Malow commence en France, au XVIIe siècle. Grégoire Malaure est ce que l'on appelle alors un gueux. Un gueux qui sait lire et écrire grâce à un seigneur dont le fils avait été nourri par la mère de Grégoire. Les coups du sort ont frappé cet homme qui a pris la route et s'est retrouvé à Paris. Il se fait vite remarquer par ses pamphlets et par les discours contre la famille royale qu'il déclamait dans les auberges. Il s'est trouvé une révoltée et a fondé avec elle une famille (entre quelques séjours en prison). La dynastie Malaure commençait. Aucune révolte ne s'est vue privée d'un Malaure. Et toutes les prisons de la capitale et des alentours ont un jour accueilli l'un ou l'une d'entre eux. La vie suit son cours, les Malaure envahissent toute la France (Lucy, la mère d'Andrew, dit qu'il y a des Malaure du nord au sud de la France, et peut-être même en Corse !) jusqu'en 1848, année où Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République. Les Malaure avaient très mal vécu la domination de Napoléon Ier. Alors Jean Malaure, se doutant que tout cela n'augurait rien de bon, s'est enfui avec femme et enfant en Angleterre, pays ennemi des Bonaparte. Devenant John Malow, il fonda la première branche étrangère des Malaure.

Les Malow ont élu domicile dans l'East End, quartier idéal pour cette famille de révoltés luttant sans cesse pour leurs droits. Le père d'Andrew, Arthur, est l'arrière petit-fils de Jean, l'émigré français. Arthur est un avocat plaidant pour les pauvres. Les Malaure (et Malow) avaient bien vite compris que s'élever un peu dans l'échelle sociale pouvait les aider à avoir un impact dans la société. Mais ils restaient tout de même dans les quartiers défavorisés. (je ne comprendrai jamais pourquoi d'ailleurs, mais ils ne me demandent pas mon avis, les bougres). Arthur Malow n'obligeait pas ses clients à le payer, d'ailleurs. Mais avec l'argent qu'il gagnait, et avec le salaire de blanchisseuse de son épouse, Lucy, le couple Malow put nourrir ses trois enfants : Andrew né en 1913, Jack en 1916 et Susan en 1917.

Andrew fut un petit garçon très intelligent et déjà très agaçant pour ses parents. Il ne cessait de leur répéter ce qu'il avait appris à l'école et à corriger leurs erreurs. Petit monsieur-je-sais-tout, il sut tout de même se faire apprécier à l'école grâce à son sens de l'humour. Très vite, ses enseignants remarquèrent sa très grande mémoire et ses capacités intellectuelles, au plus grand bonheur de ses parents qui voyaient déjà en lui un grand défenseur des opprimés. Ses prouesses faisaient surtout le bonheur de son père qui, au front durant la Grande Guerre, gardait courage et espoir pour espérer revoir un jour ses enfants. Quant à la mère, Lucy, elle inculqua très vite les valeurs de la dynastie Malow à sa progéniture, avec l'aide de Tante Emma, la soeur d'Arthur, suffragette de la première heure. Tante Emma emmena même le petit Andrew à des défilés et manifestations sans se soucier du danger que cela pouvait représenter. Mais il s'avéra vite qu'Andrew était un électron libre. A l'âge de douze ans, il osa affirmer qu'il admirait Napoléon Ier, devant une mère atterrée par tant d'impertinence. A 15 ans, il expliqua à sa sœur de 11 ans, Susan, que les révolutions n'apportaient pas toujours de bonnes choses, avant d'être puni par Lucy Malow et condamné à aider Tante Emma à distribuer des tracts. En réalité, ce n'était pas vraiment une punition car Andrew adorait sa tatie Emma. Élégante malgré la qualité médiocre de ses tenues, elle attirait le regard des hommes, les aguichait, avant de leur jeter ses tracts à la figure en les insultant de vieux conservateurs pervers. Andrew assistait à chaque fois à cette scène et riait aux éclats en voyant les hommes apeurés fuir à toutes jambes.

En réalité, le garçon ne savait pas très bien où se situer dans les idées politiques. Ne pouvait-on pas défendre les plus pauvres tout en écoutant les idées des plus favorisés ? Ne pouvait-on pas aimer les uns et les autres, ne détester personne ? Andrew pensait que, de toute façon, pauvres et riches continueraient de vivre sur la même planète et que pour l'intérêt de tous, il fallait mieux l'accepter.

Chapitre 2 – Études, amour et réussite (1930 - 1938)

(Pour la suite, Émile, c'est-à-dire moi, (j'aime parler de moi à la troisième personne) fera un effort et inclura quelques dialogues. Imaginez donc un chat imitant différentes voix humaines).

London School of Economics and Political Science, 1930

Qui veut le LSE Times ?!! Venez acheter le LSE Times ! Les dernières informations de la London School of Economics, des potins croustillants et des interviews des professeurs ! Ah salut John, tu connais le prix, merci, tiens, voilà le journal.” Le vendeur du journal (non officiel) de l'école n'est autre que notre Andrew, désormais étudiant à la London School of Economics. L'enfant de l'East End a bien grandi mais n'a rien perdu de son agaçante intelligence. Ses boucles blondes sont devenues un peu plus foncées mais ses yeux rieurs ont gardé la même nuance de bleu. Ses parents peuvent financer ses études (Arthur Malow dut accepter quelques riches clients mais s'en excusait en se disant que c'était pour son fils) mais le jeune homme a décidé de fonder un journal et de le vendre pour se faire un peu d'argent de poche. Très vite, ses camarades ont remarqué ses vêtements de moins bonne qualité que les leurs et son accent des quartiers pauvres, bien qu'Andrew s'entrainât à le faire disparaître. Malgré son manque d'enthousiasme pour la lutte contre les “riches”, les parents d'Andrew gardaient espoir et espéraient qu'un jour, il mettrait son intelligence au service des opprimés. Mais la lecture des travaux de Marx ne provoqua pas chez Andrew une passion pour la lutte des classes. Le jeune homme était persuadé que les avancées sociales pour les plus pauvres pouvaient se faire sans révolution. Ses années d'études, passées à lire de nombreux textes et à apprendre beaucoup de théories, furent à la fois une très grande chance pour Andrew et un préjudice  car il en oublia les réalités de la société dans laquelle il évoluait. Il avait néanmoins ses parents (et l'intégralité de la famille Malow) qui ne se gênaient pas pour lui dire ses quatre vérités et le faire redescendre sur terre.

A la London School of Economics, l'humour d'Andrew eut moins de succès que durant son enfance. Ses camarades étaient fortement agacés par son comportement mais, au lieu de faire en sorte d'apaiser les choses, le jeune homme, amusé et porté par un certain goût pour la provocation, devint de plus en plus insupportable. Même les professeurs se plaignirent de lui, car, étant sans cesse interrompus par Andrew qui corrigeait leurs erreurs, ils virent leur légitimité remise en cause. Autant dire que le jeune Malow ne se fit pas beaucoup d'amis mais il parvint tout de même à se faire accepter par un groupe d'amis issus de la petite noblesse britannique. Se faire accepter, c'est un grand mot... Ses “amis” le laissaient rester avec eux dans les bâtiments de l'école mais une fois sortis, ils ne le connaissaient plus. Andrew s'en allait seul vers l'East End quand ses camarades, eux, préparaient des événements avec les jeunes ladies de leur génération. Le jeune homme gardera un goût doux-amer de ces études qui furent passionnantes et qui forgèrent sa manière de penser, mais qui lui montrèrent qu'il ne savait pas où se situer dans la société. Il ne se sentait pas à sa place dans sa famille avec laquelle il n'était d'accord sur rien. De nombreuses disputes éclataient entre son frère Jack et lui, notamment à propos de la révolution russe de 1917. Il était impensable qu'un Malow prenne la défense des Russes blancs et pourtant, Andrew ne pouvait approuver la violence dévastatrice des Communistes. Sa famille ne l'acceptait pas, mais les jeunes bourgeois et nobles de son école n'admettaient pas Andrew dans leurs groupes non plus. C'était une situation difficile pour le jeune homme qui, malgré son optimisme et son auto-dérision, se sentait bien seul. Il passait tout son temps plongé dans des livres pour oublier qu'il ne parvenait pas à trouver sa place.

