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 TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif

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Mrs Mathewsen
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MessageSujet: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Dim 11 Oct - 21:47


Concert à la National Gallery
event n°1


Ladies & Gentlemen,

C'est un honneur pour moi de vous accueillir en cette soirée de bienfaisance, pour nos soldats blessés et les familles de disparue durant cette triste bataille de Dunkerque. Nous avons essuyé des pertes terribles, nous avons tous une personne engagée dans l'armée et cette affreuse guerre, nous ne pouvons mettre de côté ceux qui se sont battus, et y ont laissé la vie, ou du moins une partie d'eux même.

Cette soirée a pour but de récolter des fonds pour ces personnes, elle est sous le signe de la générosité et l'entraide. Mais pour ne pas monopoliser le micro, je tiens à vous annoncer notre programme de la soirée : quelques discours de rescapés qui viendront témoigner, une prise de parole de quelques personnalités qui m'ont aidées à organiser cet évènement. Et pour rester léger, plusieurs concerts seront donnés, avec à votre disposition un buffet et quelques bonnes bouteilles que l'on nous a généreusement offertes

Profitez de la soirée, et longue vie à notre roi !

Discours d'entrée de Mrs Mathewsen

Petites règles :
- il n'y pas d'ordre pour poster, laissez vous porter par l'event ; si besoin est, Mrs Mathewsen viendra remettre l'ambiance ;
- pas besoin de faire des longs posts, 600 à 800 mots sont largement suffisants ;



▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
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Victoria Irvin
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 12 Oct - 16:00

Victoria était ravie. Elle avait une chance folle de pouvoir être là. Ses horaires étaient assez contraignants, et cette semaine-là, elle était heureusement du matin. Elle avait faillit ne pas venir, surtout quand Teddy lui avait dit, sur un ton assez cassant, que non, il n’aurait ni le temps ni l’envie de venir à cette soirée. Il était vraiment distant depuis le début de la guerre, et Victoria tentait de se montrer patiente et de le soutenir, comme sa mère le lui avait apprit et conseillé, plutôt que de se braquer. Et puis le capitaine Tomasz, qui lui faisait un peu de gringue depuis qu’il était arrivé au ministère pour se faire intégrer à la RAF. Dans sa grande naïveté, Victoria n’y voyait pas grand mal. Et puis il s’agissait juste d’un petit concert, où ils pourraient danser, et où pas mal de ses collègues masculins comme féminins seraient présents, c’était donc en tout bien tout honneur, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter ni bavasser. Très peu de gens au ministère savaient qu’elle était fiancée. Si elle ne le cachait pas, elle ne le criait pas non plus sur les toits, surtout au vu de la manière de Teddy de se conduire ces derniers temps.

Elle était arrivée avec d’autres filles de son équipe, qui étaient vite allées chercher une tasse de thé à la buvette. Après six heures de travail, cela n’était pas de trop. Victoria leur aurait bien emboité le pas, mais elle s’arrêta pour saluer Susan Plumer, femme politique de renom, qui pourtant n’était guère appréciée, et encore moins par son père. On ne pouvait pas attendre d’un homme qui avait divorcée d’une femme ayant créé le Women’s Voluntary Service d’être très tolérant envers une autre qui, selon lui, avait prit la place d’un homme au parlement. Il l’avait certes mise en garde contre Mrs Plumer, mais il ne pouvait contrôler toutes les allées et venues de Victoria. Elle même, se rendant plus à ce genre d’événements pour décompresser de sa journée, n’avait pas prémédité cette rencontre, malgré le fait notoire que Mrs Plumer était à l’origine de la soirée.

-Cela m’a l’air charmant, lui lança Victoria après l’avoir saluée.

Tout était simple, s’adressant à tout le monde. Et il y avait effectivement de tout : des civils, mais aussi des uniformes – en majorité, bien évidemment – et quelques politiciens ayant décidé de se montrer. Victoria jeta un coup d’œil à la scène où l’orchestre jouait déjà, et elle reconnut sans peine Brunhilde Hassmann, avec sa longue chevelure blonde, au violon. La petite protégée de sa belle-mère Lady Jane Irvin, marquise de Conway, faisait fureur ces derniers temps, ce qui donnait chaud au cœur à la rousse, qui connaissait via Jane les grandes lignes de l’épopée qui avait amenée la jeune juive-allemande à Londres quelques années plus tôt. Victoria se promit d’aller la saluer, quand elle serait en pause. Elle continua d’échanger quelques mots avec Mrs Plumer, charmante quand on parlait d’autre chose. La liste des musiciens invités pour le gala de charité, que des grands noms… La salle ? Gracieusement prêtée, Mrs Plumer avait ses relations… Victoria l’écoutait avec attention, tout en guettant l’arrivée du capitaine Tomasz. Elle se sentait tout de même un peu nerveuse, sans vraiment savoir pourquoi. Elle ne faisait absolument rien de mal. La salle se remplissait peu à peu. Soldats britanniques, de l’Empire Colonial, et même quelques Américains qui, s’ils n’avaient pas les manières des Britanniques, avaient au moins le bon goût de s’être portés volontaires pour participer au conflit, étaient pour la plupart très bon danseurs, et savaient s’amuser.

Il sembla même à Victoria appercevoir au loin les cheveux roux de son cousin James. Qu'avait-il encore prévu d'écrire?

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


'Careless talk costs more than life'
"Was it a marriage made in heaven ? Was it a gift from god above ? Do you belive the things you told me or was it simply careless love ? You told me once when we were dreaming through life together we would walk. Those words of love seemed said in star light but now it seems like careless talk."


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Susan Plumer
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 12 Oct - 18:53

Concert à la National Gallery
When the music goes around, everybody goes to town


Des notes de musique classique s'échappent de dessous la porte, tandis qu'au-dehors, le chauffeur pianote des doigts sur le volant. S'il aimait le piano, il reconnaîtrait sans doute les premières notes de la Suite Anglaise de Bach, seulement voilà, la musique ça n'est pas son fort. Oh, peut-être un swing de temps à autre, entre deux courses pour le compte des parlementaires londoniens, mais il préfère le doux ronronnement de son moteur à toute cette mécanique qui s'emballe pour un rien, de façon peu rationnelle. Il ne comprend guère la passion que quelques notes peuvent soulever dans les esprits, celui qui attend depuis de longues minutes.
Si ça continue, elle sera en retard... Mais non, la voilà qui sort de chez elle, habillée d'une robe du soir qui lui va bien sûr à ravir. Susan Plumer n'est jamais en retard. Tout au plus n'est-elle pas en avance.

Élégamment, comme toujours, elle monte dans la voiture, tandis qu'une domestique bienveillante coupe le gramophone, de l'autre côté de la porte désormais refermée. Et c'est une toute autre ambiance que trouve la députée à son arrivée : fini le calme de sa résidence de Bloomsbury, elle est maintenant au centre de l'attention. Tant mieux, après tout, c'est elle qui a organisé (du moins, qui a supervisé) ce concert caritatif donné au profit des soldats et de leurs familles !

Traversant la foule, elle s'empare d'une coupe de mousseux qui passe par là, et s'étant débarrassée du léger manteau qui couvrait ses épaules, elle resplendit dans sa tenue : une belle robe, à la taille très haute, de couleur bleue, comme les yeux de sa propriétaire. Ainsi donc, les gens sont venus. Malgré la guerre, malgré les nouvelles toujours plus menaçantes, malgré leurs dissensions et leurs critiques, ils sont là. Il y a des artistes, des soldats, et même -quelle ironie- des hommes politiques. Ceux qui la critiquaient quelques jours plus tôt (pour certains, seulement quelques heures) sont du nombre, tous sourires dehors.
Mais ils ne sont pas les premiers à venir saluer plus longuement la mécène du soir : celle-ci a bientôt l'agréable surprise de voir arriver bientôt une chevelure rousse flamboyante qui ne lui est point inconnue. Et voilà la jeune Lady Irvin qui lance un joyeux :

Cela m’a l’air charmant !

Merci pour ce compliment, Caporal. Point n'est besoin de fioritures aristocratiques avec cette jeune demoiselle, Susan l'a vite compris. Et le fait de découvrir que cette même demoiselle est dans l'armée n'a fait que la conforter dans cette opinion.

Discutant de choses et d'autres -l'organisation du concert, la location de la salle, les noms des musiciens- la députée se surprend à apprécier beaucoup la fraîcheur de la jeune rousse. Elles n'ont pas grand-chose en commun, puisque Susan n'est une lady que par son mariage (d'ailleurs un remarquable échec, si vous voulez son avis), et que la fille Irvin n'est Galloise que par son père... Mais la politicienne retrouve un peu de sa franchise et de sa combativité en cette femme qui lui fait tout simplement face.

Attendez-vous l'arrivée de quelqu'un ? demande Lady Plumer avec un sourire délicat. Elle a en effet remarqué la nervosité de Miss Irvin, et ne peut s'empêcher de l'envier un peu. Le temps de ses vingt ans est bel et bien passé... Même si pour rien au monde elle ne veut se complaire dans ce qu'elle appelle dédaigneusement une "attitude de mamie", il lui arrive de se sentir bien seule parfois... Mais cela ne saurait être le cas ce soir, car ce soir est un soir de fête ! Et une fête en temps de guerre, pour supporter l'effort de guerre, se doit d'être une vraie fête, sans tristesse et sans amertume. Alors elle sourit, Susan, et elle lève son verre à un député des Communes qui passe au loin.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Those who stand for nothing fall for anything
You have enemies ? Good, that means you stood up for something

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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 12 Oct - 19:32

Je n'étais pas bien ici... Tout ceci, ce n'était pas moi... Je me demandais bien pourquoi le directeur de l'hôpital m'avait demandé de venir à ce gala de bienfaisance... Non mais, moi a une gala ?! Moi, un Irlandais fils d'ouvrier issue d'une famille pauvre, ici en plein milieu de ce luxueux événement. J'étais comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, mais j'étais ici pour la bonne cause... Le directeur avait insisté en disant qu'il nous fallait réunir des fonds aussi pour l'hôpital et que ma présence serait la bienvenue... Je ne comprenais pas en quoi ça allait aider, mais bon ça n'allait pas me tuer... Habillé d'un costume élégant noir avec un plastron rouge choisi par des infirmières de l'hôpital, j'avais l'impression d'être un pingouin mais c'était nécessaire. L'avantage de ce costume c'est que grâce à cela je me fonderais dans la masse et personne ne pourrait me reconnaître. Après tout la plupart des gens ne me connaissent qu'en blouse ou en débardeur et surtout dans mon environnement qui est l'hôpital, personne ne devait s'attendre à me voir ici.

C'est sur ces paroles pour essayer de me rassurer que je réajusta mon col et donna mon nom à l'entrée. Je pénétrais dans une salle aussi magnifique que son entrée d'où s'élevait une musique magnifique que me fit du bien à entendre, il est vrai que les bruits dans un hôpital n'était pas des plus sympathiques à écouter, entre les bruits des lits sur le carrelage, les bips dans tout les sens, les brouhahas de la salle d'attente des urgences. Cette symphonie était bien plus douce aux oreilles. Poussant un léger soupir comme pour faire tomber toute la pression pesant sur mes épaules, j’écoutai mon ventre et me disparut rapidement dans la foule.

Me faufilant tel une ombre jusqu'au buffet, je ne prêta guère attention au discours de Mrs Mathewsen. Comme toujours il avait dû être fantastique au vue de l'ovation à laquelle je me joignis afin de rester tout de même poli. Finalement, je réussis à atteindre le buffet où je vis des tasses de thés et quelques gâteaux et diverses choses...  J'en avais l'eau à la bouche. Je dois avouer une chose, l'avantage d'être ici c'est que j'allais pouvoir manger, à l'hôpital je ne mange que très peu vu qu'il se passe toujours quelque chose, je crois que mon dernier repas remontait à hier matin et encore, c'était les infirmières de l'hôpital qui m'avaient forcées à avaler quelques choses. Je crois que si elles n'étaient pas là je mourrais de faim, de soif... J'ai l'impression d'être un enfant parfois et j'en suis terriblement désolé, quand je suis dans mon travail, j’oublie tout. Il faudrait que je pense à remercier mes collègues comme il faut un jour.

Demandant un verre d'eau à un serveur, j'attendis près du buffet mon verre tout en piochant dans les gâteaux en regardant ma montre à gousset, je n'allais pas m'éterniser ici. Malgré le fais que le directeur m’a poussé à venir et qu'il ai été capable de me remplacer à l'hôpital, je ne pouvais m'empêcher de penser que l'on pouvait avoir besoin de moi et que je n'avais aucun moyen de le savoir là tout de suite... Je crois que j'étais un peu trop accro au travail au final... Je regardais autour de moi, je devais désormais faire ce pour quoi j'étais ici convaincre des gens de mettre de l'argent dans l’hôpital qui aurait plus besoin que jamais de médicament et de quoi tenir. Soupirant, je pensais au fait que je n'étais ni un vendeur ni un bon orateur je ne sais pas pourquoi le directeur avait pensé à moi, j'étais plus mal à l'aise qu'autre chose... Me baladant parmi les invités, je cherchais avec le sourire des visages familiers, espérant trouver quelqu'un à qui me raccrocher pour tenir la tête hors de cette marrée de foule...
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Karol Tomasz
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 12 Oct - 22:29

Les soirées mondaines, ça n'était guère le fort de Karol. Ce fait, de notoriété publique, n'avait rien de très surprenant. Militaire jusqu'au bout de ses cheveux courts et châtains, il avait grandi dans un milieu familial modeste, loin des grandes fêtes et des galas. A vrai dire, le pilote, qui aspirait à intégrer le plus rapidement possible la Royal Air Force, ne rêvait que d'une chose : partir au combat. Peu lui importait les festivités de ce genre. Il ne comprenait pas vraiment qu'en temps de guerre, les gens prennent le temps d'organiser une soirée, quand bien même s'agissait-il d'un événement de bienfaisance. Encore une magouille politicienne pour se faire mousser auprès de la masse. Cela fonctionnait assez bien en temps de guerre comme pendant la dépression de 1929. Les gens écoutaient le premier venu et si celui-ci témoignait d'empathie et de compassion alors il gagnait leur vote. Une technique vieille comme le monde ! Certes, il y avait des soldats blessés, des veuves éplorées, des enfants orphelins... ce n'était pas vraiment un scoop ! Ils étaient en guerre, forcément, il y avait des victimes, des dommages collatéraux. Le polonais avait une vision trop cynique et trop pragmatique de la réalité. Victoria le lui disait, poliment, avec ses manières très british, lorsqu'il évoquait la situation. Il comprenait que pour s'intégrer, il allait devoir mettre de l'eau dans sa vodka... beaucoup d'eau ! Il ne servait à rien d'être désagréable ou désobligeant, ça n'allait faire, au contraire que ralentir son recrutement.

