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 Et PAF ! Ça fait des Chocapics ! (ft. James Alistair)

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MessageSujet: Et PAF ! Ça fait des Chocapics ! (ft. James Alistair)   Sam 1 Oct - 1:43


Allongé sous un cerisier en fleurs, Isidore soupirait d’aise, profitant d’un soleil printanier inondant son visage pâle et frêle. Voilà un moment de paix auquel il avait très rarement l’occasion de goûter ces temps-ci. Paix ? N’étions-nous pas en guerre ? Non ?... Non, évidemment ! C’était il y a longtemps tout ça, pensait le jeune homme tandis que son sourire d’enfant s’étirait jusqu’à ses oreilles. Le vent soufflait tout doucement, l’herbe sous ses mains était douce comme d’innombrables rubans de soie et il sentait quelques pétales de fleurs lui caresser le visage dans leur chute depuis le ciel. Le couturier entrouvrait légèrement les yeux et le voilà qui était entouré de beaux et mystérieux Adonis en toge et de Vénus couronnées de roses. On se croyait dans le tableau « Les Roses d'Héliogabale ». Oh quelle chic idée de fête ! pensa Hood en contemplant les invités s’ébattre sous des cascades soyeuses et rose en écoutant des nymphettes jouer de la flûte.

Un rictus dubitatif perturba sa mine réjouit : qui était donc l’organisateur de cette petite sauterie ? C’est lui qui devrait organiser une fête aussi grandiose ! La curiosité affûtée et énergique comme un diable il se releva dans un palais de marbre en cherchant du regard son propriétaire. Il allait lui faire passer un sale quart d’heure ! Depuis quand vole-t-on les meilleures idées des autres hein ? Quel toupet ! S’il trouvait une écharpe en soie avec lui : le crime serait parfait ! Fendant la foule avec la rapidité et la souplesse d’une anguille (Il était si mince, pensez-vous !), voilà qu’il se retrouve nez-à-nez avec un… ma foi ! Un charmant roux vêtu d’une toge émeraude, des tresses dans les cheveux avec une barbiche finement taillée…

-James ? S’étonna Isidore de voir son meilleur ami/amant dans cette tenue, lui qui rechignait tant à se déguiser.

La seule réponse qui sortit de la bouche du reporter fût…

TOC TOC TOC !

Une langue de bois ?

TOC TOC TOC !
     
-Isi’ ??? fit la voix française la plus raffinée de Maida Vale à travers la porte de sa chambre. Tout va bien ?

Non… C’était une gueule de bois, réalisa le crâne très douloureux du jeune homme.

-Hummmmm grumph phhhhh gh, pouvait-on entendre dans l’empêtrement de draps, d’oreillers et de couette qui gisait comme une montagne centenaire au milieu du lit.

-Oh oui je sais mon chéri, fit pleine de compassion la mère Hood derrière la porte. Je sais que tu es rentré tard hier soir. Ne t’inquiète pas je te monte le petit-déjeuner dans 5 minutes.

-Merfiiiiiiiii
, fit le fils à l’agonie, la tête dans l’oreiller en levant une main lourde mais reconnaissante avant de retomber dans l’abîme... et de faire un claquement sec très inhabituel !

Mais... ?! Malgré le poids immense de sa tête, Isidore osa jeter un œil sur ce qui… tournait tout à fait rond dans son lit : les fesses d’un James nu comme un ver et profondément endormi entre les bras de Morphée, sa tignasse de feu en bataille sur ses taches de rousseur. Frisson d’effroi ! Certes, la vue n’était pas déplaisante... Mais la situation très inconfortable !

Quelle idée de l’avoir ramené ici ??? Merde ! D’habitude, ils allaient chez James ou dans l’appartement d’Isidore qu’il utilisait parfois au-dessus des ateliers et de la boutique. La maison familiale ?! Merde !!!  Sa mère allait revenir et rentrer en reine de revue du Moulin Rouge d’un instant à l’autre !!! Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! Meeeeeerde !!! Encore groggy par le sommeil et prisonnier de son lit, c’est avec un corps complètement ankylosé qu’Isidore (littéralement animé par la panique) essaya de s’extirper des draps, de la couette et des vêtements à moitié enlevés. Il y parvint en s’écroulant de tout son long sur le plancher de la chambre en emportant avec lui tout (ou presque) ce qui constituait sa literie. Voilà qu’il ne restait plus que James, nu comme un cupidon, servit en pâture sur le matelas aux yeux de Liane que son fils imaginait déjà outrée. Bon dieu ! Mais quel enfer !!!