Hôtel particulier de Lord Thornhill, 1934

Un peu mal à l'aise dans son costume neuf, acheté la veille avec les recettes du journal qu'il avait fondé, Andrew Malow ne savait pas très bien ce qu'il faisait dans cet endroit. Il eut soudain envie de prendre ses jambes à son cou et de quitter le hall d'entrée qui brillait de mille feux, mais une voix le sortit de sa torpeur.
Monsieur ? Monsieur ? Allez-vous bien ?” C'était le maître d'hôtel qui, inquiet, s'était approché du jeune homme pour prendre ses affaires.
Oui oui, très bien, mais je crois que je ne vais pas rester, j'ai oublié, j'ai quelque chose à faire.

Il allait partir lorsqu'il entendu un cri de surprise.
Andrew ?! Toi, ici ?” C'était un camarade d'école, Matthew, celui qui avait évoqué la soirée devant Andrew et qui lui avait donné envie de s'y rendre. “Tu es invité ?” Invité, non, pas vraiment. Pas du tout même. Le jeune Malow avait entendu parler de la soirée organisée par Lord Thornhill et s'était dit qu'il pourrait essayer d'y assister. Jamais il n'avait fait une telle chose mais pour ce soir-là, il s'était dit que c'était maintenant ou jamais. C'était la curiosité qui l'avait poussé dans cet hôtel particulier. Il voulait voir comment se déroulait une soirée dans la noblesse britannique, comment on se comportait. Y riait-on ? Y dansait-on ? Comment étaient habillées les jeunes femmes ? Mais maintenant qu'il y était, il se trouvait ridicule dans son costume flambant neuf et réalisait qu'il avait eu une très mauvaise idée.
Invité, c'est un bien grand mot. Tu parlais tant de cet soirée que j'ai décidé d'y jeter un coup d’œil.
-Ah ah, cher Andrew, on ne te changera plus. Bon, viens avec moi, personne ne te demandera ton invitation. Il s'approcha d'Andrew puis tous deux se dirigèrent vers l'entrée du salon. Je demanderai à Lady Thornhill de toucher un mot au majordome pour qu'il soit muet sur ta venue. Mais je te le dis, je te fais ce privilège une fois, pas deux.

Andrew préféra ne rien répondre. Il n'appréciait pas ce ton faussement paternaliste mais ce n'était ni le moment ni le lieu pour dire ce qu'il en pensait. Les deux jeunes hommes entrèrent dans le salon et  Andrew en prit plein les yeux. Il ne savait où regarder. Un grand lustre éclairait la pièce et sous ce lustre, des jeunes gens  riaient et buvaient dans des verres en cristal. “Les adultes sont resté dans le petit salon, la pièce à côté, pour nous laisser tranquilles. Les meubles de cette pièce ont été déplacés pour qu'on ait une petite piste de danse.” Un air de musique se faisait difficilement entendre sous les brouhahas des conversations mais quelques couples se lancèrent sur la piste improvisée et esquissèrent de timides pas de danse. “On t'a appris à danser, dans ton quartier ? Lança le guide d'un ton moqueur. “On m'a appris un truc qui t'intéresserait beaucoup Matthew : un joli crochet du droit. Tu veux que je montre ?” Le dénommé Matthew grimaça et quitta Malow, le laissant seul, lui qui ne connaissait personne dans cette pièce. Il admira les lieux : les boiseries des meubles, les hauts plafonds, les tapis, les bibelots, tout semblait crier “RICHE ! RICHE !” au pauvre garçon qui n'avait jamais vu tant de belles choses réunies dans une seule pièce.  

Est-ce vous, le roturier qui n'a pas été invité ?” Une jeune femme s'était glissée à côté de lui sans qu'il ne la voit arriver. Vêtue d'une robe couleur bleu-nuit qui lui arrivait à mi-mollets, les cheveux blonds sur lesquels reposait un somptueux bijoux de tête, la jeune femme avait tout d'une parfaite lady. Sans se douter une seule seconde qu'elle était la fille du propriétaire des lieux, Andrew lui répondit :
Et à quoi le voyez-vous ? Peut-être ai-je été invité par Lord Thornhill.” Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de la jeune femme.
Peut-être, en effet. Matthew m'a dit que vous n'aviez pas de carton d'invitation. Il a peur que vous ne veniez dans le but de mettre la pagaille. Matthew, quelle hypocrite !
-Est-ce que vous le croyez ? Je dois dire qu'un peu de pagaille mettrait de l'ambiance. Ne trouvez-vous pas qu'on s'ennuie à mourir ici ? Nous les roturiers n'avons rien à vous envier concernant l'amusement.
-Non, vous n'auriez pas payé un costume tout neuf juste pour semer le trouble dans une soirée. On dirait que vous le portez pour la première fois. Mais j'aimerais bien savoir comment vous vous amusez, dans l'East End. Ainsi Matthew lui avait même dit où il vivait ! Quel ingrat !
-Je pourrais vous le montrer, si vous osez vous y aventurer, un jour.
-Pourquoi pas. Matthew est un idiot, il a peur de tout. Mais moi, j'aime l'aventure. Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Andrew n'avait pu s'empêcher d'afficher un air surpris.
-Je ne demande qu'à vous croire, au contraire.
-En tout cas vous, vous l'êtes, aventurier. Pourquoi êtes-vous venu ici ce soir ?
-Par curiosité, je voulais étudier le comportement de la haute société britannique. La demeure de Lord Thornhill me semble parfaite pour cela.
-Et que vous révèle cette étude, alors ?
-Que Lord Thornhill doit certainement avoir un ego surdimensionné. Cet énorme lustre en est la preuve. Je me demande comment sont sa femme et ses enfants, s'il en a.
La jeune femme éclata de rire. Un serveur passa près d'eux et les deux jeunes gens prirent chacun une coupe.
A notre rencontre, lança la jeune femme avant de boire une gorgée de champagne. Vous illuminez ma soirée. Je pensais m'ennuyer à mourir mais le sort vous a mis sur mon chemin.
-Heureux sort.
-J'ai une idée.
-Dois-je avoir peur ? La coupa Andrew, taquin.
-Mais quel goujat, s'offusqua-t-elle, faussement indignée. Je suis sûre que vous feriez un parfait gentleman, si vous appreniez les règles de base du comportement dans la société. Est-ce vous, l'étudiant agaçant de la London School of Economics, qui souligne en plein cours les erreurs des professeurs ?
-Je ne sais pas si je me qualifierais moi-même d'étudiant agaçant.
-Matthew m'avait déjà parlé de vous, je m'en souviens. Vous êtes très intelligent. Bien plus, j'en suis sûre, que la plupart des hommes de cette pièce.
-Je veux bien vous croire.
-Faisons un marché. Je vous apprends à vous tenir en société et vous fais inviter dans les soirées mondaines. Vous aurez alors tout le plaisir de rabattre le caquet de ces coqs.
-Et en échange ?
-En échange, vous me faites découvrir l'East End.
-Avez-vous conscience que vous avez beaucoup à m'offrir, et moi … rien ?
-Me prenez-vous pour une idiote ? Bien sûr que j'en ai conscience. Et alors ? J'ai déjà tout. Mais vous pouvez m'apporter une chose : le risque. J'ai le goût du risque. Je veux avoir peur. Et je veux m'amuser.
-Si les choses sont si claires alors : marché conclu.

