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 [Août 1940] L'amitié au secours de l'amour (Ft. Brunhilde)

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Karol Tomasz
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☎Mon coeur, mon amour: Une certaine Victoria suscite en moi la fascination...
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MessageSujet: [Août 1940] L'amitié au secours de l'amour (Ft. Brunhilde) Dim 25 Oct - 9:08

L'avantage de ne pas encore être militaire, c'est que Karol savait exactement quoi faire de son temps libre. A vrai dire il n'avait que l'embarras du choix : soit il restait raisonnable et passait du temps avec ses amis, comme Vivian ou Brunhilde, soit il l'était un peu moins et il tentait de séduire Victoria... soit il laissait sa maturité au placard pour aller gueuler comme un putois sur les recruteurs de la RAF qui lui faisaient obstacle depuis des semaines. Aujourd'hui, il ne se sentait pas d'humeur bourrue. Son esprit était accaparé par les événements du bal. Il avait besoin d'en parler et de se confier. Qui de mieux pour cela que son amie, Brunhilde ? La blonde, charmante, avait croisé sa route, sans doute avec la bénédiction du destin. Karol se rappelait de ce soir là. Il marchait tranquillement lorsque du mouvement attira son attention dans la ruelle. Deux hommes étaient en train de bousculer sans ménagement une jeune femme. Que cherchaient-ils ? Que voulaient-ils ? Ils étaient en guerre bon sang ! Ce n'était pas le moment de maltraiter ses compatriotes. Un objet tomba au sol, un violon. Il ne comprenait pas très bien l'anglais, parfois, mais tout dans leur propos était menaçant. Et ils avaient un accent absolument ignoble, probablement américain ou australien. De toute façon un vrai british n'aurait jamais agressé ainsi une femme. Et ça, Karol en était persuadé. Les gens ici étaient bien éduqués, trop même. De l'extérieur, ils ressemblaient à des gens coincés et sans doute qu'ils l'étaient. Alors qu'en Pologne, les cas d'ivresse sur la voie publique se faisaient légion, ici, pour l'heure, Tomasz n'en avait pas vu un seul ! Ce qui l'amenait à penser, ce soir-là, que ce pays était un peu le paradis de l'ennui. La colère lui monta lorsqu'il se dit que lui était bloqué là, au sol.

Alors les deux lascars qui s'agitaient autour de leur victime, eurent tôt fait de l'énerver. Il réagit au quart de tour et s'avança vers eux d'un pas déterminé. Les quelques mots qu'il parvint à dire provoquèrent un "Get out !" qui fut un peu comme le grain de moutarde sur la montagne de poivre. Il s'ensuivit une petite bagarre musclée, comme Karol les aimait. Un militaire contre deux civils, d'une quarantaine d'année, c'était à peu près équilibré. Comme le polonais était un spécialiste des bourre-pifs, il en donnait souvent, l'affrontement dura quelques minutes à peine. Les deux malotrus partirent en courant, sans demander leur reste, tandis que Karol s'assura que la jeune femme n'ait pas été blessé. Londres n'allait tout de même pas ressembler à Varsovie et ses coupe-gorges ? Mais que faisait la police et le Gouvernement ? Il chassa cette question absurde de sa tête en une fraction de seconde, le temps qu'il lui fallut pour se rappeler qu'ils étaient en guerre. Il décida alors de raccompagner la jeune femme chez elle. Sur le trajet, ils firent connaissance. Elle lui était reconnaissante mais il trouvait son geste normal. Elle lui dit son prénom, Brunhilde et ils convinrent de se revoir, pour en apprendre plus l'un sur l'autre. N'importe ayant la langue bien pendue et les idées un peu farfelues aurait clamé sur tous les toits que Karol cherchait à la séduire. Ce qui était faux. Leur amitié ne découlait pas de sentiments amoureux frustrés. A mesure qu'ils se côtoyaient, ils avaient noué un lien très proche, une confiance mutuelle. Ils se confièrent l'un à l'autre sur leur histoire, similaire, leurs craintes et leurs espoirs. Londres n'était peut être pas le paradis de l'ennui en définitive. Elle commençait à se révéler comme la ville où Karol ou encore Brunhilde, recommençait leurs vies.

Tout à ses pensées, il marchait depuis trente bonnes minutes en direction du pub où ils s'étaient donnés rendez-vous. Karol était habillé d'une façon assez sobre. Un pantalon gris-vert foncé, qui rappelait qu'il était militaire, du moins presque, une chemise grise, ouverte au col et par dessus, une veste de cuir noire, dont l'usure commençait à se voir. Il était impeccablement rasé. Seuls ses cheveux, indomptables, se plaisaient à aller dans tous les sens. Eux, au moins, ils étaient en bataille. Cette dégaine un peu rebelle attirait les regards dans les quartiers un peu chics. Karol passait devant sans même les calculer. Il était pilote, il n'allait pas s'habiller comme un curé juste pour rassurer la masse ! Comme le soleil se couchait, on commençait à allumer l'éclairage public, d'un façon un peu timide. Il faisait plutôt frais pour cette fin du mois d'août. Une brise soufflait doucement du nord ouest, ramenant les froides températures de la mer du Nord. Il ne fut pas mécontent de rentrer dans le pub, qui était pratiquement vide. Avec le rationnement, il n'y avait guère d'alcool. Voilà qui expliquait l'absence d'ivresse publique !Une forte odeur de pipe vint caresser ses narines. Le tabac, mal de ce siècle, bénéficiait pourtant à cette époque de la bénédiction des autorités. Tout le monde fumait. Karol s'installa, constatant que Brunhilde n'était pas encore arrivé. Lui et sa manie d'être toujours en avance... Il sortit une boite métallique avec ses initiales gravées dessus de sa poche et l'ouvrit. Il entreprit alors de se rouler une cigarette, méticuleusement. Puis il se l'alluma. C'est là qu'il vit la jeune femme entrer, dans son nuage de fumée. Il lui fit signe en souriant. Il se leva pour lui tirer la chaise et l'aider à s'installer. Cela entraina quelques rires lointains. Ici dans un pub, les bonnes manières n'étaient guère en vogue. Mais Karol tâchait de s'intégrer au mieux il n'avait pas encore compris toutes les subtilités. Les deux jeunes gens se saluèrent et le pilote se rassit.

- Bonsoir Brunhilde ! Comment te portes-tu ?


Son accent anglais n'était pas parfait. Il roulait les "r" et essayait d'articuler au mieux, ce qui rendait la situation assez comique. Les deux jeunes gens avaient fini par se tutoyer, une étape importante puisqu'elle témoignait de la confiance qui s'était instaurée entre eux.

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