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 Après l'effort, le réconfort (Federika Stein)

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Thomas Evans
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MessageSujet: Après l'effort, le réconfort (Federika Stein) Mer 18 Nov - 12:31


Federika Stein - Thomas Evans



Après l'effort, le réconfort



C’était un véritable silence de mort qui s’était abattu sur la salle de travail depuis quelques minutes. La moindre mouche osant s’y aventurer pouvant être surprise en plein vol rien qu’à l’écoute. C’est dire !

– Je crois avoir retrouvé le signal ! Non… je le perds une fois de plus.

Nous retenions nos souffles, dans l’attente que quelque chose de concret parvienne enfin aux oreilles de Watson, préposé à l’une des stations d’écoute. Cela faisait bien une demi-heure qu’il s’échinait sur ce qui avait été au départ, un simple bourdonnement ayant capté son attention. Et tout autant de temps que son instinct lui dictait de ne surtout pas lâcher l’affaire. Qu’il y avait quelque chose là-dessous.

– Je… oui je le tiens… Rhaaa non…

Nos nerfs mis à rude épreuve, certains finirent par se lever et se poster derrière lui, nous étions trois à la faire ; trépignant presque. Comme si notre simple présence allait décupler la force de son signal… Mais c’était plus fort que nous.

– Tu as essayé de changer de fréquence, montes juste d’un cran.

– Oui, mais non… je suis sur la bonne, j’en suis sur.

– Si cela se trouve, tu as juste attrapé les ondes FM d’une radio locale, ça m’est arrivé une fois, par grand vent.


– Il n’y a pas autant de vent aujourd’hui, précisais-je à mon tour dans la foulée.

– Pourquoi pas un vol d’oies sauvages tant que tu y es !

– Parce que ce n’est pas la saison ?
rétorquais-je alors que Watson vint à poser sa main sur mon bras.

– Chut ! Je… je l’ai !

Nous avions travaillé là-dessus toute l’après-midi, suivant les instincts de notre collègue. Malheureusement, même si effectivement il avait bel et bien capté une transmission officielle, elle n’apporta rien de vraiment transcendant pour la suite des opérations. Ce sont des choses qui arrivent. Et mieux vaut s’échiner sur quelque chose de peu capital, mais se tenir en alerte que risquer de rater le primordial par inadvertance.

Cela dit, nous avions bien mérité quelques instants de détente. Et c’est après notre journée que nous nous retrouvions dans la salle de repos, thé ou café à la main selon les goûts et surtout les origines de chacun à préférer aborder des sujets hautement légers pour le coup.

L’humeur étant passée de détendue à plaisanteries vaseuses auxquelles je préférais assister dans un silence religieux cela dit, surtout sur certaines appréciations concernant la gents féminines et sur lesquelles je préférais passer outre. Après tout, j’avais une sœur moi aussi et n’aurais pas apprécié que l’on discute de la sorte sur son compte. Sentant quelques regards lourds, je tapotais sur une épaule, tâchant de changer de sujet et préférant lever nos verres… ou plutôt nos tasses à Watson et sa détermination du jour, bien qu’infructueuse.



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MessageSujet: Re: Après l'effort, le réconfort (Federika Stein) Dim 10 Jan - 16:21

Federika laissa échapper un juron lorsque Watson perdit le signal radio. Comme ses camarades, elle était perchée au-dessus de l’épaule de son camarade de hutte et gardait les yeux rivés sur le moniteur, son souffle retenu comme si cela pouvait le déconcentrer. Après quelques minutes de bataille électronique, il parvint à rétablir la communication, au grand soulagement de ses collègues. Un soulagement temporaire néanmoins : ils n’apprirent rien qu’ils ne savaient déjà, et les efforts démesurés de Watson parurent tout à coup bien inutiles. Quelque peu déçus, les décrypteurs soupirèrent de concert et déclarèrent qu’il était temps de faire une pause bien méritée. Ca faisait bien assez d’émotions pour la journée.

Federika suivit ses collègues dans la salle de pause, l’esprit encore occupé par l’incident qui venait de se produire, son cerveau perpétuellement actif cherchant comment ils auraient pu accélérer le processus, en anticipation de la prochaine fois. Elle remarqua à peine les conversations qui allaient bon train ; adossée contre le mur près de la fenêtre, elle se tenait un peu en retrait, comme à son habitude. Seule femme dans une hutte entièrement composée de décrypteurs masculins, il n’était pas rare qu’elle se retrouve exclue des conversations et ne s’en préoccupait qu’à peine. La jeune femme n’était pas du genre bavard ni sociable, et elle n’avait aucunement envie de perdre du temps avec ses collègues si ceux-ci se montraient incapables de passer outre leur différence de sexe.