Alors, un peu comme une mûle à qui l'on tend la carotte pour éviter le bâton, il avait le choix entre la récompense et la punition. Pour une soirée, il pouvait bien rester tranquille et courtois. Ce n'était pas la mer à boire ! Pour l'occasion et afin de faire bonne impression, il avait enfilé son plus bel uniforme d'officier polonais, celui qui servait pour les grandes occasions. Il était composé d'un pantalon gris-vert foncé tenu par des bretelles jonchant un maillot de corps quelque peu serré, qui mettait en évidence sa musculature. Une chemise blanche, impeccable, rentrait dans son futal, auquel il avait mit une ceinture en cuir noir avec une boucle couleur argent. Par dessus, une veste de la même couleur que le bas, avec les épaulettes témoignant de son rang et les décorations brillantes qu'il avait gagné au service de la Pologne et de la France. Côté gauche, près de coeur, se trouvait le drapeau polonais, cousu très rigoureusement par les couturières. Il ne se sentait pas très à l'aise avec ce col fermé par sa cravate. Dans son appareil, Karol avait pris l'habitude de se mettre à l'aise et d'ouvrir sa chemise. Il portait d'une casquette militaire, celle de Capitaine, avec le blason polonais brodé dessus. En dessous, inutile de se coiffer, il avait les cheveux très courts. Ses bottes montaient à mi-mollets. Il les avait cirées pour l'occasion et leur éclat allait attirer l'oeil, pour sûr ! Comme à son habitude, il arriva avec un peu de retard, ce qui finalement se vit peu et lui permit de s'éviter un discours dont il se moquait éperdument. S'il venait, c'était avant tout pour faire plaisir à Victoria et accessoirement pour la voir.

La jeune femme lui laissait des souvenirs intarissables, malgré elle. Plus il la cotoyait, plus il appréciait son sourire, sa combattivité et son intelligence. On murmure que les opposés s'attirent et pour eux deux, c'était bien vrai, même s'ils l'ignoraient ! A cet instant, le polonais se disait que la soirée serait agréable en compagnie de la jeune femme. Il entra dans la pièce. Sa grande taille et sa carrure en faisait quelqu'un d'incontournable. Le port droit, la démarche assuré, il avança parmi la foule. Certains lui lancèrent des regards, se demandant qui il était. Dans sa tête, Karol se dit qu'il n'avait pas envie d'être l'attraction principale de cette soirée. Il fit donc comme si de rien n'était et le snoba. Ce fut un moment particulièrement drôle. Il vit Harry, le médecin, chercher d'autres personnes. Il allait le rejoindre lorsqu'au loin, près des musiciens, il la vit : Victoria. Il s'arrêta alors et croisa son regard. Ses yeux bleus, comme l'océan, se plantèrent dans les siens. Il sentit une douce chaleur se répandre en lui. Il faisait chaud dans cette salle ! Après quelques secondes passées à admirer sa beauté, il s'approcha, le pas toujours fluide, évitant les gens qui passaient devant lui. Harry ? Manque de bol pour lui il l'avait totalement oublié en cet instant ! Il ajusta son costume et au moment où il arriva, il vit que Victoria était en pleine conversation avec une femme, qu'il ne connaissait pas. La politique et lui, ça faisait deux !

- Attendez-vous l'arrivée de quelqu'un ?, demanda-t-elle. Karol qui venait d'arriver, prit alors la parole.

- Bonsoir, Caporal. Bonsoir Madame. Je crois que je suis quelque peu en retard. J'espère ne pas avoir raté le discours, ce serait dommage !

Sa voix était grave, virile, à l'image de son physique. Il avait un accent polonais qui venait troubler son propos et qui dans une certaine mesure venait faire sourire pendant quelques minutes. Mais il parlait avec un certain charisme, celui de l'homme qui avait mérité son rang d'officier, non pas grâce au piston, mais grâce à sa personnalité. Il ne savait pas s'il devait faire un baisemain ou non, aussi, il préféra s'abstenir. Il vit que Victoria avait ouvert de grands yeux et il ne comprit pas pourquoi. Comme si le fait d'ironiser sur l'absence au discours demeurait parfaitement naturel, au demeurant ! Karol ajouta, en regardant autour de lui :

- Tout ceci est... hum... charmant. De quoi oublier la guerre, n'est-ce pas ?

Il remuait le couteau sans le faire exprès. Victoria ne savait pas dans quoi elle s'était engagé lorsqu'elle avait prit la décision de lui faire découvrir son pays. Entre la Pologne et la Grande-Bretagne, il y avait un énorme fossé culturel ! Ajoutez à cela le fait que Karol manquait de tact... et vous obtenez un cocktail succulent en rebondissements ! Et comme un cheveu sur la soupe, un serveur apporta une tasse de thé au Capitaine, qui la prit sans se faire prier. Ce n'était pas de la vodka, mais ça se buvait ! Donc...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
Keep silent and fight !
- J'ai une nouvelle formalité à vous...
- Dégage !




Dernière édition par Karol Tomasz le Mar 13 Oct - 0:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 12 Oct - 23:50

Dans sa chambre, Brunhilde jouait quelques notes de violon. Pour cette soirée très spéciale, elle devait être prête. Elle s’assura que son violon était parfaitement accordé. Pas question d’avoir une fausse note ce soir. C’était aussi important que n’importe quelle représentation, bien que là, elle serait au plus près du public donc elle devait être au top. Elle vérifia encore une dernière fois chaque corde. Répétant ses gammes pour être sûr que toutes les notes soient bonnes. Ca avait l’air d’aller, tout était à sa place. Elle était quasiment prête. Elle termina de se préparer, attrapant une nouvelle fois sa lime à ongle. Pire ennemi du violoniste. Elle plaça le violon dans son étui et se retrouva dans le salon où sa sœur lisait un livre. Elle n’avait pas souhaité venir à cette soirée, elle préférait rester et se reposer après toutes les heures qu’elle avait enchainé à l’hôpital. Brunhilde pouvait le comprendre surtout qu’elle allait certainement rester principalement avec les musiciens et se mélanger peu à la foule. Enfin, elle verrait bien. « Alles gut ? » Sa petite sœur hocha la tête pour dire que oui. Même si elles s’étaient efforcées à parler aussi bien anglais qu’allemand, elles avaient dû mal à ne pas parler allemand entre elles. C’était leur langue natale après tout. Elle déposa un baiser sur le front et lui dit qu’elle l’aimait. Sa sœur répondit de même et Brunhilde quitta leur appartement. Rituel qui s’était doucement imposé, quand on perd toute sa famille sur une nuit, où tout n’a pu être dit, certaines choses s’installent pour se rassurer.

Car depuis maintenant quatre ans, elles n’étaient plus chez elle. En sortant ce soir là, Brunhilde le sentait bien. Ce quartier elle ne connaissait par cœur sans pour autant le voir, se sentir vraiment chez soi. La nuit tombée apporte toujours son lot d’idées noires mais Brunhilde devait bien vite les chasser de son esprit, elle devait se concentrer sur ce qu’elle allait jouer. Fredonnant les musiques choisies pour l’ambiance mais aussi pour son solo en hommage aux victimes de la bataille de Dunkerque. Pour celui là, pas question de ne pas être complètement concentrée. Elle marcha de l’East End jusqu’au centre de Londres. Arrivée sur place, elle passa par l’arrière. Les musiciens, comme le reste du staff, passaient par derrière. On ne mélange pas avec les invités. Un homme gardait l’entrée, elle n’eut qu’à lui dire son nom pour qu’il la laisse entrer. Il y avait des vestiaires privés pour les musiciens. Ils pouvaient y déposer leurs étuis, manteaux. Brunhilde attrapa son archet et y déposa un peu de colophane, en rajouter ne ferait pas de mal. Mieux faut trop que pas assez. Elle prit son violon, s’assurant qu’il n’avait pas « trop bougé ». Ce que ça peut être capricieux comme instrument mais ça allait, la température encore estivale ne l’embêtait pas trop. Elle entra alors dans la salle. A son arrivée, il n’y avait encore personne. Elle put apprécier la décoration très élégante. Tout avait été bien pensé et le buffet semblait exquis. Mais elle devait prendre sa place, les invités allaient arriver. Elle déposa sa partition et se mit à jouer.

La salle commença à se remplir au fil des notes de musique classique. L’organisatrice avait choisi de bons morceaux pour mettre dans l’ambiance d’une soirée solennelle sans pour autant que ça finisse en sanglot. Parfois, Brunhilde quittait sa partition des yeux, regardant les invités. Elle crut apercevoir Victoria Irvin, la belle-fille de sa mécène ainsi que Karol. Mais elle n’en était pas sûre. Qu’importe, elle devait terminer sa partition avant de faire une première pause. Ils ne pouvaient pas tout le temps jouer, d’autres instruments se succédaient. Une organisation réglée comme du papier à musique. Quand la dernière note retentit, les musiciens arrêtèrent alors un peu de jouer. Brunhilde posa son instrument sur son pupitre et se mêla aux invités. Elle échangea quelques courtoisies, remercia les quelques invités qui avaient un peu écouté la musique. D’ailleurs, elle se dit qu’elle avait une personne à remercier en particulier. Mais cette dernière semblait bien préoccupée. Brunhilde préférait ne pas s’imposer, les gens qu’elle devait voir était sûrement important, bien plus qu’elle. Et autant qu’elle profite de sa pause pour aller se rafraîchir. Elle se dirigea alors vers le bar, demandant simplement un jus de fruit. Elle ne devait pas boire ce soir et elle avait envie de frais. Il faisait une chaleur dans cette pièce. En se retournant, elle crut reconnaître le docteur O’Neill, le responsable de sa sœur. Elle lui sourit et lui adressa « Bonsoir. » La dernière fois - et seule fois – qu’elle l’avait rencontré, elle l’avait trouvé très accro à son travail. Difficile à imaginer qu’il pourrait s’amuser dans ce genre d’endroit « J’ignorais que vous étiez friand de ce genre de soirée. » Après tout elle ne connaissait rien de lui, de simple supposition, sans réel fondement.
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mar 13 Oct - 19:51

J'étais totalement perdu au milieu de ces visages, il y avait tellement de monde, de gens que je ne connaissais pas et surtout des personnes que j'hésitais à aborder. Pour la plus grande part d'entre elles, elles parlaient avec d'autres invités. Je ne m'avouais pas vaincu, ma mission ne faisait que commencer et je comptais bien retourner à l'hôpital glorieux avec des promesses de don… Mais j'allais devoir prendre mon courage à deux mains pour parler à l'une de ces personnes influentes de Londres. Même si ma mère m'a toujours bien éduquée et que mon langage n'était pas celui de mon père, il n'en restait pas moins que j'étais loin d'avoir autant de mots dans mon vocabulaire qu'un prince, je n'étais pas un séducteur ou encore moins un beau parleur, mais malgré cela, il allait falloir que je me bouge… Trempant mes lèvres dans mon verre d'eau, je me désaltéra tranquillement tout en écoutant l'orchestre donner ses dernières notes de musique pour la salle avant de faire une pause. Maintenant désaltéré, je continuais d'observer l'assemblé à la recherche d'une personne qui pourrait vouloir écouter ma requête.

Donnant des coups d’œil furtif aux quatre coins de la salle en quête de ce que je cherchais, mes yeux rencontrèrent ceux de quelqu'un que je connaissais. La personne en question je ne la connaissais pas particulièrement bien, cependant je me souvenais d'elle. Brunhilde était la sœur d'une des infirmières de l'hôpital où je travaillais. Venant directement d'Allemagne la vie n'a pas été des plus facile pour elles d'après ce que j'avais cru comprendre, il fallait se dire que dans des guerres comme celles-ci, nous avions tous nos lots de souffrance… C'est en ça que j'aimais mon métier, que même si des personnes souffraient, nous pouvions faire quelques choses pour elles et leurs proches en leurs apportant de l'espoir et des rétablissements. Bien sûr ce n'était pas toujours le cas mais je ne démentirais jamais ce fait : j'aime mon métier.

Affichant mon plus beau sourire en la voyant, je répondis à sa salutation avec entrain, joyeux d'enfin voir quelqu'un que je connaissais m’adresser la parole.

- Bonsoir !

Je m'approchais alors de la jeune femme tout sourire afin de mieux l'entendre comme le brouhaha des conversations environnantes commençait à augmenter. Je ria légèrement à sa réflexion, moi ? Aimer ce genre d’endroit ? J’en étais gêné tellement c’était faux et elle devait être aussi surprise que moi de me voir là. Passant nerveusement ma main dans mes cheveux pour remettre en place la mèche rebelle de toujours que possédait mes cheveux, je bus une nouvelle gorgée d’eau afin de m’éclaircir un peu la voix avant de commencer à discuter.

- J’ignorais moi aussi que je pouvais côtoyer ce genre d’endroit… Je dois vous avouer que je préférerais retourner aux urgences plutôt que rester ici… Mon directeur m’a un peu forcé la main, il m’a dit que ça me reposerait et surtout que je serais celui qui serait capable de donner envie de débloquer des fonds pour l’hôpital… Mais il faut pas le nier je ne suis pas un fin orateur.

Regardant autour de moi tout en discutant, je vis des personnes du grand monde, les désignant du regard à Brunhilde, je lui dis nerveusement.