« Jaaaaaames ??? gémit de douleur Isidore en se triturant dans tous les sens pour se libérer de sa camisole improvisée. Réveille-toi par pitié ! Ma mère arrive ! Lève-toi ! criait-il en sourdine.
     
Déjà les talons maternels se faisaient entendre dans le couloir. MAIS BORDEL ?! jurait intérieurement le Hood qui se retenait de hurler. Sa mère vivait elle en permanence sur un décalage horaire ? Cinq minutes anglaises en fond trois en France et personne ne le lui a jamais dit ???

-James !!! Couvre toi ! Vite !

-Isi’ ? Interpella Liane en continuant de s’approcher dangereusement de la porte. James est là ? J’ai cru t’entendre lui parler.

-Je… euuuuh…


C’était la fin du monde et Isidore n’avait même pas eu le temps de fumer une cigarette, pensa le couturier en se relevant pas plus habillé que son compagnon... Dans un dernier geste héroïque / pathétique, il jeta un oreiller à la tête de James et s’enveloppa à la hâte dans une couverture. Le bouton de porte tourna sur lui-même et le panneau de la porte pivota bien vite pour révéler une madame Hood toujours plus pimpante, les bras chargés d’un plateau repas.

Elle s’arrêta net sur le seuil de la porte, les yeux écarquillés, sa bouche formant un minuscule « O ».

-Oh ! Mais… Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Vous vous êtes couchés avec une bombe ? demanda-t-elle stupéfaite.

Liane Hood avait un très grand sens de l’humour, le plus souvent à son insu. Fallait-il lui dire que la bombe était sexuelle ? Isidore échangea un regard avec James. Mais qu’allaient-ils bien pouvoir lui dire ?

Ils étaient dans de beaux draps...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
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Dernière édition par Isidore Hood le Dim 23 Sep - 21:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et PAF ! Ça fait des Chocapics ! (ft. James Alistair)   Dim 30 Oct - 9:40

JAMES & ISIDORE

Vous savez quel est le meilleur somnifère ? L'alcool. Et quand James avait pris une bonne murge la veille, il ne valait mieux pas essayer de le réveiller, ni qu'il ait un gros travail ! Et alors que la matinée s'avançait, le voici avachi, endormi profondément, sans vraiment chercher à savoir où il était, tant qu'il s'agissait d'un lit confortable pour le laisser décuver et lambiner tranquillement. Il était bien loin de se douter de ce qui se tramait dans la réalité, loin des bras de Morphée. Vaguement, il avait entendu son nom, sans même y réagir et bouger. Pourtant, dans son sommeil, il sentait que quelque chose n'allait pas. Tout d'abord le froid, puis un bruit sourd, lointain dans son esprit brumeux. A force de boire du gin, souvent mauvais, on se déshabitue des bonnes bouteilles et la cuite ne se fait que violente. Pourtant, il sentait le froid sur sa peau de roux, bougea légèrement et tâtonna s'il n'y avait pas un droit dans les dix centimètres environnants, voilà ses seuls mouvements. Mais déjà il se réveillait légèrement, on insistait sur son prénom. Une voix familière, où il n'arrivait pas à mettre un nom tout d'abord … Isidore … Évidemment, ils avaient passé la soirée ensemble, ce qui arrivait de moins en moins souvent où chacun devait courir partout dans leurs jobs respectifs, avec l'obligation de se cacher pour ne pas être démasqués, et accessoirement être jetés en prison. Il entrouvrait les yeux, avec difficulté, la gueule de bois pesait sur ses paupières. Il aurait bien aimé s'étirer, émerger en douceur, avant de se tourner vers son amant.
Raté.
En guise de réveil, un oreiller atterrit sur sa tête, le faisant sursauter et légèrement se relever, l'air totalement hagard, encore sous l'effet de l'alcool de la veille. Il était prêt à répliquer qu'on ne réveillait pas les gens comme ça, mais lorsqu'il tourna la tête vers Isidore, il comprit quelque chose n'allait pas. Sans tout comprendre, il vit la porte s'ouvrir. Oh merde … Par réflexe, il tira un drap sur ses jambes, et serra l'oreiller contre lui, le tout cachant à la va-vite sa nudité. Mais qui entrait dans la chambre ? D'ailleurs, ils étaient où ? Son cerveau ankylosé paniquait et il était incapable d'avoir une pensée sensée. Puis la silhouette se révéla, Mrs Hood fit son entrée dans toute sa non modestie, un plateau dans les mains. Un instant, James crut que le petit-déjeuner allait se fracasser sur le sol, vu sa tête interloquée. Il y avait de quoi : son fils et un homme, tous deux nus, dans un lit complètement défaits. Dans un sursaut de lucidité, le journaliste comprit : ils avaient fini leur soirée dans la demeure familiale des Hood ! Que c'était stupide ! Et voilà comment on se retrouve dans la pire situation qu'ils auraient pu vivre.