Pourtant, quelques rires finirent par arracher son attention de ses pensées tumultueuses. Reportant son regard sombre sur ses collègues, elle entendit quelques mots prononcés à l’égard de certains secrétaires de Bletchley – des commentaires bas de plafond et peu gratifiants qui ne laissaient aucun doute quant à l’état d’esprit de ses bien-aimés confrères. Elle fronça les sourcils et les fusilla du regard – un regard noir que quelqu’un finit par capter visiblement, puisque les rires s’éteignirent. C’était Evans qui était silencieusement intervenu et avait pris l’initiative de changer de sujet. Federika le considéra un moment, prenant part distraitement au toast porté en faveur de Watson. Thomas Evans était un des membres de l’équipe les plus discrets, efficace et apparemment relativement droit dans ses bottes. Il n’avait jamais causé de remous, et la taiseuse Federika n’avait jamais vraiment eu à échanger avec lui. Le personnage la laissait dubitative.

Alors que les autres se rassemblaient en petits groupes pour poursuivre leurs discussions, Federika décida de rompre son silence habituel et prit place sur une chaise libre autour de la table, à côté d’Evans. Attrapant la petite carafe de lait posée sur la table, elle en versa dans son café un peu trop noir à son goût avant d’en proposer à son collègue.

« Je vous en sers, Evans ? » demanda-t-elle, avant d’obtempérer à sa réponse. Reposant la petite cruche, elle prit sa tasse entre ses mains et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, ses jambes croisées et le dos bien droit. Federika avait toujours eu quelque chose de rigide dans sa posture – des années passées à se tenir droite devant l’échiquier pour bien montrer à ses adversaires qu’elle n’était pas facilement impressionnable.

« J’ai cru voir que vous ne partagiez pas le même humour que nos collègues. » fit-elle remarquer d’un ton détaché. « Vous devriez faire attention, l’humour est typiquement un marqueur d’appartenance sociale. Si vous ne vous intégrez pas à la meute, ils risquent de vous ranger dans la catégorie des outcasts. »

Comme moi, se retint-elle d’ajouter.

« Alors, ce sont leurs plaisanteries qui vous ont répugné, ou vous vouliez simplement être galant et ne pas donner une trop mauvaise image de vos collègues à la seule décrypteuse de notre équipe ? » demanda-t-elle, sans même chercher à masquer le sarcasme dans sa voix.
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MessageSujet: Re: Après l'effort, le réconfort (Federika Stein) Mar 23 Fév - 4:47


Federika Stein - Thomas Evans



Après l'effort, le réconfort



Une fois ce petit intermède dissipé, j’allais me poser à l’une des tables afin de me servir un autre thé. En cette heure, je rêvais surtout d'une cigarette à vrai dire, l’un de mes plus gros pêchés auraient clamé certains. Mais j’hésitais, la réservant pour plus tard, pour ce soir. Mieux valait économiser le plus possible sur le peu qu’il m’en restait.

Mademoiselle Stein vint s’asseoir à la table elle aussi, moi qui aurais plutôt juré qu’elle éviterait chacun d’entre nous vu les propos lancés, mais elle n’en fit rien. Bien que je l’aurais compris. Elle me proposa du lait une fois servi elle-même et je la remerciais.

– Juste un nuage, je vous remercie.

Je m’apprêtais ensuite à lui glisser quelques mots d’excuse. Même si je n’étais ni le déclencheur ni celui ayant alimenté les quelques remarques de mes collègues, il était mal aisé d’en rester là. Mais Mademoiselle Stein ne me laissa pas l’occasion d’y venir en premier. Ce qui me conforta dans l’idée qu’elle avait non seulement entendu, mais que cela n’avait pas du lui plaire.

– J’ai, je crois, le sens de l’humour, mais en effet, il est des thèmes plus délicats que d’autres. Et je ne voudrais blesser personne juste pour quelques boutades. C’était relativement bon enfant, mais néanmoins déplacé. Je vous prie de nous excuser. Pour ce qui est de l’intégration, j’ai d’ailleurs eu mal à partir lors de mon arrivée, je comprends donc tout à fait. Quand bien même, je m’y ferai.