- Donnez moi une personne a opérer en plein champs de bataille je n’hésiterais pas une seconde mais les batailles politiques ne sont pas ma tasse de thé...
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mar 13 Oct - 21:28

Sa tasse de thé à la main, Victoria se rendait à peine compte qu’elle dansait presque d’un pied sur l’autre. Elle n’avait jamais été aussi nerveuse pour une soirée depuis son bal des débutantes, et elle se demandait bien pourquoi. Cela n’avait rien d’extraordinaire ni de très formel. C’était peut être l’ambiance, la raison qui réunissait tout ce petit monde en cet instant précis dans un bâtiment aussi prestigieux que la National Gallery ? Les drapeaux britanniques installés aux murs, avec des fanions aux couleurs du pays, désignaient clairement un état de guerre. Les uniformes également. A croire que le monde dans lequel ils vivaient tous un peu plus d’un an plus tout s’était mis en pause pour vivre quelque chose d’extraordinaire – mais pas dans le sens positif du mot. Rien ni personne n’était totalement préparé à vivre cet événement. Victoria moins qu’une autre. Les rares nuits où elle dormait dans la maison familiale londonienne, investie par son père qui voulait être au plus près pour s’occuper de la Women Land Army – la chose la plus féministe que son père est sans doute jamais faite, mais il le faisait par intérêt pour le domaine, n’allez pas vous y tromper -, suivi de près par sa belle-mère, la jeune femme avait l’impression que rien n’avait changé, pendant quelques instants, au réveil, avant de voir les croix de scotch barrant sa fenêtre, au cas ou des bombardements hypothétiques la ferait exploser.

Elle tentait de dissimuler sa nervosité dans la conversation tout ce qu’il y avait de plus basique avec Mrs Plumer, qui était charmante quand on ne parlait pas de politique – terrain sur lequel Victoria n’oserait certainement pas s’aventurer, il était après tout de bon ton qu’une jeune femme ait les mêmes visions que son époux, ou plutôt futur époux, dans son cas. Son thé refroidissait dans sa main sans qu’elle pense véritablement à le boire pour le moment. Elle avait l’impression d’avoir quinze ans, à ceci près qu’elle n’avait jamais véritablement ressenti cela, à quinze ans. Susan avait utilisé le grade de Victoria, ce qui lui avait fait plaisir, elle-même avait du mal à s’y habituer. Elle avait vraiment l’impression d’être comme tout le monde, ses bonnes manières mises à part, ce qui était un changement bien agréable pour une femme qui avait  toujours été surprotégée. Mais elle ne semblait pas vraiment faire illusion, car au fil de la discussion, Mrs Plumer lui lança, visiblement amusée :

-Attendez-vous l'arrivée de quelqu'un ?

Victoria rougit presque autant que ses cheveux :

-Eh bien… c’est que…

-Bonsoir, Caporal. Bonsoir Madame. Je crois que je suis quelque peu en retard. J'espère ne pas avoir raté le discours, ce serait dommage !

Victoria se retourna, l’accent polonais était parfaitement reconnaissable. Elle croisa son regard, avant de s’arrêter sur son uniforme, surprise. Il avait vraiment sorti l’uniforme d’apparat.

-Tout ceci est... hum... charmant. De quoi oublier la guerre, n'est-ce pas ?

-… en quelque sorte… fut tout ce que Victoria réussit à dire. Mais je manque à tous mes devoirs : Mrs Plumer, Capitaine Karol Tomasz, des forces polonaises, en passe de devenir l’un de nos as. Capitaine, Mrs Plumer, l’une des organisatrices de cette soirée.

Victoria ne mentionna pas Mrs Mathewsen, grande amie de sa mère, mais elle partageait le crédit de l’organisation avec Mrs Plumer, il ne fallait pas l’oublier. Après les salutations d’usage, Mrs Plumer s’éclipsa pour parler à d’autres invités. Victoria la soupçonna de vouloir les laisser seuls, mais elle n’en dit rien. Elle se tourna enfin vers Karol, dont elle avait soigneusement évité le regard jusque-là, pour dissimuler son trouble – bien évidemment dû au fait qu’il soit un pilote de renom ayant sans doute le double voir le triple de ses heures de vol, qu’allez vous imaginer-là. Incapable de finir sa tasse de thé, elle la reposa sur la table à son côté, jugeant l’uniforme de Karol.

-Ce n’était pas aussi formel, vous avez.

A côté de lui, dans son uniforme froissé, elle ne ressemblait pas à grand-chose. Les dames n’avaient de toute façon pas d’uniforme d’apparat, auquel elles substituaient des robes du soir. Elle ne put s’empêcher de remarquer que la couleur de l’uniforme polonais lui allait à ravir. Le bleu RAF ne serait peut être pas aussi saillant, mais qu’importe. Elle regarda nerveusement les quelques couples qui évoluaient sur la piste, pour l’instant en suivant des airs de musique classique joués par l’orchestre du Royal Ballet. Il n’était pas d’usage qu’une jeune dame soit celle qui propose une première danse, avait-elle apprit dans ses cours d’étiquette. Mais ce n’était pas une soirée de la haute société, et il ne l’avait pas invitée pour la regarder dans le blanc des yeux toute la soirée.

-Vous dansez, capitaine ?

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mer 14 Oct - 17:19

La salle était pratiquement vide quand j’étais arrivé, les choses se mettaient encore en place et j’avais apporté discrètement quelques mets dont on m'avait fait la commande. En échange de quelque chose bien sur. Mais je n’étais pas là en ma qualité de marchand au noir, non pas ce soir. Je devais jouer avec les autres musiciens de la soirée. Égayer les oreilles plus ou moins fines des invités de ce gala. Le thème n’était pas bien gaie mais tout avait, semble-il, était mis en place pour l’ambiance soit au beau fixe. J’approchais lentement du piano, passant mes mains lentement sur l’instrument, puis sur les touches une à une, testant leur accord avant de hocher la tête, satisfait.

La soirée avait maintenant bien commencé et après avoir accueilli et salué ma femme et mon fils, je m’étais dirigé vers mon instrument. Un sourire discret aux lèvres, j’avais commencé à jouer en accord avec la mélodie de la violoniste de talent, Brunehilde Hassmann. Il était toujours plus agréable d’être entouré de gens de talents qui respiraient pratiquement la musique plutôt que par des ignorants qui gâchaient tout un concert en ne parvenant pas à suivre. Et la jeune allemande n’avait définitivement pas ce problème. Il est vrai que j’avais un peu perdu l’habitude de jouer avec d’autres personnes. Mes concerts mondains étaient souvent accompagnés d’un fond musical joué essentiellement par ma personne.

Ma place était un peu trop éloigné du monde à mon goût, je n’entendais pas les conversations, ni les murmures secrets des invités du gala et j’avais l’impression de perdre un peu mon temps. Non pas que jouer du piano soit une perte de temps mais je ratais sans doute des informations cruciales en restant à ma place. Profitant d’une pause des autres musiciens, je me glisse doucement dans la foule, attrapant un petit verre de vin au passage. Les ressources sont rares et le rationnement sévère et j’en sais vraiment quelque chose mais ici, le buffet semble bien remplis, les boissons même si elles ne coulent pas à flot sont présentes. Ça ne m’étonnerait pas vraiment de voir quelques piques assiettes récupérer des petites choses pour chez eux plus tard.

Rien de bien intéressant pour mes affaires ne semblaient être discuté autour de moi. Un caporal parlait avec une femme politique que je reconnaissais vaguement. Des militaires étaient éparpillés ça et là dans la pièce. J’apercevais ma femme debattre avec un membre du parti communiste, discrètement avec des mouvements de mains rapides, je me doutais qu’ils parlaient sans doute encore politique. Un sourire amusé aux bords des lèvres, je détournais mon regard de Jeanne.
Je ne savais pas bien à qui parler, je connaissais certaines personnes mais dans le cadre de mes activités illicites et il était rare que l’un d’eux veuille me parler en dehors de nos petits affaires. Une bande d’hypocrites, bien sûr. Mais je n’étais ni déçu, ni étonné par ce genre de comportement. Il fallait bien un bouc émissaire alors le vieux pianiste blessé qui fait du marché noir pour son propre profit devait être une cible de choix. Cela m’amusait plus qu’autre chose et en sortant de la guerre, je serai sans doute le mieux lotis.

Le bruit de ma canne à au moins le mérite d’être étouffé par les paroles et la musique et personne ne semble me remarquer ou l’entendre. Elle n’ajoute jamais vraiment à ma discrétion et je sais que si un jour je dois courir pour me sauver la vie ou m’échapper, mes chances sont très basses, ce qui me rend d’autant plus paranoïaque dans mes affaires. D’un autre côté, cette canne me servait aussi d’arme à l’occasion, quelques petits voyous pensant pouvoir me dérober mes ventes de la journée ou des personnes qui pensaient pouvoir avoir un meilleur échange par la force. Je ne suis de toute façon pas le plus misérable ou le plus vulnérable de la ville. Je me retourne plutôt brusquement agacé de perdre ainsi mon temps et prêt à retourner vers mon piano mais mon mouvement est trop rapide et surprend quelqu’un que je bouscule un peu durement.

« Je suis désolé, je n’ai pas fait attention où j’allais »
Je dis en m’appuyant sur ma canne pour retrouver mon équilibre tout en tendant la main à ma victime pour l’aider à se relever.

précisions:
 
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mer 14 Oct - 17:27

Un peu de mondanité et tout de suite James se retrouvait dans un élément plus familier, où il avait ses marques. Un concert à la National Gallery ? Il fallait couvrir l’évènement et Alistair avait dû jouer un peu du coude pour avoir le mérite de l’article. Mais pour son trop gros zèle, son chef lui avait attribuée une jeune assistante photographe, un peu gauche et hyper impressionnable. Lui qui pensait passer une bonne soirée, le voici chaperon d’une godiche à qui il fallait tout expliquer.  Notamment de se taire pendant le discours de Mrs Mathewsen, il ne voulait pas en perdre une miette, il avait la charge de tout retranscrire pour son article. Voici donc James dans un costume de ville en tweed à saluer diverses personnes avec le sourire. Quand on est journaliste et auteur, sans parler de fêtard, on connaissait la moitié de la salle ! Sans oublier ceux sur qui il a travaillé, les noms à connaître, les visages trop connus pour dire leurs noms … James passait son temps à serrer des mains, et prendre des notes. Qui était avec qui, qui faisait quoi, rien ne devait lui échapper, surtout si l’article devait faire trois colonnes comme prévu. Et derrière lui, la photographe, répondant au nom de Violet, qui lui demandait la moitié des noms et prenait des photos un peu au hasard.

Il vit au loin sa cousine partir danser, et puis Susan Plumer, faisant partie des organisatrices de la soirée, qu'il connaissait ... On pourrait dire même qu'il l'adorait, autant en tant que politicienne qu'en tant que personne. Seulement, Violet avait disparu dans la foule, et il avait besoin de la photographe à ses côtés. Elle se trouvait à papoter avec un homme, une tasse de thé à la main, comme si elle était une invitée. Le journaliste lui aurait bien expliqué qu'ils devaient travailler mais la personne avec qui elle se trouvait le ravisa : il avait plutôt envie de fuir.

« Alfred ? Mais qu'est ce que tu fais là ?
Tu pourrais m'appeler papa quand même !
Oh, votre père est une personne formidable ! lança Violet, toute contente.
Attendez qu'il vous vende Big Ben.
Oh Jamie, profite de la soirée. Veux tu boire quelque chose ? »

James tira la manche de son assistante, ce qui manqua de lui faire renverser sa tasse et l'éloigna d'Alfred, qui irait sans doute parler à tout le monde comme si de rien n'était, qu'il n'était pas un escroc. L'espace d'un instant, le journaliste chercha Isidore sans l'apercevoir, le pompon serait que son ami soit venu avec sa mère ...  Bref, il fallait reprendre le cours de la soirée et voulait retrouver Mrs Plumer pour la saluer, la moindre des politesses. Le jeune homme paniqué et agacé d'il y a quelques instants fit place à un grand sourire.

« Mrs Plumer, je dois vous féliciter pour cette magnifique soirée, je m'engage d'en faire un éloge dans mon article ! Il était sincère, même si son métier lui imposait tout de même quelques politesses d’usage. Je tiens à vous remercier aussi pour la correction de mon article de la dernière session du Parlement. J'espère que vous avez noté les progrès de votre élève ! »

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mer 14 Oct - 23:02

Karol ne connaissait absolument pas les organisatrices de cette soirée. A vrai dire, il avait juste appris quelques rudiments politiques. Il savait que le Roi anglais se nommait Georges... quel numéro il l'ignorait. Et en tout franchise, il s'en moquait un peu. Le Premier Ministre, qui selon la rumeur avait plus de pouvoir, se nomme Wilfried... ou William... enfin quelque chose dans le genre... En définitive, Tomasz ne connaissait rien à la politique anglaise. Aussi, les éventuels officiels qui pouvaient passer sous son nez, n'étaient ni plus ni moins que des êtres humains, parfois un peu hautain. Il salua avec politesse Mrs Plumer, même s'il ne savait pas son prénom... Visiblement ici, ce n'était guère important. En Pologne, les soldats se nommaient par leurs prénoms, surtout dans leur groupe. Samuel Anderson, son instructeur le nommait "Tomasz". Il trouvait cette façon de faire, très hautaine, arrogante, parfois même méprisante. Après, le courant ne passait pas entre les deux hommes, trop fiers pour mettre de côté leurs égos. Du coup, tout ce que l'australien pouvait faire, irritait passablement le polonais, et vice-versa. Ici, tout était un pau étrange. On parlait avoir beaucoup de précautions, beaucoup de formules. Ce côté british ressemblait à de la langue de bois pour le jeune pilote. Mais il trouvait ça drôle par moment. Les bonnes manières, qu'il adorait bousculer, présentaient un côté plaisant et amusant. On ne se rendait pas souvent compte de l'hypocrisie qu'elles colportaient. Peu enclin à mâcher ses mots, le capitaine se régalait de cet étalage de contenance, lui qui passait probablement pour un rustre non civilisée à chaque fois qu'il envoyait paître son interlocuteur, c'est à dire souvent. Quand Victoria parla de ses talents de pilote et de son avenir, il ne put s'empêcher d'ironiser :

- Oui, pour l'heure, j'occupe le poste de suspect que l'on interroge. Peut-être qu'un jour, avant la fin de la guerre, j'aurais le statut d'as... ou pas ! Qui sait vraiment !


Sans doute cela jeta-t-il un froid. Mrs Plumer s'en fut vers d'autres horizons. Karol le regarda partir en se demandant si elle aussi le considérait comme suspect. Honnêtement, il aurait été capable de l'interpeler pour lui demander si le Caporal ne s'était pas tenu à ses côtés. Il mit cette petite vexation de côté. Il essaya de capter le regarda de la magnifique jeune femme qui lui tenait compagnie et se demenait pour qu'il intègre la RAF. Mais celle-ci semblait l'éviter soigneusement jusqu'à ce qu'elle se retourne et qu'elle ne posa sa tasse de thé. Elle regarda sa tenue et lui fit une remarque. D'un geste naturel et automatique, Karol vérifia que son uniforme ne présentait aucun défaut. Que devait-il entendre par "formel" ? Tout ce protocole était si compliqué !