La porte qui séparait le petit salon du grand s'ouvrit et quelques hommes entre deux-âges, accompagnés de leurs compagnes, entrèrent dans la pièce.
Il vaut mieux que je disparaisse.” Andrew n'avait aucune envie de quitter sa nouvelle amie, dont il ignorait encore le nom, mais rester eût provoqué quelques remous dans l'assistance étant donné qu'il n'était pas invité. Il ne savait pas lequel de ces hommes était l'hôte, Lord Thornhill, et il n'avait pas très envie de le savoir.
En effet, je vais vous accompagner jusqu'à la sortie. Donnez moi votre adresse, je vous ferai parvenir l'heure et l'endroit de notre premier rendez-vous”. Le temps qu'Andrew lui réponde, ils retrouvèrent le hall d'entrée. Le maître d'hôtel n'y était plus, sûrement appelé pour une autre mission temporaire.
Monsieur Malow, notre rencontre fut brève, mais je suis très heureuse de vous avoir rencontré. Je suis sûre que nous ferons de grandes choses, ensemble.
-Et moi je suis ravi d'avoir fait connaissance avec une jeune femme si charmante. Une femme ravissante et ayant de l'esprit, ça ne se rencontre pas à tous les coins de rue. Vous connaissez mon nom, mais moi je ne connais pas le vôtre.
-Je m'appelle Sybil. Sybil Thornhill.
-Oh...Je...” Dans quelle situation venait-il de se mettre ? Il s'était moqué de Lord Thornhill devant...sa fille ? Amusée de le voir si surpris, Sybil le rassura.
Ne vous inquiétez pas, je ne dirai pas à mon père ce que vous pensez de son ego et de son lustre. Et votre vœu est exaucé : vous souhaitiez voir ses enfants, me voici. Par contre je ne suis pas sûre que vous présenter ma mère soit une bonne idée.
-En effet, évitons de la faire se déplacer jusqu'ici. Lord Thornhill a un lustre bien trop grand. Et une fille bien trop charmante.
-Et vous vous êtes trop flatteur. Filez, quelqu'un arrive”. La porte d'entrée s'était à peine refermée sur Andrew que Lord Thornhill apparaissait dans le hall. “Sybil, que fais-tu ici toute seule ?
-Oh rien, père, ne vous inquiétez pas. Allons rejoindre nos invités”. Au bras de son père, Sybil ne pouvait s'empêcher de sourire. Ce cher Andrew occupait toutes ses pensées, bien plus qu'il ne l'aurait dû.

Sybil avait de grands projets pour Andrew et elle. Elle se voyait déjà le rencontrer lors de soirées mondaines où elle l'aurait fait inviter, et le voir briller en société. Son ami Matthew lui avait tellement parlé de lui, en termes péjoratifs, certes, le qualifiant d'imbu de sa personne, d'agaçant, de monsieur-je-sais-tout insupportable, mais Matthew était si ennuyeux qu'elle se disait qu'il devait être jaloux. Et en voyant Andrew pour la première fois, elle en eût la certitude : il était mille fois supérieur à Matthew. Ce ne fut pas le coup de foudre, ils ne tombèrent pas amoureux au premier regard. Mais ils s'apprécièrent mutuellement dès leur première discussion. Malgré leur volonté, les idées de Sybil tournèrent court assez rapidement. Une lady ne se promenait pas comme elle le voulait dans Londres. La première et dernière fois où elle parcourut l'East End avec Andrew, elle fut remarquée par des connaissances du maître d'hôtel de Lord Thornhill qui lui rapporta très vite la nouvelle. Andrew et Sybil n'avaient rien fait de mal, en réalité. Le jeune homme voulait plaire à la tête brûlée qu'était son amie mais il n'avait jamais fait de mal à personne et n'avait jamais mis les pieds dans les pires endroits. Pour plaire à Sybil, il avait demandé à un ami de la famille, qui tenait une brasserie, de les laisser partir sans payer et de faire semblant de leur courir après. De ce fait, la jeune femme ne serait pas en danger, ce qui rassurait Andrew. Ainsi, durant leur unique virée dans l'East End, Sybil s'amusa comme une folle. Et osa briser les conventions sociales en prenant l'initiative d'embrasser Andrew avant de le quitter. Le lendemain, Lord Thornhill interdit à sa fille de revoir le jeune Malow, interdiction qu'elle respecta. Andrew et elle ne se virent plus, mais débutèrent une correspondance passionnée.