Je jetais un œil vers nos collègues, ils semblaient s’être rapprochés les uns des autres tout en faisant mine et messes basses à la fois. J’imaginais qu’ils avaient saisi quelques mots de la conversation ou du moins, compris qu’ils avaient choqué cette demoiselle. Si cela pouvait leur permettre de ne plus réitérer à l’avenir, c’était au moins cela de gagner.

– Disons que j’ai moi-même une jeune sœur et je n’aimerais pas que l’on commère sur son compte, c’est tout simplement une question de respect.

Mais quelques ricanements m’ôtèrent cela de la tête. Soit ils avaient l’esprit mal placé de nous voir attablés soit décidément, ils étaient incorrigibles. Je toussotais, espérant que malgré qu’ils s’amusent de cela plus qu’ils ne furent réellement méchants, cela cesse pour autant.


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MessageSujet: Re: Après l'effort, le réconfort (Federika Stein) Dim 20 Mar - 17:01

Federika n’aimait pas qu’on la plaigne. Le manque de respect, elle pouvait vivre avec : on ne pouvait pas être une femme dans une profession masculine et ne pas apprendre à ignorer les attaques mesquines, les remarques déplacées, le rabaissement constant – et elle avait appris très tôt à se moquer complètement de l’opinion des autres, et en particulier de celles des gens pour lesquels elle n’avait aucune estime. En revanche, elle ne supportait pas qu’on la prenne en pitié. Qu’on la mette dans cette position de petite chose sans défense qu’il faut protéger des assauts extérieurs. C’est pourquoi elle n’avait pas laissé le temps à Evans d’en placer – pour éviter les justifications et les plates excuses. Elle apprécia d’ailleurs qu’il ne cherche pas à excuser ses petits camarades – pas trop, en tout cas – et se contenta d’excuses polies, courtes, mais qui semblaient sincères. Ca lui suffisait.

Au moins à ne pas ranger son jeune collègue dans le même sac que les autres. Federika prit sa tasse brûlante entre ses mains, laissant échapper un soupir silencieux. Elle était trop habituée à un monde machiste pour s’en offusquer trop longtemps. L’indignation était probablement un bon sentiment, mais il n’était pas constructif. Pas productif. Pas dans une hutte de décryptage à Bletchley Park.
Elle allait serrer les dents et endurer, comme toujours. Stoïque et solitaire, épaulée peut-être de Frederick, le seul autre craqueur de codes de la hutte à s’opposer aux autres, et par conséquent à être mis de côté même si l’on n’hésitait pas à exploiter ses multiples talents. Et Thomas Evans. Lui était du genre neutre. Observateur. A ne pas trop s’impliquer, à se faire discret, pratiquement invisible. Le genre de personnage que Federika préférait garder dans son champ de vision pour éviter les surprises.

Leurs collègues ricanèrent encore, Federika ignorait à quel propos, et elle n’avait aucunement l’intention de s’y intéresser. Un presque sourire étira ses lèvres lorsque Evans tenta de les faire taire d’un toussotement poli. So British.

« Je serais prête à parier que certains de nos collègues ont des sœurs, eux aussi, et auraient la même réaction que vous si leur cadette subissait les attaques verbales d’un homme. Ces messieurs pensent rarement à respecter les femmes – mais une sœur ou une mère, c’est sacré. » remarqua Federika. « Tout comme on hausse les épaules lorsque la devanture du voisin est vandalisée, mais l’on hurle au crime lorsqu’il s’agit de la nôtre. »

Federika ponctua ce postulat en portant sa tasse à ses lèvres. Puis elle changea, en quelque sorte, de sujet.

« Parlez-moi de votre sœur, Evans. Je pense être plus âgée que vous, j’en conclus qu’elle est très jeune elle aussi. Comment vit-elle la guerre ? Est-ce qu’elle vit à Londres avec vous ? »

Federika n’avait pas de famille dans ce pays, pas même de cousins lointains pour lui rappeler la chaleur du foyer familial. Le seul semblant de famille qu’elle avait, c’était Anna, sa colocataire, comme une sœur d’adoption et une marraine tout à la fois. Alors, de temps en temps, elle était curieuse des familles des autres. Curieuse de voir à quel point ils vivaient tous la guerre différemment.

« Ca ne doit pas être facile de garder le secret sur tout… ceci. » ajouta-t-elle en désignant vaguement l’endroit où ils se trouvaient du menton. Le devoir du secret était facile à tenir pour elle, qui n’avait personne. Mais pour quelqu’un qui avait encore une famille et devait tout leur cacher, ça devait être autre chose.
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