- Vous m'avez conseillé de bien présenter, alors je me suis exécuté. Etant donné que l'on me reproche en permanence de ne pas suivre les ordres et les conseils... Votre pays est difficile à suivre, vous savez... Bien s'habiller pour un événement caritatif, cela me parait logique, surtout si le but de cette soirée est de recueillir des fonds pour les familles des disparus. Ne faut-il pas faire bonne impression ?

Il ne se douta pas un seul instant que Victoria se sente dévalorisée à côté de lui. Il la trouvait magnifique, élégante, fraîche... les qualificatifs ne manquaient pas. Il voulait aussi lui faire plaisir, se montrer sous son plus beau costume pour l'impressionner d'une part et la rendre un peu fière d'autre part. Sa maladresse sembla jeter un froid et comme il ne comprit pas pourquoi, il mit ça sur le compte de la timidité, d'autant qu'elle ne cessait de regarder autour pour ne pas le voir lui. Se doutait-elle qu'en se rendant insaisissable, elle se montrait également désirable ? La frustration de ne pas être l'objet de son attention monta comme une flèche chez le polonais. Il allait lui prendre la main, dans un geste assuré, pour capter son regard mais elle lui coupa l'herbe sous le pied et le déstabilisa. Danser ??? Lui ??? Il resta interdit et regarda les autres couples. Dans son admiration pour la jeune femme, il n'avait pas remarqué le moins du monde qu'il y avait une piste de danse. Danser !!! Il ne savait pas du tout faire ! Il n'assistait pas aux soirées, il vivait pour instruire ou se battre et jusqu'à présent, personne ne l'avait invité à se dandiner sur une piste. Victoria pouvait aisément remarquer sa gêne, car il ne la masquait pas. Il se gratta la nuque, nerveux à son tour et répondit :

- Je n'ai jamais appris...

Que dire de plus ? Il pouvait accepter et passer pour un imbécile heureux ! Vu son caractère, et le fait qu'il n'aimait pas montrer ses faiblesses, il en était hors de question. Refuser et... prendre le risque de la froisser ? Il ne sut donc quoi lui répondre. Avec sa question, mine de rien, elle venait de lui clouer le bec !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
Keep silent and fight !
- J'ai une nouvelle formalité à vous...
- Dégage !


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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Jeu 15 Oct - 21:24

Ce genre de soirée, Brunhilde était née dedans pourrait on dire. Depuis qu’elle était enfant, on l’amenait à ce genre de fête. Même si à cette époque, elle n’en comprenait pas toute la portée maintenant qu’elle était adulte, c’était bien différent. Après chaque représentation, il n’était pas rare que les musiciens se mêlent à la foule pour discuter avec les spectateurs. Elle avait toujours l’impression de revenir quelques années en arrière. Au détour des invités, elle avait cru voir que de dos ce dandy anglais était son père. Elle le revoyait rire avec ses amis et sa mère souriante, pleine de grâce, remerciant les invités. Elle avait encore du mal à croire que tout ça était loin d’elle. Maintenant, elle devait se débrouiller seule, ou presque. Avant de recommencer à jouer, Brunhilde avait besoin de se rafraichir. Elle se dirigea vers le bar et fut surprise de croiser quelqu’un qu’elle connaissait. En soi ce n’était pas le fait de connaître le docteur Harry O’Neill qui était surprenant mais plutôt qu’il soit là. D’après le peu qu’elle savait sur lui, et beaucoup par sa sœur, il était plutôt du genre bourreau de travail. Elle se permit d’ailleurs une remarque à ce sujet. Et il semblait assez gêné. Ce genre de soirée ne devait pas être son quotidien et Brunhilde ne pouvait que le comprendre. Elle ne supportait pas le sang et se retrouver parmi les bactéries et lui n’était pas un habitué des mondanités. Chacun avait été un poisson hors de l’eau le temps d’une soirée. Brunhilde lui sourit et essaya de le rassurer « C’est toujours impressionnant au début mais quand on a compris que tout est une question de faux semblant c’est plus facile. Tout le monde sourit alors que c’est juste pour paraître heureux ou mettre plus de personnes dans sa poche. » Mais aucun d’eux n’était vraiment méchant ou réellement impressionnant. Bon Susan Palmer ou Mrs Mathewsen n’étaient pas le genre de personnes facilement abordables de prime abord. Mais il n’était pas tous comme ça et heureusement. « Pour avoir des fonds, si vous semblez sûr de vous ça devrait bien se passer. Les gens ici sont là pour faire des dons pour les familles des victimes. Alors donner pour un hôpital militaire il n’y a qu’un pas. » Tant qu’à faire autant faire une pierre deux coups. L’hôpital militaire avait de plus en plus de victimes, des fonds supplémentaires ne pourraient pas faire de mal et Brunhilde ne doutait pas qu’Harry trouve quelques fortunes prêtent à faire un geste pour la bonne cause.

Et Harry confirma que ce genre d’endroit n’était pas fait pour lui. Et son histoire de champ de bataille lui fit froid dans le dos. Principalement parce que sur un champ de bataille, Brunhilde serait dans les premières à y laisser sa peau et se dire qu’on pouvait se faire opérer dans ce genre d’endroit lui donna des frissons. Mais en un sens, c’était reconnaître le talent du docteur O’Neill. En soit, c’était aussi ce qu’on lui demandait et il méritait beaucoup de respect pour ses capacités à soigner et sauver des vies. « Pour ça j’avoue, je vous laisse faire. Je ne tiendrai pas deux minutes sur ce champ de bataille là. » Rien qu’à l’idée de tomber malade ou d’être avec des malades, elle avait des spasmes. Il n’avait rien à envier à ne pas être à l’aise à cette soirée. Il rétablissait les blessés, pas sûr que la moitié de la salle participe à l’effort de guerre d’une autre manière que ce soit. Mais impossible d’être parfaitement concentré si on ne se repose pas un peu. La vie des patients pouvaient parfois en déprendre et mieux valait avoir les idées claires et éviter ainsi des erreurs qui pourraient être catastrophiques. « Votre directeur a eu raison de vous forcer la main, cela fait toujours du bien de sortir et de s’aérer l’esprit » dixit celle qui est là pour jouer du violon toute la soirée. Mais c’était pour une bonne cause elle en était sûre. Elle porta son verre à ses lèvres, savourant la douceur du jus de pomme. C’était loin des grandes soirées de Berlin, bien avant la guerre mais c’était mieux que rien. « Et puis pour s’occuper des patients, mieux faut avoir les yeux en face des trous je suppose. »
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 16 Oct - 15:16

Regarder ailleurs que directement vers le pilote polonais était la meilleure tactique que Victoria avait trouvée pour éviter de devenir aussi rouge que ses cheveux – tactique qui ne fonctionnait pas totalement à 100%, était-il utile de le préciser ? Elle réussit tout de même à se reprendre en présentant Karol à Mrs Plumer, et il tenta de faire de l’humour – enfin, du moins c’est ce qu’elle cru – avec la difficulté avec laquelle il passait les différents entretiens de la RAF. Victoria avait presque envie de retenir Mrs Plumer quand celle-ci s’éloigna, pour éviter un moment de gêne entre elle et le pilote sur habillé.

-Vous m'avez conseillé de bien présenter, alors je me suis exécuté. Etant donné que l'on me reproche en permanence de ne pas suivre les ordres et les conseils... Votre pays est difficile à suivre, vous savez... Bien s'habiller pour un événement caritatif, cela me parait logique, surtout si le but de cette soirée est de recueillir des fonds pour les familles des disparus. Ne faut-il pas faire bonne impression ?

-Si, si, mais je pensais simplement à un uniforme propre et bien repassé, répondit Victoria, amusée. Vous vous y ferez vite, ne vous en faites pas.

Il y eut un léger froid entre eux, un silence gênant, ce que Victoria redoutait précisément. Aller, Vicky ! Il n’était certes pas aussi pincé et compliqué que les jeunes hommes avec lesquels elle avait l’habitude d’évoluer en société, il beaucoup plus direct, et semblait perdu. Avec ses grands yeux, elle avait presque envie de le protéger, tout en sachant que vu ce qu’il avait traversé, il était sans doute bien capable de se défendre seul, sauf quand il s’agissait de ce genre d’événements. Le pauvre, il aurait sans doute été complètement perdu s’il avait été invité – et vu sa réputation, ça arriverait sans doute – à des événements un peu plus mondains, où, là, sans aucun doute, son uniforme de parade serait de rigueur. Mais en attendant, Victoria voulait se faire un devoir de briser la glace. Après tout, si elle avait accepté son invitation, ce n’était pas pour rester plantée là comme un piquet, muette. Elle aurait pu le présenter à son groupe de collègues mais, égoïstement, l’idée ne lui traversa même pas l’esprit. La musique était assez entrainante, elle regarda les quelques couples déjà sur la piste évoluer. En voilà une idée ! Sans savoir qu’elle venait d’éviter un contact initié par le pilote polonais, elle se tourna vers lui, et lui proposa de danser. Le visage du jeune homme exprima tout d’abord la surprise, avant de se fermer, et se faire hésitant.

-Je n'ai jamais appris...

Victoria le regarda avec surprise. N’y avait-il qu’en Europe de l’Ouest que les officiers se devaient de savoir danser ? Elle savait que les écoles d’officiers d’Angleterre, de France et d’Italie mettaient un point d’honneur à faire de leurs aspirants des hommes de goûts, et sachant évoluer en société. Mais la surprise de la jeune femme ne dura pas. Elle se redressa, et lissa son uniforme, avant de lui tendre la main, dans le but évident de l’entrainer sur la piste de danse.

-Eh bien, qu’à cela ne tienne, je vais vous apprendre !

Elle lui offrit un sourire engageant, confiant. Après tout, il n’y avait pas de mal à cela. Et pour une fois, il y avait un domaine qu’elle maîtrisait et dont il paraissait ne rien connaître, alors, autant en profiter un peu, et ne pas laisser l’occasion leur échapper.

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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 16 Oct - 19:40

Le véhicule avec chauffeur attitré de mon Père, le colonel Evans, vint me prendre devant les bâtiments de l’Elmers School. Celui-ci étant déjà à son bord, m’attendait assis à l’arrière.

Cela pouvait sembler conventionnel mais depuis qu’il y avait entre nous plus que des rapports familiaux, à savoir un grade hiérarchique à respecter, il était devenu une habitude que je le vouvoie dès que nous étions en publique. Et cela ne me dérangeait pas outre mesure à vrai dire. Que ce soit déterminé par un “vous” ou un “tu”, il demeurait le même pour moi. A ceci près, que j’aimais à le taquiner par moment.


- Mes respects mon colonel ! Fis-je solennellement et lui offrant le salut militaire, penché vers la portière.

- Allez, monte. Je n’aime pas arriver en retard.

Amusé par ce protocole qui n’était pas tout à fait obligatoire devant son chauffeur uniquement, je lui adressais un sourire malicieux avant de grimper à bord.

- Avez-vous passé une bonne journée père ? Pas trop contraignante afin d‘être en forme durant cette soirée.

- Abominable. Mais j’y survivrai. Ta mère ainsi qu’Emily auraient sans doute été ravies d’être présentes un jour comme aujourd’hui. Tu sais à quel point, elles aiment à s’occuper d’oeuvre caritatives. D’ailleurs, j’ai reçu une lettre d’elles ce matin, je te la ferai apporter.

- Emily m’a écrit également père.

Il se renfrogna dans son siège et croisa les jambes malgré l’espace contigu de la voiture.

- Encore quelques secrets dont je ne puis être informés ?

- Vous savez qu’elle ne me cache rien. Mais n’ayez crainte, sa santé est des meilleures et aucune bêtises en vue.

Je tournais la tête vers la vitre, faisant mine d’admirer le paysage afin de ne rien montrer de ce que j’en pensais. En terme de bêtise, celle-ci pouvait être considérée comme déjà faite à vrai dire mais hors de question qu’il soit mis dans la confidence. Et je devais avouer que je comptais un peu sur cette soirée afin de tisser quelques liens supplémentaires, que ce soit en dedans ou en dehors du domaine militaire afin de retrouver cet espèce d'ostrogot, responsable justement de ses malheurs.

Le chauffeur se gara sans éteindre le moteur devant l’entrée et se hâta à venir nous ouvrir la portière, sa casquette sous le bras, et respectant le protocole en nous saluant tout deux. Tout deux portant l’uniforme de cérémonie, de circonstance en pareille occasion, il ne fallut pas longtemps avant que mon père ne trouve quelques connaissances à saluer, se faisant présenter aux familles et épouses par la même occasion et leur rendant la pareille. Et moi, le suivant sans rechigner, me montrant poli mais tout en observant tout de même parmi les invités si je ne reconnaissais pas moi-même quelques visages amicaux.

Mais difficile lorsque ceux-ci, à l’unissons, se tournèrent vers la scène afin d’écouter le discours de bienvenue. Je me penchais alors vers lui.


- Vous voyez, vous n’en n’avez pas raté une miette.

Et c’est cette déclamation terminée et quelques applaudissements plus tard que nous nous dirigions vers le buffet.

- Il y a la de quoi nourrir un régiment. J’imagine le nombre de pique-assiettes présent aujourd’hui juste pour en profiter.

- C’est tout l’attrait d’un buffet père. Que ce soit en temps de guerre ou non.


Ne me sentant pas encore affamé pour l’instant, je laisse père se dresser une assiette de quelques hors-d'oeuvre. Imaginant qu’il aura sans doute une fois de plus, sauté le repas de ce midi pour s’y laisser tenter si rapidement. Quant à moi, je me laisse tenter par un verre et, encore trop sage en ce début de soirée, opte pour une boisson non alcoolisée.

A ma droite, quelques rires fluets attirèrent mon attention. Et j’ai bien l’impression que les deux demoiselles m’observant doivent se moquer gentiment du jus de fruit que je tiens en main. Le prenant avec humour, je lève mon verre en leur direction, accompagné d’un léger signe de tête afin de les saluer et reçois en retour de leurs ravissants sourires.