Septembre 1935, chez les Thornhill

Monsieur Malow, vous intéressez vous à ma fille ou à son futur héritage ?” La question avait le mérite d'être claire. Andrew était assis face à Lord Thornhill, un verre de Whisky à la main. Il avait été très bien reçu, peut-être même trop, et il venait de comprendre qu'offrir un verre à un invité ne voulait pas dire qu'on l'appréciait. La situation était grave. Le père de Sybil avait mis la main sur sa correspondance secrète et, après une crise des plus graves, avait cédé au caprice de sa fille et accepté de rencontrer son soupirant. Mais il n'était pas très disposé à être sympathique.
Comme je n'ai pas de titre et que je viens d'une famille d'une classe sociale inférieure, vous pensez que je veux m'élever par un mariage.
-Quelle perspicacité...
-Monsieur, la seule aide financière dont j'ai bénéficié pour entrer à la London Schools of Economics and Political Science, c'est celle de mon père. J'ai ensuite vendu un journal, fondé et alimenté par moi-même. Je n'ai jamais demandé à Sybil de me faire rencontrer ses amis pour me faire des connaissances. Croyez-vous que pour profiter de sa position sociale, j'aurais attendu votre bénédiction ?
-Et pourquoi pas ? Beaucoup de jeunes hommes de votre âge jouent très bien la comédie.
-C'est prendre votre fille pour une idiote que de croire qu'elle se serait laissée embobiner. Sybil est intelligente. Vous avez lu nos lettres. Vous avez sûrement remarqué que je ne lui ai fait aucune promesse. Je n'ai pas de titre à lui offrir, ni d'argent à en faire pâlir ses proches. J'aime votre fille. Et elle m'aime. C'est tout.
-Peut-être n'êtes-vous qu'un caprice, pour ma fille. Elle vous veut parce que vous lui êtes interdit. Après quelques années, elle se lassera.
-Alors si je ne suis qu'un caprice, permettez-moi de vivre mon amour jusqu'à ce qu'elle s'en lasse, si c'est ce que vous pensez. Laissez-la vivre ce caprice. Et si elle se lasse, si elle ne m'aime plus, je la laisserai partir, sans lui prendre son argent.
-Pourquoi aimez-vous ma fille ?
-Pourquoi j'aime votre fille ? Ce serait comme demander à un écrivain pourquoi il aime écrire. A un peintre pourquoi il aime peindre. A un aviateur pourquoi il vole. A un marin pourquoi il navigue. A un...
-Hm, j'ai compris.
-Je me suis emporté. J'aime la joie de vivre de Sybil, son sourire rayonnant, sa gentillesse. J'aime son esprit, sa curiosité et sa soif d'apprendre. Nous nous ressemblons sur ce point. J'aime aussi sa détermination et sa combativité. Ses convictions. Je ne m'ennuie pas avec elle, et je crois, non je suis sûr, que nous ne nous ennuierons jamais ensemble. Et sa beauté,  que dire de sa beauté ? Sybil est ravissante. Que vous dire ? Quand je reçois une lettre d'elle (puisque vous ne vouliez pas que l'on se voit, soit dit en passant), c'est un véritable bonheur. J'ai le sourire aux lèvres pendant des heures et des heures.
-Oui je...
-Et vous savez quoi, le coupa Andrew, ce qui agaça Thornhill, vous pouvez refuser que l'on se voit. Vous pouvez marier Sybil à quelqu'un d'autre, elle ne pourra pas vous désobéir sur ce point parce que je ne voudrais pas qu'elle renie sa famille pour moi, ce serait trop difficile pour elle, mais vous ne pourrez pas nous empêcher de nous écrire. Nous trouverons toujours un moyen de nous écrire, même si nos cœurs seraient brisés à l'idée de ne plus jamais nous voir. Contrairement à ses prétendants, je n'ai pas de titre à lui offrir, pas de domaine où l'accueillir, pas de manoir à Londres, pas de diamants, mais je l'aime, et je vais me battre pour être capable de lui offrir une vie décente. Je sais ce qu'est le travail. Mes ancêtres, mes parents, ont toujours travaillé. Nous n'avons pas peur des difficultés. Nous nous sommes toujours battus. Et ça, je pense pas que les prétendants de Sybil savent ce que c'est.
-Vous me plaisez, même si vous m'avez coupé la parole. Bien sûr, je préférerai que ma Sybil épouse quelqu'un de titré. Mais vous l'avez bien dit : elle est déterminée. Elle m'a parlé de vous en des termes si élogieux, m'a vanté votre intelligence et votre esprit. Je me suis demandé si vous ne vous moquiez pas d'elle. Alors j'ai enquêté sur vous. J'ai parlé de vous avec vos professeurs de la LSE. Ils m'ont dit à quel point vous étiez agaçant, assez prétentieux à cause de votre mémoire et de vos connaissances. Andrew ouvrit la bouche pour se défendre mais, d'un signe de la main, Lord Thornhill l'invita à rester silencieux. Ils m'ont néanmoins vanté votre intelligence et votre capacité de réflexion. Vos professeurs m'ont dit que vous travailliez énormément, beaucoup plus que vos camarades, pour prouver que vous méritiez votre place. Vous venez de finir vos études, c'est ça ?
-Oui j'ai été diplômé il y a peu.
-Je ne vous reçois pas ici par pure gentillesse, vous vous en doutez. Sybil m'a dit à propos de vous : “ce sera lui ou personne”. Je n'ai aucune envie d'avoir une fille non-mariée, vous imaginez. Pour cette première rencontre, vous me faîtes une bonne impression. Mais je ne peux pas vous accorder la main de mon unique enfant tout de suite. J'ai une proposition à vous faire. Je suis le propriétaire d'une imprimerie. Que diriez-vous de devenir mon bras-droit ? Ce serait l'occasion de passer du temps ensemble et je pourrais apprendre à vous connaître. Alors, je saurais si vous êtes digne de Sybil.”
C'était une question sans en être une. Une proposition qu'Andrew ne pouvait pas refuser. Il n'avait pas le choix. Il n'aurait plus aucun espoir de faire de Sybil Madame Malow s'il disait non à Lord Thornhill.
Je vous remercie d'avoir pris la peine de me rencontrer et de me faire une telle proposition.
-Je ne le fais pas pour vous, je le fais pour Sybil, alors inutile de me remercier.
-Oui, bien sûr, hm. Alors disons que c'est d'accord. Sieyès n'a-t-il pas dit que l'imprimerie donne des ailes à la pensée ; qu'elle porte la parole humaine par-dessus les montagnes et les mers jusqu'aux confins de la planète. Qu'elle incite au savoir et le facilite ; qu'elle a de toutes parts fait surgir les écoles ; qu'elle transfigure la bête à deux pieds que fut l'homme primitif en un être de plus en plus cérébral ; qu'elle tend à faire prédominer l'intelligence sur la force brutale, le pouvoir de la raison sur celui des épées ; qu'elle est créatrice de l'avenir, une semeuse d'idées et d'aspirations nouvelles ?  Je serais honoré de participer à cette grande aventure qu'est l'imprimerie. Qui possède une imprimerie décide de ce que les gens liront ou non. N'est-ce pas incroyable .  
-Hm oui, tout à fait. Lord Thornhill observait Andrew en se demandant où est-ce que Sybil avait pu rencontrer un tel homme. De quel monde venait-il ? Quelque chose à ajouter ?
-Oui, une question : Sybil et moi aurons nous le droit de nous voir à nouveau ?
-Oui, mais seulement en ma présence ou en celle de mon épouse.” La réponse ne déçut pas le jeune homme dont les yeux brillants trahissaient la joie.

Étrangement, et au grand bonheur de Sybil, Andrew s'entendit à merveille avec Lord Thornhill. Ce-dernier appréciait le courage du soupirant de sa fille, son intelligence et son optimisme sans faille. Le jeune homme était très à l'aise avec les ouvriers de l'imprimerie et fut très vite à la fois respecté et apprécié par eux. Il regorgeait d'idées pour améliorer leur quotidien tout en favorisant la productivité. Quelle chance pour Andrew ! Il se sentait enfin à sa place : proche des personnes issues de la même classe sociale que lui, et accepté par un autre monde qu'il rêvait de connaître. En tant que bras-droit du propriétaire, il pouvait soumettre ses idées qui étaient toujours prises en compte. Le jeune Malow passait tout son temps à l'imprimerie et lorsqu'il n'y était pas, il réfléchissait, lisait, écrivait... Il trouvait tout de même le temps de voir sa belle Sybil, qu'il aimait un peu plus de jour en jour. Les parents de la jeune femme étaient présents lors des visites de Andrew, mais cela n'empêchait pas les deux amoureux de se susurrer des mots doux à l'oreille. Andrew était désormais le soupirant officiel de Sybil et bien que cela fasse les gorges chaudes de la haute société, Lord Thornhill était fier de présenter son futur gendre à ses connaissances. Avec son sens de la répartie, le jeune Malow surprit tout le monde et fut soit adoré, soit détesté. Lorsqu'une personne le prenait de haut, il lui posait des questions philosophiques surprenantes, provoquant la surprise et l'incompréhension. Ses citations de personnes célèbres déconcertaient l'assistance. Et par-dessus tout, Andrew aimait parler de Napoléon, le grand ennemi des Anglais. Le tout avec le sourire aux lèvres.