« Oh ! Mais… Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Vous vous êtes couchés avec une bombe ? »

James aurait été tenté de dire oui, mais pas sûr que ce serait passé. Les deux hommes se regardèrent, aussi paniqués l'un que l'autre. La scène était assez éloquente, fallait-il rajouter de pitoyables mensonges par-dessus ? Et comme Isidore ne semblait pas vouloir parler, le rouquin allait devoir le faire.

« Bonjour … Liliane. Je peux essayer d'expliquer … Pfiou, je me sens comme un vieillard cacochyme … J'ai emmené Isidore boire un verre, ou plutôt dix je pense …
Ça explique vos têtes ! Lança Liliane, toujours stupéfaite.
C'est ça. Ça, et aussi la peur panique d'être surpris au lit mais il n'allait pas lui dire. Non, mais j'avais besoin de fêter … une promotion ! Absolument pas, qui a des promotions durant la guerre ? Et vous savez, un verre en entraînant un autre, ça monte vite à la tête. Dis lui, Isi. »

James avait besoin qu'on l'aide dans son mensonge, mais il n'avait pas l'air motivé. James essayait de trouver une histoire qui tenait debout mais il avait du mal. Pourtant, il avait des années d'entraînement en mensonges pour cacher ses tendances et sa vie parallèle, dans un monde où il était considéré comme un malade … Mais là, ils ne seraient pas trop de deux pour monter un truc abracadabrant à faire avaler à Mrs Hood. Isidore tentait de faire un bout d'histoire, ça allait devenir n'importe quoi, à coup sûr. Surtout que James rebondissait dessus, on se croirait dans le jeu du cadavre exquis.

« Et puis on a fait la fête. Et il y avait une … une fille, il m'a fallu du courage pour lui parler, je suis un grand timide. Encore un verre … Je pense qu'il était là, le verre de trop. Mais ça n'a pas marché … le verre du dépit. Heureusement que je n'ai pas l'alcool triste … »

Non mais il l'avait absurde. Et Liliane regardait toujours les deux jeunes hommes lui monter une histoire sous ses yeux, à continuer l'histoire sans queue ni tête sous ses yeux, cherchant à tout prix à se justifier, incriminer l'alcool de cette scène, qui n'arrivait évidemment jamais d'habitude. Eux nus dans un lit … non jamais voyons. James dessoûlait petit à petit, sans doute un instinct de survie pour ne pas se compromettre, il écoutait Isidore pour tenter de rebondir dés qu'il aurait un trou, il fallait s'entraider. Pourtant, un instant, le silence se fit et Liliane était prête à poser une question. Alors il reprit, pour essayer de terminer ce récit débile.

« Et pour finir, on s'est fait houspiller car on était dehors pendant le couvre-feu, qu'il fallait s'abscondre … On était pas loin d'ici et on n'a pas réfléchi, hein ? Il cherchait l'approbation d'Isidore. Puis j'avais mal à ma jambe, alors on a dû venir ici … Il était tard, on n'allait pas vous réveiller donc on a … on s'est couché. On ne voulait pas vous faire peur … »

Ce récit était pathétique, s'il l'avait rédigé, son éditeur lui aurait fait bouffé page par page. Il espérait que Liliane serait meilleur public et n'y verrait que du feu. Les quelques secondes de silence laissèrent planer le doute, puis la mère secoua la tête et haussa les épaules.