La fête bat son plein et c’est accompagnant toujours mon paternel, qu’un personnage le percute de plein fouet, lui faisant écraser l’assiette et son contenu sur sa veste immaculée. Je retient un sourire, me forçant littéralement afin qu’il ne le prenne mal alors qu’il fusille cet homme du regard, sort un mouchoir de sa poche et tente de rattraper les dégâts, étalant le contenu de ses petits fours.


- Je vais réparer cela dans les waters, je reviens.

Et c’est jetant de nouveau un regard en biais, l'air agacé, qu’il s’éloigne.

- Un conseil, fuyez désormais à l’autre bout du pays. Sinon ce sera le peloton à l’aube. Mais je plaisante, ce sera sans doute bien vite rattrapé.

Et je me présente alors, n’ayant pas vraiment l’envie de me montrer hostile pour ce qui ne fut qu’une maladresse.

- Thomas Evans, pour vous servir.
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Lun 19 Oct - 0:12

Danser... et puis quoi encore ? Non mais il n'avait pas signé pour ça ! Il voulait se battre, décoller ! Il était pilote, pas danseur étoile ! Il aurait volontiers asséné une pléiade d'arguments à Victoria, mais celle-ci aborda son problème d'une façon telle, qu'il ne put que se taire et faire le dos rond. Elle ne se moqua pas, pas le moins du monde. Dans son regard, on lisait simplement qu'elle ne s'attendait absolument pas à cette situation. Pas de déception, pas de jugement. Tant mieux, car Karol l'aurait extrêmement mal vécu. Il n'aimait pas qu'on pointe du doigt ses faiblesses. Il en avait, comme tous les hommes, mais bien téméraire était celui qui pouvait les nommer ouvertement. Le Capitaine se sentit démuni lorsque sa partenaire lui tendit la main. Elle avait une intensité dans le regard, un sourire si confiant et si irrésistible, qu'il attrapa ses doigts au vol, hypnotisé par son charme et sa détermination. Se pouvait-il qu'elle l'influence sans prononcer la moindre parole ? A mesure que les journées passaient, Karol s'apercevait que cette splendide anglaise ne le laissait pas de marbre. Il passait toujours devant son bureau pour la voir, ne serait-ce que quelques instants. Jusqu'à présent, elle ne décelait pas son manège et elle semblait être la seule dans son service. Le polonais n'était guère un exemple de finesse et de discrétion. En témoignaient le sourire quelque peu amusé des jeunes femmes qui travaillaient avec elle. En fait, au yeux des autres, Karol était un peu le beau militaire un peu séducteur. Ils étaient loin de se douter, comme le principal concerné, que Victoria elle aussi se sentait intriguée. Ce n'était guère par hasard qu'elle voulait lui apprendre à danser. Tomasz se laissa emporter jusqu'à la piste de danse.

- Je vais avoir l'air ridicule...

Elle ne sembla pas tenir compte de sa remarque et se mit à faire quelques mouvements des pieds et des mains. Elle faisait bouger son corps, un peu comme une flamme au bout de l'allumette, avec élégance et grâce. Karol l'observa, hypnotisé par toute la beauté du spectacle. Non, il fallait vraiment qu'il arrête de la dévorer de ses yeux bleus... sinon elle allait finir en le menant par le bout du nez ! Il se mit à bouger à son tour, en essayant de calquer ses mouvements. Le rythme de la chanson était entraînant. Il tâcha d'être dans le tempo mais ce fut délicat. La jeune femme semblait beaucoup plus à l'aise. Le pilote faisait quelques mouvements timorés, bien trop préoccupé par le regard que d'autres porteraient sur lui. Victoria le comprit, puisqu'elle lui prit les mains et qu'elle les entraina dans un rythme très... balançant. Elle faisait exprès d'aller plus doucement que ce qu'il fallait, pour que Karol puisse suivre sans inquiétude particulière.

- Finalement, ce n'est pas trop compliqué... un peu comme faire du vélo !


Il ne se débrouillait pas si mal, en définitive. Dans son uniforme impeccable, il donnait l'impression d'être un parfait gentleman, un peu maladroit certes, mais très courtois quand même. Quand il y songeait, en Pologne, les soldats ne se retrouvaient jamais dans des événements mondains. Déjà, à la base, la mondanité était l'apanage des riches, qui avaient fui le pays à la menace des troupes russes, aux idées bolchéviques et communistes. Et puis, la tradition, la culture n'était pas la même. Lui était cultivé, parce que ses parents l'éduquèrent ainsi. Mais bon nombre de soldats polonais s'enrôlaient pour faire quelque chose de leur vie, sans forcément être de grandes lumières. Peu importait, en Pologne, que les hommes aient de bonnes manières. Le temps libre, les soldats le passaient dans les bars ou dans les maisons closes, à lapider leur solde en alcool et en filles de petite vertu. Telle était la fracture entre l'est et l'ouest. Karol se sentait quelque peu dépaysé. Par chance, il pouvait compter sur Victoria pour se repérer dans une société à mille lieues de son pays natal ! La musique changea, pour être moins entraînante et plus douce. Voyant les autres agir ainsi, le polonais décida de lui-même de faire pareil. Il se rapprocha, jusqu'à poser sa main sur la hanche du Caporal pour débuter un slow. Maintes fois, leurs pieds entrèrent en contact, alors que Karol entreprit de se concentrer pour éviter de les écraser.

- Je suis désolé... cette danse là n'est vraiment pas pratique.

Il lui fit un sourire. L'orchestre accéléra le rythme, comme cela se faisait pour une valse. Conscient de gêner les autres, Karol fit en sorte qu'ils s'éloignent légèrement des couples, pour avoir toute la liberté de mouvement nécessaire.

- C'est étrange cet accélération... Qu'est-ce donc ? Je n'arrive pas à suivre...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
Keep silent and fight !
- J'ai une nouvelle formalité à vous...
- Dégage !


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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mer 21 Oct - 17:05

Federika soupira, se demandant pour la cinquième fois depuis le début de la soirée pourquoi elle avait écouté Anna. Elle aimait beaucoup sa colocataire, mais leurs tempéraments n’étaient pas toujours compatibles, en particulier quand il s’agissait de soirées mondaines. Anna était diplomate, femme du monde, femme de son temps. Federika était… dans son monde. Et son monde était un peu trop secoué depuis quelques années pour qu’elle ait vraiment le cœur à s’amuser. Franchissant les portes de la National Gallery, un tout petit peu en retard, elle abandonna son manteau à un des garçons de vestiaire et suivit la foule, la mine quelque peu fermée et le dos quelque peu raide. Engoncée dans une robe bleue sombre simple et échancrée, elle rejoignit la salle principale, momentanément déstabilisée par la beauté de la salle. En deux ans, de vie à Londres, elle n’avait toujours pas pris le temps d’aller visiter la National Gallery. Elle songea brièvement qu’il faudrait qu’elle y remédie, maintenant qu’elle parlait assez anglais pour pouvoir déchiffrer les explications au bas des tableaux. Elle esquissa un bref sourire devant les œuvres qu’elle détaillait du regard, songeant que sa mère aurait adoré cet endroit.

Federika applaudit poliment le discours de Mrs Mathewsen. Vive le roi, hein ? Les discours patriotiques avaient hélas la fâcheuse tendance à la laisser de marbre. Et surtout, celui-ci avait réussi à lui rappeler que son frère faisait peut-être partie de ces hommes envoyés au combat qui tuaient justement des anglais sur le continent. S’il n’avait pas été arrêté par la Gestapo ou les SS, bien entendu.

Seigneur, la soirée allait être longue.

Atteignant le buffet, elle attrapa un verre de vin et, espérant vaguement que personne ne lui prête trop attention, scanna la foule du regard. Très peu de visages connus, beaucoup de gens déjà réunis en petits groupes – elle aurait mieux fait de venir accompagnée comme Anna le lui avait suggéré, mais ni elle ni Denys n’étaient disponibles ce soir-là. Elle n’avait même pas d’échiquier pour s’occuper – d’habitude lorsqu’elle était conviée à une soirée, on lui proposait de faire une démonstration ou on invitait d’autres joueurs pour animer un peu, mais pour cet évènement les réjouissances étaient plus musicales que mathématiques. Se rapprochant un peu de la scène, pour mieux suivre le concert, elle s’appuya à un pilier et se laissa tranquillement enlever par la musique. Depuis combien de temps n’avait-elle pas assisté à un récital ? A Berlin c’était un événement pratiquement hebdomadaire. Federika ne pratiquait guère la musique (au mieux pianotait-elle quelques mélodies sans conviction) mais elle aimait en écouter. La violoniste avait une sensibilité remarquable – quant à la chanteuse, Ava Masters, elle tomba immédiatement sous le charme de sa voix puissante et enjouée. Voilà qui convenait parfaitement à l’ambiance de la soirée – et lui remontait quelque peu le moral qu’elle avait jusque-là assez morne.

« Miss Stein ? Ca alors, quelle bonne surprise ! » Cette voix joviale força Federika à se retourner, s’arrachant à la musique – elle reconnut Charles Lloyd, détaché au Ministère de l’Information et un de ses anciens élèves d’allemand. « J’espère que la soirée vous plaît, je crois que Susan a passé beaucoup de temps à s’assurer que chaque détail serait irréprochable. »
« Si c’est le cas, elle a parfaitement rempli sa mission. » sourit Federika.

Les réponses de Federika étaient concises, comme à son habitude, mais ça n’avait pas l’air de gêner ce moulin à paroles de Charles qui enchaîna sur une histoire extensive de la musique en Grande-Bretagne – sujet passionnant mais auquel Federika n’entendait rien. Heureusement son verre de vin était aussi là pour lui tenir compagnie.

Finalement, elle réussit à s’esquiver lorsque l’épouse de Charles lui rappela son existence, et Federika en profita pour disparaître sous prétexte d’aller retrouver quelqu’un d’autre. En s’éloignant, elle passa devant un autre groupe – parmi ses membres, la fameuse Ava Masters. L’homme qui se tenait à côté d’elle aperçut Federika, et son regard s’illumina aussitôt.

« By Jove, si ce n’est pas Federika Stein ! » Il se pencha en avant pour lui tendre une main cordiale, qu’elle serra d’un air légèrement surpris. « Pardonnez-moi, mais je suis votre carrière depuis quelques années maintenant. J’ai même assisté à votre dernier match ! Superbe ! »
« Eh bien, que d’enthousiasme, je ne sais que dire. » répondit Federika, vaguement gênée, et autrement plus consciente de son accent allemand dans cette assemblée exclusivement britannique. « Monsieur… ? »
« McAllister, pour vous servir. Et permettez-moi de vous présenter mon amie Ava Masters, l’unique, la merveilleuse ! »

Avec un demi-sourire amusé, Federika tendit une main à Ava, la dévisageant avec curiosité.

« Votre ami a l’air très porté sur les compliments, mais après vous avoir écoutée je crois pouvoir dire qu’il n’exagère pas. » ajouta-t-elle, soucieuse de faire bonne figure.
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Susan Plumer
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Jeu 22 Oct - 18:15

Concert à la National Gallery
When the music goes around, everybody goes to town


La soirée se passe bien, très bien même. Les gens s'amusent, boivent, la musique emplit la salle de la National Gallery,… Oui, lorsque Lady Plumer organise un évènement, elle met les petits plats dans les grands. Et puis, l'un des conservateurs est un ami proche, il ne saurait rien refuser à l'élégante députée.
Le décor raffiné ne saurait cependant masquer la présence de nombreux, trop nombreux uniformes. Armée de terre, de l'air, officiers de marine ou encore étrangers, elle ne parvient pas à tous les identifier.

Celui qui se dirige vers elle fait partie des reconnaissables, toutefois : polonais, et décoré, en prime. Dites donc, le caporal Irvin dispose elle aussi de relations haut placées ! Car Susan a vite compris que le charmant militaire n'a qu'une seule personne en tête, et qu'il ne s'agit pas d'elle… Cette impression se confirme lorsque l'homme arrive auprès des deux dames et qu'il initie la conversation. Déjà, parce qu'il commence par saluer le caporal, alors que selon l'usage, il devrait en premier lieu présenter ses respects à la marraine de cette soirée ; et ensuite parce qu'il dévore littéralement des yeux la rousse, même lorsqu'il leur parle à toutes les deux. Et, à en croire le balbutiement de la plus jeune, elle est loin d'être indifférente au charme du polonais… Ce dernier glisse bientôt une remarque acerbe, qui décide Susan à quitter les jeunes gens pour se joindre à d'autres connaissances.

Certes, elle sait que ce genre de soirées n'est pas bien vu partout, mais il lui semble toutefois que le genre de réaction à moitié outrée de l'officier est déplacé. Après tout, il est bien venu ici, alors qu'il pourrait être en train de voler au-dessus de Londres pour les défendre, s'il y tient tellement ! Mais, comme à son habitude, l'experte en diplomatie cache ses émotions sous un masque impénétrable et un sourire à peine troublé. Elle dépose son verre, vide à présent, sur la première table qu'elle trouve, et poursuit son chemin à travers les robes du soir et les uniformes bien repassés.

Mrs Plumer…

Elle connaît cette voix. La brune se retourne, et fait face avec un sourire, sincère cette fois, à son journaliste préféré. Un des seuls qui la complimente dans ses articles, aussi, mais ça n'est pas l'unique raison de leur amitié -car elle le considère comme un véritable ami, bien qu'ils n'aient jamais abordé le sujet aussi frontalement.

…Je dois vous féliciter pour cette magnifique soirée, je m'engage d'en faire un éloge dans mon article !

James, je crois vous avoir déjà dit que vous pouviez m'appeler Susan,
lance la députée travailliste avec entrain.
Et quant à cette soirée, je n'en suis pas la seule organisatrice : pensez à féliciter également Mrs Matthewsen, sans qui nous ne serions pas ici !


Ce n'est pas de la fausse modestie, elle déteste cela : en réalité, heureusement que la susdite Mrs Matthewsen est venue à son secours pour arranger la soirée avec les autorités… Mais le journaliste est tellement enthousiaste, et cette vivacité est tellement rare dans ce milieu majoritairement composé de gentlemen empâtés ou de demoiselles sans cervelle ! C'est l'une des raisons pour lesquelles Lady Plumer l'apprécie tant, et elle s'en voudrait de lui gâcher la fête.

Je tiens à vous remercier aussi pour la correction de mon article de la dernière session du Parlement. J'espère que vous avez noté les progrès de votre élève !