Cette nouvelle vie ne plaisait guère aux Malow. La mère d'Andrew fut malade à l'idée d'avoir une lady comme belle-fille. Et imaginer son fils dans les beaux quartiers de Londres ! C'était trop. Les Malow ne se mélangeaient pas avec la haute société, c'était un principe. L'aîné Malow tentait de lui expliquer ce qu'il faisait à l'imprimerie, comment il aidait les employés, mais sa mère faisait la sourde oreille. Quant à son père, il était plus occupé par ses clients que par son fils. En réalité, Arthur ne voulait pas prendre part au conflit qui opposait sa femme et son aîné. Il était fier que son fils prenne à coeur la vie des ouvriers mais ne comprenait pas qu'il n'adhère pas aux parti travailliste pour aider plus de personnes. S'afficher avec la noblesse britannique, c'était perdre toute crédibilité auprès de la classe ouvrière. Cette absence du père, du père dont il avait tant besoin, rapprocha plus encore Andrew et Lord Thornhill. Une réelle et belle complicité les unissait désormais. Jack, quant à lui, refusait d'adresser la parole à son frère. Fervent militant du parti travailliste, ses discours incitaient à la haine et à la violence. Il n'y avait que Susan, la benjamine de la fratrie, et Tante Emma, qui acceptaient la nouvelle condition d'Andrew. Susan admirait Sybil et la considérait comme une grande sœur. Tante Emma appréciait le fait que ce soit Sybil qui ait décidé d'épouser qui elle veut. “Ah mais quelle femme ! Dire non à son père, dire “ce sera lui ou personne”, ah Andrew, tu as une sacré chance d'avoir rencontré une lady comme Sybil ! Peu de filles de sa condition ont un tel caractère.



Dernière édition par Andrew Malow le Ven 23 Oct - 12:22, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Jeu 8 Oct - 21:23

Ta Biographie
Suite du chapitre 2 et chapitre 3


Suite du chapitre 2  

Été 1936, Écosse

Que faites-vous, Madame Malow ?” Andrew s'approcha de Sybil, assise à table, et l'embrassa délicatement dans le cou. Que c'était doux de pouvoir se comporter ainsi avec elle ! Désormais, aucune convention sociale ne pouvait les empêcher de se toucher et de s'embrasser quand ils le voulaient. Sybil était sa femme. Comme c'était étrange de se dire cela ! Cette femme intelligente, drôle, sublime, sa femme !
Mon cher époux, je suis heureuse de vous voir ! J'écris en ce moment-même à Victoria.
-Ah, Victoria ! Auriez-vous l'extrême amabilité de lui dire que je la salue ?
-Je ne sais pas, j'y penserais si j'ai assez de place sur ma lettre, j'ai beaucoup de choses à lui dire.” Victoria Irvin était l'une des meilleures amies de Sybil. Contrairement à beaucoup de personnes de l'entourage de son épouse, Victoria avait très vite accepté Andrew. Ils s'entendaient à merveille, à tel point que Victoria fut demoiselle d'honneur lors du mariage. “Je lui dis que tu ne comprends rien lorsque les gens d'ici te parlent. On pourra bien t'embêter lors de notre retour. Le sourire moqueur de Sybil était délicieux.
-Femme ingrate. Je suis sûr que toi non plus tu n'avais pas compris, quand cet homme nous racontait l'histoire de ce monstre.
-Si, j'ai tout compris.
-Et qu'a-t-il dit ?
-Que le monstre n'existait pas.
-Tu mens ! Il y croyait, ça se voyait à son regard quand il observait le lac.
-Andy, comment peux-tu être si intelligent et croire en de telles absurdités ? Non, ne réponds pas. C'est comme ça que je t'aime, doux rêveur.

Le couple Malow avait décidé de faire le voyage de noces en Écosse. Andrew était tout fou à l'idée de voir le monstre du Loch Ness et de se promener sur ces terres si mystérieuses. Ce voyage de noces fut magique pour le jeune couple. Loin de tout et de tous, c'était la première fois qu'ils vivaient à deux. Ils se découvraient un peu plus, se dévoilaient, et débutaient leur vie de couple. Ils ne lisaient pas le journal, laissaient l'actualité loin derrière eux, préférant vivre dans leur petit cocon. C'était le bonheur, tout simplement.

1937, Londres

Monsieur le député, félicitations.
-Merci.
-Félicitations, Andrew.
-Merci.

Les poignées de mains se succédaient. Les félicitations et les remerciements aussi. Parfois hypocrites. Mais ça faisait plaisir quand même. Après une campagne difficile, Andrew venait d'être élu député conservateur à la Chambre des communes. Tout cela s'était passé si vite qu'il avait du mal à réaliser. Lord Thornhill était venu le voir un beau matin pour lui parler d'un siège qui s'était libéré (un député conservateur venait de décéder). Et le voilà, quelques semaines plus tard, élu député. Entre temps, il avait fallu adhérer au parti conservateur, persuader les personnes influentes du parti de l'accepter en tant que candidat, et convaincre les électeurs. Dans la presse, on avait étalé sa vie, de sa naissance à aujourd'hui. Les Malow avaient été exposés alors qu'ils n'avaient rien demandé, ce qui n'était pas pour leur plaire. Imaginez donc, leur fils, candidat conservateur, alors que tous les Malow étaient travaillistes ! Tante Emma avait dû retenir son mari, Oncle Manu, de frapper Andrew. C'est que la notoriété des Malow avait subi la candidature de Andrew. Leurs amis criaient à la trahison. Lorsque Jack et Oncle Manu parlaient devant des militants travaillistes, ils se faisaient huer. Tout ça à cause d'Andrew. A cause d'une malheureuse candidature. Ce n'était pas ce que Andrew avait imaginé. Dans son optimisme sans faille, il s'était dit que, élu conservateur, il pourrait entamer un dialogue serein avec les élus travaillistes. Peine perdue. On l'avait insulté. Il ne pouvait plus mettre un pied dans la maison de ses parents sans être menacé par son frère. Sa mère l'appelait “l'ingrat”, et refusait de voir Sybil. Quant aux conservateurs, s'ils avaient voté pour lui, ils ne se méfiaient pas moins de cet homme qu'ils appelaient “le parvenu”. Andrew avait dû se battre pour montrer qu'il était intelligent, qu'il avait des idées et qu'il pouvait devenir un bon élu. Il y aurait, bien sûr, les logiques de partis, les votes de groupe, mais le jeune homme était persuadé qu'il pourrait dépasser ces contraintes. Il n'avait rien perdu de son optimisme, même après cette campagne électorale difficile. Soutenu par Sybil, il se sentait capable de déplacer des montagnes. Il était heureux avec sa femme, s'entendait bien avec ses beaux-parents, avait des amis. Sa propre famille le rejetait, certes, mais il pouvait compter sur sa sœur Susan et sa Tante Emma pour tenter d'arranger les choses.