« Vous auriez dû, je t'aurais fait une chambre d'amis James ! Tu sais bien que tu es le bienvenu, je vous aurais laissé dormir. Non mais n'importe quoi … vous devriez voir vos têtes ! Bon, je vais mettre ça en bas, vous descendrez quand vous voulez pour manger. »

Et elle referma la porte, remportant le plateau. Elle y avait cru ! James n'en revenait pas ! Il poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber sur le lit. Ils l'avaient échappé belle. Le jeune homme se passa la main sur le visage puis dans ses cheveux et après autant dit de la merde, il n'avait plus les mots pour s'exprimer sur quoi que ce soit. Ses yeux verts tournés vers son amant, les deux ne s'attendaient pas à cette réaction là.

« Nous sommes les grands gagnants pour le xyloglotte, des menteurs de l'extrême. Tu penses qu'elle a vraiment cru à cette histoire ? Il se redressa pour s'asseoir sur le lit, se remettant de ses émotions. Mais qu'est ce qu'on fout là ? Pourquoi on est venu chez toi ? »

Trop de questions au lever après une bonne cuite la veille, et une nuit de folie vu leurs tenues d'Adam. Il ne fallait peut être pas chercher plus loin que la bêtise humaine et les réactions sans queue ni tête … James passa la main avec douceur dans les cheveux de son amant, puis s'approcha de lui pour l'embrasser. Sa mère n'allait pas venir pile à ce moment là quand même ! Une frayeur mais pas deux. Puis, il s'étira, le réveil avait été trop brusque pour lui …

« Bon allez, j'enfile un slip et on passe à table ! Malgré son élan de motivation, il ne bougeait pas d'un iota. Quoique … elle a dit qu'on descendait quand on voulait … »

Puis finalement, il se rallongea sur le lit ...


▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
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MessageSujet: Re: Et PAF ! Ça fait des Chocapics ! (ft. James Alistair)   Lun 24 Sep - 1:25

Branlebas de combat, alerte rouge, tout le monde sur le pont, y'a le feux aux flaques !  Isidore et James étaient sur le point de tenter la plus grande escroquerie du siècle ! Le coeur d'Isidore battait à tout rompre dans sa poitrine, espérant que son souffle ne vienne pas lui faire défaut et lui faire passer l'arme à gauche au pire moment... Tétanisé par la panique, Il n'arrivait pas encore à déserrer les poings et les dents, mais son amoureux se jetait déjà à l'eau, plus courageux que jamais devant une Liliane Hood circonspect et aux aguets, cramponné à son plateau repas comme à un pupitre de juré. Il allait falloir faire preuve de beaucoup d'imagination...

« J'ai emmené Isidore boire un verre, ou plutôt dix je pense … commença James

-Ça explique vos têtes ! Lança Liliane, toujours stupéfaite.

-Héhé ! rit nerveusement le brun.

Si seulement ce n'était QUE ça ! Bon sang ! Il fallait que le jeune couturier vienne en aide à son complice. Celui-ci commençait à raconter une vague histoire, parfaitement absurde, de promotion. Liliane, femme au foyer depuis déjà longtemps, allait-elle déceler le gros bobard ?

- Et vous savez, un verre en entraînant un autre, ça monte vite à la tête, continua le roux se cramponnant tant bien que mal à l'oreiller et au drap dissimulant son anatomie. Dis lui, Isi.

Et hop ! c'était son tour d'entrer en piste tandis que les yeux lavandes de sa mère se braquaient sur lui comme des projecteurs.

-Oui ! s'exclaffa-t-il en haussant des épaules. On était Chez Gaston, à  Soho, tu vois bien ! Gaston nous a servit lui-même ! Quelle soirée, haha !

-Gaston ? fit Liane en haussant un sourcil. Depuis quand un Gaston travaille Chez Gaston ? Je m'en rappelerait tout de même..., dit-elle relevant les yeux comme si elle fouillait dans sa mémoire.