Oh, mais ce n'est rien, c'est même un plaisir pour moi : et oui, vous évoluez beaucoup… Vous êtes certain que le journalisme politique ne vous tente pas ?
Ajouta Susan en riant, connaissant déjà la réponse de l'Anglais.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Jeu 22 Oct - 23:21



    « Mrs Mathewson à le plaisir de vous conviez… »

    A peine Isidore pu déplier son invitation, qu’elle s’en était saisie avec un ravissement proche de la folie… Elle ne lui avait pas laissez le choix : « elle se devait d’être là ». C’est donc une Liane Hood surexcitée qui se trouvait aux côtés de son fils dans l’auto tandis que Pagode les conduisait silencieusement vers la National Gallery.

    -Tu n’étais pas invitée, maman : je te le répète ! s’énervait Isidore en triturant machinalement son nœud papillon.

    -En tant que mère d’un soldat, il faut bien que je fasse mon devoir de patriote mon chéri ! s’exclama la mondaine délurée en posant une main gantée sur son cœur.

    On aurait cru Swann un pied dans le Styx à l’écouter ! En l’occurrence il allait très bien pour le moment, ses lettres arrivaient régulièrement : pas besoin de faire tout un drame… Mais Isidore, et le reste de la famille d’ailleurs, n’était dupe sur les intentions « patriotiques » de Liane. Dès qu’elle entendait parlée d’une fête, d’une course hippique, d’une garden-party : la voilà qui faisait des pieds et des mains pour venir ! C’était à la limite du caprice… Elle avait obligé Isidore à remplacer sa fiancée Anna par son propre nom sur le carton réponse ! Tu parles d’une femme du monde…, pensa ironiquement le jeune couturier d’un air pincé en observant sa mère retoucher son rouge à lèvres dans un miroir de poche.

    Malgré cette contrariété, lorsqu’ils pénétrèrent dans la National Gallery où les invités commençaient à s’acheminer, il reconnaissait avec un sourire amusé que sa mère avait l’art de fendre la foule comme une reine dans sa robe argentée tandis qu’il la suivait sur ses talons. Après quelques saluts protocolaires avoir saisi des coupes de champagne, l’orchestre se tût pour laisser la parole à la principale instigatrice de la soirée : Mrs Mathewson. Liliane buvait autant ses paroles que son champagne et Isidore cherchait du regard s’il n’y avait pas des amis proches dans les environs. Il cherchait surtout son James à dire vrai et espérait que le père de celui-ci ne se soit pas glissé dans la liste des invités… Si Liliane croisait encore une fois la route d’Alfred Alistair, il n’était pas sûr de le supporter… Le discours arriva à son terme, tout le monde applaudit et l’orchestre reprit un nouveau morceau.

    « Quelle grande dame ! s’exclama sa mère comme si elle avait entendue des paroles d’évangiles. Oh ! Mais ce ne serai pas Alfred là-bas ?

    L’effroi. Glacial. Isidore tourna son regard dans la direction indiquée par sa mère et réagit comme au contact d’une décharge électrique ! LUI ! Encore !

    -Oh non non, lui je ne le connais pas. Tes yeux doivent te jouer des tours ! Viens donc : je crois avoir vu un ami de papa par ici.

    Il attrapa sa mère par le bras et l’attira loin de la vue de monsieur Alistair. Il allait falloir redoubler de prudence : Isidore était prêt à supporter toutes les mondanités de la terre, mais pas une seule anecdote de plus sur la « folle » jeunesse parisienne de sa mère. Par chance ils tombèrent sur une amie de Liane rencontré au country club. Parfait ! Elle allait parler avec cette dame pendant des heures sans ne rien voir autour (ou presque). Soulagé, Isidore s’excusa poliment et quitta les deux femmes en sortant une cigarette de son étui en argent comme la récompense d’un travail bien fait. On avait frôlé la catastrophe ! Alors que le brun allumait machinalement son tabac, il put voir James approcher de sa cliente favorite : Susan Plumer. Enfin des visages plus familiers ! Un large sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’il approchait de son complice aux cheveux de feu et de la politicienne de renom. Celle-ci portait d’ailleurs une de ses dernières créations : splendide !

    « Bonsoir Mrs Plumer ! Je ne sais pas qui vous habille : mais cela vous va comme un gant, plaisanta le couturier en jouant avec sa cigarette entre ses doigts. Bravo pour cette soirée, le tout Londres est là ! Puis il se tourna vers son ami/amant. Et mon cher James : où est donc passé le smoking que je t’ai fais livrer ? demanda-t-il en arquant un sourcil, faussement vexé. L’aurai-tu mangé ? Encore…»

    Puis profitant d’un instant opportun, il se pencha à l’oreille de James pour l’avertir :

    « Alerte Paris, code rouge. La gazelle est de sortie. »

    Ils allaient devoir être sur leur garde et surveiller du coin de l’œil le père Alistair et la mère Hood… Décidément, ces soirées mondaines peuvent se révéler sportives !



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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 23 Oct - 18:50

Il y avait deux types de politesse : les vraies et les fausses. En tant que journaliste, les secondes sont souvent d'usage en public, surtout avec des personnalités émanant de la classe politique ou des hautes sphères, il ne valait mieux pas se mettre à dos des personnes qui pouvaient servir. Heureusement, un journaliste reste un être humain et appréciait certaines personnes, comme Susan Plumer. Sans doute avoir grandi avec quatre femmes, avoir un père absent, escroc avait rapproché le jeune homme des idées de la députée, sans oublier être charmé par la personnalité de la femme, du caractère et en même temps beaucoup de sympathie. Si tous les politiciens pouvaient être comme ça !

« James, je crois vous avoir déjà dit que vous pouviez m'appeler Susan.
C'est vrai, j'y arriverais un jour, je vous le promets, répondit-il avec un sourire amusé.
Et quant à cette soirée, je n'en suis pas la seule organisatrice : pensez à féliciter également Mrs Matthewsen, sans qui nous ne serions pas ici !
C'est prévu, j'ai l'honneur d'une interview. On doit venir me chercher quand elle aura un instant de libre. Mais je suis certain que Mr Matthewsen n'aurait pas pu réussir sans vous. »

Il avait la flatterie facile et même s'il donnait l'impression d'en faire trop en cet instant, James restait sincère. Quelle personnalité politique trouverait le temps pour l'aider, lui faire comprendre la politique ? Depuis son entrée au Times, il s'était cantonné aux rubriques littéraires, culturelles et enfin mondaines. S'il connaissait les grandes lignes politiques, jamais il n'aurait imaginé assister à une session parlementaire, devoir prendre des notes et devoir faire un article de tout cela. Avec la guerre, il ne restait au journal que les vieux journalistes, les femmes non volontaires et les estropiés, cela limitait les présences, et il fallait se montrer polyvalent, même si cela avait ses limites. D'où le besoin d'aide de James lorsqu'on lui demandait de couvrir un événement politique.

« Oh, mais ce n'est rien, c'est même un plaisir pour moi : et oui, vous évoluez beaucoup… Vous êtes certain que le journalisme politique ne vous tente pas ? James se mit à rire de bon cœur.
Je veux bien remplacer, être un faux volontaire, mais de là à rester dans ce domaine … Il fit un grand sourire, amusé. Puisque les mondanités sont limitées, on m'envoie là où il y a une place vacante. Apparemment, je fais bien mon job car mon patron ne voulait pas que je travaille ce soir. Sans doute a t'il peur que je retombe dans mes travers de mondains. Vous savez, ce monde dépravé à base de paillettes et de m'as tu vu. »

Voilà comment le patron de James voyait les mondanités, lui qui n'aimait pas se trouver en compagnie de cinq personnes et dont les réunions de presse étaient un cauchemars. James aimait bien s'en moquer, il avait vécu assez de soirées pour en connaître les teneurs, surtout dans le genre de celles-ci où les dépravations n'auraient surtout pas lieu, sous peine de se prendre un coup de sac de Mrs Matthewsen.

Puis une personne vint agrandir le cercle de la conversation, et rien qu'aux premiers mots, il reconnut son grand ami Isidore. Tournant la tête vers lui, James voyait bien la classe qui se lisait sur chacun de ses gestes, il lui fit un petit sourire pour le saluer, et devinait ce qu'il allait lui dire quelque chose sur sa tenue. Bingo.

« Et mon cher James : où est donc passé le smoking que je t’ai fais livrer ?  L’aurai-tu mangé ? Encore…
Non, je n'ai juste pas eu le temps de repasser chez moi, mauvaise langue. Il haussa les épaules, désinvolte. Et puis il paraît que je ne dois porter un smoking que si ma cavalière porte une robe de soirée. A toi de juger … D'un geste de la tête, il montra l'assistante photographe Violet, qui était élégante, mais pour la journée avec son chemisier blanc et sa jupe à carreaux arrivant aux genoux. Et si je ne suis pas élégant, seules les organisatrices peuvent me blâmer, n'est-ce pas Mrs … Susan ? »

Il se rattrapa de justesse pour donner le prénom de la députée, et non par son nom ! Comme quoi, il suffisait de le rappeler à l'ordre parfois …  

Puis alors que Susan fut saluée par une personne, son amant lui parla à l'oreille, dans ce code qu'il connaissait trop bien.

« Alerte Paris, code rouge. La gazelle est de sortie.
Le renard est sorti de son terrier, prudence. »

Ils avaient tellement honte de leurs parents, du monde de sa mère pour Isidore et d'Alfred pour James qu'ils ne les nommaient pas par les prénoms mais plutôt par des codes façon Radio Londres. Ils faisaient cela depuis qu'ils avaient découvert que les deux se connaissaient de leur jeunesse à Paris, et chaque fois que Liliane et Alfred se voyaient, elle gloussait et lui jouait son playboy, sans gêne devant les deux jeunes gens. Mais tout de même, James fronça les sourcils :

« Pourquoi tu l'as emmenée ? Tu sais bien que le goupil arrive à entrer partout, il est attiré par la foule … il va falloir la jouer fine, terrain miné. »


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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Dim 25 Oct - 23:03

Ah Nils, vous voilà. Que pensez-vous de ma tenue ?” Devant le miroir du hall d'entrée, Andrew s'admirait tout en lissant les manches de son costume. Un coup d'oeil sur sa montre lui apprit qu'il était en retard mais il ne se dépêcha pas outre mesure. Il y aurait tellement de monde à ce concert caritatif que Susan ne s'apercevrait même pas de son absence. “Monsieur, vous êtes parfait.
-Merci Nils, je suis certain que vous êtes honnête. J'ai donné toutes mes instructions à Susan concernant Emily, vous n'avez donc pas à vous en faire.” Andrew avait en effet demandé à sa soeur de venir passer la nuit chez lui pour s'occuper de sa fille. Passer un peu de temps avec sa nièce lui changerait les idées. Le fiancé de la jeune femme n'avait pas donné de nouvelle depuis plusieurs mois, et l'on se demandait s'il ne figurait pas parmi les victimes de la bataille de Dunkerque.
Tant que votre chat reste avec elles et me laisse tranquille, ça me va, répondit le majordome.
-Oh Nils, je suis sûr que vous pourriez bien vous entendre, tous les deux.” Sur cette dernière parole, le jeune homme quitta son domicile pour rejoindre la National Gallery.

La soirée battait déjà son plein lorsqu'il arriva dans la salle de réception. Des notes de violon en bruit de fond ajoutaient à l'atmosphère chaleureuse sûrement souhaitée par les organisatrices. Néanmoins, on ne pouvait refaire la société anglaise : les autres invités se tenaient tous bien, on pouvait même dire qu'ils étaient un peu guindés, il fallait l'avouer. Saluant des personnes connues, Andrew se dirigeait peu à peu vers le buffet, espérant qu'il restait encore un peu d'alcool malgré les restrictions. Il n'avait pas très envie de passer toute la soirée avec du thé. Les stocks de champagne étaient déjà bien diminués, le jeune homme se jeta donc sur une coupe et la saisit avant qu'une autre personne ne le fasse.

Une fois la précieuse coupe à la main, il se promena dans la salle de réception. De loin, il aperçut Susan Plumer, l'une des deux organisatrices de la soirée et amie très chère. Elle semblait être en train de discuter mais Andrew n'avait généralement aucun mal à s'intégrer dans les conversations. Armé de son sourire habituel, il se dirigea vers elle, et reconnut l'un des deux hommes qui l'accompagnaient : James Alistair, écrivain à succès et journaliste.
Susan ! Je suis désolé de n'avoir pas pu venir plus tôt et assister au discours d'ouverture. J'espère que vous ne m'en voulez pas. La salle de réception est magnifique, mais je n'en attendais pas moins de votre part.

Puis, se tournant vers le journaliste et son ami, il les salua avant de poursuivre. “Mr Alistair ! Toujours vivant ? Votre dernier article sur votre mésaventure a fait grande impression. Quel courage vous avez eu pour prendre des photos alors que votre vie était en danger. Peut-être que cet événement vous inspirera pour votre prochain roman.” Le jeune journaliste avait en effet survécu, par chance, à un bombardement dans les alentours de Londres. Il en avait fait un article palpitant. “Votre article est digne des plus grands romans d'aventure. A faire pâlir Jules Verne”. On sentait, au ton d'Andrew, qu'il se moquait (gentiment) de James. Néanmoins, Alistair ne fut pas très amusé par les propos de Malow et répondit d'un ton agacé.

Susan, cette soirée promet d'être une grande réussite, reprit Andrew à l'attention de son amie. J'ai aperçu quelques-uns de nos amis députés qui n'avaient pas l'air enchanté de me voir. Je ne comprends pas pourquoi. Certes, la dernière séance à la Chambre fut houleuse, et je n'y fus pas pour rien, mais tout de même, vont-ils m'en vouloir à vie ? Toujours est-il que je les ai ignorés, je leur dirai ce que je pense une autre fois. Ce soir, en l'honneur de nos soldats et des familles touchées par la guerre, je serai d'un comportement exemplaire. Notez mes efforts, j'espère que vous apprécierez.