Décembre 1938, Londres, chez Andrew et Sybil

Posant le regard sur le ventre arrondi de Sybil, Andrew voulut y poser la main dans un geste protecteur mais se retint. Dans la pièce, autour de la petite table du salon, se tenaient, assis, quelques députés et Lords conservateurs. L'humeur belliqueuse de l'Allemagne était au cœur des discussions. Dans la tête d'Andrew se disputaient son naturel optimiste et sa raison. Devait-on éviter la guerre à tout prix ? Laisser l'Allemagne agir à sa guise pour préserver la paix ?
Churchill n'y croit pas, à la paix, lança un député avant de déguster une gorgée de whisky. Et il a raison, nous courons droit à la guerre.
-Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre, récita Andrew. C'était ce qu'avait dit Churchill à Chamberlain devant les élus de la Chambre des communes, à propos des accords de Munich.
-On ne peut plus laisser faire l'Allemagne. Nous devons agir.
-Agir, oui, mais la guerre est-elle une bonne solution ? Quand on pense à la dernière guerre...
-Il y a-t-il une autre solution ? Les négociations n'ont rien donné, mis à part ce jeu de dupes...
-Et avec les pacifistes qui font parler d'eux, ça n'arrange rien.
-C'est la population qui va souffrir, il ne faut pas l'oublier. On va envoyer les jeunes hommes se battre pour défendre notre honneur. Des fils, des pères, des frères, des fiancés … Ne l'oublions pas.” Andrew pensait à son frère, à ses cousins. Qu'allaient-ils devenir, si la guerre était déclarée ? Seul Dieu le savait. Cette fois, il ne se retint pas et posa la main sur le ventre de Sybil. Il n'avait aucune envie que leur enfant naisse en temps de guerre.

Tiens Andrew, vous avez encore dégoté des trésors ? Quelle est cette boîte ?” lança l'un des Lords qui se promenait dans la pièce en observant les moindres détails. Le jeune Malow s'était découvert une nouvelle passion : il écumait les salles des enchères et achetait des objets insolites. La boîte dont parlait le Lord était une boîte à bonbons ornée d'un portrait de Napoléon Ier. “Il l'avait offerte à son frère, Lucien Bonaparte, expliqua Andrew. J'ai aussi dégoté des jouets en bois qui ont appartenu au prince impérial, le fils de Napoléon III. Ceux-là, ils seront pour le bébé.
-Ah, le bébé ! Le petit Malow est tant attendu, lança l'un des invités. C'est la seule perspective heureuse que nous attendons en ce moment.
-Ou la petite Malow, rectifia Sybil. Et il faudra encore attendre plusieurs mois.

La conversation dériva joyeusement sur les enfants des uns et des autres et sur la joie d'être parents. Ce sujet était la bienvenue pour ne plus penser à la guerre, pour ne plus penser aux heures sombres qui les attendait tous. Il sera là bien trop tôt, le moment d'y penser.

Chapitre 3 – Désespoir et incertitudes (1939-1940)

Juin 1939, chez Andrew

Il y avait eu les cris. Les cris qui résonnaient dans toute la maison. Les cris de Sybil qui transperçaient les oreilles d'Andrew. Il avait voulu courir à ses côtés, la rejoindre dans la chambre, lui tenir la main, mais on l'avait retenu dans le salon. Tous les accouchements se passaient comme ça, qu'on lui disait. Toutes les femmes criaient. C'était normal. Puis il y avait eu le silence. L'attente.  Les pleurs d'un bébé. La joie. A nouveau l'envie de courir jusque dans la chambre. Et à nouveau les personnes qui l'en empêchent. L'incompréhension. La peur. Puis l'angoisse. Le cœur qui se déchire en mille morceaux. Les larmes. L'impression d'être dans un cauchemar. Sybil est morte. Le papa se répétait ces mots, mais ça ne faisait que rendre la situation irréelle. Il allait retrouver Sybil dans la chambre, elle aurait son beau sourire aux lèvres, son beau sourire quand elle lui disait qu'elle l'aimait, lui, son doux rêveur. Elle tiendrait dans ses bras leur bébé, leur magnifique bébé. Il s'allongerait à côté d'elle, poserait sa tête près de son cou. Oui, elle aimait quand il faisait ça, quand il chatouillait son cou avec ses cheveux.

Il grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier. Entra dans la chambre par la porte déjà ouverte. La mère de Sybil était là, les larmes aux yeux, retenant ses sanglots dans cette retenue toute britannique. Ne pouvant en supporter plus, elle quitta la pièce sans prononcer un mot. Et il fut seul. Seul face au lit où reposait Sybil. Ses traits détendus donnaient l'impression qu'elle ne faisait que dormir. Ses lèvres étaient dessinées en un léger sourire. Andrew s'agenouilla par terre, à côté du lit, prit la main de sa femme. Et laissa libre cours à son chagrin. Il passa la nuit ainsi, ne remarquant même pas sa belle-mère qui venait chercher le bébé. Il pleura. Pleura.  

Durant les semaines qui suivirent, Andrew n'eut plus aucune envie de vivre. Il se laissait aller, ne sortant plus de chez lui et passant toutes ses journées assis dans le salon, le regard perdu. C'étaient ses beaux-parents qui s'occupaient de sa fille, Emily (il avait prononcé son prénom du bout des lèvres, lorsqu'on lui avait posé la question, se rappelant du roman préféré de Sybil, Les Hauts de Hurlevent, écrit par Emily Brontë), décision qui avait été prise après une dispute les ayant opposés à Lucy Malow, la mère d'Andrew. Celle-ci avait repris contact avec son fils lorsqu'il s'était déclaré en faveur des dernières lois sociales, et avait souvent rendu visite à Sybil. Lucy voulait désormais prendre en charge l'éducation de sa petite fille, ce qui n'était pas du goût des Thornhill. Andrew n'avait pas pris part à la dispute, les écoutant à peine, ne les voyant pas. Je fus alors son plus précieux confident. Le jeune père préférait se confier à un chat, sûrement parce qu'il n'y avait aucune chance que je lui réponde. Il ne réagit même pas lorsque sa mère voulut déplacer le tableau de Grégoire Malaure (son ancêtre) du grenier au salon. A présent, plus rien ne l'intéressait. Pas même la course à la guerre qui agitait l'Europe entière. A quoi bon ? A quoi bon se battre, quand Sybil n'était plus. Il ne parlait plus. A peine avait-il répondu aux condoléances de ses proches lors de l'enterrement de Sybil. A peine avait-il regardé sa fille se faire baptiser. Il me disait qu'il n'avait plus aucun but dans la vie, que tout était perdu. Il avait perdu sa femme, son amie, sa confidente. La femme qu'il aimait. Il lui devait tout. C'était elle qui le faisait vivre, qui le faisait rire à longueur de journée, qui le taquinait. C'était pour elle qu'il trouvait la force de se battre. Sans elle, il ne serait pas là. Et maintenant, qu'allait-il faire ? Où était sa place ? Et alors, bloqué dans ma condition de chat, je ne pouvais pas lui répondre, lui dire qu'il était un père, qu'il devait s'occuper de sa fille, et que c'était là son but dans la vie, désormais. Je ne pouvais pas lui dire qu'il était responsable de la petite Emily et qu'il devait lui donner tout l'amour que sa mère ne pouvait pas lui offrir. Bloqué dans ma condition de chat, je fus impuissant, et pour la première fois de ma vie, je désirai être un humain.