Le coeur d'Isidore était surement sur le point de déclarer forfait, au bord de ses lèvres, mais le jeune Hood balaya les doutes de sa mère d'un revers de main avec un flègme sorti de nulle part :

-Oh ! Mais il est nouveau tu sais ! Un joyeux drille débarqué tout juste de Paris : un garçon très sympathique, tu vas l'adorer tu verras...

Tellement l'adorer ! D'autant plus que ce Gaston n'existait absolument pas ! Mais Liliane n'avait certainement pas le temps de vérifier ce détail dans la seconde et elle oublierait très certainement cette histoire la prochaine fois qu'elle se rendrait au restaurant... En espérant qu'elle ne comptait pas si rendre dès aujourd'hui. James profita du léger blanc pour embrailler :

« Et puis on a fait la fête.

-Ah ça ! renchérit Isidore sur un ton théâtrale avec un sourire goguenard. On y est pas allé de main morte ! Tu nous connais !

Liliane regarda tour à tour les deux garçons ne sachant trop où se fixer, son sourire un peu crispé au dessus du thé fumant.

-Et il y avait une… une fille, expliqua James

-Paulette, confirma son acolyte en soupirant d'un air désolé. Une pauvre fille...

-Il m'a fallu du courage pour lui parler, je suis un grand timide.

-Quoique, elle était assez bien faite de sa personne, corrigea le jeune Hood, voulant rattraper sa propre boulette.

-Encore un verre …

-Puis un autre !

-Je pense qu'il était là, le verre de trop.

-Tu l'as dit bouffi ! s'exclama Isidore avec un sourire trop grand pour être naturel en jetant un regard de détresse infini à son amant.

Il voulait vraiment que ce supplice s'arrête.

-Mais ça n'a pas marché … le verre du dépit.

-Oh ! Mon pauvre chéri, fit Liliane compatissante, en français.

-Heureusement que je n'ai pas l'alcool triste …

Isidore poursuivit, essayant de garder une contenance

-Et comme il n'était pas question pour moi de laisser mon ami seul avec son désespoir : je suis resté pour lui tenir compagnie et oublier cette vilaine fille ! On a attrapé nos manteaux, fait la bise au petit Gaston et nous voilà à pourcourir le pavé ! Nous parlions de tout et de rien, de philosophie, de France, de nuit et de ciel étoilé... On a vraiment perdu le fil à partir de là, avoua (faussement) Isidore en prenant à témoin James.

C'était une vraie gymnastique ! Une pirouette qui invitait à une autre et ainsi de suite en essayant d'être le plus fluide possible et ne surtout pas laisser Liliane en placer une. Car les deux jeunes hommes savaient à quel point elle pouvait être redoutable au jeu de la conversation. Il fallait à tout prix la noyer dans les informations. Et quand on parle d'arme redoutable, la voilà justement qui s'apprête à ouvrir la bouche, toute débousolée :

-Mais ça ne me dit pas pourqu...?

James la coupa net.

- Et pour finir, on s'est fait houspiller car on était dehors pendant le couvre-feu, qu'il fallait s'abscondre … On était pas loin d'ici et on n'a pas réfléchi, hein ? Il cherchait l'approbation d'Isidore.

-Tout à fait ! Nos divagations nous on amené à quelques rues à peine de la maison. C'était ce qu'il y avait de plus simple à une heure pareille...

-Puis j'avais mal à ma jambe, ajouta James. Alors on a dû venir ici…

L'argument de la jambe était imparable ! Bien joué, pensa Isidore.

-Est-ce Pagode qui vous a ouvert ? demanda naïvement la mère Hood.

-Inutile de l'arracher de son lit ! J'avais mes clés sur moi, rassura son fils.

-Il était tard, on n'allait pas vous réveiller donc on a…

-On s'est contenté de mon lit, rajouta Isidore à la va-vite en rougissant presque.

-On s'est couché, insista fermement James. On ne voulait pas vous faire peur… »

Après ces explications de haute volée (non), Liliane Hood semblait chiffonnée. Quelque chose ne passait pas... Merde ! La voilà qui allait les condamné à la guillotine sur la table de la salle à manger tandis que toute la famille Hood contempleraient leurs têtes tomber dans le panier avec un air d'approbation satisfaite ! Elle secoua légerment sa petite tête en forme de coeur et leur lança une petite moue en battant des cils comme une biche :

-Vous auriez dû, je t'aurais fait une chambre d'amis James ! Tu sais bien que tu es le bienvenu, je vous aurais laissé dormir. Non mais n'importe quoi … vous devriez voir vos têtes !