Le jeune homme offrit son plus beau sourire à la députée pour lui prouver sa bonne foi.
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Mar 27 Oct - 21:20

Quand on est une lady accomplie, rien ne nous paraît impossible, et l’on sait faire face à toutes les situations : c’était ce que la gouvernante, puis l’école, avait apprit à Victoria. Le capitaine Tomasz ne savait pas danser ? Eh bien, il n’y avait qu’à lui apprendre, ce n’était pas plus compliqué que cela ! Savoir danser était un passage indispensable dans le monde dont la jeune femme venait. En Angleterre, toutes les couches de la société ou presque savaient danser, et avec toutes les soirées organisées pour remonter le moral des troupes – presque une par semaine, rendez-vous compte ! – s’il n’apprenait pas maintenant, il risquait vite de s’ennuyer. Victoria lui avait tendu la main, engageante. On apprenait à tout âge. Il finit par se laisser convaincre et Victoria l’entraina sur la piste alors qu’un swing battait son plein.

-Je vais avoir l'air ridicule..., marmonna-t-il, hésitant.

Victoria haussa les épaules. Qui, dans cette foule, ferait attention ? Bien évidemment, c’était parce qu’elle était ici incognito ou presque qu’elle avait de telles pensées.

-Vous avez confiance en moi ?

Le rythme rapide de la danse était peut être un peu trop comme premier exercice, mais elle savait qu’il pouvait relever le défi. Il avait fait la bataille de France, ce n’était pas une petite musique qui allait lui faire peur, tout de même !

-Alors, vous mettez votre main gauche sur ma taille, et la droite, dans la mienne. Regardez mes pieds. Et 1, 2, 3, 4…

Victoria pausa sa main droite sur l’épaule de son cavalier et se mit à effectuer le pas de base du swing, avec une lenteur exagérée, qui ne correspondait pas du tout au tempo rapide de la danse, ni à la complexité de ses variations, mais qui s’en souciait ? Tout le monde était occupé avec ses partenaires. Et une fois la première appréhension passée, Karol se débrouillait très bien. Etre aussi proche physiquement la mettait beaucoup moins mal à l’aise car ils n’étaient pas seuls, et en train de danser, mais seuls à seuls, elle n’aurait jamais su où se mettre et serait sans doute devenue aussi rouge que ses cheveux. Elle avait déjà du mal à croire qu’elle réussissait cet exercice avec un tel naturel. Il était adorable de simplicité quand il se concentrait pour effectuer un exercice qu’il ne maîtrisait pas du tout, et cette fragilité la toucha beaucoup plus que de le voir pérorer dans les bureaux du ministère, bien que cela l’ait grandement impressionnée au premier abord.

- Finalement, ce n'est pas trop compliqué... un peu comme faire du vélo !

Victoria éclata de rire, un rire frais, soulagé, où pas une once de moquerie ne pouvait être décelée.

-Vous voyez, ce n’est pas si difficile !

La musique se termina, et le couple se sépara. Victoria applaudit l’orchestre, évitant de regarder les yeux ténébreux de Karol qui la faisait rougir comme une collégienne. L’orchestre salua, et se remit en place, pour commencer un foxtrot. Quand on ne s’y connaissait pas bien, on pouvait en confondre les premières mesures avec une valse, mais vu le contexte actuel et le pays de naissance de cette dernière, mieux valait s’en tenir à un bon foxtrot bien britannique. Elle reprit la main de son cavalier pour la soirée, qui, somme toute, semblait bien s’amuser lui aussi. Elle en fut heureuse, il avait eut l’air si… sombre quand elle lui avait proposé de danser avec elle, qu’elle avait craint un instant qu’il ne la traite comme une petite fille futile. Les pas du foxtrot n’étaient pas beaucoup plus compliqués, mais ils semblèrent causer des problèmes à Karol qui buta contre les pieds de Victoria. Son égo s’en senti un peu mieux, elle devait bien l’admettre.

- Je suis désolé... cette danse là n'est vraiment pas pratique.

-Ce n’est pas grave, on ne devient pas un grand danseur en dix minutes.

Karol l’attira en arrière, un peu plus loin de la piste de danse, pour avoir plus de place, tentant de rester concentré. Victoria le suivit, s’éloignant au calme, mais où ils pouvaient toujours entendre la musique.

-C'est étrange cette accélération... Qu'est-ce donc ? Je n'arrive pas à suivre...

-C’est un foxtrot. C’est un peu plus difficile, car il faut être plus rigoureux. Mais déjà, le cadre n’est pas bon.


Victoria plaça le bras de Karol de manière à ce qu’il fasse un angle droit, bien rigoureux. Le swing était plus souple, le foxtrot, danse de la noblesse, demandait d’être plus droit. Une fois que le cadre était bon, tout suivait, mais il fallait faire attention à ne pas s’emmêler les pieds. Victoria se colla de nouveau à lui, dans une proximité que seule la danse autorisait, et lui montra l’enchaînement.

-1, 2, 3, 4…

Elle parti en arrière, entrainant Karol dans la promenade du foxtrot, avant de s’arrêter, les deux mains posées sur le haut du torse du jeune homme, ses yeux dans les siens, et ce n’était absolument pas politiquement ni socialement correct.

-Si vous avez besoin d’une pause, n’hésitez pas à le dire.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


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Dernière édition par Victoria Irvin le Lun 30 Nov - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 30 Oct - 21:26

Concert à la National Gallery
When the music goes around, everybody goes to town


Susan a la sensation d'être le centre de l'attention, et il faut dire qu'elle apprécie. Certes, elle partage ce plaisir avec Mrs Matthewsen, mais n'ont-elles pas organisé ensemble ce prestigieux évènement caritatif ?
Fière, elle songe, quelque peu revancharde, à son ex-mari. Lord Robert Plumer doit en ce moment même fumer un cigare malodorant, dans un quelconque salon gris de fumée, avec ses pairs (tous de vieux bonhommes grincheux, si vous voulez l'avis de Susan) ou avec sa nouvelle femme (d'une vulgarité innommable, toujours selon l'élégante députée)… Oh oui, elle le juge. N'en a-t-elle pas le droit ? Lord Plumer l'a trahie, après tout… Après que, pour lui, elle ait renoncé à son amour du milieu artistique, après qu'elle se soit effacée à son profit au cours de nombreux dîners, thés, garden-parties, qu'elle organisait en son honneur… Après tout cela, il a encore trouvé le moyen de l'humilier avec cette @#µ£§ de blonde américaine mal éduquée !
Mais passons. Ce soir n'est pas celui de Robert, pour une fois ; pour une fois, Susan n'a pas à prétendre qu'elle n'a aucun mérite. Elle est sous les feux de la rampe, elle est intouchable, pour un soir. Elle sourit en voyant du coin de l'œil que Lady Irvin semble apprécier son cavalier, à qui elle tente d'apprendre la dernière danse à la mode, et en même temps, écoute avec attention les paroles du journaliste rouquin à qui elle plaît tant.

Puisque les mondanités sont limitées, on m'envoie là où il y a une place vacante. Apparemment, je fais bien mon job car mon patron ne voulait pas que je travaille ce soir. Sans doute a t'il peur que je retombe dans mes travers de mondain. Vous savez, ce monde dépravé à base de paillettes et de m'as-tu-vu.

Mais je puis vous le confirmer, vous faites un excellent analyste politique, James ! J'espère que, lorsque vos collègues seront de retour, vous ne m'abandonnerez pas tout à fait…

Et voilà. En filigrane, sans même avoir l'air d'y toucher, la guerre s'est invitée dans ses paroles. Mais comment l'éviter ? Après tout, cette soirée n'est-elle pas dédiée à ses victimes ?
Susan est sincère toutefois. Bien sûr, comme tous ici, elle souhaite que se termine l'abominable conflit… Mais les articles flatteurs du jeune Alistair lui manqueront, lorsque le jour viendra du retour à la maison des soldats au front. Pour une fois qu'elle n'est pas descendue en flèche par la critique, elle aimerait e profiter un peu tout de même.

Mais avant que la conversation n'ait été plus avant, un nouveau jeune homme, lui aussi connu de la travailliste, fait irruption.

Bonsoir Mrs Plumer ! Je ne sais pas qui vous habille : mais cela vous va comme un gant ! Bravo pour cette soirée, le tout Londres est là !

Décidément, encore et toujours des compliments ! Elle a de la chance, ce soir : mais le styliste Isidore Hood n'est sans doute pas tout à fait désintéressé, puisque c'est lui qui est à l'origine de la robe portée ce soir par Susan. Rentrant dans le jeu, celle-ci continue ironiquement :

Cher Mr Hood, je pense également que le concepteur de cette robe est un pur génie de la mode ! Et pour ce qui est du tout Londres, j'espère bien que non : les invités ont été soigneusement triés sur le volet !

Hors de question en effet pour cette grande perfectionniste devant l'Éternel de laisser quoi que ce soit au hasard : bien qu'elle ne connaisse pas toutes les personnes présentes, celles-ci font partie de la meilleure société (du moins à ses yeux), c'est la moindre des choses.

Et si je ne suis pas élégant, seules les organisatrices peuvent me blâmer, n'est-ce pas Mrs … Susan ?

Mais vous êtes très bien comme cela, James, un smoking ne ferait que vous transformer en pingouin !

Souriante, distinguée, elle observe discrètement les messes basses de son couturier favori et du journaliste : ces deux-là semblent s'entendre comme larrons en foire, et c'est tant mieux. Jeunes hommes aussi prometteurs l'un que l'autre, ils ont très certainement l'avenir devant eux ! Ils lui rappellent un peu la relation qu'elle-même partage avec l'ambassadeur de Norvège, confident et ami très cher… Mais absent ce soir, sans doute retenu par d'autres obligations.

Avant qu'elle n'ait le temps de se morfondre, un troisième homme surgit devant elle. Un ami, encore une fois, bien qu'aussi un collègue, Andrew Malow fait partie des rares électrons libres de la Chambres des Communes, ce qui en fait un allié appréciable, d'autant plus que sa conversation est des plus charmantes.

Susan ! Je suis désolé de n'avoir pas pu venir plus tôt et assister au discours d'ouverture. J'espère que vous ne m'en voulez pas. La salle de réception est magnifique, mais je n'en attendais pas moins de votre part !

Et il ne se dément pas, ce soir encore. Ravie de le voir se joindre à l'évènement, Susan n'a que le temps de le remercier avant qu'il ne se tourne vers James Alistair pour lui présenter ses saluts. Mais l'attention d'Andrew revient ensuite se fixer sur son ancienne partenaire conservatrice, et le sujet du travail arrive :

Susan, cette soirée promet d'être une grande réussite. J'ai aperçu quelques-uns de nos amis députés qui n'avaient pas l'air enchanté de me voir. Je ne comprends pas pourquoi. Certes, la dernière séance à la Chambre fut houleuse, et je n'y fus pas pour rien, mais tout de même, vont-ils m'en vouloir à vie ? Toujours est-il que je les ai ignorés, je leur dirai ce que je pense une autre fois. Ce soir, en l'honneur de nos soldats et des familles touchées par la guerre, je serai d'un comportement exemplaire. Notez mes efforts, j'espère que vous apprécierez.

Vous êtes trop aimable, comme toujours, Andrew. Pour ce qui est de nos estimés collègues, je ne comprends pas moi-même toutes leurs réactions… Mais vous y avez peut-être été un peu fort cette fois, ne croyez-vous pas ?

Pour avoir fait face, plus jeune et moins expérimentée, aux critiques acerbes des parlementaires, Susan ne peut que comprendre Andrew. Les députés sont habitués à l'hypocrisie, mais certains d'entre eux ne se donnent pas la peine de cacher leur ressentiment face à leurs adversaires politiques, surtout lorsque ceux-ci sont moins aguerris qu'eux.

Je prends note de votre politesse, mon ami. Votre respect de nos soldats, ainsi que de mes efforts, me touche plus que je ne saurais vous le dire ! Prenez soin toutefois de vous amuser, quand même, au risque de déplaire à nos râleurs préférés, ajoute la lady en lançant un regard à trois autres collègues plus âgés qui ronchonnent au milieu de la foule.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 6 Nov - 15:49


 « -Miss, vous allez être en retard ! Dépêchez-vous !
-Mina, j'ai du temps, la soirée commence plus tard…
-Mais Mrs Plumer a bien précisé que vous deviez être là avant les convives, et Mr Seymour vous attend en bas. »

Avachie sur son sofa, Ava baissa son journal et posa un regard ennuyé sur sa camériste, lâchant un profond soupir. Seymour était un être infernal.
 « -Bien, fit-elle avec lassitude. Si monsieur Seymour a dit, je vais me plier à sa volonté. »

Tout en échangeant son déshabillé de soie pour sa robe de gala, Ava ne pouvait s'empêcher de penser à la soirée qui venait, et tout le symbole qui l'accompagnait. Depuis trois années, sa vie d'artiste avait pris un tout autre tournant, et cette soirée caritative en était une parfaite preuve. Désormais, elle ne pouvait plus être célèbre si elle ne participait pas à l'effort de guerre, et son image n'était plus seulement celle d'une femme qui avait réussi, celle d'une artiste offrant quelques notes de bonheur à son public, mais celle d'une personne dont la célébrité pouvait aider et soutenir des soldats et des familles endeuillées. Elle avait compris cela dès 1937.


Dans sa loge improvisée au National Gallery, elle s'adressa un dernier sourire avant de passer une couche de rouge à lèvres. La guerre ne devait pas la forcer à oublier sa féminité et celle-ci devenait même une arme de propagande. Daniel Seymour, son nouvel impresario depuis 3ans, ne manquait jamais de le lui rappeler.

 « -Ava, dépêche-toi ! Les musiciens sont prêts, on n'attend plus que toi ! »
La jeune femme se retint de répliquer qu'en tant qu'artiste, une partie de son métier consistait à se faire désirer, et rangea son tube de rouge à lèvres, avant de monter sur la scène, saluant au passage Mrs Mathewson dont elle n'avait pas entendu un traître mot du discours d'ouverture.

 « -Très beau discours, »la complimenta-t-elle dans un parfait sourire avant de s'avancer vers le micro. Là.  Derrière ce petit objet, les musiciens derrière elle, elle pouvait enfin être elle-même. Elle adressa un regard de connivence à Anghus et adressa un large sourire au public.
Les notes résonnèrent derrière elle, la pièce s'effaça, elle posa son regard sur l'aveuglante lampe qui l'éclairait, et laissa les mots glisser.

Trois, quatre chansons. Tel avait été le contrat officieux passé entre Daniel Seymour et Susan Plumer. Ava n'avait pas souhaité intervenir, sachant que Danny ne voulait pas de son avis, mais surtout pour éviter de croiser le regard de la politicienne, celle qui avait planté un couteau dans son dos. La pilule n'était toujours pas digérée et une rencontre publique pouvait être du moins bon effet pour son image.
Hors de scène, alors que Daniel poussait Ava à aller présenter ses hommages à Plumer, celle-ci parvint à s'esquiver et reconnu le visage salutaire de Henry MacAllister, un de ses fervents admirateurs de longue date. Il était l'un des rares amis d'un ancien amant à rester dans son entourage.