Septembre 1939, chez Andrew

Et puis un jour, début septembre, Lord Thornhill débarqua chez Andrew, Emily dans les bras. Il retrouva Andrew à sa place habituelle, c'est-à-dire dans le salon, assis dans le canapé, face au tableau (affreux) de Grégoire Malaure qui trônait majestueusement dans la pièce. Thornhill lança un regard surpris vers le portrait. “Tu as laissé ta mère le placer là, mon Dieu, la situation est vraiment grave”. Il s'installa dans un fauteuil, face à Andrew, tournant le dos à Grégoire Malaure. Emily, qui avait été tirée du berceau par son grand-père, somnolait dans ses bras. Andrew n'avait pas eu un geste pour la prendre. “Mon garçon, commença Lord Thornhill, je sais que tu es triste, même pire, dévasté. Et je dois avouer que si tu avais été moins touché par le décès de ma fille, j'en aurais été dégouté. Tu ne vas plus aux séances de la Chambre des communes. Soit. Tu n'assistes plus aux réunions du parti conservateur. Soit. Tu ne respectes plus aucune obligation, tu ne viens plus à l'imprimerie, je le comprends. Personne n'a envie d'assister à des soirées mondaines après une telle perte. Andrew, tu le sais, tu es comme mon fils. Tu es mon fils. Je suis touché par ta peine, je suis moi-même peiné. J'ai perdu ma fille. Le vide que ça a laissé en moi est immense. Mais là, tu vois, je t'ai trop laissé faire ce que tu voulais. Mon devoir est de te secouer. Parce que je te signale, là, Andrew, que c'est la guerre !!! Cette annonce ne parut pas sortir Andrew de sa torpeur. C'est la guerre, Andrew ! Nos soldats partent, là ! Bon, cette nouvelle n'a pas l'air de te secouer. Mais il y a une personne qui a besoin de toi depuis le mois de juin, et à qui tu n'accordes pas un regard. Je ne sais même pas si tu l'as tenue dans tes bras au moins une fois. Elle avait besoin de toi dès sa naissance, mais là, tu es encore plus indispensable pour elle en ces temps troublés. Tu ne t'en rends pas compte, tu étais un enfant lors de la Première Guerre mondiale, mais là, il faut tout faire pour sa famille. Et je ne sais pas si tu réalises, mais Emily, elle est ta famille !! Tu es tout pour elle ! Réalise un peu, Andrew, ouvre les yeux ! Tu es clairement pire qu'agaçant là. Parce que tu es sympa, quand tu es agaçant, quand tu ramènes ta science devant une assistance, avec ton sourire satisfait. Mais là, j'ai envie de te frapper pour te réveiller ! Ton regard perdu m'insupporte. Je ne le supporte plus. Tu me fais sortir de mes gonds. Tu es un con, Malow ! Un sacré con !!!” Lord Thornhill était en effet sacrément énervé. S'il avait été indulgent au début, il ne pouvait plus accepter le comportement de son beau-fils. Réveillée par ses cris, la petite Emily se mit à pleurer. Ne sachant plus que faire, Thornhill planta sa petite fille dans les bras du père et quitta la pièce.

Instinctivement, sans réfléchir, Andrew berça sa fille pour la calmer. Puis il réalisa. Il réalisa qu'il ne lui avait pas donné l'amour dont elle avait besoin. Sans sa mère, elle avait d'autant plus besoin de lui, et il n'avait pas été là. Il l'avait abandonnée. Lâchement abandonnée. Et alors qu'il prenait conscience de tout cela, elle le regarda dans les yeux. Les yeux bleus du père rencontraient pour la première fois les yeux bleus de la fille. “Emily. Emily. Ma fille, pardonne-moi, je t'en prie, pardonne-moi, lui chuchota Andrew. Je t'aime plus que tout, Emily. Et ta mère aussi, t'aime. J'espère qu'elle me pardonnera, elle aussi.

Andrew, Emily et moi formions désormais une famille unie et soudée. Emily étant bien installée à la maison, je pouvais veiller sur elle comme à la prunelle de mes yeux.  

Juin 1940, Londres, chez Andrew

Andrew, où est donc le tableau de ton ancêtre ?
-Oh, il n'est pas dans le salon ? Quelqu'un a dû l'enlever. C'est insupportable, je ne suis maître de rien dans cette maison.” Lucy et Susan étaient venues rendre visite à Andrew et comme d'habitude, la mère voulait tout savoir. Andrew feignit la surprise, mais il savait très bien où était le tableau puisque c'était lui qui l'avait déplacé. Mais, comme s'il le faisait exprès (et il le faisait exprès, Malow en était sûr), Nils, le maître d'hôtel-homme-à-tout-faire arriva, Emily dans les bras. “Monsieur, j'aime beaucoup votre fille, mais peut-être devriez-vous faire venir une gouvernante, ne pensez-vous pas ?
-Oh non Nils, vous vous occupez très bien d'elle, et je suis souvent à la maison, je ne vais pas faire venir une gouvernante pour les quelques heures que je passe à la Chambre. D'autant plus qu'Emily vient avec moi à l'imprimerie, comme ça elle embête son grand-père, elle adore. Vous êtes une excellente nounou, Nils.” Ce-dernier donna la petite fille à Lucy. Mais, pour se venger, il révéla la terrible vérité : “Monsieur, j'allais oublier. Vous avez mis le tableau de votre ancêtre dans ma chambre. Vous vous êtes trompés de pièce, j'imagine. Une simple erreur, n'est-ce pas ? Vile Nils ! Traître !
-Oh mais quelle surprise ! Si je m'attendais à cela. Je ne sais pas ce qui a pu se passer. Merci beaucoup Nils, de m'avoir prévenu. Maman est rassurée, maintenant.
-Oui, très rassurée, tu pourras le remettre à sa place initiale.

Un an après le décès de Sybil, Andrew allait mieux ou en tout cas faisait bonne figure. Son beau-père avait réussi à le secouer et le jeune homme avait peu à peu repris ses activités. Emily l'aidait énormément. En la regardant, il découvrait toujours un nouveau trait ou des mimiques héritées de sa mère. Complètement gaga de sa fille, il la montrait à tout le monde, dans ces moments de fierté que seuls les parents comprennent. Au fil des mois, ses proches avaient pu remarquer que le jeune homme retrouvait son sourire si caractéristique de sa personnalité. Il avait retrouvé son optimisme, sa joie de vivre, même si le matin et le soir, lorsqu'il se réveillait et s'endormait seul, ses première et dernière pensées étaient pour Sybil. Parfois, il se demandait encore si tout cela n'était pas qu'un cauchemar. Mais la vie continuait, et avec elle son lot de bonheur et de désespoir. La guerre n'était pas terminée, loin de là. Beaucoup pensaient, en septembre 1939, que ce ne serait que l'affaire de quelques mois. Mais non. Et la terrible nouvelle qui courait dans Londres depuis quelques jours n'était pas pour rassurer les Britanniques.

La France a capitulé.” Sa mère, assise dans le canapé du salon, avait les traits tirés. Elle dormait peu. “Oui, la France est tombée. Et dire que nous la pensions capable d'infliger une bonne leçon à l'Allemagne. Nous sommes seuls, maintenant.” Susan étouffa un sanglot. “Susan, s'inquiéta Andrew, que se passe-t-il ?
-Son fiancé est en France. Il s'était enrôlé avec Jack. Nous n'avons plus de nouvelles d'eux.
-Le courrier peut mettre du temps à arriver, c'est normal. De quand date la dernière lettre que vous avez reçue ?
-D'avril...” Comment les rassurer, après une telle nouvelle ? Jack et le fiancé de Susan pouvaient être n'importe où, en sécurité ou dans un camp de prisonniers, ils n'avaient aucun moyen de le savoir.
Je ne connais pas personnellement de Malaure de France, Andrew, mais ils restent notre famille. Ils sont là-bas, entre les mains des Allemands. C'est si horrible. Et le massacre de Dunkerque, c'est...
-Oui maman, c'est difficile à entendre. Difficile à imaginer, même. Mais il faut garder espoir.
-Est-ce que tu peux savoir où sont Jack et l'ami de Susan ? Avec tes relations, tu pourrais ?” Andrew n'en avait aucune idée, mais n'y croyait pas. La situation était catastrophique. Des liaisons avaient été rompues. Il était impossible de savoir qui avait pu se sauver de Dunkerque. Des centaines et des centaines de personnes étaient restées là-bas, ne pouvant se sauver. Si Jack et son beau-frère étaient dans la nature, alors Andrew n'avait aucun moyen de les contacter. Mais, enlaçant sa sœur pour la laisser pleurer sur son épaule, il n'eut pas le courage de dire la vérité. “Oui, je vais les chercher. On va les trouver.” Il y a un an, Andrew était inconsolable. Et aujourd'hui, c'était à lui qu'on demandait de l'aide.