-Pardon maman... ne put s'empêcher de retenir Isidore. On voulait juste ne pas réveiller toute la maisonnée pour si peu...

On aurait dit un petit garçon qui venait de faire une très grosse bêtise (ce qui était finalement un peu la vérité ?)

-Bon, je vais mettre ça en bas, dit Liliane d'un air décidé en pointant du bout de son nez le plateau repas. Vous descendrez quand vous voulez pour manger.

Et elle referma la porte. Enfin! James se laissa tomber sur le lit tandis que les genoux d'Isidore cédèrent sous son poids le lançant s'étaler par terre, enveloppé dans son drap comme dans une toge de tragédienne.

-OH. MON. DIEU... J'ai cru mourir ! lâcha-t-il, presque à bout de souffle. Mon coeur s'est littéralement arrêté de battre ! C'était affreux !

Que de la merde ! Ils lui ont fait avaler un nombre incalculable de couleuvres en l'espace de quelques minutes à peine ! Une performance dont n'était pas peu fier James.

-Nous sommes les grands gagnants pour le xyloglotte, des menteurs de l'extrême.

-Je ne veux plus jamais avoir à lui faire ça, tu m'entends ? indiqua Isidore en se relevant avec un air d'enfant qui vient de voir un croquemitaine. Je sais mentir mais là... là c'était beaucoup trop !

-Tu penses qu'elle a vraiment cru à cette histoire ? demanda James en s'asseyant sur le lit.

-Si elle oublie de chercher un certain serveur se nommant Gaston, Chez Gaston, l'honneur est sauf je crois..., fit le brun en se massant les tempes avec une grimace.

-Mais qu'est ce qu'on fout là ? Pourquoi on est venu chez toi ?

-Qu'est ce que j'en sais moi ? pigna Isidore en s'asseyant à ses côtés sur le lit. On aurait pu tuer un nazi ou faire une orgie avec des parachutistes que je ne m'en souviendrai même pas... C'est dire !

Isidore était un festif mais là ça dépassait tout ! Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas réveillé avec un trou de mémoire pareil ! Trop d'émotions dès le réveil ! Malgré une nuit très douce en belle compagnie... James passa sa main avec douceur dans les cheveux d'Isidore tandis que celui-ci se laissait faire volontiers et bascula sa tête sur le côté comme on caresse un chat. Ils échangèrent quelques baisers, chassant bien vite la mine bougonne du couturier.

-Bon allez, j'enfile un slip et on passe à table ! lança James d'un air décidé, mais restant étalé de tout son long.

-Quelle énergie ! ironisa Isidore en repensant à leurs galipettes de la nuit dernière.

-Quoique … elle a dit qu'on descendait quand on voulait …, ajouta le rouquin avec un sourire en coin.

Ses yeux en disaient long en se rallongeant sur le lit... Le même sourire se dessina sur les lèvres du jeune Hood. Il se penchait vers celui à qui il ne pouvait presque jamais dire non. Quand tout à coup la porte de la chambre s'ouvrit à la volée, laissant apparaitre une Ada Hood furieuse. Isidore se raidit d'un coup, assis droit comme un i. Non ! C'était pas eux ! Ils n'avaient rien fait madame le juge ! L'innocence incarnée. Sa soeur resta sur le pas de la porte et tandis un doigt accusateur vers les deux garçons :

- Vous et votre danse de Saint Guy de cette nuit ! J'ai cru devenir folle !

-Ada... On est désolé, vraiment, je...

-TAIS-TOI ! J'étais en train d'étudier mes cours d'anatomie pendant que vous étiez à faire je ne sais pas trop quoi à bouger tout tes meubles !

-Tu ne pouvais pas dormir au lieu d'étudier aussi ? On est en weekend, bordel ! s'énerva à son tour Isidore qui en avait assez de se laisser victimiser toute la matinée.

- C'était un enfer ! Si tu veux déménager ou refaire ta déco' : je t'invite à le faire en journée ! ordonna sa petite soeur avec de disparaitre comme une furie dans le couloir.