« -Ava ! Quelle belle surprise ! Ce tour de chant était parfait, comme toujours. Il lui prit la main qu'il baissa galamment. Le choix des morceaux a égayé cette soirée et remis du baume au cœur de tous, j'en suis certain. 
-Vous êtes toujours trop expansif sur mon art, Henry. Mais s'il vous plaît, puis-je vous demander de m'éloigner de Seymour ? Il veut absolument que je reste attachée à ses guêtres, comme un enfant incapable de se comporter en soirée ! » Son regard s'assombrit à cette idée. Depuis 37, Daniel Seymour, catapulté dans le rôle d'impresario par sa maison de disques, tentait de contrôler les moindres faites et gestes de la jeune femme, dans l'idée de faire d'elle une poupée de salon, une parfaite marionnette à vendre des disques. Il était si loin de Palmer qu'Ava regrettait souvent son départ de Paris, et le suicide de son ami. Les temps tournaient trop vite, la guerre apportait son lot d'obscurité, à chaque couche de la société.

MacAllister l'emmena loin du regard de Seymour, et attrapa deux verres de champagne, avant que d'autres convives ne les rejoignent pour féliciter la jeune femme.

« - By Jove, si ce n’est pas Federika Stein ! »
Ava assista surprise à l'échange : un match ? Vu la consistance de la jeune femme, elle l'imaginait mal jouer au tennis ou au polo ...et cet accent allemand… ! Stein, ce nom ne lui signifiait encore moins de chose. Ce sentiment de ne pas appartenir au même monde revint, pointant son nez après quelques années à naviguer dans ce milieu mondain. Encore une fois, malgré l'aide de Vicky Irvin, Ava passait pour une idiote, à ne pas connaître ceux dont elle se devait de retenir les noms.
« -McAllister, pour vous servir. Et permettez-moi de vous présenter mon amie Ava Masters, l’unique, la merveilleuse !
-Je suis enchantée de faire votre connaissance, la salua-t-elle poliment, non sans un accent de réserve dans la voix. N'écoutez donc pas Henry, il n'écoute pas assez mes collègues.
-Votre ami a l’air très porté sur les compliments, mais après vous avoir écoutée je crois pouvoir dire qu’il n’exagère pas. »
Habituée à ces compliments polis, Ava se contenta d'un aimable sourire.
« -Je vous remercie. Mais pardonnez-moi, Henry connaît tant de monde que je passe parfois pour une inculte, reprit-elle en se forçant d'avoir un ton amusé, mais gênée de la situation. Je crains ne pas connaître votre nom, ni même la nature de vos matches ! Êtes-vous une sportive de renom, venue en Angleterre pour disputer une importante coupe? »

Pour faire bonne figure, elle bu une petite gorgée de champagne – sous le regard d'aigle de Seymour au loin – et afficha le sourire de convenance le plus parfait possible.
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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Ven 6 Nov - 23:53

Karol préférait cent fois être à bord d'un avion plutôt que de danser là, devant tout le monde. Il se laissa conduire par Victoria, en essayant de ne pas trop penser aux personnes qui pouvaient se gausser de ses maladresses. Il n'aurait su dire si c'était la jeune femme ou bien le désir de lui plaire et de faire bonne impression, mais il trouvait les gestes et les mouvements plus faciles, à mesure qu'il les faisait. Un entrain qu'il sentait couler dans ses veines, tandis que son rythme cardiaque se basait sur les pulsations de l'orchestre. Il se sentait bien, finalement, en dépit de son niveau digne d'un grand débutant. Il fallait bien admettre qu'il s'exerçait avec un professeur doué et très pédagogue. Pour tout dire, ce n'était pas la première fois que la jeune femme arrivait à canaliser son énergie autant qu'elle captait son attention. Quand il débarquait furibard dans son bureau parce qu'il avait la rage de ne pas être intégré à la RAF, elle savait faire en sorte qu'il soit moins abrupt. Il suffisait d'un regard, de quelques mots, pour calmer la tempête. De la même façon qu'il lui suffit d'un sourire pour effacer ses craintes. Durant la pause de l'orchestre, qui fut assez courte, le polonais ne se priva pas de la regarder. Il la trouvait rayonnante, charmante, même. Mais ça, ce n'était guère nouveau. Il essayait de capter son attention pourtant elle regardait ailleurs. Au fond, cette façon de ne pas le voir ne faisait qu'accentuer les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Pourquoi devenait-elle aussi distraite ? Il ne savait pas répondre à cette question. Il pensait que c'était innocent, forcément puisqu'il ne pouvait imaginer qu'elle se détourne sciemment de lui.

Il capta son attention, en l'invitant à danser à nouveau, se sentant sans doute pousser des ailes. Un foxtrot ? Il ne connaissait pas. Honnêtement si on ne lui en avait pas parlé ce soir, jamais il n'aurait suspecté son existence. Curieuse façon de danser en tout cas. Karol avait beau avoir pris l'initiative et essayé de mimer les pas cadencés des autres, il éprouvait des difficultés à ne pas buter contre les pieds de Victoria. Cela le gênait, lui et son égo, d'avoir sous les yeux une vérité très criante. Il se montrait en position de faiblesse, bien loin de l'image de dur à cuire grande-gueule qu'il s'était donné et qui marquait les esprits depuis qu'il s'était réfugié à Londres. Il fronça légèrement les sourcils lorsqu'elle lui expliqua que le cadre n'était pas bon. Il pensa que la danse n'était pas adaptée à la situation, au moment... mais en fait, elle lui plaça le bras et il comprit qu'elle parlait de lui. Cette position lui parut plus stricte, plus raffinée aussi. Il n'eut pas besoin qu'elle le lui dise pour deviner qu'elle avait appris cette danse dans son enfance. L'éducation assez noble qu'elle possédait, transparaissait souvent. Quand Victoria entreprit de reprendre le dessus et de mener les mouvements pour mieux lui apprendre, elle se rapprocha. Leurs deux corps entrèrent en contact. Loin d'en rougir, Karol apprécia. Il sentait la chaleur de l'exaltation se répandre en lui. Certes, ce n'était qu'une danse, mais on aurait dit que leurs deux physiques avaient accepté l'évidence. Ils étaient bien ensemble... quelque chose d'autre que l'amitié ou une relation professionnelle les liait. Elle compta... 1, 2, 3... 4... puis lui proposa une pause en posant ses deux mains sur son torse. Le pilote eut comme réflexe de caresser délicatement ses doigts et de lui dire, avec un sourire qui fut séducteur malgré lui :

- Et me passer du formidable professeur de danse que vous êtes ? Ce serait une erreur ! Continuons et voyons si j'ai bien retenu... comment dites-vous ? Fox-trrrot c'est cela ?

Il avait roulé le "r", comme beaucoup de polonais... En dépit de ses efforts, il peinait à se débarrasser de son accent natal. Il se remit en position, plaça son bras dans l'angle et entreprit de faire quelques pas. Tout se passa bien les trente premières secondes. Et puis, en voulant pivoter, Karol trébucha sur le pied de Victoria. Il perdit l'équilibre et la bouscula légèrement. Heureusement, il avait de bons réflexes, il la rattrapa "au vol" pour éviter qu'elle ne tombe. D'un mouvement il l'aida à se redresser et s'excusa :

- Je suis désolé... ce n'est pas facile. J'espère que je ne vous ai pas fait mal.

Leurs yeux se croisèrent. Karol s'y perdit dedans comme dans l'horizon. Plus les minutes passaient, plus il la trouvait belle. Il passa une main dans ses cheveux, pour les ajuster légèrement. Son pouce effleura sa joue. Et puis, lentement, alors que tous les regards, ou presque, étaient détournés ailleurs, il s'approcha de ses lèvres. Cet instant là sembla durer plusieurs minutes. Le temps se mit en suspens, jusqu'à ce qu'il vienne déposer un baiser sur cette bouche parfaite. Le contact fut à la fois doux et passionné, brûlant et déterminé. Quelques secondes s'écoulèrent, avant que Karol ne se retire. Etant donné que Victoria ne s'était pas débattue ou ne l'avait pas repoussé, il se dit qu'elle était ouverte à une éventuelle relation amoureuse. Il n'existait qu'un moyen de le savoir. Il fallait qu'elle lui rende ce baiser. Loin de se douter du drame qui se jouait chez sa douce partenaire, il lui glissa :

- Vous êtes vraiment très belle, Victoria.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

   
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- J'ai une nouvelle formalité à vous...
- Dégage !


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MessageSujet: Re: TOPIC COMMUN ♫ Concert caritatif Dim 15 Nov - 14:02

Victoria évoluait dans le petit recoin où ils s’étaient installés. Elle avait l’impression d’en faire trop, mais cela n’avait pas l’air de gêner Karol qui était un élève appliqué et concentré. Cela la réjouissait. Lui qui avait l’air de tant appréhender l’exercice, semblait maintenant s’y plaire, et rien n’aurait pu faire plus plaisir à la jeune femme. Sa jupe d’uniforme ne permettait pas autant d’amplitude de mouvement que ses robes de bal habituelles, mais on faisait avec les moyens du bord, car, après tout, c’était la guerre. L’orchestre était bon, l’ambiance festive malgré la raison pour laquelle la soirée était donnée – la jeune femme devait d’ailleurs penser à faire un geste avant de partir, son père ne lui en voudrait pas – bref, cela semblait être une véritable réussite. Mrs Mathewsen serait ravie, Mrs Plumer aussi. Victoria savait d’avance que Mrs Mathewsen ne pourrait pas s’empêcher d’en parler pendant au moins deux semaines, et sa mère allait avoir envie de l’étrangler. Cela l’aurait fait sourire d’avance, si elle n’avait pas été dans les bras du séduisant pilote qu’était Karol. Bien sûr qu’il l’impressionnait, comme beaucoup des jeunes femmes du ministère qui le rencontraient, mais il n’y avait pas que ça, et Victoria avait du mal à l’admettre.

Il était beaucoup plus sûr de lui, déterminé que bien des jeunes gens qu’elle avait côtoyé toute sa vie, sans oublier son franc parlé et sa manière de dire franchement ce qu’il pensait, ce qui était un grave défaut dans la société britannique codifiée, mais aussi tellement rafraichissant, changeant. Il n’avait pas l’air de porter un masque, de dissimuler ses sentiments derrière des habitudes et une classification bien plus épaisse que la Magna Carta. Et c’était en cela qu’il l’attirait, bien qu’il aurait fallut la torturer – chose abolie depuis biens des siècles en Angleterre, heureusement – pour le lui faire admettre, puisqu’à elle-même, elle refusait de l’avouer. Mais la proximité qu’elle partageait avec le jeune homme, à l’abri des regards, fini par lui rappeler que ce n’était pas très convenable, aussi finit-elle par proposer une petite pause, mais Karol fut catégorique :

- Et me passer du formidable professeur de danse que vous êtes ? Ce serait une erreur ! Continuons et voyons si j'ai bien retenu... comment dites-vous ? Fox-trrrot c'est cela ?

Victoria rosit – oui, encore, c’était fou ce que son accent pouvait avoir comme effet secondaire – et s’écarta légèrement avant de hocher la tête.

-Oui c’est ça, foxtrot. La danse de salon par excellence.

Karol avait comprit les pas de base, Victoria le laissa mener, en continuant de compter à mi-voix, quand Karol buta contre elle, la faisant trébucher. Ne s’y attendant pas du tout, Victoria manqua de tomber à terre, mais dans un bon reflexe qui faisait sans doute les bons pilotes, Karol la rattrapa avant que le drame n’arrive.

- Je suis désolé... ce n'est pas facile. J'espère que je ne vous ai pas fait mal.

Leurs regards se croisèrent. Ils étaient beaucoup trop proches par rapport à ce que la bienséance autorisait. Victoria aurait dut reculer, et lisser son uniforme, se redonner contenance, sauf que cela ne lui traversa même pas l’esprit.

-Non, je… ça va…

On faisait plus intelligent comme réponse me diriez-vous, mais cela ne traversa pas un instant l’esprit de la jeune femme. Et le silence se fit. Victoria s’accrochait à Karol, pour ne pas tomber, et aussi parce que cela lui plaisait d’être dans ses bras. Quand il se pencha vers elle, elle ne pensait plus à rien d’autre qu’à l’instant présent, et quand les lèvres de Karol se posèrent sur les siennes, elle ne put faire autrement que de le laisser faire. Sa main s’accrocha à son épaule encore un peu plus. Cela ne dura que quelques instants mais elle perdit totalement la notion du temps. Et puis Karol recula et Victoria réussit à se remettre droite sur ses jambes. Elle avait les joues en feu.

- Vous êtes vraiment très belle, Victoria.

Et il suffit de cette simple petite phrase pour briser le charme, et ramener Victoria à la réalité. Soudain, la chaine au bout de laquelle elle portait sa bague de fiançailles, sous son chemisier, la brula. Teddy ! Comment avait-elle put faire – enfin laisser faire – une chose pareille ? Il y avait énormément de gens qu’elle connaissait ici, n’importe qui aurait pu la voir. Elle jeta un regard de biche apeurée autour d’elle, devenant soudain blême.

-Je… il faut… j’ai… Je dois partir.

Et sans plus de précision ou d’explications, Victoria planta Karol là, et se perdit dans la foule. Mais qu’est ce qu’elle venait de faire ? Aucun autre garçon que Teddy ne l’avait jamais embrassée, Teddy était son fiancé, ils allaient se marier ! Se marier ! Et elle, elle se laissait embrasser par le premier officier polonais venu ? Mais quelle idiote ! Et elle n’avait rien vu venir, du moins pas consciemment. Tout ce qu’elle voulait, c’était rentré chez elle, mais elle ne pourrait jamais regarder son père dans les yeux après ça. Pas plus qu’elle n’avait envie de parler avec Ashna au dortoir. Elle visait pourtant la sortie, de l’air frais lui ferait du bien, quand elle buta dans quelqu’un, manquant de lui faire renverser sa coupe de champagne.

-Pardon… désolée…

Sans se douter qu’elle connaissait très bien l’homme en question.

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