Août 1940, Londres

Allongé dans le canapé, je regarde la petite Emily qui joue par terre. Ses grands yeux bleus se posent un instant sur moi. Cette petite aura l'intelligence et la gentillesse de ses parents, j'en suis convaincu. Bien qu'Andrew soit de plus en plus préoccupé par le conflit mondial, il essaie de passer  le plus de temps possible avec sa fille. Je perçois régulièrement sa voix et celle de Lord Thornhill lorsqu'ils parlent ensemble de la guerre dans le bureau d'Andrew. Londres, jusqu'ici épargnée, se sent menacée. Serons-nous touchés en plein cœur dans notre cocon britannique ? Être une île nous a souvent arrangés. Se pourrait-il que la mer ne soit plus un obstacle suffisant ?

En ces temps troublés, j'espère, dans un sentiment assez égoïste, que ma famille ne sera pas touchée. Elle a déjà subi un grand drame. Ne peut-elle pas désormais vivre sans nuage ?

Je descends du fauteuil et rejoins ma protégée. De ma patte, je fais rouler un cube en bois. “Mile, Mile !!” babille-t-elle joyeusement, tentant de prononcer mon nom. Andrew arrive, s'agenouille, et nous jouons ensemble comme si la guerre n'avait pas lieu. Comme si le malheur n'existait pas.

L'histoire d'Andrew n'est pas terminée, il y aura bientôt de grandes choses à raconter, j'en suis certain. En attendant, je suis ravi de vous avoir parlé de cet homme admirable. Mon homme de compagnie mérite d'être connu. Intelligent, droit, gentil et doux, il essaie d'aider les personnes autour de lui. Et si vous voulez mon avis, une chose prouve le grand cœur qu'il a : le pardon qu'il a accordé à toute sa famille, après toutes les horreurs qu'ils lui ont dites. D'ailleurs, les Malow ont toujours du mal à accepter qu'un descendant de Grégoire Malaure soit un élu conservateur. Mais que voulez-vous, la vie est pleine de surprises, et moi, j'aime les bonnes surprises. Mais Andrew n'est pas seulement un homme plein de surprises, c'est aussi un sacré emmerdeur. Et vous savez quoi ? Moi, j'aime les emmerdeurs. Il paraît que j'en suis moi-même un. Ceci doit certainement expliquer cela.  



Dernière édition par Andrew Malow le Ven 23 Oct - 12:41, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Jeu 8 Oct - 21:26

Bienvenue mon pote What a Face j'ai hâte de lire ta fiche !!!

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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Jeu 8 Oct - 21:26

Oh non pas lui bou
*pousse James*

Bienvenue belette dorée *.*
Hâte de voir le descendant de Greg dans toute sa splendeur, ce troll qui promet d'être génial !

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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Mer 14 Oct - 20:39

Bonjour,

Un petit mot pour vous dire que je ne vous oublie pas. L'écriture de ma fiche prend plus de temps que prévu mais j'avance, j'avance ! (je suis en 1934 si vous voulez tout savoir :D )

Bisous bisous keur keur heart
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Mer 21 Oct - 18:07

Désolée pour le DP, mais je voudrais avoir un délai supplémentaire pour ma fiche, s'il vous plait Snif J'ai bien avancé dans ma fiche mais je ne pourrai pas finir avant demain. Par contre j'ai un week-end de trois jours, je devrais pouvoir finir ça à la fin de la semaine, donc.

Je vous aime vous savez ? Vous avez de très beaux cheveux, plus beaux que les miens. (non, je ne vous complimente pas pour vous corrompre) heart please *.* Yeah ! Snif
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Mer 21 Oct - 18:33

Andrew Malow a écrit:
Je vous aime vous savez ? Vous avez de très beaux cheveux, plus beaux que les miens. (non, je ne vous complimente pas pour vous corrompre) heart please *.* Yeah ! Snif

Quelle tentative de corruption Yeah !
Je propose un marché (ouais je suis l'admin je fais ce que je veux PTDR ) : un délai d'une semaine contre la rédaction de la première partie de ta fiche avec les questions et tout. C'est bête mais une fiche toute vierge, c'est pas tip-top Think  Juste histoire d'avoir un petit truc green

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Dernière édition par James Alistair le Mer 21 Oct - 22:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Mer 21 Oct - 22:40

Super ! Merci beaucoup pour le délai *.*

Je m'occupe de la première partie de ma fiche demain :)
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Ven 23 Oct - 12:44

Finiiii squee trio Supermaaaan ange *.* cheer Rodeo Sushi

Désolée pour la longueur, j'avais pas prévu d'écrire autant. J'espère que ça vous plaira *.*
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Ven 23 Oct - 17:45

Bravo, tu es validé-e
Bienvenue à Londres


Bah c'est bien :)

J'adore l'idée de l'histoire au travers du chat ! Ca me rappelle le livre L’histoire de l’homme racontée par un chat, c'est bien trouvé green
J'aime beaucoup l'histoire d'Andrew, et merci pour les clins d'oeil débile, j'attendais l'oncle Manu avec impatience PTDR Comme toujours, j'aime beaucoup comment tu écris *.*

Donc tu entres dans le cercle fermé des forces grises Supermaaaan
A très vite en rp, James a hâte des joutes verbales avec ce troll d'Andy PTDR

Te voilà officiellement parmi nous! Tu peux donc commencer par aller [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Une fois cela fait, rends-toi dans la section [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] où tu pourras ouvrir [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ainsi que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Tu y trouveras des codages (liens, fiche de RP, gestion de RP) déjà tout fait si tu ne sais pas trop où chercher, et ensuite, commencer à écrire. Dans cette partie, à partir de 100 messages, tu pourras aussi demander un logement, elle est pas chouette la vie?

Mais attend, ce n'est pas tout! Tu peux également pointer le bout de ton nez dans le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et venir [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], on aime toujours apprendre des nouveautés c'est cool!

Il ne me reste plus qu'à te souhaiter un bon jeu, bienvenue à Londres!

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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Ven 23 Oct - 18:18

Bienvenuuuuuuue Emma !!!! cheer

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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Ven 23 Oct - 20:34

T'es belle en Sam green Bravo pour cette superbe fiche, j'ai hâte de voir ce sacré bonhomme en action, il va faire des étincelles What a Face
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques Ven 23 Oct - 20:56

Merci madame l'admin *.* Je ne connais pas le livre dont tu parles mais je vais aller lire le résumé ! Andrew a hâte d'aller embêter James Yeah !

Merci Lisa et Cha heart
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MessageSujet: Re: Andrew Malow - C'est l'histoire d'une tête à claques

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