Le silence retomba sur la chambre en désordre et ses deux amants. Puis Isidore jeta un regard vers James.

-Et elle ? Elle est au courant tu crois ?...

Pour ne pas voir l'évidence sa famille était soit une bande d'autruches, soit d'une extrême naïveté, soit complètement folle. Ou les trois...  

-De toute façon, c'est trop tard, se résigna-t-il dans un soupir avant de quitter le lit d'un bond en lâchant le drap qui cachait sa nudité. Aller, habilles-toi ! On va aller manger.

Il s'approcha de son armoire et en sorti divers habits pour lui et pour James avant de se tourner vers lui, encore abandonné sur le lit, tentateur comme jamais.

-Ne tentons pas le diable, ça va nous péter encore à la gueule sinon, fit Isidore en jetant à James une chemise propre et repassée.

Lorsque les deux jeunes amants descendirent enfin dans la salle à manger, un peu plus présentable et beaucoup moins dévêtus qu'au réveil, ils retrouvèrent toute la famille Hood assise autour de la longue table. Howard présidait au bout, en train de lire son journal tandis que Liliane, Ada et grand-mère Léontine l'encadrait de part et d'autre de la tablée. Quand les yeux d'Isidore croisèrent ceux de son père, il sut qu'affronter sa mère ce n'était rien en comparaison de ce qui allait très certainement suivre pendant le petit-déjeuner... Noyer le poisson avec Liliane était déjà un exploit mais entourlouper Howard... Cela tenait carrément du miracle !

-Et bien ! Voilà nos deux marmottes ! S'exclama Liane avec un grand sourire. Thé, bacon, oeufs ? On a même du bon pain que nous a dégôté Pagode, ce matin !

-Oui, bon, Liane : n'en fais pas trop non plus : ces messieurs sont grands. Ils vont se servir, fit le père Hood avec fermeté.

-Quel joli roux ! s'exclama en français Léontine comme si elle découvrait James pour la première fois.

Isidore sentit un frisson lui parcourir le dos quand il alla s'installer au côté de sa soeur, avec James en face de lui aux côté de sa grand-mère.

-Petite nuit ? lança Ada sur un ton badin sans lever le nez de sa tasse de chocolat.

-Excellente ! répliqua son frère en  lui adressant son plus beau sourire.

Elle était vraiment en colère pour se comporter à ce point comme une gamine pensa-t-il en se servant une tranche de pain et une tasse de thé bien chaud. Il jeta un regard vers James pour voir si tout allait bien quand Howard replia sèchement son journal et se tourna vers James avec un air de portes de prison :

-Des ennuis avec les filles parait-il, James ?

-Oh Howard ! se plaignit sa femme. Laisses donc ce pauvre chou tranquille !

Mais le père Hood n'avait pas du tout envie d'épargner le "pauvre chou".

-Vous ne cherchez pas trop la bagarre au moins ? insista-t-il, suspicieux.

-N'importe quoi, papa, lâcha Isidore en fronçant les sourcils, un peu agacé. On a juste fait un peu la fête Chez Gaston.

Mais le concept de festivités en temps de guerre n'était pas quelque chose d'évident pour ce cher Howard, du genre très raisonnable, pipe au bec, pantoufles au pied et lectures au coin du feu.

-Vous sortez beaucoup ces temps-ci, vous deux... Il faudrait peut-être songer à vous calmer un peu, dit-il sur un ton paternaliste. Avec tout le travail que vous avez, ça serait plus raisonnable.

-Et puis tout ces meubles soulevés ! ajouta Ada, insolente, avant de se prendre un coup de coude de son frère dans les côtes.

-Quel joli roux ! répéta la grand-mère en passant sa main tendrement dans les cheveux de James.

Isidore beurrait sa tartine, Liliane passait son regard d'un membre à l'autre de la tablée, cherchant n'importe quel moyen pour égayer l'ambiance tandis qu'Ada se délectait des tensions ambiantes dans le plus grand silence.

-Et donc, James ? Quel projet littéraire en ce moment ? demanda maladroitement Liliane avec un grand sourire.

Sa question tombait comme un cheveu sur la soupe mais l'occasion était trop belle pour changer de sujet ! Mais quelle idée leur était passée par la tête de vouloir "dormir" ici ?! repensa le couturier.

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